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Séville et l'Andalousie

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La cathédrale-mosquée de Cordoue

La splendeur de cette mosquée s’explique, en partie, par la rivalité entre les califes Almohades et leurs lointains cousins de Damas, les Omeyades. D’ailleurs, avec ses 23 000 m², la mosquée devait être la plus grande du monde après la Mecque. L’édifice a vécu plusieurs phases de développement. Tout d’abord avec Abd al-Rahman Ier (756-788) puis avec Hisham II (976-1009) et, enfin, au XVe siècle, avec les chrétiens qui reprennent définitivement possession du lieu de culte.

Au commencement, la mosquée flanquée de son minaret comprenait onze nefs disposées perpendiculairement au patio des orangers. Mais, au fur et à mesure que s’étend et se conforte le pouvoir califal, la mosquée se développe vers le sud. Ainsi, d’Abd al-Rahman II à Al Hakam II, chacun des califes cordouans ajoute une pierre à l’édifice, augmentant ici le volume de la salle de prière, peaufinant ailleurs le mihrâb ou le mur qibla. De fait, les architectes musulmans ont apporté à l’édifice une indéniable profondeur qui s’étire de l’entrée à la qibla. Un espace qui traduit la distance symbolique entre l’éphémère et la permanence.

En 1236, lorsque Ferdinand le Saint récupère le sanctuaire, les autorités chrétiennes le placent sous le patronnage de l’Assomption de la Vierge. Deux siècles plus tard, la mosquée subit un mini-saccage. Des chapelles sont rajoutées en même temps que les voûtes prennent la place des plafonds à caissons. Vers la fin du XVIe siècle, le minaret, quasi à l’abandon, est restauré par les chrétiens. Les travaux dureront jusqu’à la fin du XVIIe avec la mise en place de l’archange Raphaël sur la pointe du campanile. Point d’orgue et symbole du changement de confession. 

La salle de prière proprement dite est composée de 19 nefs et 36 travées délimitées par 850 colonnes en granit, jaspe et autres marbres précieux. Le génie des architectes s'exprime à travers les doubles arches superposées, qui permettent à l’édifice de prendre de la hauteur en gardant le même nombre de points d’appui. Le plus remarquable est sûrement le mur qibla, où l’on trouve la niche orientée vers la Mecque, le mihrâb. Les arcs de cette partie se succèdent avec une grâce incomparable. Malgré la profusion d’inscriptions coraniques et d'arabesques en forme de fleurs et de fruits, ce monument dans le monument ne donne pas une seule fois la sensation de surcharge. Selon les auteurs arabes, le mihrâb accueillait un Coran dont la couverture était enrichie de pierres précieuses. La simplicité ascétique de l’enceinte, la lumière adoucie par les claires-voies, les arcs polylobés sobrement découpés, la sérénité du patio ne font qu’ajouter à la beauté poignante des lieux. La visite peut se conclure par le patio des orangers, jadis planté d’orangers mais aussi de palmiers, de cyprès et d’oliviers. 

Construite sur la mosquée, la cathédrale est une œuvre de style Renaissance. L’ordre et la géométrie de la mosquée contrastent avec la profusion des décors de stuc du chœur. Dans ce dernier, les motifs ornementaux réunissant le gotha des anges, prophètes et saints est un exemple en la matière. S’il fallait trouver une "pièce" harmonieuse, il s’agirait peut-être de la chapelle Sainte-Thérèse, juste à côté du mihrâb. Elle renferme une custode de Enrique de Arfe. Les stalles du chœur témoignent avec splendeur du baroque espagnol, avec une débauche de sculptures étouffantes. Autre élément de cette surcharge, le retable flanqué de colonnades en marbre rose dont l’architecture force clairement sur le côté néoclassique.

Le quartier juif de Cordoue

Cantonné à une poignée de rues, passages et venelles, l’ancien quartier juif de Cordoue est souvent le grand oublié. Et pour cause, il se résume à un mouchoir de poche au nord-est de la mosquée-cathédrale. Le point commun de ces ruelles ? Les nombreux patios fleuris dans lesquels on aime perdre son regard, les innombrables géraniums qui donnent un parfum d’éternel à la moindre  flanerie nonchalante de tout visiteur.

La porte du Pardon est un bon point de départ à ce parcours dans la Judería, dont les rues Judería, Juda Leví et Albucasis s’enfilent comme les grains d’un chapelet. Une attention toute particulière doit être réservée à la calle de la Luna. Elle conduit vers les contreforts des murailles qui, jadis, ceinturaient la ville. Sur l’une des places alentours, on peut croiser la statue d’Averroès, cadi de Séville puis de Cordoue. Ce philosophe arabe est surtout connu pour ses commentaires d’Aristote dont il avait souligné les aspects matérialistes et rationalistes. La rue de Cairuán, qui s’étire parallèlement aux murailles, file sur la porte d’Almodóvar. Dernière survivante des sept portes cordouanes, elle date du XIVe siècle.

Le décorum des rues est toujours le même. Murs blanchis à la chaux, grilles en fer forgé aux fenêtres, citronniers et orangers distillant un envoûtant parfum. La porte Bab al Chawz permet de repiquer sur la rue des Juifs (calle de Judios), coupée en son milieu par la synagogue (lu-sa 10h-14h ; 15h30-17h30). Son style mudéjar ne trompe pas. Elle date des débuts du XIVe. Après un petit atrium, on pénètre dans la salle de prière aux parois stuquées. Transformée en église au XVIe, elle devint par la suite propriété des cordonniers. En suivant la rue, on débouche sur la petite place de Tiberiades, sur laquelle se trouve une autre statue d’un fils de Cordoue, le médecin et théologien Maïmonide. La place s’intitulait avant la place des Bulles car on y achetait des indulgences. La visite s’achève par un véritable bain de jouvence. Il suffit d’emprunter les rues Romero, Deanes et La Hoguera jusqu’à la rue Céspedes. Non loin se trouve une rue aussi étroite que le chas d’une aiguille : la rue des fleurs (calleja de las Flores). Rien ne sert d’en dire plus puisque tout se passe au niveau olfactif. Par les rues Encarnación et Rey Heredia, on débouche directement sur la place Jerónimo Páez. C’est sur cette dernière que se trouve la demeure du XVIIe des ducs de Medina Sidonia. Son architecture Renaissance constitue l’un des fleurons des édifices civils de la ville.   

Le Musée Julio Romero Torres

Fils de Cordoue, Julio Romero Torres ne déchaîne pas les passions parmi les aficionados d’art espagnol. Ce peintre, qui entretenait une correspondance active avec Ramón Valle-Iclán et Miguel de Unamuno, est né à Cordoue en 1874, dans la maison qui accueille aujourd’hui le musée. Les grands classiques du peintre sont constitués d'une série de travaux intitulés Naranjas y limones. Également passée à la postérité, une scène de deuil évanescent Mira qué bonita, où le peintre cordouan paraît se chercher encore. Romero Torres devint dans les années 20 directeur de l’école des beaux-arts San Fernando à Madrid. Pour beaucoup de ses détracteurs, le peintre est resté trop dépendant du folklore andalou. Ses sujets de prédilection sont les femmes de la région, nues, dont les poses affectées vieillissent mal. Leurs regards sombres et envoûtants témoignent d’un érotisme légèrement bien-pensant.

Le site archéologique de Medina az-Zahara

Située à quelques kilomètres de Cordoue, Medina az-Zahara aurait été fondée (comme le veut la légende) par Abd al-Rahman III, en hommage à l’une de ses favorites. Pendant les vingt dernières années de sa vie (940-960), le calife s’ingénia à faire sortir de terre une ville entière sur une superficie de 100 ha. L’opération s’avéra être un véritable gouffre financier. Le calife fit appel aux meilleurs architectes, aux ouvriers et aux artisans les plus talentueux pour donner naissance à son rêve. Selon les archéologues, la construction de cette œuvre quasi pharaonique mobilisa quelque 10 000 ouvriers. Al-Hakam II,  fils d’Abd al-Rahman, mena à terme la tâche paternelle. Les historiens se seraient régalés de la présence d’une telle entreprise urbanistique si le site n’avait pas été détruit par les berbères … et redécouvert qu’en 1910 !


Medina az-Zahara est bâtie sur trois terrasses successives. Sur la terrasse supérieure, on trouvait l’Alcazar, les parties privées de la cour du calife, les bâtiments administratifs et quelques habitations des dignitaires du régime.
La partie centrale comprend la majeure partie du Palais, ses jardins ainsi que le grand salon de réception généralement appelé Salon doré. Construit entre 952 et 957, il reprend les canons de beauté de la Mosquée de Cordoue. Ce salon avait pour vocation de recevoir les hôtes prestigieux pour y célébrer les fêtes. Les trois nefs centrales conservent de beaux restes, notamment sur les chapiteaux des colonnes en marbre et sur les murs intérieurs. Ce niveau intermédiaire comprenait également un haut jardin, clos par des murailles qui le séparait de la Medina.
Sur la dernière terrasse demeurent quelques vestiges de la mosquée. D’après certains chroniqueurs, elle fut bâtie en 48 jours.
Si, aujourd’hui, la cité palatine n’est plus qu’un vaste champ de ruines, Medina al-Zahara défrayait les commentaires des chroniqueurs de l’époque, qui n’hésitaient pas à la comparer à Byzance.

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