Guide Voyage Séville - Andalousie - KARAVEL
 

Séville et l'Andalousie

Visites

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La Giralda

L'emblème sévillan s'il en est. Cette tour blonde, haute de 97 m, fut érigée à la fin du XIIe siècle sur l’instigation de l'émir almohade Al-Mansour. Dans sa version musulmane, elle n'a de pendant qu'au Maroc avec la tour Hassan à Rabat ou la Koutoubia de Marrakech. A mi-hauteur, la pierre se mêle à la brique et témoigne ainsi des périodes almohade et maniériste. La légende veut que l'escalier menant à la plate-forme mauresque permette à deux chevaux de passer. On dit en effet que le muezzin était d'un naturel paresseux lorsqu'il s'agissait d'annoncer la prière aux fidèles... A son sommet : la Giraldilla, une girouette en bronze. Censée représenter le triomphe de la foi, il s'agit d'une réalisation de Bartolomé Morel (1564) qui n'a rien perdu de sa vigueur lorsque les vents viennent caresser la capitale andalouse. Non content de rhabiller la tour lors de la Renaissance, les chrétiens trouvèrent immédiatement une nouvelle vocation à cet ancien minaret. Une fois en haut de l'édifice, on peut en effet apercevoir une cloche aux dimensions impressionnantes : 4 m de haut pour un poids avoisinant les 1300 kg.

La cathédrale

Comme souvent, c'est après la Reconquête que la cathédrale a pris son assise sur l'ancienne mosquée. Elle se fait tout d'abord remarquer par son ampleur : 116 m de long sur 79 de large. L'édifice, dont l'architecte figure au rang des illustres inconnus, a été terminé au XVIe. D'après les bâtisseurs, la Magna Hispalensis, comme on a l'habitude de l'appeler, devait devenir la deuxième cathédrale en taille après Saint-Pierre de Rome. Les cinq nefs se calquent directement sur l'extension de l'ex-salle de prière de la mosquée. On pouvait voir jadis les marques jusqu'à ce qu'en 1793 on lui préfère un sol en marbre blanc et noir. Le chœur, la chapelle royale et la chapelle majeure constituent le gros de la visite. Des verriers flamands sont à l'origine des vitraux qui, en dépit de leurs efforts, plongent le chœur dans une obscurité notoire. La chapelle royale se distingue par son style Renaissance. Devant l'autel principal, une châsse en argent et bronze renferme la dépouille de Ferdinand III le Saint et d'Alphonse X le Sage. La chapelle royale est protégée par une série de grilles de style plateresque à l'ornementation exubérante. Elle renferme un retable de l'époque gothique dont les dimensions (18 m de large sur 20 m de haut) impressionnent plus d'un visiteur. Autour de ces trois éléments, s'organise une trentaine de chapelles richement dotées d’œuvres des grands maîtres espagnols comme Murillo, Zurbarán ou Durango. Une visite à la sacristie majeure permet de mesurer la richesse du trésor, grâce au magistral ostensoir de Juan de Arfe (1580-1587). La visite de la cathédrale ne serait pas complète sans un arrêt au patio de los Naranjos. L’endroit est propice au recueillement. Comme la cathédrale qui le jouxte, le patio des orangers faisait partie intégrante de la mosquée almohade. La fontaine du centre est un legs qui est l'objet de débats chez les historiens. D'aucuns affirment qu'il s'agit de fonts baptismaux hérité de la période wisigothique, d'autres soutiennent que ce vestige provient de thermes romains. Indifférent à toutes ces questions soulevées par les spécialistes, un petit crocodile pend sur le toit de l'entrée vers la Giralda. Facétie de l’architecte ?   

L'Alcázar

L'Alcázar est l'un des édifices civils les plus imposants de Séville. Ses fondations remontent à la première moitié du IXe. On doit la première pierre à Abd el-Raman II, alors calife de Cordoue. Depuis ce point de départ, l'histoire du bâtiment est à la fois liée aux califes musulmans et aux Rois Catholiques. On trouve ainsi une explication à la multiplication des styles de l'édifice. Les musulmans faisant appel aussi bien aux artistes des ateliers de Tolède qu'aux artistes nasrides de Grenade, et les chrétiens respectant tant que faire se peut le leg de leurs prédécesseurs. Le seul à mépriser cet héritage fut le tremblement de terre qui, en 1755, abattit comme un château de cartes des pans entiers de cette ex-résidence califale.
Puerta del León. Percée dans l'enceinte Almena, elle permet d'accéder au patio del León et à la salle de justice où, en 1358, Pierre le Cruel aurait rendu sa propre justice sur la personne de son frère don Fabrique. Sur la droite, le patio del Yeso mérite le coup d’œil pour sa façade composée d'arcatures et de reliefs du XIIe.
La Casa del Oceano. Ce lieu est tristement célèbre, car c'était là qu'étaient consignés les esclaves et les marchandises, en provenance ou en partance pour le Nouveau Monde. Fondé en 1503 par Isabelle la Catholique. C'est dans le cuarto del Almirante que les merveilles des Nouvelles Indes étaient présentées aux souverains par leurs découvreurs.
Le patio de las Doncellas. Ce palais dans le palais accueillait jadis les cent jeunes filles que le souverain almohade réclamait aux chrétiens. Les deux galeries de ce magnifique patio représentent le summum du style mudéjar. Les arcades à lobes multiples constituent une véritable dentelle, les panneaux d'azulejos et les motifs en stuc déclinent des thèmes géométriques et floraux.
Au fond du patio, ne manquez pas le plafond Renaissance du salon Carlos V. Ses caissons en bois de cèdre constituent un chef-d’œuvre en la matière.
Le salon des ambassadeurs. L'un des vestiges de la période musulmane, retravaillé par des maîtres de l'école de Tolède. La coupole reste l'élément le plus abouti du salon.
Le patio de las muñecas (la cour des poupées) C'est d'un bas-relief que ce patio tire son nom. Malgré les importantes transformations du XIXe, il surprend encore par son étonnante délicatesse.
Les jardins de l'Alcázar. Sûrement la meilleure illustration du rôle de l’eau dans la civilisation andalo-musulmane. Fontaines, citernes et bassins donnent une dimension aquatique aux arcades de verdure.

Casa de Pilatos

Un des exemples de l'architecture nobiliaire sévillane du XVIe. Don Fabrique Enriquez de Ribera, marquis de Tarifa, fit un voyage initiatique en Terre sainte et visita le palais de Ponce Pilate. Il aurait voulu réaliser une réplique de ce palais, d'où le nom de Casa de Pilatos. On accède à l'édifice par une remarquable porte Renaissance que l’on doit à Antonio María de Aprile (1529). Sur la droite, une belle statue de Zurbarán. Les ornementations mudéjares des arcades font écho aux azulejos, mudéjars, gothiques et Renaissance, dans une touchante harmonie. Sous la galerie inférieure, l'enfilade de bustes d'empereurs romains provient, pour certains, de l'Antiquité tandis que pour d'autres, ils ne sont que de pâles copies du XVIe siècle. On trouve également dans cette demeure le salon doré (ou du prétoire) dont le plafond mudéjar à caissons, les volets en marqueterie et la grille en fer forgé constituent les chefs-d’œuvre. Au fond du patio, derrière la chapelle, le tribunal dont la salle présente une belle collection de stucs et d'azulejos. On accède au grand jardin en revenant dans le patio principal, dont les marbrures du sol convergent vers une fontaine. Deux magnifiques loggias à l’italienne, élevées en 1538, se fondent admirablement dans la verdure. Les jardins, comme autant de cadres symétriques, s’organisent autour de la fontaine. À noter pour les adeptes de botanique, la présence du seul jasmin de Madagascar de tout Séville.  

Musée des Beaux-Arts

Sûrement l’un des musées où l’on trouve les plus beaux trésors de la peinture espagnole. L’ancien couvent de la Merced Calzada fut réquisitionné en 1839 pour abriter les toiles de la collection. La visite suit un itinéraire chronologique. La section dédiée au gothique concentre quelques huiles sur bois du maître Almonacid, ainsi qu’une collection exhaustive des premiers temps de la peinture espagnole (Juan Sanchéz de Castro). La présentation ne serait pas complète sans la présence de sculptures. C’est chose faite grâce aux œuvres de Lorenzo Mercante de Bretaña et de Pedro Millán, dont les formes à l’origine purement flamandes s’hispanisent doucement sur le tard. L’ancien réfectoire du couvent accueille les œuvres de la Renaissance. Le point de mire de cette salle est semble-t-il la Mise au tombeau de Cristobal de Morales. Le réalisme des scènes se retrouve également dans les sculptures andalouses. Les pasos sur les retables sont assez éloquents en la matière. Panneaux peints et sculptures reflètent le mariage de la spiritualité et de l’art. A la fin de la Renaissance, se forment les linéaments d’une école sévillane. Marquées par un maniérisme fort, quelques toiles de Velasquez, Alonso Cano et Alonso Vasquez parviennent à buter sur les premiers contreforts du baroque espagnol. Le grand cloître (ou salle V) est le lieu idoine pour les présentations des chefs-d’œuvre de l’Eglise. À noter un magnifique Saint Jérôme de Murillo, plusieurs œuvres de Juan de Roelas ainsi qu’un Triomphe de saint Thomas d’Aquin de Zurbarán. Pour poursuivre cette évocation, deux salles sont affectées au baroque. On y retrouve un naturalisme plus expressif sous le pinceau de Juan Simon Guttierez, Matias de Arteaga, Murillo ou Juan de Valdés Leal. Chacun, avec son style et ses travers, verse dans une période obscure laissant présager les futures toiles du Greco. C’est particulièrement le cas de José de Ribera dont l’influence caravagienne se traduit par ses fonds crépusculaires, ses apôtres, martyrs et saints aux visages particulièrement expressifs. Pour répondre au baroque espagnol, une salle dédiée à son pendant européen accueille des toiles de Pierre Brueghel de Velours et de maîtres italiens. Dans les salles suivantes, la scène de la peinture andalouse se fond dans le romantisme et l’académisme européen et perd la vitalité qu’elle avait exprimée jusqu’ici.   

Monasterio de la Cartuja

Fondé aux toutes premières heures du XVe siècle, le monastère de Santa María de las Cuevas (c’est son vrai nom) occupe une place stratégique entre deux bras du Guadalquivir. A l’origine, une fabrique de poterie était établie au bord de l’eau. On retrouva en 1248 une statuette de la Vierge dans l’un des fours. Un petit ermitage franciscain y fut construit en attendant l’installation des moines chartreux. Ceux-là mêmes que Christophe Colomb vint trouver pour supporter son projet. D’augustes personnalités, à l’instar de sainte Thérèse d’Avila ou Philippe II, y séjournèrent jusqu’à ce que les troupes napoléoniennes y établissent leur quartier général. Après avoir évincé les moines, les soldats français s’attachèrent à dilapider les œuvres de la communauté. En 1841, un Britannique, Guillermo Pickman se pique d’y installer une fabrique de céramique. La Chartreuse reçut un coup de fouet en 1992 afin de devenir l’épicentre de l’Exposition Universelle. Son portail du XVIIe siècle devint l’une des effigies de l’événement. Elle contient des éléments mudéjars comme le petit cloître, gothiques comme l'église et la salle capitulaire, de facture Renaissance comme la cellule du prieur ou encore baroque comme l’enceinte. La façade de l’église coordonne des éléments décoratifs de style gothique, mudéjar et plateresque. 

Un style, un monument

Islamique (XIIIe-XIVe siècles) : l’Alhambra de Grenade

Mudéjar (XIV-XVIe siècles) : l’Alcazar de Séville

Gothique (XVe siècle) : la cathédrale de Séville

Isabellin (XVIe siècle) : la chapelle royale de Grenade

Plateresque (XVIe siècle) : l’Hôtel de ville de Séville

Renaissance (XVIe siècle) : les villes d’Úbeda et Baeza (Jaén)

Baroque (XVIIe-XVIIIe siècles) : la Cartuja de Grenade

Néo-mudéjar (XXe siècle) : la Plaza de España de Séville

Basilique de la Macarena

Les origines de cette vénérable et vénérée église ne proviennent pas d’un lointain passé musulman, gothique ou baroque. Loin s’en faut ! Construite dans les années 1940, elle occupe une place toute particulière dans le cœur des Sévillans. C’est dans une de ses niches que l’on trouve la Virgen de la Esperanza (la Vierge de l’espérance), plus connue sous le nom de la Macarena. La statue est une œuvre anonyme que l’on attribue généralement à Pedro Roldán. Les quelques fines larmes qui perlent sur ses joues suffisent à faire se déplacer les foules. Avant de prendre ses quartiers dans cette église, la statue a survécu à l’incendie de l’église de San Gil. Le 31 mai 1964, la Macarena (également appelée la "Roldana") reçoit officiellement en la cathédrale son couronnement des mains du cardinal. Sur son paso, la civière sur laquelle la statue est portée en procession, orné de 90 chandeliers, la Macarena est coiffée de sa couronne d'or, et parée de luxueux habits sur lesquels brillent les cinq diamants offerts par le toréador Joselito el Gallo.
La Macarena sort généralement le matin du Vendredi saint, escortée par "la royale, illustre et fervente confrérie des nazaréens de Notre-Dame-du-Saint-Rosaire, de notre Père Jésus de la Sentence et Très Sainte Marie de l’Espérance de la Macarena". 2200 fidèles répondent présent à l'appel de cette patronne des toréadors. Ils sont vêtus pour l’occasion en centurions romains, appelés, dans le langage populaire, les "armaos" (les armés). 

La Torre del Oro

Posée entre Guadalquivir et palmiers, la Torre de Oro est une tour de vigie érigée en 1220 par les Almohades. Dans l’esprit des Berbères, la tour devait, d’une part, servir à renforcer l’appareil défensif de l’Alcázar et, d’autre part, permettre de contrôler le flux des passages sur l’Oued el-Kebir (le Guadalquivir pour les musulmans). Chaque soir, une lourde chaîne en barrait l’accès. La tour successivement poudrière, chapelle, prison et office portuaire, tire probablement son nom des azulejos dorés qui ornaient ses murs. Cet énorme ouvrage octogonal est couronné par une petite tourelle.

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