Guide Voyage Maroc - KARAVEL
 

Maroc

Visites

Même si elle fait partie du circuit des quatre cités impériales du Maroc, on aura bien vite fait le tour de Meknès. Dans sa ville nouvelle, on va et on retourne sur les mêmes boulevards Mohamed V, Hassan II et des Forces armées royales. Quant à la médina, assez vaste, elle est occupée sur une bonne moitié par le Dar El Makhzen, l’ancien palais royal et ses dépendances. Ce sont là des bâtiments historiques, des administrations, des centres de loisirs, tous encerclés par les imposantes murailles. Le mieux est de parcourir toutes ces zones en taxi dans un premier temps, afin de se familiariser avec la topographie complexe de la ville, puis ensuite de s’offrir le luxe de longues balades le long des remparts. Mais attention au soleil, il est vraiment implacable. La médina en elle-même est très agréable à parcourir, avec son petit circuit des bazars, dans les souks, et ses quartiers d’artisans.

Bab Mansour

C’est certainement la plus belle porte monumentale du Maroc. Commandée par le sultan Moulay Ismaël, sa construction fut achevée au début du XVIIIe siècle sous Moulay Abdellah. Elle impressionne tant par ses volumes, massifs mais néanmoins équilibrés, que par la qualité de son ornementation. Des entrelacs subtils et raffinés se détachent sur les zelliges. Mise en valeur par l’agora qui lui fait face, la place El Hedim, la porte représente le centre de la cité impériale. Elle ne doit pas son nom à son caractère monumental (Mansour signifie “ victoire ”), mais à son architecte, Mansour le Renégat, un chrétien converti à l’islam.

Musée de Dar Jamaï

Cette maison patricienne appartenait au vizir Dar Jamaï sous le sultan Hassan Ier. C'est un très bel exemple de palais de grande famille, avec son jardin de type andalou aménagé dans un vaste patio central. Après avoir abrité un hôpital, la demeure fut transformée en musée sous le protectorat. Elle renferme un fonds d’art et d'artisanat marocain qui vaut le détour. Très nettement spécialisé dans les objets en provenance de Meknès, le musée permet d'appécier le savoir-faire des artisans de la région, qui ont su préserver leur originalité malgré l’ombre de l’imposante Fès. Admirez le magnifique travail de damasquinage, la façon dont le métal était précieusement ajouré, les sculptures sur bois et les remarquables broderies au fil d’or ou d’argent. Une salle est consacrée aux tapis de la région de Meknès. Au 1er étage, la reconstitution d’un salon de réception est remarquable, tant par l’aménagement de la salle que par son architecture.

Souks

Ce n’est pas, loin de là, le plus impressionnant des souks du Maroc, et la promenade reste modeste. On prend néanmoins plaisir à déambuler dans ce dédale de petite rues, relativement paisibles, où les commerçants sont généralement charmants. Prenez le temps d’examiner les tapis, en belle quantité, et les jolis bijoux du petit marché. Ici et là, les pyramides appétissantes de légumes et les monticules d’épices odorantes forment un magnifique décor de balade.

Mausolée de Moulay Ismaël

C’est l'un des lieux les plus évocateurs et les plus beaux qui soient donnés à visiter. Rien de spectaculaire ni d’emphatique. Le mausolée de ce puissant sultan est d’une éloquence qui doit tout à sa simplicité. La grande porte s'ouvre sur une succession de cours désertes, où l’ocre jaune des grands murs chaulés et les zelliges du sol constituent l'unique décoration. Tout au fond, passé un modeste patio, vous découvrirez le tombeau du souverain qui se dresse dans une petite salle. Le lieu, très émouvant, dégage une grande poésie.

Medersa Bou Inania

La medersa Bou Inania de Meknès est un très bel exemple de l’architecture des écoles coraniques. Passée l’entrée, on arrive dans une cour où murmure l'eau d'une petite fontaine. Jouxtant la cour, la salle de prière abrite un très beau mihrab, estrade pour le prêche ornée de stuc savamment sculpté. Les galeries du premier étage renferment des petites cellules où dormaient élèves et enseignants. Construite dans la seconde moitié du XIVe siècle, la medersa illustre la finesse et le raffinement de l’art mérinide. Observez notamment les classiques mosaïques murales, surmontées d’une bande de plâtre sculpté, et le plafond en cèdre travaillé et peint.

Dar El Ma

C’est un lieu unique, comme peuvent l’être les citernes d’El Jadida. Ces silos et ces écuries sont à la mesure de la mégalomanie du sultan qui les fit construire, Moulay Ismaël. Les ruines sont splendides : alignements de colonnes et vestiges d’arcs, qui supportaient des toitures dévastées par le tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Les silos, immenses, étaient percés de fenêtres qui en assuraient la ventilation. La fraîcheur garantissant la non-fermentation était obtenue grâce à un savant réseau d’écoulement d’eau froide. De profonds puits permettaient de faire jaillir cette eau. Les écuries, capables d'accueillir jusqu’à 12 000 chevaux, étaient recouvertes de 23 nefs. Le site d’une grande poésie, évoque une forêt de colonnes parfaitement alignées, où le visiteur serait écrasé par le surdimensionnement des espaces.

Bassin de l’Agdal

Ce grand réservoir fut construit sous Moulay Ismaël pour permettre l’irrigation jardins son palais. C’est aujourd’hui, au crépuscule, le rendez-vous privilégié des jeunes et des familles quête fraîcheur. Il n’y a pas si longtemps, perché sur les remparts, un café maure dominait cette pièce d’eau cernée murailles en ruines. Espérons qu’il rouvrira bientôt… Amateurs de scènes romantiques, vous trouverez ici un décor à la hauteur de vos espérances.

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