Guide Voyage Maroc - KARAVEL
 

Maroc

Présentation

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Si Tanger est une ville déroutante, elle constitue également la cité la plus attachante du Maroc. Ingrate, difficile d’abord, assumant une réputation épouvantable, elle n’en est pas moins une véritable source de trésors pour ceux qui savent la prendre… et s’en éprendre.

C’est peut-être ce manque d’évidence qui fait d’elle une muse pour tant d’artistes. Passés l’aspect chaotique de sa ville nouvelle et les embuscades à la sortie du port, que reste-t-il ? Une lumière des plus singulières qui induit une étrange perception de la ville. Des points de vue sur l’Europe qui déconstruisent totalement l’espace. Une médina où des immeubles rococo-mauresques espagnols jalonnent les ruelles arabes. Des pentes qui succèdent aux plateaux pour perdre leurs promeneurs. Une ville où toujours on s’interroge sur le lieu où l’on est.

Car la plus grande richesse de Tanger est probablement ses personnages, tant Marocains qu’étrangers, qui sillonnent les rues et occupent les cafés. Delacroix y a redécouvert le romantisme et Henri Matisse y a appris les couleurs. William Burroughs y a écrit Le festin nu et Paul Bowles Un thé au Sahara. Paul Morand y a trouvé l’exil et Jean Genet la terre où il est inhumé. Et tant et tant d’autres, aussi fameux ou inconnus, qui sont venus ou viennent s’imprégner de cette cité contrastée et mystérieuse.

Cela dit, on s’amuse à Tanger. On peut fréquenter les discothèques branchées où l’on croise Noami Campbell au bras de Pierre Bergé comme les bars louches où la nuit semble être figée. On dîne espagnol avant d’aller faire fortune dans un casino juif. On palabre avec le tout venant au café de Paris, sur la place de France, ou au café Tingis sur le Petit Socco. A l’heure du coucher de soleil, on va s’oublier devant le détroit et dans les vapeurs de kif du célèbre café Hafa, en buvant un thé à la menthe fumant. En fait, on ne fait rien d’autre que jouir du temps qui passe.

On oublie vite les musées et les monuments, les livres qui lui sont consacrés, pour ses plages et des promenades sans fin. Le matin, on se baigne dans la Méditerranée, pour l’après-midi parachever son bronzage au Cap Spartel, sur l’Atlantique. On s’oublie le temps d’une promenade dans la magnifique forêt odorante de Rmilat avant de prendre une bière et quelques tapas en ville. Et soudain, pour sortir de ce cercle de farniente et de rêveries, on décide d’une expédition dans les ravissantes villes d’Asilah, en bord de mer, ou de la montagneuse et poétique Chefchaouen.

A ce rythme, certains qui venaient passer un week-end s’y installèrent toute leur vie. Amateurs de songes, à vos gardes !

Où dormir à Tanger ?

Tanger n’a pas de quartiers spécifiques où sont cantonnés les hôtels de telle ou telle catégorie. On peut néanmoins dégager de grandes lignes, qui laissent beaucoup d’établissements sur la touche.

La sortie du port et les abords du petit Socco, dans la médina, abondent en petits hôtels très peu chers, déclassés. L’eau chaude y coule avec parcimonie (quand il y en a) et les draps sont souvent déchirés. Certaines d’entre elles peuvent néanmoins être très propres et très accueillantes. Sur les pentes qui conduisent du front de mer au boulevard Pasteur, cette gamme d’hôtels est bien souvent dans un état de maintenance plus probant.

Sur tout le front de mer, on trouve les grands hôtels modernes et confortables, mais sans aucun charme, dédiés au tourisme de masse. Piscine, plages privées, discothèques sont leurs principaux atouts. Autour du boulevard Pasteur, ce sont les anciens établissements, luxueux jusque dans les années 70, et qui gardent quelques étoiles par miracle. Ils ont néanmoins une patine et bien souvent une âme.

Où manger à Tanger ?

Tanger est la ville de toutes les débauches – seulement pour ceux qui veulent y succomber – sauf de la gastronomie. Les rares bons restaurants reviennent tout le temps au-devant de la scène, au point qu’on a le sentiment de radoter ! Autour du boulevard Pasteur se trouvent la plupart des établissements que les Tangérois fréquentent toute l’année. Les clients sont bien souvent des habitués ou des hommes d’affaires. L’été venu, la population se déplace sur le front de mer, où une quarantaine d’établissements balnéaires assurent un service de restauration. Bien entendu, la qualité de l’un à l’autre est très inégale et le classement pourrait changer chaque saison. Il reste que pour prendre une salade accompagnée d’une bière, leurs terrasses sont toujours conviviales.

Exceptés les restaurants des hôtels El Minzah et le Mirage, très inégaux, et le Marquis, Tanger n’a pas de grande table. En revanche, la ville se fait une spécialité des petits estaminets populaires, des “sandwicheries” et de salon de thé où l’on peut déguster une tortilla.

Où boire un verre à Tanger ?

S’il est difficile de bien manger à Tanger, en revanche il est on ne peut plus aisé d’y prendre un verre. Des cafés mythiques, qui ont reçu tous les grands artistes de ce monde aux kitschissimes salons de thé nouveaux, décorés à la chantilly, on passe sa journée à boire des jus d’oranges. Pour des décorations invraisemblables, les cafés Vienna, Champs Elysées, Petit Berlin sont conseillés. Quant à prendre une bière ou une boisson alcoolisée, les choix sont vraiment étendus. Le plus élégant reste le piano bar de l’hôtel El Minzah ; le plus décadent, le comptoir du Tangerinn ; les plus occidentaux, le Pub, le Chico’s ou le London’s Pub ; le plus tapas pour l’apéritif, la Meson de Pepe Ocana ; les plus estivales, les terrasses des balnéaires du front de mer ; les plus trash, un peu partout… En fait, à Tanger, on navigue, on se perd et on s’arrête là où l’on croit pouvoir passer un bon moment. C’est simple, non ?

Où sortir le soir à Tanger ?

Les nuits tangéroises sont inépuisables. La question à ne pas poser à un habitant de la ville reste cependant où aller. Les lieux sont trop différents et leur choix dépend trop de l’humeur du soir pour qu’il y ait une recette. Pourtant, il y a un établissement qui pourrait être inévitable : le Morocco Palace. Discothèque populaire, il n’en existe pas deux dans le monde qui lui ressemble. Mais l’ambiance y est aussi tellement surprenante que l’on y est plus spectateur qu’acteur. Avec les discothèques des hôtels Pasarela, Olivia Valère et Régine, le service de musiques branchées occidentales est garanti. Quant à ceux qui voudraient s’aventurer dans les affres de l’oriental avec orchestre populaire, une ribambelle de lieux glauques et déconcertants est à disposition des esprits aventureux. L’alcool y coule à flot et les nombreuses filles sont toutes des professionnelles. On conseille le Gospel, qui fut ultra-chic dans les années 60, El Jamila, qui ressemble à un cabaret dans un garage et le Monocle, mouchoir de poche animé jusqu’à l’aube et où se trament de graves histoires, hermétiques pour le profane.

Shopping à Tanger

Il n’y a pas véritablement d’artisanat propre à Tanger, la ville bénéficiant des “importations” de l’intérieur du pays. Les amateurs pourront néanmoins trouver de très belles céramiques et broderies de Tétouan, des étoffes et bois peints de Chefchaouen, et de très intéressantes poteries berbères en terre, provenant du Rif.

Le circuit des bazars, à Tanger, se situe autour du Petit Socco. La rue des Siaghines, qui descend du Grand Socco, et la rue des Almohades (ex-rue des Chrétiens) sont les principales artères qui donnent accès aux grands bazars. Mais les bazaristes étant ce qu’ils sont et les touristes de passage étant leurs principaux clients, mieux vaut connaître quelque peu ce qu’on y achète.

Tanger a un marché aux puces, Casabarata, où dans la ferraille, parfois, se trouve une pièce à acquérir. Quelques brocanteurs de qualité sont installés rue de Hollande et dans la médina, et deux ou trois antiquaires ont pignon sur rue boulevard Mohamed V, rue de la Liberté et rue des Almohades.

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