Guide Voyage Maroc - KARAVEL
 

Maroc

Visites

Rabat est une ville très étalée dont les monuments sont éloignés les uns des autres. L’idéal est de visiter la médina, qui ne présente que peu d’intérêt mais garde un certain charme, pour atteindre la Kasbah des Oudayas. En descendant le boulevard Tarik Al Marsa, on atteindra la Tour Hassan. Cet itinéraire constitue déjà une belle promenade. Flâner sur le boulevard Mohamed V, longer le Méchouar et le palais royal pour arriver au Chellah vous occupera une autre demi-journée. On peut encore se promener sur le front de mer, plutôt délaissé, pour remonter par les Orangers, l’avenue An Nasr et le quartier des administrations jusqu’à l’Agdal. Mais là, attention, il vous faudra trouver un salon de thé confortable pour prendre un repos bien mérité. Parcourir la ville en taxi est moins torturant pour les pieds et permet de traverser le ravissant quartier des ambassades, mais pas de s’imprégner du charme tout en nuances de cette ville. S’armer d’un plan est indispensable.

Pour s’échapper de Rabat le temps d’une journée, on se rendra à Témara, la plage de la ville, en autobus ou en grand taxi. La ville de Salé, qui n’est séparée de la capitale que par le fleuve Bou Regreg, forme une destination charmante d’une demi-journée. Au programme : dégustation culinaire, visite de la vieille ville et du quartier des potiers. Important centre spirituel, Salé fut autrefois un grand port de flibustiers. Enfin, on rejoindra Casablanca par des trains express, que l’on prend à la gare ferroviaire, au sommet du boulevard Mohamed V.

Kasbah des Oudayas

La Kasbah des Oudayas est un petit joyau que Rabat a su préserver. Forteresse élevée à l’époque almohade, au XIIe siècle, elle ressemble à un délicieux village andalou. Passée sa très belle porte ouvragée, toutes ses petites rues descendent jusqu’aux sommets des falaises qui dominent l’estuaire du Bou Regreg. De là, on contemple l’immense médina de Salé tapie sur ses basses collines, les escaliers monumentaux qui viennent se noyer dans le fleuve et le mouvement incessant des barques de pêcheurs. Dans la rue Jamaa, toute chaulée de blanc, se sont installées de ravissantes boutiques, comme la galerie du peintre Miloudi Nouiga. Le café maure, à la pointe ouest de la Kasbah, est un havre de paix et de simplicité. Ravissant.

Musée des Oudayas

Ce charmant palais, élevé au XVIIe siècle par le sultan Moulay Ismaël, renferme aujourd’hui un musée des arts marocains. On peut y admirer des spécialités de Rabat, comme la très belle broderie florale au point lancé, ainsi que des vêtements régionaux anciens. Tapis, céramiques, poteries et manuscrits sont également exposés. Si le musée est modeste, avec ses quelques salles réparties autour d’un élégant petit patio, il n’en reste pas moins un lieu très agréable.

Jardin andalou

Dans ce jardin, qui occupe toute la partie ouest de la kasbah, règne une atmosphère de paix et de sérénité. Edifié sous le protectorat par des architectes et paysagistes français, le jardin n’a d’andalou que le style. La noria et les agencements en perspective et étagés évoquent le dessin typique des jardins de palais. De nombreuses essences forment un tissu végétal dense et rafraîchissant. Tout ce qu’il faut pour séduire l’œil et apaiser les esprits. 

Le Chellah

La nécropole du Chellah est certainement l’un des lieux les plus magiques de la côte atlantique marocaine. Ce petit bastion, qui domine la plaine du Bou Regreg, fut tout à la fois le site de la ville romaine Sala et une nécropole de la dynastie mérinide. Le jardin, récemment restauré et ouvert au public, est d’un romantisme parfait, avec ses tombes surgissant parmi les herbes folles et ses cyprès où nichent les cigognes.

De Sala, il reste les traces de l’avenue principale qui conduit jusqu’aux ruines du port antique. Elle était bordée de boutiques, le quartier des artisans. Les ruines de la basilique et de la curie valent également le détour. Parallèlement, on atteint le capitole et son forum. En poursuivant le chemin tracé par le temps, on arrive jusqu’aux tombes du sultan mérinide Abou El Hassan Ali et de son épouse, entourées des ruines d’une mosquée et d’une medersa. De nombreux saints sont encore inhumés en ce lieu. Un bassin est creusé parmi les mausolées, où les femmes en quête de fertilité viennent jeter de la nourriture aux anguilles.

La Tour Hassan

Dominant l’entrée de Rabat, la Tour Hassan est certainement le plus célèbre monument de la ville. Le seul vestige du minaret d’une mosquée qui aurait dû être la plus grande du monde arabe. Construite sous Yacoub El Mansour au XIIe siècle, elle fait partie des trois grandes mosquées almohades, avec la Giralda de Séville et la Koutoubia de Marrakech. Culminant à 44 m de hauteur, elle aurait dû atteindre les 70 m une fois achevée. Du bâtiment de la mosquée ne reste qu’une vaste esplanade ponctuée d’immenses colonnades : son toit était soutenu par 312 colonnes et 42 piliers supportant 19 nefs. Ce chantier titanesque fut arrêté à la mort du sultan, et le tremblement de terre de Lisbonne, en 1755, acheva le travail de détérioration. Mais l’esplanade reste un lieu très poétique, et la tour inachevée un ouvrage impressionnant.

Le mausolée de Mohamed V

C’est un monument important que ce mausolée où repose le roi Mohamed V, puisqu’il constitue un symbole de l’immuabilité de la volonté d’indépendance. Le mausolée fut d’ailleurs construit à l’emplacement même où le souverain dirigea la première prière congrégative du vendredi, après la signature de l’indépendance. Surveillée par des gardes royaux en burnous blanc et uniforme rouge, c’est une salle au centre de laquelle s’élève un imposant sarcophage d’onyx blanc, qui semble flotter sur un sol de granit poli. Hassan II est lui-même inhumé dans un angle de cette pièce, ainsi que son frère Moulay Abdellah. La décoration du monument s’inspire du style imposé par les Mérinides, extrêmement sophistiqué et raffiné. Une mosquée jouxte le mausolée.

La médina

La médina de Rabat n’a rien d’exceptionnel, mais elle constitue un quartier très agréable à parcourir, pour joindre la ville nouvelle depuis les Oudayas. On emprunte ainsi la rue des Consuls, grouillante de bazars et de jeunes au torse nu, bronzé, qui remontent de la plage ou de la pêche. La rue Souika se transforme en vaste kissaria, où les maîtresses de maison achètent tout ce dont elles ont besoin pour aménager et entretenir leur intérieur. Elle débouche sur l’avenue Mohamed V, débordante d’activité avec ses coiffeurs, ses pâtisseries et ses restaurants populaires. Tout le reste de la médina est un quartier résidentiel où vivent des gens simples et discrets. L’architecture traditionnelle y est parfaitement respectée et aucune construction en dehors des normes n’y apparaît. A Rabat, nous sommes trop proches du pouvoir pour jouer avec les lois : ce qui semble avoir certains bons côtés.

Musée archéologique

Le musée archéologique de Rabat passe pour le plus intéressant du royaume. Il n’expose que des pièces originales. Et dès l’entrée s’impose un style, avec la statue de Ptolémée, roi berbère antique, fils de Juba II et de la fille d’Antoine et Cléopâtre, que Caligula fit assassiner pour sa beauté. C’est sa mort qui permit d’adjoindre la Maurétanie à l’empire de Rome. Le rez-de-chaussée du musée est consacré à la préhistoire, avec des pièces vieilles de plus de 350 000 ans. A l’étage, les salles renferment de magnifiques bronzes, céramiques et objets exhumés sur les sites de Volubilis, Lixus, Sala et Banasa. On remarquera notamment le sensuel buste de Juba II, celui de Caton d’Utique et la statue de l’éphèbe couronné de lierre. Mais bien d’autres pièces attirent l’attention. La signalétique et les explications sont excellentes.

Le Boulevard Mohamed V

Le boulevard Mohamed V est un symbole de l’urbanisme de Prost voulu par Lyautey. Les immeubles sont impeccablement alignés, avec leurs galeries en arcades et les terrasses en retrait. Cette conception, héritée d’Haussmann, permet une harmonie du paysage sans égale. Chaque immeuble se différencie par son ornementation, qui va de l’hispano-mauresque au style épuré des années 30. Les   monuments sont mis en valeur, avec la porte de la médina à une extrémité et la grande mosquée à l’autre. Au centre du boulevard, le parlement marocain, ex-palais de justice, fait face à l’hôtel Balima. Des escaliers du bâtiment administratif, par une percée assurée dans le corps central de l’hôtel, on apercevait autrefois la Tour Hassan. Un tissu complexe et raffiné d’axes, de points de vue et de trompe-l’œil qui servait de laboratoire pour le développement urbanistique des banlieues françaises de l’époque…

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