Guide Voyage Florence - la Toscane - KARAVEL
 

Florence et la Toscane

A voir

Le val d'Elsa

San Gimignagno

D’origine étrusque, la ville domine la vallée de l’Elsa. Surnommée “le Manhattan du Moyen Age”, elle est reconnaissable à ses tours (14). On en comptait 72 à l’origine. Erigées par de riches commerçants, elles étaient le symbole de leur richesse. La Torre Grossa, la plus haute (54 mètres), sur la piazza del Duomo se visite. Une vue imprenable sur les environs vous y attend. La tour est attenante à l’hôtel de ville qui renferme une cour à ne pas manquer. Celle-ci, construite en terre cuite, est ornée de fresques représentant les armoiries de podestats. Au fond, vous remarquerez une citerne à eau en travertin.

San Gimignano de pierre et de brique a conservé les traces de son passé moyenâgeux. Chaque année a lieu la “Ferie delle Messi”. Cette représentation historique du peuple de San Gimignano est l’occasion de faire revivre des événements médiévaux et de rappeler la division de la ville en quatre contradas (quartiers). La piazza della Cisterna, ornée d’un puits du XIIIe siècle, dispose de terrasses particulièrement agréables. Cette place pittoresque est entourée de palais.

Ne quittez pas San Gimignano sans goûter au vin local, la vernaccia. Ce vin blanc sec accompagne harmonieusement la cuisine locale.

Si vous êtes motorisé, garez-vous dans l’unique parking gratuit de la ville. Il est situé en-dessous du parking payant Bagnaia.

Museo civico – à l’intérieur du palazzo del Popolo

On accède au 1er étage par un escalier et une élégante logette. Dans le couloir ne manquez pas la sinopias (dessin préparatoire d’une fresque) figurant la Vierge à l’Enfant et un lion. La salle de Dante, au 1er étage, est ornée de fresques. C’est ici que Dante Alighieri, alors ambassadeur de Florence, prononça un discours destiné à convaincre les habitants de San Gimignano de rejoindre la ligue guelfe pour l’indépendance de la Toscane.

Une fresque grandiose exécutée par Lippo Memmi en 1317 représente la Vierge à l’enfant en trône. Cette Maestà est à rapprocher de celle de Simone Martini visible dans la salle de la Mappemonde du palazzo Pubblico de Sienne. Les autres pans de murs sont décorés de peintures murales représentant des scènes de chasse. L’une d’elles rend hommage à Charles d’Anjou, roi de Naples.

Avant d’atteindre le 2e étage, empruntez l’escalier qui mène en haut de la torre Grossa pour admirer la trame urbaine et la campagne alentour.

Le grand crucifix de Coppo di Marcovaldo retiendra votre attention. C’est l’une des œuvres les plus significatives de la peinture toscane du XIIIe siècle représentant des scènes de la Passion. La 2e salle abrite un tabernacle de sainte Fina, œuvre du peintre florentin Lorenzo di Niccolò di Martino. Celui-ci est peint de deux côtés. Saint Grégoire et sainte Fina figurent au centre tandis que sur les portes sont représentés les quatre premiers épisodes de la vie de sainte Fina. Notez les deux tableaux ronds (tondi), l’Ange Gabriel et la Vierge de l’Annonciation, attribués à Filippino Lippi. Dans la chambre du podestat sont peintes des fresques. Certaines ont trait à l’initiation sexuelle d’un jeune homme. Deux adolescents sont représentés en train de prendre un bain et dans la chambre à coucher. Ces peintures murales du XIVe siècle, remarquables, sont l’œuvre de Memmo di Filippuccio.

Musée de la torture

Ames sensibles s’abstenir. Une authentique anthologie de la cruauté humaine. Ce petit musée abrite une collection d’instruments utilisés par les bourreaux. Dispositif coupe-langue, presse-tête, brise-crâne ou écrase-pouce : autant d’instruments qui donnent des frissons. L’horreur se poursuit avec le banc d’étirement ou le chevalet. La victime montait sur le dos coupant tandis que des poids de plus en plus lourds étaient attachés à ses pieds. La chaise électrique, inventée en 1888, fait bien sûr partie des instruments de torture. Celle-ci produit des effets dévastateurs : le condamné va jusqu’à déféquer, uriner ou vomir du sang. Les organes internes brûlent et la peau noircit complètement. Ce musée met l’accent sur un thème d’actualité : la peine de mort.

Hôtels

Restaurants

Bars

Certaldo : patrie de Boccace

Certaldo accueille encore peu de touristes. Si la ville basse ne présente aucun intérêt, la ville haute mérite en revanche le détour. Les maisons et les rues sont en brique. L’axe principal (via Boccaccio), bordé de maisons-tours, abrite la maison de Boccace reconstruite après la guerre. Le poète (1313-1375) est enterré dans l’église San Jacopo datant du IIIe siècle. C’est l’auteur du célèbre Décaméron. Cette œuvre met en scène sept jeunes hommes et trois jeunes filles fuyant la peste de 1348 et réfugiés dans les environs de Florence. Ils se racontent une nouvelle par jour pendant dix jours pour tuer le temps.

La façade du palazzo Pretorio, construit au XIIe siècle, est ornée de nombreuses armoiries en terre cuite ou en marbre représentant les podestats. Le palais abrite des fresques des XVe et XVIe siècles. N’hésitez pas à monter en haut de la tour pour profiter du panorama de la vallée de l’Elsa.

Un festival consacré au théâtre se tient tous les ans (la troisième semaine de juillet) dans cette cité. Clowns, jongleurs, magiciens, fakirs et musiciens animent les rues du village médiéval.

Voltera (Velathri)

La route qui mène à Volterra depuis Sienne est majestueuse, et offre unen splendide vue. Des monts couverts de feuillus émergent de ce relief accidenté aux courbures élégantes.

Fondé par les Etrusques, Volterra domine les vallées des rivières Cecina et Era. Juchée sur une haute colline, ce fut l’une des plus importantes cités étrusques. Elle portait le nom de Velathri avant de devenir une puissante citadelle médiévale. En parcourant la ville, on observe cette pierre gris-jaune, le panchino, dont sont constituées les façades. Les rues sont étroites et sombres. Volterra est aussi connue pour sa spécialité : l’albâtre. Les Etrusques se servaient de l’albâtre gypseux pour construire les sarcophages et les urnes cinéraires. La production d'urnes funéraires, d'abord en tuf, ensuite en précieux albâtre, fut importante si bien que l’on en exporta dans une grande partie de l'Étrurie. Le musée étrusque Guarnacci en conserve plus de 600. Des ateliers d’artisans sont disséminés dans le centre historique.

La piazza dei Priori fait partie des places médiévales les plus intéressantes d’Italie. Elle est encerclée par des palaces austères.

Avant de quitter Volterra pour rejoindre San Gimignano, allez voir les blazes. Vous comprendrez alors que la ville repose sur une roche friable, une falaise stratifiée. Cet éboulement (blaze) s’élargit constamment. Il a fait déjà disparaître des monastères et des églises. Volterra sera-t-elle à son tour touchée par l’érosion ?

Musée étrusque Guarnacci

Le musée est célèbre pour ses bronzes, ses orfèvreries, ses verres, ses ivoires et ses céramiques, mais surtout pour ses urnes cinéraires en tuf ou en albâtre.

Il est né grâce à la donation de Mario Guarnacci (1701-1785), grand collectionneur d’antiquités. La visite se présente par ordre chronologique. Les urnes à crémation illustrent la culture villanovienne des IXe-VIIIe siècles av J.C. Cette civilisation précédant les Etrusques doit son nom à Villanova, site découvert en 1863 près de Bologne. En revanche, les urnes cinéraires et les bijoux en or caractérisent la période dite “orientalisante”. Des kyathos en bucchero (petits ustensiles qui servaient lors des banquets à transvaser le vin du cratère aux verres) sont exposés à côté des bronzes. Les vases noirs en bucchero - terre cuite à pâte noire - représentent la sorte de céramique monochrome la plus typique de l'Etrurie ancienne. La collection d’urnes cinéraires retiendra votre attention. Les urnes sont taillées en albâtre, matériau dans lequel se spécialisèrent les Etrusques. Les couvercles représentent les défunts allongés et drapés. Les hommes sont généralement représentés avec une coupe à libation tandis que les femmes tiennent un miroir ou un éventail. L’urne des époux est particulièrement superbe.

Le bucchero

Le bucchero, nouveau type de céramique, domina en Étrurie de la moitié du VIIe siècle au début du Ve siècle. Apparue à Cerveteri en 670, c’est une terre cuite à pâte noire qui se caractérise par une surface bien polie.
Les objets étaient en argile traitée et dépurée, probablement mélangée à de la poudre de charbon, qui était cuite suivant une technique très avancée. L'épaisseur de la terre cuite des vases pouvait être plus ou moins fine. On distingue des pièces en bucchero léger ou en bucchero lourd. Les formes des pièces étaient liée à la consommation du vin : coupe, canthare, œnochoé (cruche) ou amphore. Les décorations étaient gravées ou en relief. Les Etrusques s’inspirèrent de la céramique grecque, qu’ils importèrent massivement.

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