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Londres

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Le centre de Londres

The National Gallery

Occupant toute la partie nord de Trafalgar Square, où trône la fameuse colonne de Nelson, ce musée abrite l’une des plus vastes collections d’art au monde. Elle a été constituée grâce à l’achat de toiles par le gouvernement et des dons. Les 2 000 chefs d’œuvre de l’art italien, espagnol, anglais, français et flamand sont exposés dans quatre sections chronologiques réparties dans les quatre ailes du musée.

L’aile Sainsbury (Sainsbury Wing), située dans un bâtiment attenant, est dédiée à la première renaissance. On peut y admirer les toiles de Giotto, Botticelli, Léonard de Vinci et Fra Angelico. L’aile ouest (West Wing) est consacrée au XVIe siècle et présente les œuvres du Tintoret, le Greco, Michel-Ange, Raphaël et Le Titien. L’aile nord (North Wing) couvre le siècle suivant. Les toiles de Rubens, Poussin, Turner, Vermeer, Rembrandt et Vélasquez sont nombreuses. L’aile est (East Wing) couvre la période allant de 1700 à 1920. Les œuvres d’artistes comme Chardin, Fragonard, Canaletto, Guardi, Goya, Ingres, Delacroix, Daumier et Degas ponctuent la visite de ce riche musée de façon magistrale. Il y a aussi deux salles consacrées à l’impressionnisme et au post-impressionnisme. On peut y admirer Les tournesols de Van Gogh, Les grandes baigneuses de Cézanne, Les nymphéas de Monet mais aussi des tableaux de Klimt, Degas et Seurat. Si la majeure partie de la collection d’art britannique a été transférée à la Tate Britain, un grand nombre de toiles de maître – Gainsborough, Reynolds, Hogarth, Turner et Constable – a été conservé à la National Gallery.

Le quartier de Lincoln’s Inn

Situé entre Covent Garden et la City, Lincoln’s Inn abrite traditionnellement les juristes et journalistes de la capitale. L’empreinte de grands écrivains anglais comme Johnson, Shakespeare et Dickens est présente au travers des bâtiments. Tribunaux, écoles de droit et vieilles tavernes donnent à ce quartier un charme bien particulier. Le quartier réserve aussi quelques surprises : l’ancien bâtiment du célèbre exportateur de thé Twinings, la maison de l’excentrique John Soane ou encore un drôle de magasin datant du XVIIe siècle…

Royal Courts of Justice

Cet édifice gothique date de l’époque victorienne. Il abrite la Cour d’appel et la Haute Cour. C’est là que les procès civils les plus importants se déroulent. Le public est admis dans toutes les salles du tribunal. Une liste indique les procès en cours.

Temple (Middle Temple et Inner Temple)

Cet édifice abrite deux des quatre écoles de droit de Londres (Four Inns of Court), Middle Temple et Inner Temple. Les deux autres écoles sont Lincoln’s Inn et Gray’s Inn. Le nom de ces écoles vient de l’ordre des Templiers (Knights Templar) qui s’occupait de la protection des pèlerins de la Terre sainte. Cet ordre puissant occupa les lieux de 1185 à 1312. Il fut alors interdit par la couronne d’Angleterre qui le considérait comme une menace. On raconte que des rites secrets d’initiation ont eu lieu dans la crypte de l’église de Temple (Temple Church). On peut admirer, dans la nef, les effigies des 13 chevaliers de l’ordre. Après la dissolution de l’ordre des Templiers, les locaux furent rachetés par la communauté de juristes. L’intérieur de Middle Temple Hall est de style Elisabéthain. C’est là qu’eut lieu la représentation de La Nuit des rois (Twelfth Night) de Shakespeare en 1601.

Lincoln’s Inn

Lincoln’s Inn est l’école de droit de Londres la mieux préservée de la capitale. Elle a miraculeusement échappé aux bombardements du Blitz. Elle date du XVe siècle et l’arche qui trône à son entrée affiche les armoiries du roi Henri VIII. L’écrivain Ben Johnson aurait participé à sa construction. Lincoln’s Inn a accueilli de nombreux élèves célèbres. Parmi eux, Oliver Cromwell, John Donne, Margaret Thatcher et William Penn, fondateur de l’Etat de Pennsylvanie.

Gray’s Inn

Construit au XIVe siècle, le bâtiment abritait à l’origine des étudiants. Il fut considérablement agrandi au XVIe siècle. La pièce de Shakespeare, La comédie des erreurs (A Comedy of Errors), a été jouée pour la première fois dans le hall de cette école. Charles Dickens y a travaillé comme employé en 1827. Elle fut détruite par le Blitz. Seuls les vitraux du hall sont d’époque.

Le musée de sir John Soane

Au n°13 du square de Lincoln Inn’s Fields se trouve l’un des musées les plus surprenants de la capitale. Il s’agit de l’ancienne maison de l’architecte John Soane à qui l’on doit le bâtiment de la Bank of England. Ce dernier légua sa demeure à la nation britannique en 1837 à la condition que rien n’y soit changé. Peuplé d’objets d’art et artefacts en tout genres, le bâtiment recèle de nombreuses surprises architecturales. Des jeux d’illusion ont été créés au rez-de-chaussée au moyen de miroirs. La galerie du premier étage est bordée de panneaux qui, une fois ouverts, révèlent d’autres galeries dans le prolongement. Peu des projets architecturaux de Soane ont été réalisés. Mais sa maison illustre bien la poésie architecturale qui le caractérisait.  

The Old Curiosity Shop

Ce bâtiment du XVIIe siècle aurait inspiré Dickens pour écrire le roman éponyme. C’est certainement le plus ancien magasin de Londres. On y vendait jusqu’à récemment des antiquités. Le premier étage surplombe la façade qui nous donne un aperçu du Londres d’avant le grand incendie (1666). 

Fleet Street

C’est là que la première presse typographique d’Angleterre fut installée au XVe siècle. Depuis, Fleet Street est le cœur de l’industrie de l’édition anglaise. Shakespeare et Ben Johnson étaient les mécènes de la célèbre Old Mitre Tavern située au n°37. Le premier journal anglais The Daily Courant fut imprimé en 1702 dans cette célèbre rue qui dès lors devint indissociable de la presse anglaise. La technologie aidant, les presses typographiques furent délaissées. Les grands journaux britanniques ont progressivement abandonné le quartier. Aujourd’hui, seules les agences de presse Reuters et Press Association y demeurent.

Le nord de Londres

The British Museum

Le British Museum est le musée de tous les records. C’est l’attraction touristique numéro un de la Grande-Bretagne avec plus de six millions de visiteurs par an. Il abrite la collection la plus vaste et la plus complète d’antiquités, de gravures, de dessins et de livres. Ses collections d’art grec, romain et égyptien sont inestimables. Ce gigantesque musée recèle également des trésors provenant de Chine, du Japon, de l’Inde et de la Mésopotamie. On y trouve aussi de nombreux objets d’art et vestiges anglais (anglo-saxons ou romains).

L’attraction majeure du British Museum est la célèbre pierre de Rosette. Cette pierre de basalte noir, trouvée dans le delta du Nil par les soldats de Napoléon en 1799, a été restituée aux Britanniques en 1801. L’archéologue Champollion a été le premier à déchiffrer le secret de ses hiéroglyphes. La salle égyptienne, avec sa collection de momies et les statues grandeur nature de Sésotris III et Aménophis III, fera la joie des passionnés d’Egypte.

La collection grecque abrite les célèbres marbres d’Elgin. Ces nombreuses dalles, provenant des frises du Parthénon, ont été rapportées en Angleterre en 1801 par Lord Elgin, alors ambassadeur à Istanbul. On peut aussi admirer la façade ionique du tombeau des Néréides ainsi que les sculptures et frises du mausolée d’Halicarnasse, l’une des sept merveilles du monde antique.

La British Library (équivalent britannique de la Bibliothèque nationale) occupait la Great Court du musée. Elle a été transférée dans un bâtiment situé à côté de la gare St Pancras. Seule reste la salle de lecture, The Queen Elizabeth II Great Court. Inaugurée en décembre 2000, elle arbore une nouvelle structure en verre et en métal, qui a considérablement rajeuni l’édifice.

Le marché de Camden

Le quartier de Camden, avec son écluse et ses péniches, est célèbre pour ses marchés aux puces qui attirent de nombreux visiteurs chaque week-end. Les bonnes affaires ne sont pas rares pour qui sait bien négocier. On y trouve de tout : des fripes et des vêtements de créateurs, de l’artisanat exotique, des vieux livres, des disques d’occasion, des meubles des années 50 et 60 et autres curiosités. Les étals côtoient les stands de nourriture où l’on peut déguster des plats végétariens, chinois et indiens. Pour vraiment apprécier Camden le week-end, il faut y aller tôt et muni d’une paire de chaussure confortable ! Une foule dense et hétéroclite envahie les lieux dès le matin. Pour ceux qui préfèrent une ambiance plus calme, préférez la semaine. Même si les marchés sont fermés, on peut néanmoins profiter des boutiques spécialisées, cafés et pubs qui longent Camden High Street.

Le quartier de Hampstead

Perché sur une colline située au nord de Camden Town, Hampstead est très populaire auprès des artistes. Acteurs, écrivains, peintres et philosophes habitent le quartier depuis le XVIIIe siècle. Parmi eux, Agatha Christie, Mondrian, Georges Orwell et Emma Thompson. Les maisons de Freud et Keats sont ouvertes au public.

Le village abrite des boutiques de mode et de ravissantes maisons de style géorgien. Pour qui préfère l’art moderne, il y a le n°2 Willow Road. C’est l’architecte hongrois Ernö Goldfinger qui réalisa cet édifice moderne en brique dans les années 1930. Ian Fleming, le célèbre auteur de James Bond, détestait tant la maison qu’il donna le nom de l’architecte à l’un de ses méchants les plus célèbres.

Le village borde un immense parc dominé par la colline du Parlement (Parliament Hill). Elle doit son nom à Guy Fawkes qui s’y rendit en 1606 dans l’espoir vain d’admirer l’explosion du Parlement qu’il avait organisée. La colline est plus connue sous le nom de la colline aux cerfs-volants (Kite Hill) et offre un panorama incomparable de la ville. 28 étangs sont répartis autour de la colline.

Le nord-ouest de Londres

Le marché de Portobello

Le marché de Portobello existe depuis 1837. Il doit sa réputation aux antiquités qui attirent de nombreux touristes et Londoniens chaque week-end. Il existe en fait trois marchés distincts à Portobello.

A l’extrémité de la rue, vers la station de métro Notting Hill Gate, se trouve la partie la plus connue où se regroupent les antiquaires. On y vend des objets d’art, des bijoux anciens, des vieilles médailles, des tableaux et de l’argenterie. Les bonnes affaires sont rares.

Un peu plus bas, les antiquités cèdent la place aux fruits et légumes du marché traditionnel, avec des produits bio frais le jeudi.

L’arche de Westway, situé près de la station de métro Ladbroke Grove, abrite un marché aux puces. Des vêtements d’occasion et dernier cri côtoient des bijoux en toc et un invraisemblable bric-à-brac, le tout présenté sur des étals de fortune.

Regent’s Park

Le parc

Situé au nord de la capitale, entre les quartiers de Camden Town et de St John’s Wood, Regent’s Park couvre 250 ha de jardins et de promenade. C’est au roi Henri VIII que l’on doit sa création. Il confisqua en effet le site à l’Eglise pour le transformer, là encore, en terrain de chasse. Le prince Régent (futur Georges IV) chargea John Nash de dessiner le parc en 1811. Le projet de Nash visait à reboiser le parc, créer un lac et construire 56 Terrace Palaces. Faute d’argent, il ne fut pas retenu dans sa totalité. Cet idéal de paysage anglais citadin, tant rêvé par l’architecte et le prince Régent, ne fut que partiellement réalisé. Le parc ouvrit au public en 1838. Il abrite aujourd’hui des jardins, un lac, un zoo, un théâtre en plein air et la grande mosquée de Londres.

Terrace Palaces

Ces élégantes rangées de maisons, attenantes les unes aux autres, bordent les côtés ouest et est du parc. Elles ne sont pas toutes l’œuvre de Nash. Néanmoins, elles arborent un style unique : des façades de couleur crème ornées de colonnes ioniques ou corinthiennes et surmontées de frontons sculptés.

Quelques unes retiennent particulièrement l’attention. L’impressionnante Cumberland Terrace, au style oriental, où habitait la célèbre Wallis Simpson (n°16). C’est notamment pour pouvoir l’épouser que le roi Edouard VIII renonça à la couronne d’Angleterre. Chester Terrace, également de style oriental, est bordée à chaque extrémité d’un arc de triomphe. Les Nash Terraces, issues du projet initial, sont de style Regency. Anciennes demeures de la haute bourgeoisie converties en appartements de luxe, elles forment dans leur alignement un immense et superbe palais.

Les jardins de la reine Marie et le théâtre en plein air

A l’origine un jardin botanique, les jardins de la reine Marie (Queen Mary’s Gardens) abritent de superbes roseraies contenant plus de 400 sortes de roses. Non loin de là se trouve le théâtre en plein air (Open Air Theatre). Chaque été, opéras, ballets mais aussi des  pièces de Shakespeare sont au programme.

L'ouest de Londres

Hyde Park

Surnommé à juste titre “les poumons de Londres” par le politicien Pitt the Elder, Hyde Park est à la fois un lieu de détente et de libre expression. Il fut créé par Henri VIII au XVIe siècle qui en fit un terrain de chasse. Ce gigantesque parc, situé à l’ouest de la capitale, devint un jardin public un siècle plus tard. Le lac artificiel Serpentine fut créé au XVIIIe siècle pour les baignades et le canotage.

Hyde Park accueille de nombreuses manifestations publiques. L’exposition universelle s’y est tenue en 1851 sous une vaste structure de verre (Crystal Palace). Mick Jagger et Luciano Pavarotti ont récemment fait des concerts. Parades et défilés en tout genre animent le parc fréquemment.

Le parc offre de nombreuses activités : promenade en bateau, balade dans les jardins italiens, déjeuner au bord de la Serpentine, visite de la résidence de Lady Di (Kensington Palace)…

Marble Arch

L’arc de marbre italien dessiné par Nash était, à l’origine, posté à l’entrée de Buckingham Palace. Suite à l’agrandissement du palais, il fut déplacé à l’extrémité nord-est du parc sur le site de la potence de Tyburn (Tyburn Gallows). C’est là que les exécutions publiques se tenaient jusqu’au XVIIIe siècle.

Speakers’ Corner

Le célèbre coin des orateurs situé non loin de l’arche, a vu le jour en 1855. Plus de 200 000 personnes, dont Karl Marx, s’étaient alors rassemblées pour manifester contre la Sunday Trading Bill (projet de loi qui interdisait le commerce le dimanche). C’est alors devenu le lieu favori des Londoniens pour les manifestations politiques. Orateurs et agitateurs, juchés sur leurs boîtes à savon, haranguèrent la foule tous les dimanches matins. Cette tradition typiquement britannique s’est malheureusement perdue.

Hyde Park Corner et l’arche de Wellington

Hyde Park Corner couvre le coin sud-est du parc.  Devenu l’un des carrefours les plus fréquentés de la capitale, il abrite l’arche de Wellington (Wellington Arch). Cet arc de triomphe fut construit en 1828 pour commémorer les victoires du duc de Wellington lors des guerres napoléoniennes. Il faisait alors office de porte d’entrée nord au palais de Buckingham.

Aspley House

Derrière l’arche de Wellington se trouve Aspley House, la résidence du duc de Wellington. Bâtie en 1778, elle fut transformée 50 ans plus tard afin d’accueillir dignement le célèbre duc de fer (Iron Duke), héros de la bataille de Waterloo.

Albert Memorial et Albert Hall

Albert était un prince allemand et le cousin germain de la reine Victoria. Il épousa cette dernière en 1840 et mourut de la typhoïde à l’age de 41 ans. Sa veuve inconsolable chargea l’architecte sir George Gilbert Scott (à qui l’on doit les célèbres cabines téléphoniques rouges) de construire un mémorial sur lequel fut placé une statue de son mari. L’Albert Memorial se trouve au sud de Hyde Park, face au Royal Albert Hall. Cet édifice circulaire orné de frises de style grec fut également construit pour honorer la mémoire du mari de Victoria. C’est là que se tiennent les célèbres séries de concerts “Proms”.

Le palais de Kensington

Lorsque le roi Guillaume III accéda au pouvoir en 1689, il chargea l’architecte sir Christopher Wren de transformer ce qui n’était alors qu’une simple demeure en un palais royal. C’est à Kensington Palace que vécut Lady Di. Depuis sa mort en 1997, le palais est très populaire auprès des touristes même s’ils ne peuvent pas visiter les appartements privés. Sa robe de mariée est en revanche exposée dans la collection royale de robes d’apparat (Royal Ceremony Dress Collection).

La visite du palais permet d’admirer les appartements du roi (King’s Apartments). On y accède par l’escalier du roi (King’s Staircase) bordé d’une balustrade sculptée par Jean Tijou et de fresques en trompe-l’œil. La galerie du roi (King’s Gallery) abrite, les toiles du Tintoret. Les appartements de la reine (Queen’s Apartment) sont beaucoup plus modestes. En revanche, la galerie de la reine (Queen’s Gallery) comporte une vaste collection de porcelaines. Le palais est entouré de jardins et d’une orangerie. Le tout forme une entité bien à part au sein même de Hyde Park.

Le quartier de Saint-James

Le palais de Buckingham

Buckingham Palace est la résidence permanente de la famille royale. Les touristes s’y rendent en masse pour assister à la traditionnelle relève de la garde royale. L’étendard flottant en haut du mat royal signale la présence de la reine. On y trouve même une piscine et une salle de cinéma ! Le palais est aussi utilisé pour les cérémonies officielles – les banquets et visites de chefs d’Etat – qui ont lieu dans les appartements d’honneur, les State Rooms.

Construit sur le site d’une maison close, le palais fut la demeure du duc de Buckingham au début du XVIIe siècle. Elle fut ensuite vendue au roi Georges III en 1762. Son successeur chargea l’architecte John Nash de transformer la maison en un palais en 1825. Ni lui ni son frère Guillaume IV, qui lui succéda sur le trône, ne virent les travaux achevés. La reine Victoria tout juste couronnée s’installa dans le palais en 1837. L’aile est fut rajoutée dix ans plus tard. C’est là que se trouve le célèbre balcon depuis lequel la famille royale salue la foule. L’arc italien en marbre, Marble Arch, conçu comme entrée royale du palais, était  superflu et fut alors déplacé à l’extrémité nord-est de Hyde Park

La visite de Buckingham Palace s’avère quelque peu frustrante. Seules 20 des 660 pièces du palais sont accessibles. L’extérieur imposant contraste avec l’entrée principale étonnamment modeste. Mais la visite permet de découvrir de superbes pièces comme le salon bleu (Blue Drawing Room). Celui-ci doit son nom aux colonnes en onyx qui le décorent. La salle du trône est éclairée par sept grands chandeliers. C’est dans la salle de musique (Music Room) que les chefs d’Etat sont présentés à la reine et que les baptêmes royaux ont lieu. Le salon blanc (White Drawing Room) accueille la famille royale avant qu’elle ne passe dans la salle de bal et la salle à manger. Enfin, la galerie de tableaux (Picture Gallery) abrite une collection impressionnante de toiles de maîtres : Vermeer, Poussin, Rubens, Rembrandt et Van Dyck. En revanche, les appartements d’honneur sont fermés au public, tout comme le parc de 15 hectares où la reine donne ses garden parties.

Les écuries royales

Les écuries royales (The Royal Mews) se trouvaient à l’origine à l’emplacement actuel de Trafalgar Square. Elles furent déplacées pour pouvoir construire le square. On les relogea alors dans un bâtiment, jouxtant le palais, dessiné lui aussi par Nash. On peut y admirer les carrosses des souverains.

L’avenue du Mall

The Mall relie le palais à Trafalgar Square et longe le parc de Saint-James. Elle a été tracée au XVIIe siècle et fut transformée en avenue processionnelle au début du XXe siècle. Le roi Georges V, le grand-père de la reine Elisabeth II, fut le premier à défiler sur le Mall lors de son couronnement. Le nom de cette avenue vient d'un jeu français similaire au croquet, le ''pale-maille'' introduit à la cour par Charles II suite à son exil en France.

Le parc de Saint-James

St James’s Park est le plus vieux parc de Londres. Son emplacement fut acheté en 1532 par le roi Henri VIII, à l’origine de la création de tous les parcs royaux de la ville. Sous le règne des Tudors, le parc était peuplé de cerfs. Il y avait aussi une ménagerie et des oiseaux exotiques. Plus tard, des étangs furent rajoutés et le parc redessiné sous l’influence des jardins de Le Nôtre. Nash apporta les transformations finales au début du XIXe siècle. Il regroupa les étangs en un lac unique et construisit des rangées de maisons attenantes les unes aux autres (Terraces) le long du Mall. Carlton House Terrace abrita, pendant la guerre, les quartiers généraux des Forces françaises libres du général de Gaulle. On peut admirer à l’entrée une plaque commémorative sur laquelle est inscrit le texte de l’appel du 18 juin.

Le palais de Saint-James

A l’origine, St James’s Palace était un manoir construit par Henri VIII sur le site d’une ancienne léproserie. Il le convertit en palais en y ajoutant des tours et des créneaux. La reine Elisabeth Ire vécut là tout son règne et la reine Victoria y passa quelques années avant de déménager à Buckingham Palace. Le roi Charles Ier passa sa dernière nuit dans la salle des gardes avant d’être exécuté pour haute trahison. C’est à St James’s Palace qu’Elisabeth II fit son premier discours. Et c’est là qu’habitent la reine mère et son petit-fils le prince de Galles. Les ambassadeurs et l’élite des avocats sont accrédités à la cour de St James.

L’intérieur porte la marque de différents architectes comme Wren, Gibbons et William Morris. L’extérieur est de style Tudor en brique rouge avec des finitions en pierres le long des créneaux. Seuls le porche et la tour de l’horloge sont d’époque.

The Tate Gallery

Récemment rebaptisée Tate Britain, suite à la création de la Modern Tate où a été transférée sa collection d’art moderne, la Tate Gallery est dédiée à l’art britannique du XVIe siècle à nos jours.

Sont notamment exposés les tableaux de Reynolds, Constable, Hogarth et Gainsborough. Le préraphaélisme est particulièrement bien représenté avec les œuvres des peintres Rosseti et Millais. Les artistes contemporains comme Henry Moore et David Hockney, sont exposés à la Modern Tate mais aussi à la Tate Britain. On peut également admirer le célèbre Baiser de Rodin.

La Tate Gallery est connue pour accueillir les meilleures expositions de la capitale. Mais c’est surtout la Clore Gallery qui vaut à elle seule le déplacement. Ouverte en 1987 dans un bâtiment moderne attenant, elle abrite 300 toiles et 20 000 dessins du plus grand artiste britannique, le peintre J.M.W. Turner (1775-1881). La Clore Gallery, d’un aspect extérieur banal, a été conçue pour mettre en valeur cette impressionnante collection constituée grâce aux legs du peintre et de ses proches.

La carrière de Turner a été couronnée de succès. Ce fils de barbier exposa ses premières toiles à la Royal Academy à l’âge de 15 ans. Les paysages de mer et les cataclysmes naturels hantent son œuvre. Grand voyageur, ses nombreux séjours en Angleterre et en Europe ont été pour lui une source inépuisable d’inspiration. Les tableaux de Claude Lorrain, Canaletto  et Rembrandt ont aussi indéniablement influencé son œuvre. Vers la fin de sa carrière, Turner rejeta le style linéaire, anticipant de ce fait sur le travail de Claude Monet. Il créa des atmosphères prodigieuses. Le vent et la pluie, l’ombre et la lumière s’affrontent dans des taches floues de couleurs où se dissolvent formes et contours. L’incendie du Parlement de Londres  ; Pluie, vapeur et vitesse ; Petworth Park et The Fighting Téméraire en sont la parfaite illustration.

Le quartier de Westminster

Les quartiers de Westminster et Whitehall forment le centre religieux et politique de la capitale. Le roi Canut (XIe siècle) construisit le premier palais, sur ce qui n’était alors qu’une île, près d’une église. Celle-ci fut transformée en abbaye par Edouard le Confesseur en 1605. Elle donna son nom au quartier puisque ”minster” signifie église abbatiale. Au fil des siècles, les institutions politiques se développèrent autour de l’abbaye.

L’abbaye de Westminster

De l’église bâtie au début du XVIIe siècle, seuls ont survécu le tombeau d’Edouard le Confesseur, canonisé en 1661, la salle du coffre et la crypte. C’est Henri III qui entreprit de rebâtir l’édifice en 1220. Il fallu trois siècles pour en achever la construction. Henri VII rajouta une chapelle gothique au XIVe siècle. Les derniers ajouts, effectués par Sir Christopher Wren et son élève Nicholas Hawksmoor, eurent lieu au XVIIIe siècle.

C’est là que les rois Harold et Guillaume le Conquérant furent couronnés. Monarques, hommes politiques, écrivains, musiciens et poètes y sont enterrés. Elisabeth Ire et Marie Stuart, son ennemie jurée qu’elle fit décapiter, reposent côte à côte. Les ministres rivaux Gladstone et Benjamin Disraeli, enterrés dans l’aile des chefs d’Etat (Statesmen’s Aisle), doivent eux aussi se supporter pour l’éternité. Le coin des poètes (Poets’ Corner) abrite les tombes de Chaucer, Shakespeare, D.H. Lawrence, Samuel Johnson, Kipling et Thomas Hardy. Le compositeur Britten et l’organiste Purcell sont enterrés dans l’aile de musiciens (Musician Aisle). La mémoire de nombreuses personnalités est célébrée à travers toute l’abbaye. Parmi elles, Tennyson, T.S. Eliot, Lewis Carroll, Lord Byron, Milton, Darwin, Newton, Franklin Roosevelt, Churchill… Plus qu’une abbaye, c’est un véritable panthéon à la gloire de l’Angleterre et de ses riches heures.

En entrant, on est immédiatement frappé par l’allure majestueuse de l’édifice et par sa richesse. Le chœur, amplement décoré, précède le sanctuaire où les monarques sont couronnés. Juste derrière, se trouve la chapelle d’Edouard (St Edward’s Chapel) qui abrite le trône du couronnement (Royal Coronation Chair). Tout au fond de l’édifice, on peut admirer la chapelle d’Henri VII (Henry VII Chapel) dans laquelle sont enterrées Elisabeth Ire et Marie Stuart. L’aile des chefs d’Etat se trouve dans le transept gauche et l’aile des poètes dans le transept droit.

Le cloître (Cloisters) date des XIIIe et XIVe siècles. Il abrite un musée, une bibliothèque et la salle du coffre (Pyx Chamber) où se trouve le trésor royal. On peut aussi visiter la salle capitulaire (Chapter House), avec son carrelage et ses fresques d’époque.

Le Parlement

Ce superbe édifice, symbole de la nation, trône au bord de la Tamise. C’était à l’origine un palais royal construit par Edouard le Confesseur au XIe siècle. Il fut détruit par le feu en 1834. Seuls la tour du trésor et Westminster Hall ont échappé à l’incendie. L’édifice fut reconstruit par l’architecte Charles Barry dans les styles gothique et élisabéthain. La tour de Big Ben complète ce célèbre édifice. Big Ben est en fait le nom de la cloche qui sonne toutes les heures. La célèbre radio BBC diffuse la sonnerie à travers le monde. L’édifice borde Parliament Square où trônent les statues de Churchill et de Benjamin Disraeli.

Westminster Palace abrite depuis 1512 les deux chambres du Parlement : la Chambre des communes (House of Commons) et la Chambre des lords (House of Lords).

La première est l’équivalent de l’Assemblé nationale. Tapissée de vert, elle accueille 635 députés. Les deux partis principaux, Conservative et Labour, se font face et sont séparés par des fils rouges. Ceux-ci empêchent les débats, parfois houleux, de s’envenimer. Les séances sont présidées par un Speaker. Il, ou elle, dirige les débats et intervient lors des questions parlementaires (Question Time).

La Chambre des lords est composée de lords et ladies, la plupart nommés par les membres du Parlement et par des évêques. La pairie est héréditaire pour certains. Mais le nombre de pairs a été considérablement diminué en 1999 par le gouvernement de Tony Blair. La chambre rouge et or abrite le trône occupé par la reine lors de l’ouverture de l’année parlementaire en novembre. Assis face au trône, le Lord Chancellor dirige les séances. De nos jours, les lords ont peu de pouvoir réel. Ils examinent les propositions de loi et peuvent seulement en ralentir l’adoption.

Vous pouvez assister aux sessions parlementaires. Il faut pour cela réserver sa place au préalable. Prévoyez une attente assez importante. Renseignez-vous sur l’agenda parlementaire et démarrez la visite tôt le matin.

N°10 Downing Street

La plus célèbre adresse de Londres, où réside le Premier ministre, ne se visite pas. Cela n’empêche pas les touristes de venir nombreux admirer sa fameuse porte d’entrée noire. Pour les plus curieux, il existe un site Internet (www.number-10.gov.uk) qui offre une visite virtuelle de l’actuelle résidence de Tony Blair.

Horse Guards

Pour tous ceux qui aiment les parades militaires, les Horse Guards vous attendent sur Whitehall, face à la Banqueting House. La célèbre garde de la reine, composée de deux soldats à cheval et de deux soldats à pied, est postée tous les jours devant l’ancien palais des gardes. Ils ne gardent plus le bâtiment, mais la relève a lieu une fois par jour et attire de nombreux touristes.

Cabinet War Rooms

Prévoyant dès 1938 les raids aériens allemands, le gouvernement britannique transforma le sous-sol de ses locaux, situés sur Parliament Square, en quartier général. C’est là que Churchill officia pendant toute la guerre, dirigeant le gouvernement, communiquant avec la Maison-Blanche et organisant les réunions des états-majors.

Les locaux abritaient un hôpital, une cantine, un stand de tir et des logements pour les ministres et chefs militaires haut placés. Des tunnels permettaient de se rendre dans les différents ministères depuis le quartier général. On raconte que certains de ces tunnels menaient jusqu’à Buckingham Palace pour pouvoir évacuer la famille royale en cas d’invasion nazie.

La visite vous emmène à travers ce véritable labyrinthe souterrain que constituent les 19 pièces du quartier général. Entre autres, la Cabinet Room, pièce insonorisée où toutes les décisions stratégiques ont été prises. La salle des plans (The Map Room ) abrite des plans originaux. La salle du Premier ministre (The Prime Minister’s Room) où Churchill logeait est la salle depuis laquelle il diffusait ses célèbres messages radio adressés au peuple britannique.

Le sud de la Tamise

Le théâtre du Globe

Reconstitution fidèle du Globe, à 500 mètres de l'emplacement original du théâtre de Shakespeare. Forme polygonale, toit ouvert, murs blanchis à la chaux…  tout y est. Les maîtres d'œuvre ont poussé le scrupule jusqu'à reconstituer un mélange élisabéthain à base de sable, de poils d'animaux et de chaux éteinte pour réaliser les travaux de maçonnerie. Représentations données chaque été dans la plus pure tradition du théâtre élisabéthain. Une partie du public est assise sur des bancs dans les galeries, l'autre debout, tout autour de la scène. Distribution de vin par des marchands ambulants. Ambiance souvent déchaînée. L'expérience vaut vraiment le détour ! Exposition permanente passionnante. Vie quotidienne, costumes, musique, littérature sous le règne élisabéthain. Jeux interactifs très réussis (à base de tirades de Shakespeare). L'International Shakespeare Globe Centre comprend également une bibliothèque, des boutiques, une cafétéria et un restaurant, qui jouit d'une très jolie vue sur la Tamise.

The Tate Modern

Extension de la vénérable Tate Gallery, la Tate of Modern Art a ouvert ses portes en mai 2000 . Elle est déjà considérée comme l'un des plus importants musées d'art moderne et contemporain au monde.

L'édifice. Le choix du bâtiment a d'abord surpris : une ancienne centrale électrique, austère et massive, implantée sur la rive sud de la Tamise. Deux architectes suisses, Jacques Herzog et Jacques de Meuron ont été chargés de sa restauration. La majeure partie de la structure de brique a été préservée, ainsi que la haute cheminée de 99 mètres de haut. En revanche, les deux derniers étages ont été détruits et remplacés par des panneaux de verre. Effet saisissant. Vu de l'extérieur, on dirait un gigantesque couvercle translucide, prêt à absorber le moindre rayon de soleil. A l'intérieur, la structure industrielle a été préservée au maximum. Un vertigineux hall d'exposition a été créé à l'emplacement de l'ancienne salle des turbines. Depuis le café-restaurant du 7e étage, la vue sur la rive droite de Londres est époustouflante. La cathédrale Saint-Paul (juste en face) et la Modern Tate sont reliés par le pont du Millénaire.

Les collections.  Une visite à la Modern Tate illustre parfaitement la définition de la beauté dans l'art donnée par les surréalistes : "La rencontre inattendue d'un parapluie et d'une machine à coudre sur une table de dissection". Collections richissimes et hétéroclites ! Téléphone-homard (Dali) ; sculptures longilignes (Giacometti) ; corps tordus et douloureux (Dubuffet) ; métaphores des mondes de l'esprit (Magritte, Marx Ernst) ; portraits de Marilyn (Andy Warhol) ; urinoir (Marcel Duchamp) ; satires du monde moderne (Gilbert et George). Etonnant "Summertime number 9A", que Jackson Pollock peignit à même le sol, avec tout son corps… Pas de classement chronologique. Les œuvres sont groupées selon quatre thèmes : nature morte/objets ; paysage/environnement ; nus/action/corps ; histoire/mémoire/société. L'agencement vivant et inventif est à la hauteur de la fabuleuse qualité des toiles exposées.

La City et l'East End

La cathédrale de Saint-Paul

Symbole fort de la résistance et de la grandeur britannique, la cathédrale de Saint-Paul constitue l’une des visites incontournables de la capitale.

Situé au cœur de la City, ce monument est l’un des rares édifices à avoir survécu aux 57 nuits consécutives de bombardements du Blitz. Au grand soulagement de Churchill qui, chaque matin, s’enquérait de son état. Les vétérans de la première guerre ont même fait le guet toutes les nuits, postés sur le toit avec leurs mitraillettes, afin d’éloigner les avions allemands !

Saint-Paul tient une place particulière dans le cœur des Britanniques. Depuis la création du premier édifice en 606, elle a vaillamment traversé les siècles et a été le témoin des grandes heures du royaume. Lord Nelson, le duc de Wellington et sir Christopher Wren y sont enterrés. C’est là que la dépouille mortelle de Churchill fut exposée et que le prince Charles a épousé Lady Di. Bustes, statues et plaques commémoratives en tout genre ornent l’intérieur, notamment le coin des artistes (The Artists’ Corner) situé dans la crypte.

La cathédrale, reconnaissable à son imposant dôme couvert de plomb, date du XVIIe siècle. Détruite et reconstruite à maintes reprises, elle ne résista pas au grand incendie de Londres de 1666. C’est à l’architecte sir Christophe Wren que revint la lourde tâche de reconstruire. Se heurtant à un haut clergé très conservateur, il finit par imposer son plan de construction en croix grecque, fort du soutien du roi Charles II. Il fallut 36 ans pour réaliser l’édifice (1675-1711).

En pénétrant dans la cathédrale, la première impression est celle d’un vaste espace, étonnamment lumineux, richement décoré de fresques, mosaïques et sculptures. C’est le dôme, copié sur celui de l’église Saint-Pierre de Rome, qui donne à la visite tout son intérêt.

On accède par le dôme à trois galeries. La galerie des murmures (Whispering Gallery) avec sa fresque en trompe-l’œil. Elle doit son nom à son acoustique inhabituelle grâce à laquelle un murmure peut être entendu d’un bout à l’autre du dôme. La galerie de pierre (The Stone Gallery), située un peu plus haut à l’extérieur, offre un panorama complet de la ville. La galerie dorée (The Golden Gallery) vous emmène au cœur même du dôme et domine l’intégralité de la cathédrale.

La Tour de Londres

La Tour de Londres (Tower of London), située en bordure de la Tamise près de Tower Bridge, est l’attraction touristique par excellence.

On connaît surtout ses Beefeaters, les fameux 42 hallebardiers de la garde royale. Vêtus de leurs traditionnels costumes rouges et noirs, ils accueillent chaleureusement les touristes tout au long de l’année. Malgré ses sympathiques locataires, la Tour de Londres a longtemps suscité la peur auprès des Anglais.

Construite par Guillaume le Conquérant afin de surveiller la ville, elle a essentiellement servi de prison, de lieu de torture et d’exécution. De la porte des traîtres (Traitors’ Gate) à la tour ensanglantée (Bloody Tower), chaque partie de l’édifice rappelle les époques mouvementées et violentes qu’a traversées la monarchie britannique pendant neuf siècles.

La forteresse en bois, bâtie au XIe siècle, fut progressivement remplacée par une vingtaine de tours en pierre avec une tour centrale, la tour blanche (White Tower). Elles sont reliées par des remparts rajoutés au fil des siècles.

Chaque tour a eu ses victimes. L’écrivain et homme politique sir Thomas Moore fut emprisonné, sur les ordres de Henri VIII, dans la tour de la cloche (Bell Tower), puis exécuté sur l’échafaud de la tour de la colline (Tower Hill). Le même roi envoya deux de ses épouses, accusées d’adultère, à l’échafaud situé sur la tour verte (Green Tower). Le célèbre explorateur, sir Walter Raleigh, à qui l’on doit la découverte du tabac, passa 13 ans dans la tour ensanglantée avant d’être décapité. La reine Elisabeth Ire y fut même emprisonnée pendant deux mois, suite à une révolte armée qui visait à détrôner Marie Tudor à son profit. Enfin, Guy Fawkes, à l’origine de la Conspiration des poudres (1605) visant à faire sauter le Parlement, fut torturé dans les sous-sols de la tour blanche.

Les joyaux de la couronne constituent l’attraction majeure de la Tour de Londres. Les touristes viennent en masse admirer la couronne impériale d’Etat (Imperial State Crown), ornée de 2868 diamants, 273 perles mais aussi de saphirs, de rubis et d'émeraudes, ainsi que le sceptre à la croix (Sceptre with the Cross). Ces deux insignes royaux sont utilisés par les monarques lors des cérémonies officielles et sont ornés de deux des trois plus gros diamants au monde. Le troisième, le légendaire Koh-i-Noor, est enchâssé dans la couronne de la reine mère, exposé, lui aussi, dans la Jewel House (maison des bijoux).

St Katherine's Docks

La ville de Londres est avant tout une capitale riche en musées et palais où l’empreinte de la monarchie et de la vie politique est omniprésente. Mais c’est aussi, par essence, un port. Son activité portuaire a constitué, dès le XVIe siècle, sa source principale de richesse.

Du XVIe au XVIIIe siècle, l’affluence de navires marchands était telle qu’il fallait plusieurs semaines pour décharger les marchandises. La situation empira considérablement avec le développement du commerce lié à l’Empire et à ses colonies.

Un projet d’aménagement du port de Londres vit le jour au début du XIXe siècle afin de décongestionner le trafic fluvial. On créa ainsi une série de docks, de London Bridge à la Tour de Londres, permettant de séparer et de réguler chaque activité portuaire.

Après la seconde guerre mondiale, les docks furent désertés, suite au déclin de l’activité portuaire concurrencée par le développement du chemin de fer. C’est seulement au début des années 80 qu’un plan de réaménagement des docks fut lancé. Ce projet controversé avait pour but de créer de nombreux logements et de favoriser l’emploi. La construction de Canary Wharf, le quartier des affaires aux allures futuristes, en était l’élément majeur. La prolongation, en 1999, de la ligne de métro Jubilee Line, a clôturé ce projet conçu par le gouvernement conservateur.

La transformation de St Katherine’s Dock constitua une des premières étapes de ce projet. Bâti vers les années 1820, ce port avait pour principale activité le commerce de produits de luxe (épices, ivoire, tapis et cigares). Sa position centrale, à côté de la Tour de Londres, en fit un lieu idéal pour créer un port de plaisance. Yachts et voiliers en tout genre, logements de fonction et galeries marchandes ont transformé l‘endroit. Seuls les ponts tournants et l’ancien entrepôt, Ivory House, sont d’époque.

Les Squares

Trafalguar Square et Leicester Square sont les deux plus célèbres places de la capitale. La première abrite la fameuse colonne de Nelson et la National Gallery. La seconde, avec ses nombreux cinémas et restaurants, est l’équivalent britannique de l’avenue des Champs-Elysées. Toutes célèbres soient-elles, elles ne sont pas représentatives du square typiquement londonien de forme rectangulaire avec un jardin au centre. Pour découvrir les plus beaux squares de la ville, qui en compte plus de 70, vous devez explorer quatre quartiers différents.

Le quartier de Marylebone

Situé entre Regent’s Park et Oxford Street, ce quartier fut réaménagé au XVIIIe siècle. C’est à cette époque que furent construits ses trois principaux squares : Cavendish Square, Portman Square et Manchester Square (métro : Marble Arch ou Oxford Circus).

Cavendish Square fut conçu en 1717 comme point de convergence à Oxford Street qui longe le square au sud. Portman Square, tracé en 1784, abrite au n°20 l’un des plus beaux bâtiments réalisés par l’architecte Robert Adams. La Wallace Collection est l’élément central de Manchester Square. Ce musée-galerie installé dans un château français du XVIIIe siècle contraste de façon surprenante avec le style géorgien du square.  

Le quartier de Bloomsbury

Entre Tottenham Court Road et Wolburn Place se trouve le quartier de Bloomsbury avec trois squares qui valent le détour : Bedford Square, Russell Square et Bloomsbury Square (métro : Tottenham Court Road ou Russell Square).

Bedford Square est indéniablement le plus beau square du quartier. Il fut bâti en 1770 par la famille Russell qui en est toujours propriétaire. Sa symétrie et son uniformité est typique de l’architecture du XVIIIe siècle. Russell Square est le plus grand square de la capitale. Il reste peu de trace de son architecture géorgienne. L’écrivain T.S. Eliot avait son bureau au n°24. Bloomsbury Square fut l’un des premiers espaces ouverts de la ville à prendre la dénomination officielle de square. C’est là que résida Benjamin Disraeli entre 1818 et 1826.

Le quartier de Mayfair

Situé entre Hyde Park et Soho, le quartier de Mayfair abrite trois splendides squares : Grovesnor Square, Berkeley Square et Hanover Square (métro : Bond Street ou Green Park).

Grovesnor Square est le plus grand des trois squares. Il fut surnommé ”la petite Amérique” par le général Eisenhower. C’est depuis le n°20 que celui-ci dirigea les opérations du débarquement. Berkeley Square fut agencé dans les années 1730, mais seule la partie ouest est encore d’époque. Les superbes rangées de platanes ont elles deux cents ans d’âge. Hanover Square abritait autrefois Hanover Square Rooms, une célèbre salle de concert où Bach, Liszt, Haydn et Paganini ont joué.

Le quartier de Knightsbridge

Situé entre Hyde Park et Belgravia, le quartier de Knightsbridge est célèbre notamment pour ses nombreux squares construits au début du XVIIIe siècle : Belgrave Square, Montpelier Square et Sloane Square (métro : Knightsbridge ou Sloane Square).

Belgrave Square est bordé de maisons de stuc blanc décorées dans le style corinthien. Urnes, balustrades, porches et frontons décorés de statues donnent à ce square une allure majestueuse. Montpelier Square est relié à deux autres squares, Trevor Square et Brompton Square. L’ensemble forme un labyrinthe étonnant d’élégantes maisons, de cottages, de ruelles, de passages et d’écuries. Sloane Square doit son nom au docteur sir Hans Sloane qui y vécut au XVIIIe siècle. C’est là que William Willett inventa l’heure d’été, adoptée en 1916.

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