Guide Voyage Londres - KARAVEL
 

Londres

Repères

Arts

Peinture et arts plastiques

En bref

Une source d’inspiration constante : les paysages anglais • Peu de grands mouvements, excepté les pré-raphaélites du XIXe siècle • Une prédilection pour l’art du portrait, de William Hogarth à Francis Bacon.

L'art médiéval

Peu de témoignages de l'art médiéval religieux en Grande-Bretagne nous sont parvenus. Fondateur de l'église anglicane, Henri VIII ordonna la destruction de nombreuses peintures religieuses en signe de rébellion contre le pape. On peut aujourd'hui admirer à la Tate Gallery le Wilton Diptych (XVe siècle), une des peintures anglaises les plus anciennes. Deux portraitistes étrangers ont gravé les premiers leurs noms dans l'histoire de l'art anglais : Hans Holbein (Allemand), peintre officiel d'Henri VIII, puis Van Dyck (Hollandais), qui occupa la même fonction à la cour de Charles Ier, près d'un siècle plus tard.

Le XVIIIe siècle

Le premier portraitiste à instaurer une tradition picturale anglaise est le Londonien William Hogarth. Son trait est vigoureux et souvent moralisateur. Joshua Reynolds, cofondateur de la Royal Academy, laissera des portraits fortement influencés par la peinture italienne. Moins académique, Thomas Gainsborough excelle autant à l'art du portrait qu'au tracé de paysages délicats. Enfin, le paysagiste J. M. W. Turner, né à Londres en 1775, est l'auteur de sublimes huiles, gravures et aquarelles,  (L'incendie du Parlement, Pluie, vapeur, vitesse) dont la plupart sont aujourd’hui exposées à la Tate Gallery. 

Le XIXe siècle

Peintre et poète, William Blake illustre ses poèmes de gravures d'inspiration onirique et fantastique. La “confrérie des préraphaélites” (John Everett Millais, Dante Gabriel Rossetti et Edward Burne-Jones), soucieuse de préserver la rigueur et l'objectivité, privilégie les sujets moraux et religieux. Ami des préraphaélites, William Morris fait preuve d'un fort militantisme social, et fonde un mouvement, Arts and Craft (Art et Artisanat), qui influencera de façon importante l'Art nouveau.

6 tableaux emblématiques

Le contrat de mariage, Hogarth, 1742 (National Gallery)

Newton, William Blake,1795 (British Museum)

La Tamise près de Walton Bridge, J. M. W. Turner, 1807 (Tate Gallery)

L’inauguration du Pont de Waterloo, John Constable, 1817  (Tate Gallery)

Naked Portrait, Lucian Freud, 1922 (Tate Modern)

Mr. and Mrs. Clark and Percy, David Hockney, 1970 (Tate Gallery)

Le XXe siècle

La palette des formes d'expression s'élargit tant et il serait difficile de la résumer. Dans les années 1930, Henry Moore et Barbara Hepworth sont les deux figures de proue de la sculpture anglaise moderne. Les reportages photographiques de Bill Brandt, réalisés pendant les raids aériens de la seconde guerre mondiale, donnent une image poignante de la capitale. Le milieu des années 1950 est marqué par la naissance du Pop Art : objets de la vie quotidienne et la presse populaire deviennent les sources d'inspiration de ce mouvement fondé par le plasticien David Hockney. Dans les années 1960 et 1970, Francis Bacon – par la déformation de corps décharnés – et Lucien Freud – aux portraits implacables – renouvellent fortement la peinture anglaise. Depuis le début des années 1960, le duo Gilbert et George dénonce les grands maux du monde moderne (sida, alcool, déchéance…) avec insolence et provocation. Ils font aujourd'hui les beaux jours des musées d'art moderne des grandes capitales. Enfin, plus proche de nous, l’artiste multimédia Damien Hirst défraie la chronique à chaque exposition (une vache et son veau conservés dans du formol, par exemple). Art ou imposture ? L'avenir le dira…

Musique

En bref

“Terre de silence” jusqu’au début du XXe siècle • Capitale mondiale de la pop dès le début des années 1960 • Laboratoire des modes les plus pointues au XXIe siècle.

Londres a vu naître Henri Purcell (1659) et sut accueillir Haendel, Mozart, qui a écrit sa première symphonie dans la capitale, ou Haydn, dont les dernières symphonies portent le nom de la capitale. Mais c'est au lendemain de la seconde guerre mondiale, que la musique populaire anglaise, d’abord inspirée par le rock et le jazz américains, va tranquillement devenir le fer de lance de la création musicale mondiale.

L'année 1962 marque les débuts de la beatlemania : 11 albums classés n°1 dans les charts entre 1962 et 1970. Seuls les Rolling Stones pourront rivaliser avec le groupe mythique de Liverpool (Satisfaction, 1965). A la fin des années 1960, les Who réinventent l'opéra-rock (Tommy) et Led Zeppelin explore de nouveaux territoires, entre heavy metal et mysticisme (Stairway to Heaven, 1971). Le courant "art-rock" donne naissance à des groupes comme Roxy Music ou Pink Floyd (The Dark Side of the Moon, 1973), mais aussi à David Bowie, l’homme aux yeux vairons.

Parallèlement à ce courant dominant, Londres devient la capitale mondiale du reggae (Steel Pulse, Aswad) tandis que la scène alternative trouve sa consécration avec la naissance du mouvement punk (Sex Pistols, Clash).

Les années 1980 sont marquées par la montée du chômage. Joy Division se fait l'écho du malaise de Manchester. Avec leurs titres sombres et déchirés, les Smiths trouvent un large écho auprès de la jeunesse angoissée. Bientôt, la vague new wave et ses récitals de synthétiseurs déferle sur le monde (New Order, Depeche Mode), tandis que Cure, emmené par le charismatique Robert Smith, devient l'un des groupes cultes de la décennie.

Les années 1990 assistent à la naissance de la culture rave sur fond d'ecstasy. Les charts sont dominés par les représentants de la Brit Pop (Oasis, Blur, Robbie Williams). Les Spice Girls déchaînent les passions des teenagers. L'essor du trip-hop se manifeste par l’existence de groupes tels que Portishead ou Massive Attack. La fin de la décennie consacre le talent de Radiohead, sacré “le plus grand  groupe du monde” par la presse musicale anglaise.

Architecture

En bref

Une capitale dévastée par deux fléaux : le grand incendie en 1666 et le blitz en 1940 • Peu de grandes avenues, un assemblage de gros villages • Une seule constante : l’éclectisme.

A la suite du grand incendie de 1666, l'architecte Christopher Wren soumet au roi Charles II les plans d’une ville entièrement nouvelle, plus aérée, ménageant de larges avenues et de vastes places. Son projet est refusé mais l'architecte réussit à mener à bien la construction de cinquante et une nouvelles églises, dont la superbe cathédrale Saint-Paul, qui rendit son nom célèbre à travers le monde entier. Les maisons médiévales à pans de bois laissent la place à des édifices de brique et de pierre.

Au début du XVIIIe siècle, James Gibbs inscrit son œuvre dans le style lyrique inauguré par Christopher Wren. Il construit de nombreuses églises, enrichies d'éléments baroques inspirés de la renaissance et de l'Italie. St Martin-in-the-Fields (1722-1726), avec son haut clocher et son portique néoclassique à colonnes, est la plus célèbre. Contemporain de Gibbs, William Kent signe les plafonds pompéiens de Kensington Palace. On lui doit également la caserne des Horses Guards, avec ses élégantes lignes horizontales. A la même époque, de nouveaux quartiers – Mayfair, Bloomsbury, Saint-James – voient le jour. Un même schéma préside à leur construction : maisons à façade de brique, grilles hautes et rues rectilignes.

Sous le règne des George, à la fin du XVIIIe siècle, le prolixe John Nash  se lance dans le remaniement de West End. Il imagine une vaste percée reliant Carlton House à Regent's Park – une perspective aujourd'hui bordée par Regent Street, Piccadilly Circus et Oxford Circus. Il adoucit l'austérité de Regent's Park par l'ajout de stuc blanc sur les façades de brique, la construction de frontons romantiques et d'arcs de triomphe majestueux. En parallèle, l'art antique – peu avare en colonnes, pilastres et frontons ouvragés –  constitue une source d'inspiration inépuisable pour toute une génération d'architectes comme Robert Adams, William Chambers, John Soane.

Le Who’s who des architectes anglais

Inigo Jones (début du XVIIe siècle) : très influencé par l’école italienne, il a introduit les deux premiers monuments de style palladien à Londres : Queen’s House et Banqueting House.

Sir Christopher Wren  (fin du XVIIe siècle) : le reconstructeur de Londres après le grand incendie de 1666. On lui doit une cinquantaine d’églises, dont la cathédrale Saint-Paul.

Richard Rodgers (XXe siècle) : le père controversé du gratte-ciel de la Lloyd's Bank, situé dans la City, et du Dôme du Millénaire. Il travaille actuellement à la construction du Terminal 5 de l’aéroport d’Heathrow.

Sir Norman Foster (XXe siècle) : Il a beaucoup travaillé à l’étranger : l'aéroport de Hong Kong, le Reichstag de Berlin… On lui doit les plans de la future mairie de Londres.

Le règne de la reine Victoria (1837-1901) est marqué par le grand retour de l'architecture gothique. La population londonienne ne cesse d'augmenter. Elle atteint 2 700 000 habitants en 1851. La ville connaît une urbanisation accélérée vers l'ouest (Kensington, Chelsea et Paddington), tandis que la population prolétarienne s'entasse dans les taudis de l'East End. Certains architectes commencent à recourir aux nouveaux matériaux, comme le verre ou le métal.  Le chemin de fer s'intègre dans le paysage et divers éléments – typiques du mobilier urbain londonien – font leur apparition dans cette seconde moitié du XIXe siècle : les lampadaires en fonte, les statues de bronze, les fameuses boîtes aux lettres rouges…

Les bombardements allemands de la seconde guerre mondiale occasionnent de lourds dégâts. Saint-Paul est l’un des rares monuments à ne pas avoir été détruit car une équipe d’anciens combattants de la grande guerre, postée sur le toit, a défendu la cathédrale ! La reconstruction de Londres provoque la naissance de nouveaux quartiers (la City et le Barbican Centre). L'éclectisme architectural est la règle, les styles les plus divers s'enchevêtrent. Une ceinture verte, la Green Belt, est soigneusement préservée autour de la capitale.

C’est au cours des années 60 que la City prend son visage actuel, jailli du béton et de l'acier. Parmi les constructions les plus surprenantes, on retiendra la National Westminster Tower (1981) ainsi que la tour de la banque Lloyd’s (1986), avec ses ascenseurs et ses canalisations extérieures.     

Aujourd'hui, Londres poursuit sa métamorphose malgré l'absence d'une autorité centrale présidant à l'aménagement urbain. Depuis le début des années 80, les quartiers des docks, au sud de la Tamise, sont en pleine mutation. Certains plans d'architectes prévoient la création d'un pont "habitable" sur la Tamise. Enfin, pour célébrer le troisième millénaire, de nouvelles constructions ont vu le jour, comme la Millenium Tower dans la City.

Un style, un monument

Style médiéval : la White Tower (XIe siècle), édifiée sous Guillaume le Conquérant, aujourd’hui intégrée dans l’ensemble de la tour de Londres.

Tudor  (XVIe siècle) : le Great Hall d’Hampton Court.

Palladien (XVIIe siècle) : Banqueting House, d’Inigo Jones, avec ses colonnes ioniques.

Baroque (fin du XVIIe siècle, début du XVIIIe) : l'église St-Martin-in-the-Fields.

Gothique victorien (XIXe siècle) : les constructions extravagantes de la gare de Saint-Pancras et des Royal Courts of Justice.

Edouardien (début du XXe siècle) : le magasin Harrods, avec son décor mi-baroque, mi-renaissance.

Moderne (1930-1960) : les stations du métro de Londres.

Post-moderne : la tour de Canary Wharf, sur les docks.