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Londres

Repères

Politique et économie

La vie politique

En bref

Deux partis principaux : Tories et Labour Party • La Chambre des communes détient le pouvoir politique • La décentralisation, une révolution en marche.

Parlement et constitution

La Grande-Bretagne ne dispose pas de constitution écrite. Le droit britannique est fondé sur la Magna Carta (1215), qui garantit la sécurité à chaque homme libre contre toute atteinte à sa personne et à sa propriété (clause 39). Le pouvoir politique appartient en pratique au Parlement, et plus précisément à la Chambre des communes, qui s’est imposée au XIXe siècle face à la Chambre des lords.

Le bipartisme

Sous le règne des Stuart (XVIIe siècle), les parlementaires anglais sont divisés en deux camps : les Tories, soucieux de préserver le système dynastique, indépendamment des questions religieuses, et les Whigs, qui veulent avant tout que le roi soit de confession anglicane. Au fil du temps, les Tories deviennent un vrai parti conservateur, dévoué à la monarchie ; les Whigs évoluent en parti libéral, soucieux de progrès social. Au début du XXe siècle, les ouvriers s’organisent en syndicats, puis créent leur propre mouvement politique : le Labour party (Parti travailliste), qui constituera une véritable force d'opposition aux Tories.

Au pouvoir entre 1964 et 1979 (avec une coupure conservatrice de 1970 à 1974), le Parti travailliste entreprend de réorganiser complètement le système de santé publique – il institue la gratuité des soins médicaux –, développe l'Etat providence (indemnités chômage) et nationalise certains groupes industriels. En 1973, la Grande-Bretagne entre tardivement dans la CEE, dont elle restera le mauvais élève. En 1979, l’arrivée au pouvoir de la très conservatrice Margaret Thatcher marque un tournant brutal. Sous sa poigne de fer, l'économie du pays se développe, mais le prix à payer est élevé : aggravation des conflits sociaux, déclin du système éducatif et remise en question des indemnités chômage.        

En 1990,  Margaret Thatcher est contrainte à la démission par son propre parti. John Major, conservateur modéré, lui succède. Le conflit avec l'IRA (Armée républicaine irlandaise) se durcit à nouveau, et John Major tente d'imposer, sans succès, la condition du désarmement préalable à toute négociation. La conjoncture économique s'améliore, mais c'est Tony Blair, le leader du Parti travailliste, qui est élu à son tour en mai 1997.

Le grand ménage de Tony Blair

Depuis son installation au N°10 Downing Street, le plus jeune premier ministre britannique du XXe siècle a amorcé des réformes considérables : plus de 600 membres héréditaires de la Chambre des lords ont été congédiés ; l’Ecosse et le Pays de Galles ont retrouvé leur autonomie et Londres a élu pour la première fois son maire au suffrage universel en mai 2000.

La famille royale

La famille royale constitue le principal centre d'intérêt des Anglais, la cible privilégiée des tabloïds et une source de dépenses non négligeable pour le contribuable (plus de 300 millions de francs par an). Bref, c'est la première institution de Grande-Bretagne.

La reine actuelle, Elisabeth II – à ne pas confondre avec la reine mère, déjà centenaire – a eu quatre enfants : Charles, actuel prince de Galles et héritier du trône (ex-mari de Diana) ; Andrew, duc d’York (ex-mari de Sarah Ferguson) ; Anne (ex-femme du capitaine Marc Philips), et enfin Edouard, le jeune marié. Depuis le décès tragique de Diana en août 1997 et la polémique développée autour du rôle des paparazzis, la pression des médias autour de la Couronne s'est relâchée d'un cran. William, l'aîné des deux fils de Charles et Diana, et futur roi d’Angleterre, est en passe de devenir le nouveau chouchou du peuple.

La reine est le symbole de l'unité et de la continuité du royaume. Le gouvernement dirige le pays au nom du souverain. Il n'est là que pour servir la Couronne. Chaque année, la reine ouvre la session du Parlement en prononçant le discours du trône (Queen's Speech), entièrement rédigé par le Premier ministre, qui définit les grands axes de la politique du pays. On peut croiser Elisabeth lors de ses nombreuses obligations annoncées chaque semaine dans l’agenda officiel The Court Circular (publié notamment par le journal The Times). Par exemple, le Maundy Thursday (le jeudi précédant le vendredi saint), la reine réunit des retraités choisis au hasard, en nombre égal à son âge (74 hommes et 74 femmes en 2000), et leur donne à chacun la même somme en pièces d’argent frappées pour l’occasion. Ce rite remonte au XIIe siècle.

La tête à Cromwell

La Grande-Bretagne n'a connu qu'une seule période républicaine dans son histoire : le protectorat de Cromwell, de1649 à 1658. Une parenthèse sombre, marquée par le puritanisme et la censure. Du coup, le peuple s'est empressé de restaurer la monarchie en la personne de Charles II. La tête de Cromwell, quant à elle, fut exhibée pendant plusieurs années au bout d'un poteau, à Westminster Hall. Sans doute pour dégoûter le peuple à tout jamais des tentations républicaines.

Les médias

En bref

Trois Britanniques sur quatre lisent un quotidien chaque jour • La BBC : pionnière du journalisme moderne • Une télévision innovante.

La presse écrite

En Angleterre, la presse écrite joue un rôle considérable. Les quotidiens touchent chaque jour près de 30 millions de lecteurs. Leur faible prix de vente, autour de 3 francs en moyenne, explique en partie cette forte diffusion. The Times, The Daily Telegraph (à orientation conservatrice), The Guardian et The Independent font partie des fleurons de la publication anglaise. A l'autre bout de l'échelle de qualité, on trouve les fameux tabloïds – comme The Sun, Today ou The Star  –, aussi célèbres pour les scandales douteux révélés en première page que pour les pin-up dévêtues des pages intérieures. La classe politique anglaise doit à ces magazines quelques révélations juteuses accompagnées de démissions retentissantes. Sans parler, bien sûr, de la famille royale, cible favorite et permanente des paparazzis de tout poil. 

Signalons également que l'Angleterre compte d'excellents magazines spécialisés : sur la musique (Melody Maker, New Musical Express), la mode ou les tendances (The Face, Bizarre). Pointus et branchés, ce sont des références dans le monde entier. Enfin, pour tout savoir des manifestations dans la capitale, une seule source : l'incontournable Time Out London (hebdomadaire), qui existe également en français.

La radio

La BBC jouit d'une réputation internationale : BBC 1 est essentiellement musicale ; BBC 2 donne la parole aux auditeurs ; BBC 3 diffuse de la musique classique et BBC 4 reste avant tout une chaîne d’informations. Par ailleurs, chaque ville et chaque région dispose de l'équivalent d'une ou plusieurs radios FM.

La télévision

Innovante et audacieuse, la télévision britannique est l'une des meilleures télévisions du monde. Ses programmes sont souvent copiés ou déclinés par les chaînes étrangères. Les propriétaires de postes de télévision sont assujettis à une redevance, qui permet le financement des chaînes de la BBC (sur lesquelles il n’y a pas de publicité). BBC 1 est une chaîne généraliste qui fait une large place à l’actualité et à des séries d’origine britannique. BBC 2 a une orientation nettement plus culturelle. Il existe également deux chaînes privées hertziennes : ITV, qui diffuse des feuilletons et de l'information (McNews) et Channel 4, dont les programmes (culture, art, information) jouissent d'une belle renommée.

Fainéants, ploucs et déjà cultes

Ils ont valu à la BBC de multiples récompenses, dont deux Bafta (l’équivalent des Césars et des 7 d’Or), et rassemblent à chaque épisode plus de 9 millions de téléspectateurs. Qui sont-ils ? Ce sont les membres de The Royle Family, “la dynastie la plus dysfonctionnelle du royaume, la famille royale mise à part”. Des personnages empotés, braillards et flemmards, qui tournent en dérision la famille britannique traditionnelle. Avec un succès phénoménal : les répliques favorites sont reprises dans les pubs et la série vient d’entamer sa troisième saison sur BBC 2. (www.homestead.com/roylefamilyonline).

Economie

En bref

Une place financière mondiale · Une économie en plein boom.  

Autrefois centre industriel, commercial et politique d’un vaste et riche empire, Londres demeure une place financière extrêmement importante. Et ce, même si l’activité internationale de son port, ainsi que la part des industries lourdes, ont régulièrement diminué depuis la fin de la seconde guerre mondiale. En revanche, le secteur tertiaire, notamment la publicité et la finance, est très présent.

L’économie du Royaume-Uni repose essentiellement sur le secteur privé. L’emploi connaît actuellement les plus hauts niveaux jamais enregistrés et le chômage est en baisse depuis plusieurs années. Une telle situation économique a toujours attiré de nombreux Français qui viennent travailler dans la capitale malgré un coût de vie exorbitant.