Guide Voyage Londres - KARAVEL
 

Londres

Repères

Histoire

En bref

Invaincue depuis 1066, date de la conquête normande • Capitale de la moitié du monde au XIXe siècle • Royaume de la libre entreprise et de l’initiative économique.

En l’an 43 ap. JC, les troupes romaines de l’empereur Claude posent les fondations d’un petit port intérieur – Londinium – sur les rives de la Tamise. Trois siècles de Pax Romana transforment le camp rudimentaire en une cité prospère, plaque tournante du commerce du plomb, du fer, de la laine et du blé. Au IVe siècle, les Romains, qui connaissent d’importants revers militaires dans l’Empire, sont contraints de se replier sur le continent. Laissée sans défense, la Bretagne est envahie par les barbares. Saxons, Celtes et Danois se disputent Londinium, qui ne tarde pas à péricliter.

L’avènement de Guillaume le Conquérant

En 1066, Guillaume le Conquérant – encore auréolé de la fulgurante victoire de Hastings – conquiert Londres après un siège éclair. Dès le lendemain de son couronnement, il ordonne la construction de la tour Blanche (point de départ de la célèbre tour de Londres). Il assoit rapidement son autorité, et Londres retrouve la stabilité politique nécessaire à son expansion économique. La ville cumule progressivement les insignes du pouvoir : la monnaie est frappée dans la tour, les sessions du Parlement s’installent à Westminster. A la cour, la langue anglo-normande, proche du français, devient la langue de l’élite. La rencontre du saxon et du normand donne peu à peu naissance à une nouvelle langue : l’anglais.        

La montée en puissance de la City

La dynastie angevine succède à la dynastie normande lorsqu’Henri II – second fils du Conquérant – devient roi en 1154. Richard Cœur de Lion, son fils, est un souverain très aimé, mais absent, qui ruine le pays en croisades. Jean sans Terre achève de dilapider l’héritage d’Henri II. En 1215, les barons d’Angleterre, excédés, forcent Jean à signer la Grande Charte (Magna Carta), qui pose certaines limites au pouvoir absolu du roi. Par cette charte, Jean octroie également aux habitants de Londres le droit d’élire chaque année un lord-maire. Celui-ci devient le deuxième personnage le plus important du royaume. Edouard II consacre en 1319 l’indépendance de la City face au pouvoir royal. Au cours des XIIIe et XIVe siècles, la ville connaît une frénésie de construction. Un premier pont de pierre, le London Bridge, est bâti sur la Tamise (1217). Plus d’une centaine d’églises et de monastères voient le jour. Les tavernes et les brasseries se multiplient, des marchés sont aménagés. Derrière cette façade florissante, les Londoniens connaissent des conditions de vie difficiles. En 1348, la grande peste emporte 30 000 personnes, soit la moitié de la population. L’instauration d’un nouvel impôt, en 1381, entraîne le soulèvement d’une armée de paysans. Menés par Wat Tyler, les rebelles pillent Londres pendant deux jours, brûlent des édifices et assassinent l’archevêque de Canterbury. Impulsif et mal organisé, le soulèvement est rapidement écrasé par Richard II.

L’ère Tudor

La prospérité de Londres culmine sous le règne des Tudors (1485-1603). La draperie de laine et le commerce maritime connaissent une croissance foudroyante. La construction de la bourse de Londres – Royal Exchange – s'achève  en 1567, la Compagnie anglaise des Indes est créée en 1600. Parallèlement à cela, la cité bouillonne d’une vie culturelle intense. Le mythique Globe Theatre, fief de Shakespeare, ouvre ses portes en 1599, dans les quartiers mal famés du sud de la Tamise. En 1603, à la fin du règne de l’austère Elisabeth Ire, la population de Londres atteint 200 000 habitants.

Le protectorat de Cromwell

Le règne des Stuarts débouche sur la guerre civile anglaise. Charles Ier est décapité, la monarchie abolie et le redoutable Oliver Cromwell prend la tête de la République. Londres connaît alors dix années d’austérité et de puritanisme. Les théâtres sont fermés, la création artistique est étouffée par la censure. La Restauration de Charles II met fin à la morosité ambiante et semble poser les prémices d’une ère nouvelle.

Les temps difficiles

Pourtant, deux terribles événements freinent l’essor de la ville à la fin du XVIIe siècle. En 1665, la grande peste fait plus de 75 000 victimes. L’année suivante, un terrible incendie ravage en trois jours les 4/5e de la City. La reconstruction de la ville est confiée à l’architecte sir Christopher Wren. Sous la pression des propriétaires privés, Wren doit renoncer à ses projets d’aménagement grandioses. Il dirige cependant l’édification de 51 églises – dont la superbe cathédrale Saint-Paul – en un temps record. En dépit de cette renaissance, la City ne retrouve pas toute sa population d’antan : les classes aisées préfèrent désormais s’établir dans le West End. Parallèlement à cela, l’explosion du commerce maritime entraîne l’essor rapide de l’East End. Le quartier de Spitafields accueille une importante communauté de Huguenots français, chassés par la révocation de l’édit de Nantes (1685). Progressivement, Londres devient la première place financière du monde. Symbole de cette omnipotence, la Banque d’Angleterre (Bank of England) voit le jour en 1694.

Le Londres géorgien

L’urbanisme londonien connaît un nouveau sursaut de créativité sous la dynastie des Hanovres. De grandes avenues sont percées dans le West End. L’architecte John Nash inaugure la vogue des Terraces, ces maisons étroites en alignement continu. De nouveaux théâtres accueillent les foules à Covent Garden, Leicester Square et Piccadilly Circus. De grands établissements culturels (British Museum en 1753, National Gallery en 1824) ouvrent leurs portes. Mais le XVIIIe siècle est aussi, et surtout, le théâtre de la révolution industrielle. Les innovations techniques et financières, le crédit bancaire par exemple, se succèdent, les grandes usines se substituent aux petites manufactures. Le pays connaît une véritable explosion démographique et la population rurale émigre en masse vers la capitale. Progressivement les villages et les faubourgs avoisinants – comme Chelsea, Hampstead ou Clapham – sont absorbés. Dès 1829, une autorité centrale, le Metropolitan District, est chargée de maintenir l’ordre dans cette ville hétéroclite. Son quartier général : Scotland Yard.

L’apogée de l’Empire britannique

A l’apogée de l’Empire britannique, sous le règne de la reine Victoria (1837-1901), Londres est la capitale d’un Empire qui couvre le quart des terres émergées dans le monde. En mai 1851, l’Exposition universelle organisée par le prince Albert attire 6 millions de visiteurs. Pourtant, à l’intérieur du pays, la prospérité est loin de bénéficier à tout le monde. Londres est devenue la figure de proue du capitalisme mondial. La pollution est à son comble. Un fossé se creuse entre le West End, prospère et brillant et l’East End, où la population s’entasse dans la misère. Les conditions de travail sont souvent terribles. Des ouvriers suscitent de nombreuses émeutes qui aboutissent à la création des premières législations sociales. Les syndicats (Trade Unions) sont autorisés en 1824.  La reine Victoria s’éteint en 1901, après le règne le plus long (64 ans) de toute l’histoire de la Grande-Bretagne.

La montée des syndicats

Le règne d’Edouard VII (1901-1910) s’accompagne de bouleversements politiques et sociaux. Les ouvriers s’organisent en syndicats, puis créent leur propre mouvement politique : le Labour Party (parti travailliste), qui constituera une véritable force d’opposition aux Tories. De nombreux programmes sociaux sont adoptés. Enfin, Londres doit affronter le problème de l’Irlande, dont la majorité catholique réclame l’indépendance. Elle sera uniquement accordée aux comtés du Sud en 1921.

Les deux guerres

Les deux guerres éprouvent durement la résistance des Londoniens. Au lendemain de la grande guerre, un vaste programme de reconstruction et de relogement multiplie par quatre la superficie de la ville. L’entre-deux-guerres est marquée par les crises économique et sociale. Au cours de la seconde guerre mondiale, la capitale est bombardée pendant cinquante-sept nuits consécutives (Blitz) : les dégâts sont considérables. 45 000 Londoniens périssent, mais Londres ne plie pas. La capitale, qui a accueilli dès 1939 les gouvernements en exil des pays occupés, devient la plate-forme de reconquête du vieux continent.

La seconde moitié du XXe siècle

Avec la fin de l’Empire, un flux croissant d’immigrés – Indiens, Africains, Caraïbes – s’installent à Londres, donnant à la ville son aspect haut en couleur. En 1956, la promulgation du Clean Air Act contribue à réduire la pollution atmosphérique et sonne le glas du légendaire smog (contraction de smoke, et fog, brouillard). Dans les années 1960, le Swinging London dicte ses modes musicales et vestimentaires au reste du monde. Cette période d’euphorie ne dure pas et le premier choc pétrolier plonge la Grande-Bretagne dans une grave crise économique. Le chômage monte en flèche. Les provocations du mouvement punk stigmatisent le mal-être de la société. Margaret Thatcher, qui accède au pouvoir en 1979, parvient à redresser l’économie nationale au prix d’une nette régression sociale : remise en cause de l’assurance chômage, déclin du système éducatif… De nombreuses émeutes ébranlent la capitale. En 1990, une grande manifestation contre les impôts locaux (Poll-Tax) réunit plusieurs dizaines de milliers de manifestants sur Trafalgar Square. La Dame de Fer est contrainte à la démission.

En 1981, débute un programme d’aménagement des docklands – le plus vaste chantier d’Europe – encore inachevé aujourd’hui. En 1994, la percée du tunnel sous la Manche relie l’Angleterre au continent. En mai 1997, l’arrivée au pouvoir de Tony Blair, le charismatique leader du Parti travailliste, marque le retour à une période faste. Après des années de marasme, la capitale britannique fait aujourd’hui preuve d’un dynamisme économique, architectural et culturel sans précédent. A l’aube du troisième millénaire, Londres est redevenue la capitale la plus branchée d’Europe.

6 dates clés

50 av. JC : fondation de Londinium.

1066 : Guillaume le Conquérant est sacré roi à Londres.

1665 : la grande peste fait 100 000 victimes.

31 mai 1859 : Big Ben sonne pour la première fois.

1940-41 : bombardée pendant 57 nuits consécutives (Blitz), la capitale ne plie pas.

2000 : Londres est sacrée “ville la plus cool d’Europe” par les médias.