Tunisie
Autour du Chott-El-Jerid
Le Chott el-Jerid une étendue de croûte salée qui s’étend sur plus de 4600 km2. Entre le Chott et la frontière algérienne, les villes de Nefta et de Tozeur aux médinas basses en briquettes de sables, les oasis de montagnes, et le début du désert. A l’ouest, le Nefzaoua ou se trouvent Douz et Zaafrane, encadrée par le Grand Erg Oriental un désert de steppes et de dunes suivies du Sahara. Le chott rassemble les dernières villes et villages avant le désert où seuls quelques semi-nomades se regroupent autour de rares oasis. Yeux clairs ou sombres et réfléchissant, les peaux mat presque noires, rappellent l’origine berbère et semi-nomade des peuples du chott el-Jerid. Un mode de vie doublé d’un artisanat et de traditions ancestrales et encore très présentes. Un mode de vie marqué par des luttes permanentes, chaleur, eau, ensablement où le désert rappelle sa puissance.
La datte
Le palmier dattier est l’arbre roi des oasis de Tunisie, où sa présence est cinq fois millénaire. Il donne une multitude de fruits aux saveurs variées et aux formes légèrement différentes. La récolte des dattes démarre en septembre et dure six mois. Une collecte spectaculaire qui attire des visiteurs autochtones et étrangers. La Tunisie produit une grande variété de dattes, des plus prestigieuses aux plus modestes. La Deglet Ennour (datte lumineuse), connue depuis plus d’un siècle, est la plus savoureuse. Sa chair transparente doit laisser apparaître le noyau. La Allig (littéralement "suspendue"), est la plus utilisée dans la pâtisserie locale. Elle sert de farce pour le makroudh national, ce gâteau de semoule fine fourrée de dattes dénoyautées. La Tinta est utilisée pour nourrir les dromadaires. Aliment de base des populations sahariennes, du caravanier, du voyageur, les dates sont appréciées et consommées partout, comme friandise d’une grande délicatesse, mais aussi comme remède. Elles sont vendues en grappes ou en paquets.
Nefta
A 23 kilomètres de Tozeur par la route
Nefta appelée la petite Koufa en raison de sa similitude architecturale avec Koufa une ville irakienne, fut pendant longtemps le point de rencontre entre le Maghreb et l’Orient. Au Xe siècle les chiites venus de l’Irak y importèrent dit-on, trois éléments qui caractérisent le sud encore aujourd’hui. Le palmier dattier, la brique d’argile, le voile noir des femmes chiites qui portent le deuil de Hussein (le fils du prophète Ali fondateur du chiisme) assassiné à Kerbala. Réputée alors pour ses écoles coraniques, la ville en garde la trace et affiche sa différence avec sa profusion de marabouts. Cent dix sept lieux de culte, parsèment ainsi la ville en hommage aux marabouts d’obédience sunnites, chiites ou soufis, sans compter une vingtaine de mosquées. A Nefta on trouve aussi la Corbeille une superbe oasis naturelle, une palmeraie, une ancienne médina semi-abandonnée à la suite d’une pluie diluvienne, et une zone touristique étendue mais peu envahissante.
La ville est joyeuse et sage à la fois, influencée les chants et les méditations des rites soufis (1 à 2 % d’une population de 20 000 personnes). Nefta est aussi réputée pour ses poètes installés dans le quartier de El-Mouada. Géographiquement reculés dans une région aux sublimes paysages, ils semblent trouver ici la liberté et l’inspiration nécessaire à leur art au ton romantique ou satirique. Nefta est très certainement la ville la plus charmante du Sud Est. La population y est à la fois accueillante et réservée. Concurrente de Tozeur sur le plan touristique, Nefta, demeure malgré elle un peu en retrait. On y sent une maladresse qui rend hommage à son intégrité.
La ville est séparée en deux par l’avenue Habib Bourguiba. A l’ouest, l’ancienne médina et la palmeraie, à l’est la ville et l’oasis de la corbeille ceinturée par la route touristique où l’on trouve les hôtels à étoiles.
La corbeille
Surprenante, elle apparaît du rebord des cafés perchés sur la colline qui la surplombe. Peu étendue, l’oasis semble légèrement à l’abandon. Des palmiers grisonnants au feuillage en bataille. Des rigoles d’irrigations aux tracés géométriques qui s’élargissent en rivières serpentines et boueuses où coassent les crapauds au coucher du soleil. L’oasis alimentée par de l’eau de source est encore cultivée. Elle compte 15 000 palmiers naturels et 45 000 palmiers plantés. Au sol, des carottes, des concombres, dont les plants herbeux et fleuris constituent les réserves de semence pour l’année suivante. A mi-hauteur, les feuilles des arbres écrasées entre la paume des mains dégagent quelques gouttes d’essence de citronniers ou d’orangers. Mais aussi des grenadiers, des vignes, des figuiers. Les palmes ondulantes des majestueux palmiers dattiers coiffent les plantations et les protègent du soleil. Au cœur de la palmeraie se cache un tout petit café qui sert du jus de palme, au goût d’eau sucrée. Les habitants de la ville viennent y priser du tabac de genièvre très doux dans un petit calumet effilé en bois de palme et au fourneau d’argile. Au creux de la falaise où se niche l’oasis, l’eau bleu verte de la source est recueillie dans un écrin ovale.
Soufisme
En arabe souf signifie laine, une référence à la robe de bure portée par les soufis en signe de dénuement et d’opposition aux notables non respectueux des principes de l’Islam. Le soufisme est un courant mystique de l’islam dont les différents maîtres sont apparus aussi bien chez les chiites que chez les sunnites. Ils apparaissent peu après la naissance de l’Islam. La première grande figure du soufisme est Hassan Baçri mort VIIIe siècle du calendrier julien (en l’an 728 de l’Hégire), suivit de l’irakien Mouhassibi au IXe siècle, de l’égyptien, Dhou Noun al Micri au Xe siècle, de l’Iranien Bistami au XIe siècle et du célèbre Ibn Al Arabî enterré à Damas au XIIIe siècle.
Les soufis appartiennent à différentes confréries où est enseignée la doctrine (tarika, voie). Chaque confrérie inspirée par un grand initié des siècles passés est animée par un maître. L’ascension vers Dieu nécessite une initiation qui passe par des vieilles, des jeûnes, des danses, des litanies, les dhikr, rappel, du nom de Dieu. Les soufis appellent à une méditation qui peu aller jusqu’à la transe comme le montrent les derviches tourneurs.
A Nefta, Il existe quatre confréries principales dont une “La Banga”, regroupée autour du marabout de Sidi Marzoug. Ses fidèles sont venus du Soudan il y a 6-7 siècles comme esclaves.
La médina
En contrebas de la ville, à côté de la palmeraie, la médina comme tapie dans la terre. Fondue dans le désert de sable qui s’étend derrière elle. Un dédale de ruelles étroites et ensablées, aux murs de briquettes d’argile sèche de la couleur du désert. Des vieux vêtus de blancs s’assoupissent à l’ombre des passages voûtés. Plus loin des enfants battent de leurs sandales la poussière du sol brûlant.
Dans la médina de nombreuses maisons ont été abandonnées. Les clous rouillés des portes dessinent des motifs berbères, losanges, triangles ou étoiles de David dans l’ancien quartier juif. Les portes indiquent la situation familiale et matérielle des propriétaires. Du bois de palme, épais et rugueux, pour les pauvres et du bois d’olivier ou d’abricotier, lisse et noueux, pour les riches. Le heurtoir de gauche est réservé aux hommes. A droite, deux anneaux l’un au-dessus de l’autre pour les femmes et plus bas pour les enfants. Les femmes ouvraient la porte quand les coups résonnaient à droite. Un coup à gauche, elles se couvraient et s’enquéraient de l’identité du passant. Derrière les portes entrebâillées, les habitations traditionnelles. Un porche en forme de coude mène à une cour à ciel ouvert. Le patio carré distribue des pièces au rez-de-chaussée, chambres, salon, cuisine. Elles ne communiquent entre elle que par la cour. Au premier sont entreposées, bottes d’oignons et dattes, pommes de terres et céréales accessible par des escaliers extérieurs.
Au cœur de la médina, se trouve la place de la Libération avec ses quelques échoppes éparses destinées à de rares touristes. En face de l’hôtel Habib, un magasin vend quelques reliques du tournage de Star Wars à coté d’œuvres d’artistes locaux inspirés par l’esthétique futuriste des personnages du film. Quelques séquences ont été tournées dans le désert à Onk-Jemel au nord entre Tozeur et Nefta. Il faut y aller en 4x4, adressez-vous au syndicat d’initiative.
Dans la médina, deux maisons traditionnelles ont été transformées en musées sur l’initiative de leurs propriétaires. Destinées principalement aux touristes, ils reconstituent pièce par pièce la vie quotidienne dans le Jerid. Meules de pierres pour concasser les graines, outres en peau pour l’eau, plats familiaux en bois ou métal, ustensiles, vêtements traditionnels. Le musée Dar Houidi se situe dans le quartier de El Hawaida Algma, le musée Dar Jerid, est placé entre la médina et la palmeraie,
L’oasis
Du café de la Corbeille l’Oasis qui s’étale comme une flaque au pied de la médina, en bordure de chott, sur plus de 1100 ha soit plus de 400 000 palmiers. Le trésor de Nefta précieusement entretenu par des agriculteurs qui sèment, labourent et récoltent. Le syndicat d’initiative propose des guides qui expliquent le système agricole de la palmeraie. Le marabout de Sidi Bou Ali est implanté dans les palmiers. Il est visible de la route qui s’enfonce dans le désert. Sidi Bou Ali est le grand marabout de Nefta. Né au Maroc au XIIIe siècle il vécut à Nefta et combattit les doctrines schismatiques. A l’orée de la palmeraie, le café du Paradis, touche la médina. Une petite guinguette, et sûrement l’un des meilleurs endroits pour déjeuner avant de s’aventurer dans la jungle de la palmeraie.
Marabouts
Le marabout désigne à la fois un homme et un mausolée. L’expression est d’origine maghrébine. Marabout se traduit littéralement par “celui qui vit dans un ribat”, sorte de couvent fortifié que l’on trouve au Maghreb, ou en Afrique noire musulmane. Il existe d’anciens ribats à Sousse et Monastir, villes de la côte orientale de la Tunisie. Saint homme, le marabout est reconnu par la population pour ses capacités : ascète, guérisseur, protecteur, intercesseur. Il prie et médite, mais peut aussi emprunter quelques rites aux cultes animistes (sacrifices ou adorations d’animaux, de végétaux ou de minéraux). Le marabout vit dans un marabout, dit aussi zaouïa, un carré blanc surmonté d’un dôme ou d’un cône peint en blanc, crème, bleu ou vert clair. De son vivant le marabout fait l’objet de visites saisonnières qui continuent après sa mort, le marabout devient alors mausolée et lieu de culte. Certains marabouts n’abritent aucun défunts, mais des édifices sont érigés dans le pays selon leurs influences. Aujourd’hui le marabout, l’homme, a presque totalement disparu. Les jeunes tunisiens ne croient plus à ces rites ancestraux. Il y a peu de place pour le maraboutisme dans un système scolaire laïc ou la médecine moderne est enseignée avec son lot de croyances cartésiennes. La jeune génération se déclare “musulmana laïque”, et les marabouts représentent un islam un peu trop exotique. Les journaux tunisiens pullulent de marabouts aux promesses mirobolantes et au charlatanisme avéré.
La ville
La ville est un labyrinthe de ruelles encadrées par des murs peints à la chaux et ponctués de marabouts. Dans les rues, les costumes traditionnels des femmes se mêlent aux vêtements “à l’occidentale” des jeunes filles. Le costume traditionnel est composé d’un voile qui tombe jusqu’au pied et couvre les cheveux, laissant apparaître le visage. Les femmes mariées portent un voile noir à bande bleue, il est blanc ou crème pour les filles non mariées.
La vie de Nefta est animée par ses fêtes religieuses ou les habitants se retrouvent pour partager prières, chants et couscous.
Le marché des roses des sables
En prenant l’avenue Habib Bourguiba vers Haouza et l’Algérie, la route s’enfonce dans le chott. S’y trouve le plus grand marché de rose des sables de la région extraite non loin de là à l’ouest du chott El Jerid. De toutes les tailles elles se marchandent ici au plus bas prix.
Tozeur
L’oasis
Son oasis est immense, elle s’étend sur plus de 1000 ha, compte plus de 400 000 palmiers et 200 sources. Elle est traversée par de nombreuses routes délimitées par un tressage de palmes sèches. De ces routes partent des chemins sinueux et ombragés, où s’égayent des oiseaux sous le bruissement des palmes : une invitation à la sieste. Des carrioles traînent un chargement de palmes qui dessinent d’immense queue de paon. L’oasis est touristique par endroits, en témoignent les calèches et les marchands ambulants qui se regroupent autour du Belvédère ou du tombeau d’Ibn Chabbat. Le belvédère, accessible par l’avenue Abou el-Kacem Chabbi, après l’hôtel Jerid, offre un point de vue sur l’oasis et la ville. Sur la même avenue à droite d’un minaret une piste mène au tombeau à cinq arches d’Ibn Chabbat, un ingénieur du XIIIe siècle qui dessina le plan d’irrigation de la palmeraie de Tozeur repris par bien d’autres exploitations. Plus loin après le marabout de Sidi Ali Bou Lifa, la piste rejoint le quartier Abbes, de petites maisons blanchies qui mènent au café du paradis.
Le café du paradis et le zoo
Le café du Paradis est un petit édifice en brique d’argile et de sable. 2 dirhams permettent d’accéder au zoo, un bestiaire du désert, et au paradis, une petite aire d’oasis ou se promener librement entre les roses et les grenadiers. Les différentes espèces végétales sont spécifiées par des panneaux. Le café affiche “spécialité du paradis”, des sirops à 1 dirham à base de pistache, banane, rose, violette, grenade, et mélangé à du jus de citron pressé et de l’eau minérale. En fait de café c’est un comptoir entouré de cartes postales. Les sièges en bois de palme installés à l’extérieur sont bien plus agréables. Mieux encore, siroter ces cocktails colorés sur les fauteuils installés dans l’oasis, à l’ombre, un peu en retrait des cars japonais. Pour accéder au paradis il faut prendre un ticket d’entrée, sinon l’accès au café est gratuit.
La médina
La médina de Tozeur est, elle aussi, construite en briquettes d’argile, de sable et de gypse mélangés. Un château de sable au milieu du désert. Une succession de maisons basse aux toits plats, des ânes peureux qui se réfugient derrière les portes d’entrée, des femmes accroupies sous le porche frais de leurs maisons.
La médina s’appelle le quartier Ouled-el-Hadef. On y entre de deux façons, par l’avenue de Kairouan, prendre la rue qui tourne à l’hôtel Dar Ghaouar. Ou par l’avenue Habib Bourguiba. De nombreuses maisons datent du XIVe siècle. Les frises de briques aux motifs géométriques sont une spécificité de l’architecture locale. Au-dessus d’un des porches qui s’enfonce dans la médina, une maison porte un panneau avec des inscriptions arabes et des dessins d’arches. Ce serait la “publication” du contrat de mariage, des versets du Coran pour bénir la maison et la date de construction de la maison avec le nom de son architecte. Le long des allées, les portes ont souvent trois heurtoirs utilisés de la même façon qu’à Nefta.
Au bout de la médina se dresse le minaret de la mosquée Sidi Ben Galleb. Dans la médina le musée des arts et traditions populaires, bien indiqué par des panneaux, est installé dans la zaouïa de Sidi Bou Aïssa.
A l’intérieur des maisons les femmes travaillent, couture, tissage, et plats tunisiens. La maison est avec le hammam un lieu de beauté. La cire orientale au sucre et au citron malaxée sur la peau. Les tatouages aux hennés, une pâte verte appliquée sur la paume des mains et des pieds, sèche une à deux heures et laisse ensuite ses motifs bruns sur la peau. Appliqué sur les cheveux, il donne des reflets roux.
Le centre-ville
La ville est encadrée par la médina, l’oasis, et la zone touristique. L’avenue principale Farhat Hached, est bondée de cafés, d’épiceries, et de pâtisseries. Elle possède même un café Internet. L‘avenue Habib Bourguiba est l’artère touristique de la ville. S’amoncellent pêle-mêle, chameaux en peluche, sacs en osiers, bijoux et maroquinerie. Chez les marchands de tapis et de bijoux, on trouve plus spécifiquement des objets inspirés des coutumes berbères et semi-nomades. Tapis carrés au fond rouge et aux motifs blancs, sont des couvertures dans lesquelles s’enroulent la femme berbère la nuit précédant le mariage. Des tentes nomades en poil de chameau et de chèvres, rendues imperméable grâce à une technique de tressage spécifique, des tapis teints au henné, des selles tissées pour les dromadaires, forment un bazar accueillant. Les vitrines des bijoutiers exposent des chaînes faites de gros anneaux ronds où pendent des mains de fatma ou des pierres semi-précieuses et toutes sortes de croix du sud pendu à des petits colliers de perles noires. Les bijoux sont d’inspiration berbère et semi-nomade, mais rarement fabriquées par eux. En général les vendeurs tentent leurs chances, ils sont pugnaces et leurs prix sont gonflés. Les cafés alentours avec leurs chaises en formica bleu pale sont d’agréables refuges. Les patrons sont bonhommes et le thé à la menthe demeure pour quelques millimes, une valeur sûre.
Le musée Dar Cheraït
Construit sur le modèle d’une belle demeure, le musée a reconstitué les scènes de la vie quotidienne du siècle dernier. Il possède une belle collection d’objets. Le musée est agrémenté d’une librairie fort intéressante pour qui veut se documenter sur la région, découvrir des livres d’art ou acheter des romans à lire sous les palmiers. Le musée abrite aussi un café maure et un parc inspirés des Mille et Une Nuits ou se déroule un son et lumière entre 18 et 23h.
Les oasis de montagne
Chebika, Tamerza et Midès, trois perles vertes accrochées à flanc de montagnes, à quelques kilomètres de la frontière algérienne. A côté des villages entiers, inondés par les eaux an 1969, ont été abandonnés. En ruines, silencieux, terreux, ils deviennent décors de scène. Les berbères se sont installées dans des cubes modernes, d’où sortent des femmes revêtues de noirs, aux visages ornés par de discrets tatouages. Ils vivent de la culture de l’oasis, des fruits du tourisme et de quelques tournages de films.
A 70 km de Tozeur, les oasis sont accessibles par une route tout à fait praticable en voiture. En sortant de Tozeur, prendre le chemin qui traverse l’oasis d’El Hamma, puis la direction des montagnes. Le silence recouvre peu à peu cette plate steppe, qui longe le Chott El-Gharsa (20 mètres en dessous du niveau de la mer) et qui butte au loin sur une chaîne de montagne. Une étendue habitée par quelques troupeaux de dromadaires.
La plupart des excursions organisées par les hôtels vont aux oasis le matin. Les 4x4 arrivent vers 7h30-8h pour boucler leurs circuits dans la journée. Mieux vaut y aller tranquillement le soir pour le coucher du soleil.
Chebika
A 60 km de Tozeur par la route
La source s’écoule doucement du creux de la montage, des palmiers poussent entre les parois exiguës. Plus bas s’étend l’oasis, qui accroche le regard dans ce paysage aride. “Château de soleil” en berbère, le village de Chebika était un des postes de la ligne romaine fortifiées qui reliait Tebassa à Gafsa. Une succession de miroirs servait à signaler l’arrivée de pillards aux autres postes avancés. Du haut de la montagne la “vallée aride” couvre l’horizon. Du village détruit par une des pluies torrentielles en 1969, il ne reste que les murs qui se confondent à la roche. Les habitants se sont installés en contrebas dans des maisons sans charme. A côté des glaces et cartes postales, arrivées avant vous, des guides locaux proposent une visite de l’oasis et de l’ancien village berbère contre quelques dirhams. Un des café ombragé revêt ses bancs en terre de tapis de cotons colorées tissés par les femmes du village. Plus haut les enfants proposent de petits colliers de pâte à sel ornés de poissons un porte-bonheur berbère.
Tamerza
Village traversé par une route goudronnée, Tamerza n’apparaît pas de façon aussi poétique que Chebika. De la terrasse du très chic Tamerza Palace la vu sur l’ancien village berbère magnifique. Allongé sur la berge d’un large oued asséché, ses murs délabrés et son marabout au dôme vert clair ressemble au décor d’un film après une attaque de pillards. L’oasis, est accessible par l’Hôtel Cascade. Il faut traverser un bouquet de paillotes en palmes avant d’accéder à la cascade, petit filet d’eau. Autour quelques balades le long de l’oued, dans l’oasis ou sur les collines qui mènent aux petites échoppes accrochées aux rochers. On peut y boire du thé à la menthe en écoutant les vendeurs jouer de la musique. Quelques virages avant l’entrée du village, une cascade est indiquée où l’on peut se baigner. Elle est un peu touristique, mieux vaut s’aventurer directement au cœur de l’oasis.
Midès
Troisième point d’eau, le plus reculé et probablement le plus beau. Il faut pour y arriver traverser le nouveau village ou les chèvres paissent entres les marabouts. L’oasis est ordonnée et paisible comme un jardin. Un village abandonné domine un canyon parfois haut de 80 mètres. Il est tapissé de sable jaune sur lequel se projette l’ombre déformée des troncs de quelques rares palmiers. Du village il ne reste que les murs, l’endroit est étonnamment calme. A l’entrée de cet amas de ruine, les acteurs de la petite économie locale, propriétaires des rares étals touristiques, et d’une boutique de tatouage berbère, agriculteurs, guides, se retrouvent sous une tonnelle pour y boire un thé ou un café.
Autour des Oasis
Situé au-delà des oasis, l’endroit est plus sauvage et réputé pour sa beauté. La route de Redeyef offre le long de la frontière algérienne un paysage semi-montagneux. C’est le point de départ de nombreuses balades guidées.
Plus au nord ouest, après Metlaoui, une ville minière, se trouvent les gorges de l’O. Sejla. Le bey de Tunis s’était fait construire une desserte de train pour ces escapades estivales. Le Lézard rouge train de 1910, effectue toujours un petit trajet touristique au fond des gorges.
Le Chott El-Jerid
96 km par la route entre Kébili et Tozeur
Une dépression salée, encerclée de deux autres chotts plus petits, le chott el-Fejaj (800 km2 et minimum 15 m d’altitude) avec qui il communique et le chott el-Gharsa (600 km2 et 20 m maxi en dessous du niveau de la mer) qui touche la frontière algérienne. Des croûtes de sels blanches et des vaguelettes de sable surmontées de petits buissons crée l’illusion d’une mer. La surface du chott est formée d’argile, de gypse et de sel. Le paysage s’étend à perte de vue (4600 km2 et minimum 15 m d’altitude). La liaison des chotts avec la mer reste au cours de l’histoire géologique récente (ère quaternaire) demeure mythe, celui de la mer saharienne. Le relief entre le golf de Gabes et les chotts ne permet pas à la mer de les envahir. Seul le chott el Gharsa peut atteindre 20 mètres en dessous du niveau de la mer à certains endroits. Le chott el Jerid et le chott el Fajaj sont à une altitude minimum de 15 mètres. Au XIXe Ferdinand de Lesseps travailla sur la possibilité de créer une mer intérieure en reliant les chott à la mer par un canal. Mais les altitudes, la chaleur et autres inconvénients écologiques rendaient ce projet utopique.
Le chott est traversé de nappes phréatiques. Les oasis installées en bordure de chott se sont d’abord crée autour de sources artésiennes (les aioun), des puits ou remontaient l’eau des nappes. Par la suite l’intensification des cultures a donne lieux à des forages pour alimenter ce qu’on appelle les oasis artificielles. L’installation de forages provoque le tarissement des sources naturelles et les oasis passent actuellement d’un mode d’alimentation naturel à un mode d’alimentation artificielle.
De Kebili à Tozeur, une route goudronnée traverse cette étendue salée ponctuée par quelques cafés. Installés devant les rares mares d’eau salées ils vendent des roses des sables extraites au sud du Chott el-Jerid. Cette eau du désert est souvent colorée artificiellement par les vendeurs qui obtiennent ainsi des roses des sables vertes, rouges et bleues. Dans le chott seul les étendues d’eau de couleur rouge-rouille, venant du fer, sont naturelles.
Le Nefzaoua
Les villages de Douz, Kebili, Zaafrane, Sabria, El-Faouar sont implantés dans la région du Nefzaoua. Une aire saharienne entourée du Chott el Jerid, et bordée à l’ouest par la Grand erg Oriental qui s’étend jusqu’à la Libye. Le Nefzaoua était un point de rencontre et de ravitaillement pour les peuplades nomades.
Kebili
A l’entré du chott El Jerid, à 90 km de Tozeur et 122 km de Gabès
Place centrale des marchés aux esclaves en provenance du Soudan jusqu’au XIXe siècle, Kebili est aujourd’hui une bourgade de 45 000 habitants et le centre administratif de la région. La ville possède une oasis de 100 000 palmiers au milieu de laquelle est campée l’ancien village abandonné suite à l’inondation de 1969.
Douz
A 27 km de Kebili par la route
Tandis que Zaafrane se fond dans le désert, Douz, vit déjà largement du tourisme. Situé à 12 km en amont de Zaafrane, Douz est une bourgade de bonne taille, blanche et aérée. Des dromadaires paissent devant les hôtels de la zone touristique. Utilisés pour les excursions et les spectacles traditionnels. Son marché hebdomadaire du jeudi était le point de rencontres des nomades. Aujourd’hui ils sont devenus semi-nomades en raison de la scolarisation obligatoire jusqu’à 16 ans. Ils partent dans le désert pendant les vacances scolaires. Le marché de Douz demeure un beau spectacle. Il propose légumes, épices et ustensiles. Il existe toujours un marché aux bestiaux près de la palmeraie ou sont amassés agneaux, moutons et dromadaires. Le Festival du Sahara se déroule à Douz chaque année fin décembre. Il accueille les populations du sud pour des courses de dromadaires, des danses, de la musique. Il existe aussi un musée du Sahara et un zoo du sahara.
Le centre-ville
Entre ville et médina, Douz avec sa grande place à arcades, la place de la République, et ses petites ruelles qui combattent contre l’ensablement est une ville agréable. Les boutiques touristiques se mêlent aux étals de légumes, aux serruriers, aux quincailliers. Des vieillards assis à même le sol lézardent tandis que d’autres s’enflamment autour d’un jeu de dé. Le long des rues, des peintures murales symbolisent le métier du propriétaire de la boutique, guitare électrique pour des vendeurs de cassettes de musiques, paysages sablonneux et dromadaire pour un hôtel touristique. Les spécialités de la ville sont les sandales sahariennes, des chaussons en cuirs plus ou moins travaillés et les chèches, longs de 4 mètres pour s’y enrouler et protéger le visage du sable et du soleil. Il y a aussi des tapis, des bijoux, de la maroquinerie.
Zaafrane
A 14 km de Douz par la route
La route qui mène à Douz et Zaafrane s’avance dans le désert pour revenir au Chott. A Zaafrane, les dunes au sable clair commencent à onduler gracieusement. Zafraane est le départ d’excursions en dromadaires ou en 4x4 qui tentent de se rapprocher du mode de vie nomade, tentes nomades, galettes cuites dans le sable et thés à la menthe. Renseignez-vous auprès d’une agence spécialisée ou du syndicat d’initiative de Douz.
Le village de Zaafrane se compose d’une rue bordée de maisonnettes basses. Le boucher, le boulanger, le garagiste de carrioles y ont leurs boutiques. Il existe un seul hôtel à la sortie du village.
Guide pays
Pratique
- Introduction générale
- En un coup d'oeil
- Itinéraires
Repères - Histoire et politique
- Arts
- Environnement
- Fêtes et traditions
Pratique - Avant le départ
- Quand partir ?
- Transports
- Mémento pratique
Où dormir ? - Texte général sur les hôtels
Où manger ? - Texte général sur les restaurants
Où sortir ? - Texte général sur les sorties
Shopping - Texte général sur le shopping
Présentation - Texte Introduction Tunis
Visites - Visites Tunis texte
- Visites Tunis adresses *
Où dormir ? - Hôtels pas chers Tunis*
- Hôtels standard Tunis*
- Hôtels haut de gamme Tunis *
Où manger ? - Restos petits prix Tunis *
- Restos bonne table Tunis *
- Restos grande table Tunis *
Où sortir ? - Tunis Bar*
- Tunis boites de nuit *
- Tunis spectacles *
Shopping - Adresses shopping *
Pratique - Tunis pratique
A voir - Textes environs de Tunis
- Environs tunis : Sidi Bou Sai hotels *
- Environs tunis : Sidi Bou Sai restos *
- Environs tunis : la Goulette restos *
- Environs tunis : la Marsa restos *
- Environs tunis : la marsa sorties *
- Environs tunis : carthage hotels *
- Environs tunis : Gammarth hotels *
- Environs tunis : Gammarth shopping *
Présentation - Intro région le nord
A voir - La côte Corail
- Les routes intérieures
Présentation - Introduction péninsule cap bon
A voir - Le golfe d'Hammamet
- Le tour de la péninsule
Présentation - Introduction sahel et le centre
A voir - Le Sahel
- Sahel : Sousse hôtels*
- Sahel : Sousse restos*
- Sahel : Sousse bars*
- Sahel : Sousse shopping*
- Sahel : Monastir hôtel*
- Les steppes
Présentation - Introduction au sud
A voir - Jerba
- Autour du Chott-El-Jerid
- Le Sud : Douz hôtels *
- Le Sud : Douz restos *
- Le Sud : Douz bars *
- Le Sud : Nefta hôtels *
- Le Sud : Nefta restos *
- Le Sud : Tamerza hôtels *
- Le Sud : Tamerza restos *
- Le Sud : Tozeur hôtels *
- Le Sud : Tozeur restos *
- Le Sud : Tozeur bars *
- Le Sud : Zaafrane hôtels *
- Les montagnes du Dahar
En coulisse - Les auteurs
Les indispensables
