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Kairouan

En 670 lors de l'invasion arabe, Oqba ibn Nafi, chef de troupe, s'arrête sur les lieux de la future Kairouan. Un lieu brulé par les Berbères qui cherchent à assoiffer les assaillants. Une source d'eau jaillit aux pieds du chef musulman qui la sacre ville sainte. Elle est aujourd'hui encore un haut lieu de pèlerinage, la première ville sainte du Maghreb et la quatrième du monde musulman après la Mecque, Médine et Jérusalem. Après la victoire des troupes de l'Islam sur les troupes berbères et sur la Kahina, grande résistante berbère, Kairouan devient la capitale. Le IXe siècle et la dynastie des Aghlabides lui apportent la gloire, mais les Fatimides la délaissent au profit de Madhia, et les Hafsides lui portent le coup de grâce en 1507. La fin de son règne de capitale, n'entache pas la suprématie religieuse et théologique de Kairouan. Une ligne de conduite qu'elle conserve durant toute son histoire. C'est ainsi que la ville se montrera extrêmement revêche aux lois laïques de Bourguiba. Elle s'anime tout particulièrement pour les célébrations religieuses telles les nuits du ramadan ou encore le mouled, l'anniversaire du Prophète.

La médina est entourée d'un mur en brique plus ou moins restauré, la plupart de ses pierres ont plus de 900 ans. Elle abrite des mosquées, des artisans et des échoppes. Beaucoup de tapis et de métiers à tisser, la spécialité de Kairouan depuis le IXe siècle. Trois sortes de tapis sont tissés à Kairouan, zerbia, alloucha et mergoum. Non loin du souk des tapis, le puits bir Barouta, reconnaissable à son chameau, et qui dit-on, communiquerait avec la Mecque par un souterrain secret. Dans la médina, on trouve aussi des douceurs, les makrouds, un gâteau en forme de losange fouré d'une pâte aux dattes et au miel, la spécialité de la ville.

La mosquée des Sabres tient son nom de son architecture étrange. Construite en 1872 par un marabout et forgeron qui a sculpté des encres et des sabres géants. L'édifice abrite aujourd'hui un musée des Arts et Traditions populaires.

La mosquée du Barbier renferme le corps de Abou Zama el-Balaoui, un des proches du Prophète. Le nom de la mosquée viendrait d'une pratique fétichiste de Abou Zama el-Balaoui, qui portait à son cou des poils de barbe du prophète. Une mosquée classique dont les éléments principaux datent de la fin du XVIIe siècle. Elle est construite autour d'un minaret et d'une cour intérieure qui ouvre sur la médersa. Elle est réputée pour la beauté de ses faïences, traditionnelles et colorées.

La grande mosquée de Kairouan est un lieu de culte sacré, le plus ancien du monde occidental. Sept voyages à Kairouan valent un voyage à la Mecque, un de cinq piliers de l'Islam. La grande mosquée, aussi appelée mosquée Sidi Oqba, est construite par étapes entre 817 et 863, en hommage au fondateur de la ville, Sidi Oqba . Elle fut reconstruite trois fois jusqu'en 836, puis elle subit quelques modifications. D'architecture aghlabide, elle est de l'extérieur toute en briques sèches. Il demeure cependant à l'intérieur peu de vestiges de la grande époque aghlabide, à l'exception du portique qui ouvre sur la salle de prière. Le minaret date du VIIIe ou du IXe siècle. La cour de marbre blanc, son cadran solaire, le sol creusé pour récupérer les eaux de pluie sont imposants. Dans la salle de prière on remarque des colonnes antiques qui furent récupérées sur des sites. Elle est inaccessible aux non-musulmans, son minbar (la chaire) en bois sculpté serait le minbar en bois le plus ancien de l'Islam. 

Les tapis de Kairouan : zerbia, mergoum et kilims

Une spécialité berbère. Des tapis tissés dont la forme, l'épaisseur et les motifs varient selon les usages : couvertures, tentures murales et châles. Les mergoums et les kilims sont des tapis tissés en laine de mouton, de chèvre ou encore en poils de chameau. Ils ont des motifs géométriques, des losanges ou des lignes paralèlles. Les princes aghlabides au IXe siècle s'en servaient pour payer leurs impôts à Bagdad. Des voyages qui ont accru la bonne réputation des tapis de Kairouan.

Plus tard au XIXe siècle, ce serait Kemla, la fille du gouverneur turc de Kairouan qui introduisit le noeud de Görde. Un savoir-faire turc qui est à l'origine des tapis à points noués dits zerbia. On en trouve de deux sortes. Les tapis de Kairouan ou de Bizerte aux couleurs chatoyantes et aux motifs orientaux, et l'alloucha en laine d'agneau,  aux tons naturels beige et brun, blanc et noir.

El-Jem

Une position stratégique entre mer et terre, une halte pour les caravanes, un carrefour, une région agricole prospère : autant de raisons qui font de El-Jem, la fameuse Thysdrus romaine du IIe et IIIe siècle, un point de passage. La ville et ses immenses vergers d'oliviers plantés sur les ordres de l'empereur Hadrien furent brûlés par les Berbères, une tactique offensive dont le sol encore brun à certains endroits, garde les traces.

Edifié en 230 par les romains, l'amphithéâtre n'a jamais été achevé. Il fut le théâtre de combats de gladiateurs, de martyrs chrétiens, de spectacles opposant des bêtes sauvages et affamées. Bien qu'abîmé, ses dimensions,148 m de long, 122 m de large, 36 m de haut, en font un monument à l'allure colossale. Il pouvait accueillir jusqu'à 30 000 spectateurs sur ses gradins.

Le musée d'El-Jem est une reconstitution d'une villa romaine qui daterait du IIe ou IIIe siècle. Elle s'organise autour d'un patio à colonnes recouvert de mosaïques hédonistes. On y trouve de la vaisselle et des ustensiles qui reconstituent la vie quotidienne. Ces objets proviennent du champ de fouilles, situé derrière le musée, dans lequel se trouvent la maison du Paon et celle de la Solertania

Makthar

A côté de la fôret de Kesra, riche en sangliers, au coeur d'une région agricole prospère, Makthar, ville d'origine berbère, accumule les vestiges des empires successifs, des Carthaginois aux Romains, des Chrétiens aux Byzantins, sur l'un des plus grands sites de la Tunisie. A l'origine forteresse numide, elle devint le refuge des Phéniciens après la victoire de Rome, et se retrouve malgré elle sous influence romaine. Elle fut progressivement détruite par les Vandales d'abord et définitivement lors de l'invasion hilalienne du XIe siècle.

En déambulant parmi ces ruines, on découvre un tophet punique et des monuments d'influence romaine, un arc de triomphe, des temples, des thermes de la fin du IIe siècle parmi les mieux conservés d'Afrique avec leurs mosaïques d'origine, et des basiliques de l'ère chrétienne. La particularité du site réside dans l'enchevêtrement des influences dont témoignent les sculptures et les écritures. Les arts numides et puniques continuant à s'épanouir bien après la venue des Romains. Le musée du site recèle de jolies et fragiles mosaïques, des sculptures et des stèles de toutes les époques.

Sbeïtla

Sbeïtla est le site de l'antique Sufetula, un village qui s'ouvre par l'arc de la tétrarchie, annonçant l'existence d'une domination romaine. Un forum, trois temples dédiés à la triade des dieux romains, Minerve, Junon et Jupiter, des vestiges de thermes qui abritaient des salles d'eaux chaude et froide. La ville probablement fondée par les romains, connut son apogée à l'époque byzantine et au VIIe siècle. Elle devient la capitale au détriment de Carthage quand le patrice Grégoire  rejeta l'autorité de Byzance. La ville abrite l'église de Vitalis.

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