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Tunisie

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Les routes intérieures

La Kroumirie

Les forêts de la Kroumirie naissent au sud de Tabarka. La forêt est riche en gibier : sangliers et lièvres, mais aussi chats sauvages, chacals et lynx. La végétation est dense et étagée comme peut l'être la végétation méditerranéenne. Les arbres, principalement des chênes-lièges, abritent de la  bruyère, de la myrte et quelques arbousiers. Au coeur de la forêt se cache le village d'Aïn Draham, une cité montagnarde aux toits rouges et aux rues inclinées, connue pour son artisanat. Les villageois tissent des tapis et des kilims aux motifs berbères hérités de leurs ancêtres, la tribu des Khroumirs. Plus au sud, à la frontière algérienne, il y a la station thermale de Hammam-Bourguiba avec ses sources d'eaux chaudes et sulfurées utilisées depuis l'Antiquité.

Au sud de la belle forêt de Kroumirie, Bulla Regia, Chemtou et Dougga sont des sites à ciel ouvert qui recèlent de très beaux vestiges architecturaux. Bulla Regia est un des quatre sites archéologiques les plus importants de la Tunisie après Carthage, Utique et Thuburbo Majus. Fondée par les Numides au IIIe siècle av. J.C, la ville devient romaine puis byzantine avant d'être abandonnée au Moyen Age. Les plus beaux vestiges sont de mystérieuses maisons souterraines, construites à l'identique des étages en surface, probablement pour se préserver de la chaleur estivale. La "maison de la chasse" est la mieux conservée avec ses parterres de mosaïques. La plupart des vestiges de Bulla Regia datent du IIIe siècle, âge d'or de la cité, dont la richesse reposait sur ses terres agricoles. On trouve cependant des vestiges datant de 46 av. J.C. Chemtou, au sol riche en marbre, a exporté cette roche précieuse dans toute la Méditérannée, jusqu'au panthéon de Rome et au gymnase d'Athènes. A l'intérieur du site archéologique, les ruines d'un autel monumental  témoignent de l'importance d'un ancien site sacré qui fut punique puis romain. Un musée inauguré en 1997 retrace la vie de Chemtou sous l'Antiquité.

Quant au site de Dougga, il  s'étend sur 25 ha et abrite des vestiges qui laissent deviner la foisonnante activité de cette cité romaine. D'origine berbère, la ville de Dougga s'allie aux Numides, puis s'intègre à l'empire africain de Rome durant sa grande période entre le IIe et le IIIe siècle, avant de péricliter doucement. Les plus importants vestiges de Dougga sont le théâtre romain édifié vers 168 av. JC et qui acueille en juin le festival de théâtre de Dougga, le capitole dédié aux dieux romains (Jupiter, Junon et Minerve), le mausolée lybico-punique du IIe ou IIIe siècle av.JC, les thermes liciniens du IIIe siècle et le temple de Junon Caelestis construit vers 222-235.

Le Kef

A plus de 700 m d'altitude, la ville du Kef, à traduire par rocher, est une bourgade peu touristique rythmée par les récoltes. Le Kef offre bien quelques vestiges, mais c'est surtout pour la vie tranquille de province qu'on y vient. Une balade entre les ruines d'une basilique romaine du IVe siècle, la mosquée de Sidi bou Makhlouf à la décoration intérieure travaillée qui contraste avec son architecture extérieure très simple, l'ex-basilique devenue la mosquée jema el-Kebir, les remparts et la casba, renforcent cette impression d'un charme endormi. En allant vers le parc du Belvédère, qui offre une vue dégagée, se trouve à gauche un ancien palais présidentiel.

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