Guide Voyage Tunisie - KARAVEL
 

Tunisie

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Coutumes et traditions

 

Un islam populaire et tolérant

La Tunisie est profondément musulmane. Le petit peuple est pieux et volontiers superstitieux. En témoigne le culte des saints des campagnes, un culte traditionnel (d’origine berbère) qui ferait sauter au plafond plus d’un rigoriste saoudien. Les marabouts, petits édifices cubiques en chaux surmontés d’une coupole, sont des tombeaux de saints à l’ombre desquels les paysans implorent quelque faveur. Chaque village dispose au moins d’une mosquée, et les fidèles s’y rendent pour les grandes occasions : la prière du vendredi et les fêtes religieuses. Cinq fois par jour, le muezzin – en fait un haut-parleur qui “hurle” des versets du Coran  –  appelle à la prière.

Une importante communauté juive a longtemps résidé en Tunisie. Aux juifs autochtones de l’île de Djerba, où l’on trouve l’une des plus anciennes synagogues du monde (la Ghriba), sont venus s’ajouter les juifs andalous, chassés d’Espagne par la Reconquista catholique. Juifs et musulmans ont vécu en harmonie pendant des siècles, et ce n’est que dans les années 1960 que beaucoup de “tunes” (juifs tunisiens) ont émigré en France. Des chrétiens, d’origine italienne ou maltaise, installés en Tunisie depuis le XIXe siècle, se sont également fondus à la population locale et ont pu exercer librement leur culte. La Tunisie est une terre de tolérance.

La superstition : le mauvais œil

Les Tunisiens, ruraux ou citadins, restent très superstitieux. Piété et superstition se confondent d’ailleurs dans leur esprit, ce qui révèle en réalité la persistance de croyances ancestrales berbères maquillées d’un vernis islamique. L’ennemi, c’est le mauvais œil, l’aïn. Il rôde et provoque stérilité et catastrophes. Pour se prémunir de son influence néfaste, les Tunisiens ont recours à divers artifices. Les rituels de purification tout d’abord. Au moment de la construction d’une maison, pour éloigner le mauvais œil, il faut égorger un mouton et offrir sa viande rôtie aux maçons. Les murs en ciment, avant d’être recouverts d’enduit et de peinture, sont ornés de motifs de poisson. Lorsqu'’un heureux événement est attendu, mariage ou naissance, les femmes de la maison font brûler de l’encens, le bkhour. Toutes sortes d’expressions, inculquées aux enfants dès leur plus jeune âge, révèlent la prégnance de la superstition. Les bijoux traditionnels en argent, dont les plus célèbres sont les mains de fatma, ont une fonction d’amulette, car ils protègent du mauvais œil. Enfin, et c’est plus malheureux, les caméléons, tués, desséchés et vendus pour une somme modique dans les souks, servent aussi de porte-bonheur.

Le pays de la harissa et du couscous

La Tunisie est réputée pour sa cuisine méditerranéenne et épicée. Un must : la harissa, “subtile” potion à base de piments rouges pilés, qui se retrouve dans les plats, sauces et sandwichs. La harissa est absente des cuisines des autres pays du Maghreb, contrairement aux idées reçues. Salades (la méchouia par exemple) et plats (tajines ou ojjas) sont délicieux. Mais la grande spécialité est bien sûr le couscous. Selon les régions, il peut être au poisson (à Sfax notamment), à l’agneau (intérieur des terres), au poulet. Il est toujours accompagné d’une sauce rouge, pas forcément épicée. Il se différencie en cela des couscous algériens ou marocains. Les Tunisiens raffolent de poisson et de nourriture en général. Ils mangent beaucoup de pâtisseries très sucrées et s’abreuvent de Coca. Conséquence : un taux de diabète parmi les plus élevés au monde !

A chaque fête religieuse correspond son ou ses plats. L’assida, une crème à base de pignons de pommes de pin, est à l’honneur le jour du mouled (commémoration de la naissance du prophète). Pendant le ramadan, les briks (friture farcie au thon et à l’œuf) sont immuablement servis à table en guise de hors-d’œuvre. Le jour de l’aïd el séghir, pour marquer la fin du jeûne musulman, les familles se régalent de pâtisseries, beignets au miel et makroud de Kairouan.

Le café, vénérable institution

Le café est un lieu de vie et de sociabilité aussi (sinon plus) incontournable que la mosquée. Tous les jours, dès neuf ou dix heures du matin, les cafés, en terrasse ou en salle, se remplissent. La clientèle, exclusivement masculine dans les estaminets populaires, consomme du café, serré ou allongé, ordinaire ou ‘arbi (turc), et du thé à la menthe. Les Tunisiens passent de longues heures au café, à discuter avec leurs amis en fumant cigarette sur cigarette. De temps à autre, ils commandent une chicha au garçon qu’ils appellent “chef”, pour ne pas le vexer. La chicha, c’est la pipe à eau, connue dans nos contrées sous le nom de narguilé. La braise est déposée sur du tabac spécial, le maassel au miel ou à la pomme, et la fumée aspirée emprunte un trajet complexe dans l’appareil : elle est filtrée par l’eau. Ses adeptes jurent que la chicha est beaucoup moins nocive que la cigarette.

Ainsi attablés et équipés, les gens parlent. De tout et de rien, qui commente le match de la veille, qui disserte sur la femme de leur voisin. Les cafés sont étroitement surveillés par des indicateurs : tout ce qui s’y raconte se sait et personne ne s’aventure à aborder les sujets politiques.

Les Tunisiens vont aussi au café pour jouer à la belote contrée ou aux dominos, spécialités dans lesquelles ils excellent. Certains cafés, dans le centre des villes importantes, servent de la bière, la Celtia. Ce sont de véritables tavernes. Dans d’autres, qui ne bénéficient pas des autorisations délivrées avec parcimonie, des bars clandestins s’improvisent. Le patron baisse le rideau et laisse quelques heures à ses clients triés sur le volet pour vider les caisses de bières cachées derrière le comptoir.

Fêtes et festivals

La vie culturelle se concentre pendant l’été, et chaque ville, surtout si elle est touristique, en organise. Invitation de groupes folkloriques, concerts de musique traditionnelle ou moderne, projection de films, représentations théâtrales. Le tout est d’un intérêt inégal. En juillet-août, consulter cependant le programme à Hammamet, Sousse ou Monastir. Et ne pas hésiter à faire un crochet par El Jem, pour les concerts de musique symphonique donnés dans le grand amphithéâtre.

Mars : le festival des ksours sahariens. A Tataouine : folklore traditionnel du Grand Sud tunisien.

Juin : le festival d’El Haouaria. Au menu, dans la capitale tunisienne de la fauconnerie : capture et dressage des rapaces, et spectacles folkloriques. En point d’orgue : la chasse aux perdrix et aux cailles.

Juillet-août : le festival de Carthage. Concerts et spectacles dans l’enceinte du théâtre romain (en plein air donc) de Carthage. De nombreux artistes étrangers font le déplacement. Les “anciens” jurent que Bob Marley serait venu dans les années 70.

Juillet-août : le festival de jazz de Tabarka. Dans une ambiance feutrée, le moment idéal pour découvrir la charmante ville de Tabarka, célèbre pour ses aiguilles et ses fonds marins.

En octobre, tous les deux ans : les Journées cinématographiques de Carthage. Le plus grand festival de cinéma africain avec le Fespaco de Ouagadougou. Le vainqueur remporte le Tanit d’or. Les projections se déroulent dans l’enceinte du théâtre romain.

1re quinzaine de décembre : les deux dernières semaines de ramadan. Le mois sacré des musulmans qui jeûnent jusqu’au coucher du soleil et festoient jusque très tard dans la nuit. Rues noires de monde, restaurants et pâtisseries pleins à craquer, joyeux tintamarre de pétards. Ambiance garantie “dans toute la République”.

Le 23 février 2002 : L’Aïd el Kébir. Le sacrifice rituel du mouton, pour honorer la mémoire du premier des musulmans (littéralement : soumis à la volonté de Dieu), Abraham. Une grande fête familiale.

Deux fois par an : Le derby de la capitale. Quand l’Espérance Sportive de Tunis (EST) rencontre le Club Africain (CA), cela donne le match de football le plus attendu de la saison. Le jour J, dès le début de la matinée, les supporters habillés aux couleurs de leur club, sang et or pour l’EST, rouge et blanc pour le CA, convergent par groupes aux abords du stade d’El Menzah. A voir, même si, sur le terrain, le spectacle n’est pas toujours au rendez-vous.

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