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Amsterdam

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Vondelpark et le quartier des musées

Le musée Van Gogh

Ce musée fait partie des incontournables d'Amsterdam. Vincent Van Gogh est l'un des artistes néerlandais les plus célèbres au monde, même si sa carrière n'a duré que dix ans (de 1880 à 1890). Le bâtiment principal, inauguré en 1973, est l'oeuvre de Gerrit Rietveld, initiateur du groupe De Stijl. Une aile, conçue par Kisho Kurokawa, a été rajoutée en 1999. Cette structure ovale est familièrement appelée "la Moule". Elle abrite les expositions temporaires.

Le 1e étage est exclusivement consacré aux oeuvres de Van Gogh, précurseur de l'expressionnisme. Celles-ci sont présentées de manière chronologique. La carrière du peintre est divisée en cinq périodes.

La première, sa période hollandaise, est illustrée par des tableaux particulièrement sombres dominés par des effets de clair-obscur. Vous admirerez, peut-être pour la première fois, ses paysages néerlandais. Les cottages étaient son sujet favori. Fasciné par les fermes et influencé par Jean-François Millet, il a peint, à Nuenen, des scènes de la vie traditionnelle paysanne. Le tableau Les mangeurs de pommes de terre reflète son désir d'exécuter une "oeuvre paysanne" réaliste et de réfléter la vie rude des hommes de la terre. Il s'est attaché à rendre aux personnages leurs traits caractérisques. C'est à cette époque qu'il entretient une correspondance régulière avec son frère Théo. Celui-ci est alors marchand de tableaux à Paris.

Attardez-vous devant la toile intitulée Nature morte à la Bible ouverte. Il a réalisé ce tableau après la mort de son père qui était pasteur. A côté de la Bible ouverte, vous remarquerez le roman d'Emile Zola, La joie de vivre. Van Gogh exprime, à travers cette oeuvre, son désir de modernité en réaction à l'éducation religieuse qu'il a reçue. Vous observerez, ensuite, une série de toiles représentant des arbres fruitiers en fleur, témoignant de son intérêt pour la nature.

La seconde période, réalisée à Paris, est marquée par l'innovation et l'expérimentation. Van Gogh se livre à une série d'autoportraits. Il fait des recherches sur la couleur et les techniques de peinture. Certaines toiles révèlent l'influence du style pointilliste. Les parisiens reconnaîtront quelques lieux de la capitale : le boulevard de Clichy ainsi qu'un parc à Asnières.

La troisième période correspond au séjour du peintre à Arles, de 1888 à 1889. Van Gogh s'est inspiré des gravures japonaises. Il était attiré par les couleurs vives et la clarté de ces compositions. Un pont sous la pluie s'inspire d'une toile de Hiroshige. Van Gogh a intensifié les couleurs et rajouté des caractères chinois sur les bords. Ses petites touches personnelles servent uniquement de décoration. La courtisane mérite votre attention. L'artiste a ajouté un fond aquatique avec des grues et des grenouilles. Il tente de reproduire, avec la peinture à l'huile, les effets esthétiques des gravures sur bois. C'est à cette même époque, lorsqu'il habitait dans la chambre jaune, qu'il peint La chambre de Vincent. Une de ses œuvres les plus célèbres, les Tournesols, date de la même période. Il a peint ce tableau pour décorer la chambre de Gauguin.

A Saint-Rémy, Van Gogh est interné à l'hôpital psychiatrique. Il peint alors son entourage. Les paysages de cyprès et d'oliviers datent de cette période. Il se prête aussi à des reproductions de peintures, comme celles de Delacroix, Millet ou Rembrandt. Notez la ressemblance de Van Gogh avec Lazare dans le tableau La résurrection de Lazare. De la même manière, le personnage du Christ de la Pietà d'après Delacroix pourrait être un autoportrait.

Van Gogh finit sa vie à Auvers-sur-Oise où il peint le célèbre tableau Champ de blé avec vol de corbeaux. Ce dernier illustre les tourments de l'artiste et annonce sa mort prochaine. Il se suicida le 27 juillet 1890.

Le 2e étage est réservé au cabinet d'estampes. Les expositions sont régulièrement renouvelées. A cet étage, vous pourrez enrichir vos connaissances grâce aux ouvrages disponibles dans la salle d'étude. Des ordinateurs permettent aussi de se connecter gratuitement au site Internet du musée. Au 3e niveau sont exposées des oeuvres du XIXe siècle. Les toiles, regroupées autour des thèmes chers au peintre néerlandais, sont signées de peintres comme Pissarro ou Monet.

Si vous avez un petit creux pendant ou après la visite, n'hésitez pas à rejoindre le restaurant au rez-de-chausée. Vous aurez une jolie vue sur la place du Museumplein.

Stedelijk museum

A deux pas du musée Van Gogh, ce musée d'art moderne et contemporain est l'un des plus importants et des plus réputés d'Europe. Le bâtiment de style néo-Renaissance a été dessiné par A.W. Weissman en 1895. Une aile ornée de baies vitrées, conçue par l'architecte Alvaro Siza, a été rajoutée en 1954. A cette date, le musée municipal abritait la collection de Sophia De Bruyn, la riche veuve d'un célèbre rentier. L'intérieur ultramoderne du musée contraste avec la façade. Celle-ci est ornée de niches qui abritent des statues représentant des artistes et des architectes.

Les collections réunissent des oeuvres de la fin du XIXe et du XXe siècle. Des oeuvres de Kasimir Malevitch, précurseur du constructivisme, vous frapperont par l'abondance de formes géométriques (cercles, croix et rectangles). 

Le mouvement De Stijl ("Le style") illustre le début du XXe siècle. Il regroupa des artistes néerlandais et internationaux qui inspirèrent par la suite le Bauhaus. Les toiles ont toutes un point commun : les couleurs rouge, jaune, bleu, noir et blanc mêlées à des traits verticaux et horizontaux. Piet Mondrian et Theo Van Doesburg sont les principaux représentants de ce courant artistique qui a touché la peinture, l'architecture mais aussi la sculpture et la conception de mobilier. Notez la célèbre Chaise bleue et rouge de Rietveld.

Le musée vous donne un aperçu des divers mouvements d'art contemporain de la période 1945-1980. Le groupe Cobra, nom formé à partir des initiales des trois pays à l'origine du mouvement (COpenhague, BRuxelles, Amsterdam), est représenté à travers les toiles de Karel AppelPierre Alechinsky, CorneilleConstant  ou d'Asger Jorn. Tous témoignent, au sortir de la seconde guerre mondiale, d'une grande vitalité. Ils peignent des animaux, des monstres et s'inscrivent en rupture avec l'esthétique de l'Ecole de Paris. La spontanéité et les couleurs vives émergent de leurs oeuvres, notamment à travers la toile Homme et animaux de Karel Appel.

Vous pouvez aussi admirer les toiles de Chagall, Matisse et Van Gogh. Le musée propose une riche collection de photographies. Celles de Man Ray ont influencé les surréalistes. Vous aurez un avant-goût du Pop Art avec les toiles d'Andy Warhol et de Jasper Johns.

Le nouveau réalisme s'illustre à travers les oeuvres de Tinguely et Niki de Saint-Phalle. Les artistes s'inspirent des objets de la vie courante et utilisent des objets de récupération. Niki de Saint-Phalle a réalisé la célèbre fontaine située à côté du centre Georges Pompidou à Paris.

Les amateurs d'estampes trouveront des gravures, estampes, dessins et photographies au département des gravures. Le musée abrite également un département d'arts appliqués.

Attardez-vous dans la section consacrée aux sculptures d'artistes tels que Rodin, Arp, Moore ou Renoir. Certaines sont exposées dans le jardin du musée. Ne manquez pas la fresque de Karel Appel dans le café-restaurant qui surplombe le jardin. Vous aurez une jolie vue sur le Museumplein. Cet espace vert abrite le monument Ravensbrück. Les piliers en métal, disposés en arc de cercle, commémorent les victimes féminines de l'Holocauste.

Le Rijksmuseum

C'est le plus grand musée des Pays-Bas. La façade, mélange de style Renaissance hollandaise et néogothique, se repère à ses briques rouges. L'édifice, construit en 1885, est l'oeuvre de Pierre Cuypers, l'architecte de la gare centrale. Au centre de la façade, vous observez la Vierge des Pays-Bas entourée des bustes de Lucas Van Leyden, Rembrandt, Jan Steen, Adrian Van der Werff. Le passage de la Museumstraat, sous le musée, relie le Museumplein et Paulus Potterstraat. Cyclistes et piétons l'empruntent régulièrement.

Le 1e étage du musée comporte une salle consacrée aux peintres du XVIIe siècle. La ronde de nuit de Rembrandt est le tableau le plus célèbre de l'art néerlandais de cette période. La toile a été commandée par un capitaine d'une compagnie de miliciens.

D'autres maîtres de la peinture flamande sont exposés à ce même étage. Vous prêterez une attention toute particulière à La laitière de Jan Vermeer. Cette huile sur toile frappe par son hyperréalisme. La lumière et le contraste des couleurs accentuent cette impression. On s'attendrait presque à voir bouger le personnage. Double portrait dans un jardin et Les joyeux buveurs sont les portraits les plus connus de Frans Hals.

Le siècle d'or est aussi représenté par des artistes comme Jan Steen. Attardez-vous devant la toile intitulée La toilette. Il y un contraste entre le chien sur l'oreiller, symbolisant la fidélité conjugale, et les bas rouges de la femme suggérant qu'il s'agit d'une prostituée.

Une salle au rez-de-chaussée est consacrée à l'histoire nationale. Des événements marquants des Pays-Bas y sont retracés. A travers le retable L'inondation de la Sainte-Elisabeth, l'artiste anonyme dépeint une catastrophe naturelle. Celle-ci s'est produite en 1421 après la rupture des digues protégeant Dordrecht et emporta une vingtaine de villages. 

Les collections de sculptures et d'arts décoratifs, réparties sur trois niveaux, occupent de nombreuses salles. Maisons de poupées, meubles d'époque, tapisseries flamandes, orfèvrerie, pendules, sont autant de traces des siècles passés. Les pièces de faïence de Delf sont aussi exposées. Les camaïeux de bleu et les personnages représentés marquent l'influence de la porcelaine chinoise.

800 000 dessins et estampes sont également présentés dans le cabinet des estampes. Vous y verrez des estampes japonaises et les gravures d'artistes européens tels que Dürer, Tiepolo, Goya, Watteau et Toulouse-Lautrec.

La belle collection d'art asiatique  au sous-sol mérite le détour. Des pièces provenant de divers pays (Indonésie, Inde, Chine, Corée et Japon) sont exposées. Ne manquez pas les deux pièces maîtresses. Le célèbre Shiva, roi de la danse est une oeuvre en bronze du XIIe siècle. Cette sculpture processionnelle représente le dieu hindou en roi de la danse cosmique. Le tambour représente la Création, et le cercle de flammes la Destruction de l'univers. Autre sculpture phare : Bodhisattva Avalokitesvara, dit "le Miséricordieux". Cette statue en bois du XIIe siècle présente un être (sattva) sur le chemin de l'éveil (bodhi) : c'est un futur bouddha. Ne manquez pas la statue de Bouddha du VIIe siècle, véritable leçon de sagesse et de quiétude.

Au sous-sol, vous pouvez arpenter les nombreuses salles du département abritant des sculptures et arts décoratifs des XVIIIe et XIXe siècles, mais aussi des tapisseries, comme l'Arche de Noé, des meubles et des reliquaires. Attardez-vous devant Le buste d'un inconnu. Cette sculpture de 1606 en terre cuite est l'oeuvre d'Hendrick de Keyser, l'architecte des églises Westerkerk et Zuiderkerk.

Prévoyez au minimum trois heures pour déambuler dans le musée et avoir le temps de vous attarder devant certaines œuvres.

Centre

Oude Kerk

C'est la plus ancienne église de la ville. Sa construction a débuté en 1309, sur l'emplacement d'une ancienne chapelle en bois. Oude Kerk, au coeur du quartier rouge, est entourée de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles. L'édifice, austère mais harmonieux, a résisté à l'incendie dévastateur de 1452. Il été endommagé par les calvinistes en 1578, date à laquelle a été adoptée la Réforme. A l'intérieur, seuls le plafond doré et les vitraux ont été épargnés. Sa statuaire et ses peintures ont été détruites. Les peintures des voûtes du XVe siècle, badigeonnées de bleu en 1755, ont été dégagées en 1955.

Attardez-vous sur le buffet d'orgue situé au-dessus de l'entrée de la nef. Conçu par Jan Westerman en 1724, il fourmille de détails. Vous reconnaîtrez de nombreuses figures bibliques. Les 54 tuyaux dorés, oeuvres de C. Vater et J. Casper-Müller, diffusent un son grandiose. Notez les vitraux de la chapelle de la Vierge située sur le bas-côté à gauche. L'Immaculée Conception, la Visitation et la Dormition de la Vierge y sont représentées. Les piliers centraux ornaient, à l'origine, les niches abritant les statues des apôtres détruites par les iconoclastes en 1578.

Sachez que de nombreuses célébrités ont été inhumées ici : Saskia, l'épouse de Rembrandt, le peintre Pieter Aertsen, les architectes Justus et Philip Vingboons et les amiraux Abraham Van der Hulst et Jacob Van Heemskerk. Vous bénéficiez d'une vue imprénable du haut de la flèche (70 m). Celle-ci a été rajoutée en 1566 et abrite un carillon de 47 cloches. Cette église accueille diverses manifestations : expositions, concerts et représentations théâtrales.

La Nieuwe Kerk

Située sur la place du Dam, cette église est l'un points de repère de la ville. Elle est de style gothique flamboyant du début du XVe siècle avec plusieurs pinacles hauts et de gracieux pignons élancés. La construction commença en 1408 car l'Oude Kerk ne pouvait plus accueillir tous les croyants de la ville. On estime qu'une église occupait cet emplacement vers 1380. A l'époque, on privilégiait la brique plutôt que la pierre, matériau lourd et rare. L'église a été dévastée par l'incendie de 1421 et a subi d'importants dégâts lors de celui de 1452. Elle fut ensuite dépouillée après l'Altération de 1578. L'architecte Jacob Van Campen entama sa restauration en 1645, après un énième incendie. Son projet de rajouter un clocher à l'édifice ne vit jamais le jour. A défaut, on fixa une flèche gothique.

L'intérieur est austère. Les robustes piliers soutiennent la voûte en bois du plafond. L'extravagante chaire en acajou, finement sculptée, compte parmi les éléments les plus remarquables de la visite. La chaire occupe une place centrale dans toutes les églises édifiées après la prise de pouvoir des protestants en 1578. Celle-ci est une oeuvre d'Albert Vinckenbrinck qu'il mit 15 ans à sculpter. Ce meuble imposant, orné de six anges, témoigne de l'importance accordée par les protestants aux sermons. La grille du chœur, en cuivre doré et finement travaillée, est l'œuvre de Johannes Lutma. Elle sépare le chœur de la nef. Notez le buffet d'orgue tape-à-l'œil décoré de sculptures en bois. Il a été dessiné par Jacob Van Campen. Les lustres en bronze méritent également qu'on y prête attention, tout comme l'orgue grandiose.

L'église abrite plusieurs monuments funéraires. Remarquez, dans l'abside, le tombeau de l'amiral Michiel de Ruyter. Ce monument rend hommage à cet amiral hollandais mort dans la bataille navale de Messine contre les Français. Le célèbre poète et tragédien néerlandais, Joost Van den Vondel, est également inhumé dans cette église.

Les vitraux méritent votre attention. Celui de l'aile sud du transept a été dessiné par Otto Mengelberg. Il représente la reine Wilhelmine. Dans le bras nord du transept, notez le seul vitrail ancien. Cette œuvre de Johannes Gerritsz Bronkhorst représente le comte Guillaume IV remettant, en 1342, les armes de la ville aux échevins.

En ressortant, vous serez frappé par le contraste entre l'architecture flamboyante de la Nieuwe Kerk et l'allure terne du palais royal, situé sur la même place. Ces deux édifices ont pourtant été conçus par le même architecte.

Le musée de la Bible (Bijbels museum)

Ce musée est constitué de deux maisons conçues par Philips Vingboons au XVIIe siècle. La façade mélange le style classique et les influences baroques.

Au 1e étage, des maquettes reproduisent le temple de Salomon et le Tabernacle au fil des siècles. Attardez-vous devant les vestiges archéologiques d'Egypte et du Moyen-Orient. L'accent est mis sur l'importance historique de la Bible. Différents thèmes sont abordés : l'Exode, la vie quotidienne aux temps bibliques, 1 000 ans de traduction de la Bible et la vie religieuse juive. Quelques pièces valent particulièrement le détour : le Livre d'Isaïe, les manuscrits de la mer Morte et la Bible de Delft.

Le musée historique d'Amsterdam

Plusieurs accès s'offrent à vous. Préférez toutefois celui situé au n°27 de la rue Sint Luciënsteeg, avec ses pierres de façades issues de différentes maisons et intégrées au mur de Sint Luciënsteeg ; ou celui situé rue Gedempte Begijnensloot, qui abrite la galerie des gardes civiques. Plusieurs fois remanié et agrandi, le bâtiment est un ancien couvent, datant du XVe siècle, transformé en orphelinat en 1581. Les architectes Pieter et Hendrick de Keyser et Jacob Van Campen sont à l'origine des agrandissements.

Le musée abrite la plus grande exposition d'œuvres d'art retraçant l'histoire d'Amsterdam entre le XIIIe et la fin du XIXe siècle. Vous suivrez pas à pas le développement de la ville : du petit village en bord de rivière à la métropole. Chaque salle est consacrée à un thème. L'une d'entre elles est dédiée à la corporation des chirurgiens. Vous observerez le célèbre tableau de Rembrandt La leçon d'anatomie du docteur Jan Deijman peint dans le Waag, édifice accueillant alors des guildes à l'étage.

L'accès à la galerie des gardes civiques est gratuit. Ce passage, sous le musée, abrite d'immenses portraits de milices de la garde civile qui recouvrent les parois. Vous pouvez l'emprunter pour rejoindre le Begijnhof. Cette rue-musée servait autrefois à séparer l'orphelinat des filles de celui des garçons.

Au 1e étage, vous remarquerez l'éléphant des Indes en bois. Il fut taillé par un marin rongé par l'ennui vers 1700. Le tableau Le marché aux fleurs, peint en 1673 par Gerrit Berckheyde, mérite votre attention. Il ne s'agit pas du marché actuel situé au bord du Singel. Celui-ci avait lieu sur le Nieuwezijds Voorburgwal. En arrière-plan vous apercevez le palais royal. Le pot en bronze au 2e étage est une oeuvre de Franciscus Schaapman. Il date de 1736 et fait partie de la collection d'artisanat des XVIIe et XVIIIe siècles. Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous dans la salle de lecture à ce même étage.

Vous avez la possibilité d'entendre tous les sons de cloches de la ville grâce à un enregistrement sonore : les carillons de la Westerkerk, ceux de l'hôtel de ville, de la Oude Kerk et de la Zuiderkerk.

La visite de ce musée vous permet d'approfondir vos connaissances sur Amsterdam. Vous observerez la Venise du Nord d'un autre œil et appréhendrez vos visites avec un regard plus pointu.

Le musée Van Loon

Cette demeure patricienne, en bordure de canal, appartenait à une famille de banquiers hollandais. Ceux-ci en firent l'acquisition à la fin du XIXe siècle (1884) et y vécurent jusqu'en 1945. Elle fut construite au siècle d'or (XVIIe siècle) et habitée par Ferdinand Bol, l'un des élèves de Rembrandt.

L'intérieur a récemment été renové dans le style du XVIIIe siècle. Ne manquez pas, à l'arrière du bâtiment, le magnifique jardin rococo à la française. Au fond se dresse un pavillon néoclassique. Il s'agit de la façade arrière d'une remise à carrosses (koethuis).

Le grand salon est la pièce la plus représentative de la maison. Les meubles, porcelaines et sculptures sont d'époque. Les chambres luxueuses, et les portraits d'ancêtres accrochés aux murs, détaillent le mode vie de la haute société de cette époque. La décoration mêle des éléments rococo et néoclassiques.

Vous accédez au 1e étage par un escalier monumental. Sur la balustrade est gravé le nom des anciens propriétaires des lieux, les Van Hagen-Trip. La chambre des peintures abrite une tapisserie évoquant des paysages méditerranéens imaginaires. Attardez-vous devant les portes des chambres. Les propriétaires du XVIIIe siècle, soucieux de respecter la symétrie de la pièce, en camouflèrent une derrière les lambris et en disposèrent une autre, fausse cette-fois, face à la cheminée. Dans le couloir, ne manquez pas les quatre grisailles, ou peintures monochromes en camaïeu gris, inspirées de gravures de Jean de Lairesse. Vous reconnaîtrez Alexandre le Grand, Jules César, Ninus et Cyrus.

La maison est aujourd'hui habitée par les descendants des Van Loon qui occupent le dernier étage. En sortant du musée, arrêtez-vous au n°607. Cette galerie d'art était, à l'époque, une écurie.

Le musée Willet-Holthuysen

Cette demeure du XVII siècle, située au bord du canal Herengracht, a été léguée par Willet-Holthuysen avec l'intégralité de son mobilier en 1895. Le musée a ouvert en 1962. Certaines salles datent de l'époque des Willet tandis que d'autres, comme le salon du jardin ou la cuisine, ont été restaurées avec le mobilier style rococo du XVIIIe siècle : chandeliers dorés, plâtres fantaisie et rideaux gracieux.

Les éléments de la cuisine située au sous-sol, tels que la pompe et l'évier en granit, proviennent d'autres maisons. Au même niveau vous trouverez le cellier et le garde-manger.

Admirez, au rez-de-chaussée, le salon bleu décoré de tentures de Damas. Cette salle était réservée aux hommes. Notez les porcelaines chinoises datant de la dynastie des Kangxi (1662-1722). La collection de verrerie, d'argenterie et de céramique fait la richesse de cette demeure patricienne. Le relief qui surmonte la cheminée,est l'oeuvre de Jacob de Wit, le maître des peintures en trompe-l'oeil.

Vous accédez au 1e étage par un escalier datant de 1740. En l'empruntant, observez la dorure de la rampe, l'imitation marbre sur les murs ainsi que la statue de Pâris. La chambre à coucher des Willet a été transformée en cabinet de collection où bronzes, faïence et porcelaine sont exposés. La salle du collectionneur porte bien son nom. Les tableaux couvrent les murs et rappellent l'intérêt d'Abraham Willet pour l'art. Le salon des antiquités, en ressortant à gauche, est aménagé dans le style Renaissance hollandaise du XIXe siècle. Cette pièce offre une jolie vue sur le jardin à la française.

Le Begijnhof (le béguinage)

Un havre de paix au coeur de la ville. En poussant la porte d'entrée en bois, située place Spui, vous pénétrez dans une cour plantée d'arbres et bordée de maisons harmonieuses. Il est également possible d'y accéder par l'autre entrée située dans la rue Gedempte Begijen Sloot. 

Fondé en 1346, le béguinage est un ancien couvent qui logeait les béguines. Ces religieuses vouaient leur vie aux déshérités. La dernière béguine s'est éteinte en 1971. Une atmosphère sereine règne dans cette oasis de paix. C'est la seule hofje (cour intérieure) officiellement ouverte au public. Les maisons, construites au XVe siècle, ont été transformées au cours des siècles. Certaines sont ornées de plaques retraçant des thèmes bibliques. Celle du n°19 représente la Fuite en Egypte.

Au milieu de la place, notez l'église Engelse Kerk (église anglaise). Erigée au début du XVe siècle, elle a conservé son clocher médiéval. Elle fut confisquée puis louée, en 1607, à une communauté de protestants anglais. Cette église presbytérienne abrite une chaire décorée par Piet Mondrian

Ne manquez pas, en face, l'église catholique dissimulée derrière la façade de deux résidences privées, aux n°29 et 30. Elle fut construite clandestinement en 1665. Les peintures et les vitraux commémorent le Miracle d'Amsterdam (en 1345, une hostie, jetée au feu après avoir été recrachée par un mourant, ne brûla pas).

Attardez-vous au n°34. Il s'agirait de la maison en bois la plus ancienne des Pays-Bas. Het Houten Huys (maison de bois) date de 1477. La construction des maisons en bois fut interdite à partir de 1521, suite aux incendies dévastateurs de 1421 et 1452. Notez sur le mur, à gauche de cette maison, les inscriptions bibliques.

Restauré au cours des années, ce lieu a retrouvé sa vocation : accueillir les femmes célibataires, les personnes âgées et les étudiantes. En ressortant par la place Spui, si vous avez une petite soif, n'hésitez pas à faire une halte au célèbre café brun Hoppe.

La maison d'Anne Frank

Voici la maison dans laquelle Anne Frank écrivit son célèbre Journal. Durant la seconde guerre mondiale, la famille Frank s'était réfugiée dans l'annexe du commerce d'épices d'Otto Frank. Ils vécurent clandestinement aux côtés de la famille Van Pels et de Fritz Pfeffer pour échapper aux persécutions nazies. En 1944, après deux ans d'enfermement, ils furent dénoncés et déportés. Seul survivant des huit occupants de la cachette, Otto Frank découvrit, au retour des camps de la mort, le journal de sa fille qu'il publia en 1947 sous le titre Het Achterhuis (La maison de derrière). Ce best-seller a été publié dans plus de 50 langues.

La visite de ce musée-mémorial débute par une vidéo. L'une des employées de bureau de M. Frank témoigne et relate l'arrivée des Frank dans cette cachette. On accède à la "maison de derrière", au 2e étage grâce à une entrée dissimulée par une bibliothèque pivotante. Après avoir traversé la chambre d'Otto, d'Edith et de Margot Frank, vous pénétrez dans l'étroite chambre d'Anne Frank. La jeune fille avait tapissé son espace personnel de photos de ses stars préférées : "grâce à papa, qui avait emporté à l'avance toute ma collection de cartes postales et de photos de cinéma, j'ai pu enduire tout le mur avec un pinceau et de la colle et faire de la chambre une gigantesque image". Vous imaginez le contexte d'isolement physique et moral dans lequel ont survécu les clandestins, privés du moindre contact avec le monde extérieur. Ils passaient leurs journées dans la peur d'être découverts et d'être dénoncés : "Chut... papa, chut, Otto, chut... Viens, tu ne dois plus faire couler d'eau ; ne fais pas de bruit en marchant !" (Livre de contes, 6 août 1943).

Les citations du journal d'Anne Frank inscrites sur les murs, les documents historiques, les photographies, les supports vidéos et quelques objets d'origine – le livre de prière d'Edith Frank, les cours de Margot et la carte de Normandie permettant de suivre l'avancée des Alliés – rythment la visite. Le 3e étage est consacré à l'arrestation, à la déportation et à Auschwitz. Des expositions régulières retracent la persécution des juifs pendant la seconde guerre mondiale mais aussi le racisme, le fascisme et l'antisémitisme actuels.

A la fin de la visite, vous avez accès à un espace multimédia. On peut faire la visite virtuelle de la maison d'Anne Frank et s'informer sur les conditions de vie des juifs pendant la seconde guerre mondiale. Le musée possède un agréable café avec vue sur la Westerkerk et le canal Keizersgracht. En sortant, notez la sculpture d'Anne Frank, l'oeuvre en bronze de M. Andriessen, symbole de la lutte contre toutes les formes de racisme. Le journal de cette jeune fille juive a notamment marqué Nelson Mandela et Primo Levi.

Westerkerk

A deux pas de la maison d'Anne Frank, vous ne pouvez pas manquer la Westerkerk ("l'église de l'ouest"). Cette imposante église, conçue par Hendrick de Keyser, a été construite entre 1619 et 1631.  Elle fut restaurée entre 1985 et 1990. Cet édifice de brique et de pierre est un bel exemple du style Renaissance hollandaise. Il s'agit du temple protestant le plus important de la ville. Cette église frappe par son austérité, toutefois atténuée par les panneaux du grand orgue, unique peinture intérieure. Ceux-ci ont été peints en 1686 par Gérard de Lairesse au XVIIe siècle. L'artiste liégeois a mêlé des thèmes bibliques (le roi David dansant devant l'Arche et la reine de Saba face au roi Salomon) et des instruments de musique. Remarquez l'absence d'autel qui participe à l'austérité de l'église.

Le clocher, haut de 85 m, est surmonté d'une couronne dont la construction fut accordée par l'empereur Maximilien d'Autriche en 1489. Cet acte signalait ainsi la protection impériale. C'est un bon point de repère de la ville. Vous pouvez vous diriger en suivant sa pointe jaune.

Le clocher a été, à maintes reprises, esquissé par Rembrandt. Il abrite un carillon de 50 cloches. La cloche principale pèse plus de 7 t et sonne toutes les heures. Anne Frank gardait un contact avec l'extérieur grâce au son des cloches. Du haut de la tour, la vue sur le Jordaan et les canaux est splendide. 

A l'intérieur de la Westerkerk, vous serez frappé par la grandeur de sa nef. C'est la nef la plus vaste des sanctuaires protestants des Pays-Bas : 29 m de large sur 28 m de long. Elle est surmontée d'une voûte de bois en berceau, le sol marécageux ne pouvant supporter le poids de la pierre.

A gauche de l'entrée, attardez-vous devant la plaque dédiée au chanteur réaliste du Jordaan, Willy Alberti, qui célèbre la Westerkerk dans l'un de ses couplets : "O, Moovie Westertoren, hoog in die blauwe lucht" ("Ô, beau clocher pointant dans le ciel bleu"). Rembrandt fut enterré dans cette église en 1669. Ne cherchez pas sa tombe : son emplacement est mystérieux. 

Quartier de Plantage et Oosterpark

Le musée des Tropiques

Le bâtiment en lui-même vaut le détour. Conçu par les architectes M.A. et J. Nieukerlen, il fut achevé en 1926. Depuis sa restauration en 1978, il abrite le musée des Tropiques. Les détails exotiques de la façade symbolisent les cultures des anciennes colonies. Les girouettes représentent les figures mythologiques de Garuda (un rapace) ou de Makara, homme mi-crocodile mi-éléphant.

Ce musée anthropologique rassemble, sur trois niveaux, huit expositions permanentes et des expositions temporaires. La vie quotidienne en Asie, Océanie, Afrique, Amérique centrale, Amérique du Sud et en Amérique latine est présentée à l'aide de différents supports. Animations sonores, projection de diapositives et présentation vivante font de ce musée un espace culturel intéressant. Vous flânerez dans la cour d'une maison javanaise, parcourrez les rues bruyantes d'Afrique du Nord ou revivrez un orage au coeur de la savane. Ces mises en situation familiarisent les visiteurs avec les cultures tropicales et subtropicales.

Le hall, surmonté d'une coupole de verre, accueille les expositions temporaires et le musée des Enfants, un espace réservé aux enfants de 6 à 12 ans. Le Kindermuseum présente des objets traditionnels­ (costumes, habitat et objets usuels) que les jeunes visiteurs sont libres de manipuler. Musiciens, danseurs et acteurs animent la visite. Ils vous font revivre des épisodes de la vie quotidienne des peuples des régions tropicales, par exemple, la vie d'un mineur en Bolivie. Le décor transporte le spectateur à l'autre bout du monde. Une mine est reconstituée à l'identique : minéraux authentiques et statue du gardien des mines grandeur nature (El Tío). L'histoire de la montagne bolivienne nous est contée d'un point de vue historique, économique, religieux et culturel. Des visites guidées sont organisées, en anglais et en hollandais uniquement.

Le 1e étage est dédié aux cultures asiatiques et océaniennes. Vous observerez des pirogues sculptées du Pacifique, utilisées lors de cérémonies. Les sculptures représentent les figures d'anciens membres du village. La figure de proue est ornée d'un motif mi-oiseau, mi-poisson. Attardez-vous également dans la salle regroupant une collection de masques d'origines diverses : précolombienne, asiatique ou africaine. Un autre espace reconstitue un bidonville de Bombay, dénonçant le surpeuplement de l'Inde. Notez aussi les mâts Bisj de Nouvelle-Guinée, sculptés dans des racines de palétuviers. L'Asie du Sud-Est est présente au travers d'une collection de bijoux des montagnards du Triangle d'or. Vous découvrez l'Indonésie grâce à des masques et de splendides tissus. Au même étage, une section est consacrée à la musique, à la danse, à l'artisanat, au théâtre et à la religion des pays des régions tropicales. Les arts sont présentés à l'aide d'un support sonore.

Au 2e étage, consacré à l'Afrique, à l'Asie du Sud-Est et à l'Océanie, ne manquez pas la yourte afghane (tente afghane). Les peuples sont mis en scène dans leur cadre de vie : vous arpenterez un marché africain et traverserez des souks arabes.

Une boutique, au rez-de-chaussée, propose des objets issus de l'artisanat des pays en voie de développement. Le sous-sol abrite un café, un théâtre et le restaurant Ekeko. N'hésitez pas à goûter aux succulents plats exotiques. Le musée dispose également d'une bibliothèque regroupant des fonds importants.

Le musée maritime

Le bâtiment qui abrite le musée est vieux de plus de 300 ans. A l'origine, il servait d'entrepôt maritime. Il contenait des munitions, des cordes et des voiles. Construit en 1656 sur 18 000 pilotis, il occupe les locaux de l'ancien arsenal de l'amirauté. Le musée présente, sur deux niveaux, les collections maritimes les plus riches et les plus importantes du monde. Vous y découvrirez toutes les facettes de l'histoire maritime : marine marchande, de guerre et de plaisance. Les maquettes historiques, cartes maritimes, et peintures permettent de suivre l'évolution de la construction navale des Pays-Bas.

Ne manquez pas, au rez-de-chaussée, la chaloupe royale mise à l'eau pour la dernière fois en 1962. Dorée à la feuille d'or, elle fut construite pour Guillaume 1er et arbore une figure de proue représentant Neptune.

Le 1e étage, le plus divertissant du musée, est consacré au début de l'histoire navale aux XVIIe et XVIIIe siècles. Vous verrez des figures de proue aux couleurs criardes, des clippers de la Compagnie des Indes, les plus rapides du monde. Une figure de proue représentant Ajax, le héros de la guerre de Troie, ornait un navire de 1832. Les peintures exposées célèbrent la marine néerlandaise ou soulignent le succès du commerce maritime. Willem Van de Velde II retrace certains épisodes historiques. La puissance des navires de guerre est dépeinte à travers des scènes de bataille. Le tableau le plus célèbre s'intitule The Gust of Wind. Si vous désirez découvrir l'oeuvre intégrale de l'artiste, rendez-vous au Rijksmuseum. Prêtez une attention particulière à l'atlas Blaeu. Cet exemplaire unique fut publié à Amsterdam en 1663 par les cartographes Willeme Janszoon et Johannes Blaeu. Au même étage est diffusé, toutes les demi-heures, le film Voyage vers Batavia. Vous revivrez un épisode de l'histoire maritime du XVIIIe siècle à bord du navire de la Compagnie des Indes.

Le 2e étage est dédié à la marine marchande des XIXe et XXe siècles. Une salle présente également les sports nautiques et le yachting. Des instruments de navigation sont aussi exposés dans des salles thématiques. Vous connaîtrez alors l'utilité de l'astrobale, du bâton de Jacob et du chronomètre. Le premier permet de calculer la latitude et le deuxième sert à déterminer la hauteur des astres au-dessus de l'horizon. Le troisième a été mis au point pour calculer la longitude et ouvrir la voie à la navigation scientifique. Une salle de radar a également été reconstituée.

A l'extérieur, des navires d'intérêt historique sont amarrés à l'embarcadère. Vous pouvez monter à bord de l'Amsterdam, une réplique du navire de la Compagnie hollandaise des Indes orientales (VOC) qui fit naufrage en 1749 lors de son premier voyage en Asie. Ce dernier a été reconstitué par une équipe de bénévoles en 1990. Une équipe d'acteurs vous fait revivre la vie quotidienne de l'équipage. Les conditions de vie des marins au XVIIIe siècle étaient particulièrement difficiles. Ceux-ci subissaient de mauvais traitements, vivaient dans la promiscuité et se nourrissaient de nourriture avariée. Des expositions temporaires abordent régulièrement les différents aspects de l'histoire navale.

De wallen (quartier rouge)

De Waag

De Waag, au centre de la place Nieuwmarkt, est l'ancienne porte Saint-Antoine des remparts médiévaux du XVe siècle (1488). Flanqué de deux tours octogonales, c'est le plus ancien édifice architectural visible à Amsterdam. En 1617, il fut transformé en balance publique. On comprend alors l'origine du nom, puisque "de waag" vient de "wegen" qui signifie "peser". Diverses guildes, dont la corporation des chirurgiens, occupaient à l'époque l'étage supérieur. Ceux-ci disposaient d'une salle d'anatomie. En 1691, une tour fut rajoutée pour abriter le nouveau théâtre Anatomique où étaient réalisées les dissections et où se tenaient les conférences. Amsterdam fut la première ville en Hollande où eurent lieu les premières dissections publiques. Rembrandt a immortalisé ces scènes dans ses célèbres tableaux La leçon d'anatomie du professeur Nicolas Tulp et La leçon d'anatomie du professeur Deijman.

Après avoir été affecté à la balance publique, de Waag servit successivement d'hôtel de ville, de caserne de pompiers et d'archives municipales. Il abrita aussi le musée Historique juif. Au XIXe siècle, il fut le théâtre d'exécutions publiques. Des cellules accueillaient les condamnés qui y passaient leurs dernières heures. Louis-Napoléon refusait en effet que de telles atrocités aient lieu sur la place du Dam.

Aujourd'hui, de Waag abrite un cybercafé et un restaurant In the Waag. C'est aussi le siège de la Société des anciens et des nouveaux médias.

Le musée du Haschich et de la Marijuana

Le musée se repère de loin grâce aux feuilles de cannabis peintes sur la façade. Un scooter rose recouvert de feuilles est souvent stationné devant. C'est peut-être la mascotte du musée ! Vous saurez tout sur le cannabis utilisé il y a 8 000 ans de cela, par les civilisations asiatiques à des fins médicales et pour la confection des vêtements. Il fut recommandée aux Pays-Bas, en 1554, pour le traitement des maux d'oreilles. La marine néerlandaise se servit du chanvre pour la réalisation de cordages jusqu'à la fin du XIXe siècle.

Une collection de pipes et de bangs est exposée. Un espace de culture en lumière artificielle est également ouvert au public. C'est le seul musée d'Europe à retracer l'histoire de cette plante.

Quartier juif

Le musée Historique Juif

Inauguré en 1987, ce musée est situé dans l'ancien quartier juif, sur la place triangulaire qui porte le nom du premier avocat juif des Pays-Bas, Daniel Meijer. Ce personnage joua un rôle important dans l'émancipation des juifs pendant la période napoléonienne. Le quartier a été en grande partie détruit lors de la seconde guerre mondiale, puis lors de la construction du métro dans les années 70. De violentes manifestations eurent alors lieu pour préserver certains édifices. Dans la station de métro Nieuwmarkt sont exposées les photos de ces manifestations.

Le musée regroupe quatre synagogues ashkénazes du XVIIe et XVIIIe siècle. Celles-ci sont reliées par des passerelles en verre. On parcourt aisément les bâtiments grâce à cette structure moderne. L'identité juive est mise en lumière à travers cinq thèmes : l'histoire ; la religion ; la culture juive d'Amsterdam et plus généralement de la Hollande ; Israël et le sionisme ; la guerre et les persécutions. 

La Grande synagogue (Grote Sjoel), au rez-de-chaussée, a été édifiée en 1671 par Elias Bouman, à qui l'on doit la synagogue portugaise. Notez l'arche d'origine en marbre blanc. Celle-ci fut offete par le rabbin Abraham Auerbach. Vous observerez aussi des objets cultuels et cérémoniels : argenterie, vêtements, lampes et ornements de la Torah. L'accent est mis sur les pratiques religieuses et les croyances juives. L'étage supérieur présente l'histoire sociale de la communauté juive. Les juifs ont joué un rôle déterminant dans plusieurs industries, à la fois comme employés et comme patrons. Dans une salle latérale, vous avez la possibilité de voir un bain rituel, mikvah. Les femmes s'y sont baignées de 1671 à 1820.

Dans la Nouvelle synagogue (Neie Sjoel) de 1791, attardez-vous devant l'Arche d'alliance qui provient d'une synagogue d'Enkhuitzen. On y rangeait les rouleaux de la Torah. Le manuscrit de la Haggadah, œuvre du scribe Joseph de Leipnik, mérite toute votre attention. Des enluminures de 1734 illustrent le texte lu pour Pessah (la Pâque juive). La synagogue retrace l'histoire des juifs en Hollande. La question de l'identité juive et l'influence de la société néerlandaise sur la culture juive sont également traitées.

Un espace est réservé à Charlotte Salomon, morte dans le camp d'Auschwitz à l'âge de 26 ans. Elle a dépeint sa vie sur plus de 1 000 gouaches, accompagnées de textes et de musique. L'artiste avait baptisé son oeuvre Vie ? Ou théâtre ?

La Obbene Sjoel (Deuxième synagogue) de 1685 abrite un café qui propose diverses spécialités juives casher. Vous disposez d'une librairie au même étage. Vous trouverez des ouvrages sur le judaïsme et des CD de musique traditionnelle yiddish. La Drittsjoel (Troisième synagogue) date de 1700 et abrite aujourd'hui les bureaux administratifs du musée. Elle n'est donc pas ouverte au public. Après la visite de ce musée, pourquoi ne pas faire un saut à la synagogue portugaise ?

La synagogue portugaise

La synagogue se dresse à l'est de la place. Elle fut construite sur des pilotis par Elias Bouman, entre 1671 et 1675. Cet architecte s'inspira du temple de Salomon à Jérusalem. Les grands pilastres et la balustrade sont caractéristiques du style néoclassique d'Amsterdam.

Les juifs séfarades commandèrent l'édifice lorsqu'ils vinrent s'établir à Amsterdam. Ceux-ci fuyaient alors l'Inquisition. C'était la plus grande synagogue d'Europe au XVIIe siècle. Restauré après la guerre, l'édifice rectangulaire en brique rouge est toujours en activité. Une cour encercle le bâtiment. Celle-ci est bordée d'annexes où la communauté séfarade vécut pendant des siècles.

A l'intérieur, observez les colonnes ioniques qui soutiennent les huit voûtes en bois du plafond. Les grands chandeliers en cuivre suspendus sont ornés de plus de mille bougies. Ils constituent la seule source de lumière artificielle de l'édifice et sont allumés à l'occasion des fêtes religieuses. L'intérieur de la synagogue est principalement éclairé par d'immenses verrières. La tradition séfarade s'illustre à travers l'arche, Hechal (niche de la Torah), orientée vers le sud-est, en direction de Jérusalem. Notez aussi la Bimah, podium depuis lequel est conduit le service. Deux rangées de bancs en bois, réservés aux hommes, sont disposées de chaque côté de l'allée centrale.

Aujourd'hui, la communauté séfarade compte seulement une soixantaine de membres. La plupart d'entre eux vivent en dehors de la ville. Une vidéo est diffusée dans l'une des dépendances. Elle aborde l'histoire de la synagogue et traite de la communauté séfarade d'Amsterdam. Une question persiste : pourquoi les Allemands l'ont-ils épargnée ? Peut-être envisageaient-ils de la transformer en musée une fois la guerre achevée ? La bibliothèque Ets Haim, fermée au public, serait l'une des plus importantes en Europe.

La maison de Rembrandt

La maison du peintre se remarque à sa façade étroite, ses volets en bois rouge, son fronton triangulaire et à sa porte en bois de chêne. Le peintre y vécut à partir de 1639. En 1658, il fut contraint de la vendre pour rembourser ses créanciers et s'installa dans le Jordaan. Surnommé "le maître de la lumière", Rembrandt avait aménagé son atelier au 1e étage. Dans le grenier, il recevait ses élèves et leur donnait des cours. La demeure témoigne de son histoire personnelle. Il y assista à la naissance de son fils et à la mort de sa femme Saskia. Rembrandt peignit la plupart de ses œuvres dans cette maison qui date de 1606. Elle fut rachetée par la ville en 1907 et restaurée à l'identique, reproduisant fidèlement l'architecture du siècle d'or.

Vous pourrez admirer l'œuvre gravée de Rembrandt Van Rijn. Le musée rassemble 250 estampes, soit pratiquement l'ensemble de ses gravures. Munissez-vous d'une loupe pour apprécier les détails minuscules des eaux-fortes du peintre. Après avoir assisté à l'exposition du rez-de-chaussée, la technique de l'eau-forte n'aura plus de secret pour vous. Autoportraits, études de nus, scènes de famille croquées sur le vif, scènes bibliques et vues d'Amsterdam : autant de thèmes immortalisés sur les 4 plaques de cuivre présentées par roulements. Vous serez frappé par le réalisme cru de certaines scènes. En ressortant de ce musée vous serez convaincu que Rembrandt n'était pas seulement le maître du clair-obscur. Il excellait aussi dans l'art de l'estampe.

Le peintre fut aussi un collectionneur passionné. Dans son cabinet, vous pourrez admirer des porcelaines chinoises, des pièces de monnaie, des médailles, des coquillages et des bustes en plâtre d'empereurs romains. Au plafond sont suspendues des peaux de reptiles séchées. Parmi les peintures, vous verrez les tableaux des contemporains du peintre et de ses élèves. Des toiles de son maître, Pieter Lastman, dont il s'inspira et d'Albrecht Dürer sont également exposées.

Autres quartiers

Le musée Cobra

Ce musée excentré mérite le détour. Vous cernerez mieux l'ampleur du mouvement Cobra qui a émergé dans les années qui suivirent la seconde guerre mondiale. Créé par un groupe de jeunes artistes originaires de Bruxelles, de Copenhague et d'Amsterdam, il joua un rôle important dans l'évolution de l'art contemporain en Hollande et s'affirma dans l'histoire internationale de l'art. Il résulte d'une fusion entre l'expressionnisme, le surréalisme et l'art abstrait.

Karel Appel, Corneille et Constant ont été à la tête de ce groupe artistique expérimental de courte durée (1948-1951). Les artistes prônaient la spontanéité et le primitivisme. Les figures rapellent celles des dessins enfantins. On retrouve des tons violents, de larges coulures posées à la brosse ou au couteau. La figuration est proche des graffitis et des caricatures.

La structure moderne du musée permet aux visiteurs de circuler aisément. Le rez-de-chaussée est réservé à des expositions temporaires. Clarté et sobriété participent à l'immersion au coeur du musée.

Le jardin zen. Conçu par Shinkichi Tajiri, cet espace circulaire confère au musée une atmosphère sereine et paisible. Une pause spirituelle avant d'accéder au premier étage. Ce "Dry zen garden", le Karesansui, est composé comme les haïkus, ces poèmes de trois vers de 5, 7, puis à nouveau 5 pieds. L'artiste a réalisé cette œuvre en s'inspirant d'éléments naturels : les nuages, les montagnes et la mer. Cette dernière est représentée par la surface striée de graviers. Les sculptures composées de plaques d'acier ont été choisies pour éviter toute assimilation avec les éléments naturels.

Au 1e étage, vous serez frappé par les couleurs vives, voire criardes des toiles de Pierre Alechinsky. Ces œuvres se rapprochent du monde animé, d'un art plus narratif. La toile Cobras vulcanologiques est dominée par des tons orangés. Vous pouvez également admirer des lithographies comme Le cirque ou L'expérience sans expériences.

Les sculptures en bois de Karel Appel, sans doute la personnalité la plus affirmée du groupe, sont également exposées. L'artiste s'inspire principalement de dessins d'enfants aussi bien dans ses toiles que dans la confection de ses sculptures. La vierge noire et Clown, sortes de pantins, frappent par leurs couleurs éclatantes.

On retrouve les dessins d'Asger Jorn exposés dans des vitrines. L'artiste accorde une place essentielle à l'acte de peindre et affirme que "la nourriture préférée de la peinture, c'est la peinture". Le fond de ses toiles est souvent réaliste. Dans Chanson d'été, le réalisme côtoie le style abstrait. Le paysage d'une apparente tranquillité est en rupture avec la figure apocalyptique au centre de l'oeuvre. 

Un pan de mur est réservé à l'oeuvre de Corneille. L'artiste reconstitue l'atmosphère des villes où il a vécu. Sa toile La ville, dominée par des tons bleu-gris, en est la parfaite illustration. Il peint avec une certaine agressivité les animaux et représente l'homme vivant des situations difficiles.

Autre grande figure du mouvement Cobra : Constant. La représentation animale tient une place importante dans ses compositions. L'artiste aborde également le thème de la guerre à travers une série de tableaux. La révolte évoque le désir de rebellion. Attardez-vous devant une série de sept petits tableaux. Chacun représente une sensation ou une ambiance : Nuit, Agonie, Hiver, Soleil... L'univers du cirque, également exploité par Alechinsky, est abordé à travers l'oeuvre Ruimte circus. Les équilibristes y sont en pleine action. Est-ce un clin d'oeil ? La vie, à l'image d'un numéro de cirque périlleux, éternellement exposée au risque, toujours "sur la corde raide" ?

Un espace est réservé aux sculptures. On y retrouve les oeuvres de Tajiri Shinkici Le guerrier, Samurai et Figuur. Le musée abrite au 2e étage une bibliothèque. Celle-ci contient des archives. Elle est uniquement accessible sur rendez-vous (tél. (020) 547 5054).

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