Californie
Visites
Downtown L.A.
Le centre historique et financier de Los Angeles. Il est encadré par les quartiers d’immigration de Chinatown et Little Tokyo et, au sud, par le quartier noir défavorisé de South Central, siège des violentes émeutes raciales de 1992. Résolument moderne, le centre des affaires, avec ses grandes tours et ses petits jardins ombragés, est entouré de vieilles rues au charme fou, comme Broadway Street, la rue des théâtres, avec ses vieux immeubles en briques et ses escaliers de secours donnant sur des arrière-cours crasseuses. Plus triste, l’envers du décor américain apparaît sans fard à quelques blocs d’immeubles des bureaux chics. Des vagabonds hagards ont créé une sorte de ville fantôme, composée d’abris en carton, juste au sud de Los Angeles Street.
El Pueblo de Los Angeles
Le site fondateur de la ville de Los Angeles, établi en 1781. La ville s’agrandissant, le centre se déplaça vers le sud, et El Pueblo tomba à l’abandon. Heureusement, grâce aux efforts de Christine Sterling, une habitante de la ville, le site est classé monument historique en 1953. 27 édifices anciens subsistent et ont été restaurés. Au coeur d’El Pueblo, une petite place, la Plaza, bordée d’arbres, au bord de North Main Street, à quelques blocs d’immeubles au nord du City Hall. Elle fut dès 1825 le centre de la vie d’El Pueblo. Sur la place, très animée lors des célébrations du Cinquo de Mayo, l’élégante Pico House, ancien palace prestigieux de 1870. Partant de la place, à l’opposé, Olvera Street, ruelle pavée de briques abritant un marché artisanal et des boutiques, est la principale attraction d’El Pueblo. Sur la droite d’Olvera Street, l’Avila Adobe, la plus ancienne demeure de Los Angeles, datant de 1818. Au fond de la cour, dans l’annexe, une exposition de documents portant sur l’histoire du site.
Chinatown
Au nord d’El Pueblo, entre Sunset Boulevard et Alameda Street. Sans commune mesure avec son homonyme de San Francisco, le quartier chinois se limite à quelques rues peuplées de restaurants et de boutiques spécialisées. Une destination animée et agréable pour les curieux.
Civic Center, Bunker Hill et Financial District
Le quartier des affaires, avec ses gratte-ciel implantés sur un terrain vallonné. Désert le week-end, il s’anime dès l’aube le lundi matin. Au nord, le Civic Center, le plus grand centre administratif du pays. Au sommet de la colline, la monumentale silhouette néoclassique du palais de justice domine le centre-ville. Le Los Angeles City Hall, avec ses 28 étages surmontés d’une pyramide, culmine à 138 m. Non loin de là, sur South Broadway, le Los Angeles Time Building, l’un des quatre sièges du quotidien, qui tire à plus d'un million d’exemplaires chaque jour. L’architecture composite du bâtiment reflète la progression du journal, avec des éléments ajoutés peu à peu à l’édifice original. De l’autre côté du Civic Center, derrière le tribunal, le Music Center of Los Angeles County. Dédié aux arts, il est conçu pour accueillir sur un même site l’orchestre philharmonique, l’Opéra et de nombreuses troupes de théâtres de Los Angeles et d’ailleurs. Il est aussi régulièrement le siège de la cérémonie des Academy Awards. Mieux connus en France sous le nom d’Oscars, il se déroulent alors dans la salle Dorothy Chandler, à la fin du mois de mars.
Bunker Hill. Un ancien quartier résidentiel chic, immortalisé par John Fante dans Rêves de Bunker Hill. Peuplé d’immenses tours, d’habitations luxueuses, Bunker Hill regroupe plusieurs centres d’intérêt. Au sommet de la colline, les lignes tranchantes du Wells Fargo Center ne font pas l’unanimité.Le Moca (Museum of Contemporary Art), tour élancée donnant sur la California Plaza, est l’un des plus beaux musées d’art contemporain au monde. Sur Broadway, au 304, le Bradbury Building, un bel immeuble construit en 1893. L’architecture du hall d’entrée vaut le coup d’oeil. En descendant la rue, vous arrivez au Grand Central Market. Le plus ancien marché de la ville, ouvert en 1917 dans des entrepôts, afin de répondre à la demande d’une population d’immigrés européens sans cesse croissante. Néons multicolores et saveurs de tous les horizons, comme au bon vieux temps. Tout près du marché, sur Hill Street, le vieux funiculaire de Bunker Hill, l’Angel’s Flight, a repris du service, ajoutant à la nostalgie du tableau. En descendant les escaliers de Bunker Hill, vous arrivez au pied de la bibliothèque centrale. Le meilleur moyen pour découvrir le centre des affaires est le circuit piétonnier balisé de l’Angels Walk. Partant de l’immeuble Ronald Reagan, à l’angle de 3rd et Spring Streets, il vous emmènera à la découverte des merveilles architecturales et de l’histoire du quartier.
Little Tokyo
Situé à l’est du Civic Center, entre Los Angeles Street et Almeda Street, Little Tokyo est le coeur de la communauté d’origine japonaise de Los Angeles, la plus importante d’Amérique du Nord. Evacués et placés dans des camps de détention pendant la seconde guerre mondiale, les descendants des premiers immigrants ont réintégré Little Tokyo à la fin de la guerre. Le quartier est aujourd’hui vivant et prospère. Principaux centres d’intérêt : le jardin traditionnel japonais James Irvine Garden, au 244 South San Pedro Street, le Geffen Contemporary, annexe du MOCA dans des entrepôts aménagés par Frank Gehry, au 152 North Central avenue, et le Japanese American National Museum, dans un ancien temple bouddhiste situé au 369 East First Street.
Hollywood
Au nord de l’agglomération, le quartier le plus légendaire de Los Angeles, et une ville à part entière. Attirés par la lumière idéale, les espaces vierges et les paysages contrastés de la région, les studios de cinéma s’installent dès 1911, et prolifèrent bientôt. En 1923, un groupe de promoteurs décide de vanter les mérites d'un projet de résidences dans les collines des environs. “Hollywoodland”, le nom s’affiche en lettres géantes au-dessus de la ville. Le land a disparu, mais pas les autres lettres, devenues pour le monde entier synonymes de rêve et de gloire. Lieu de naissance du cinéma moderne, du star-system et du glamour, Hollywood vibre aujourd’hui au rythme du multimédia. Entertainment Industry (l’industrie du divertissement), l’expression est sur toutes les lèvres, tant il est vrai que la concentration de studios radio, musicaux ou informatiques reste impressionnante dans le quartier. Mais Hollywood ne renie pas son passé. Ses principales attractions relèvent de l’âge d’or du cinéma hollywoodien. Soucieux de retrouver l’éclat de sa jeunesse après des années de laisser-aller, le quartier a fait peau neuve, et se révèle comme une destination agréable. Il y a encore du glamour dans l’air.
Hollywood Boulevard
Le meilleur moyen de découvrir l’un des plus célèbres boulevards du monde, c’est de marcher le long de la Walk of Fame (promenade de la gloire). Des deux côtés du boulevard, 2500 étoiles ont été incrustées dans les trottoirs en 1958. Une idée simple mais imparable : offrir un monument à la gloire des vedettes (acteurs, réalisateurs, musiciens, chanteurs) révélées par Hollywood. Aujourd’hui, plus de 2000 noms ont déjà été gravés. Dépêchez-vous, le temps vous est compté. Partez de l’avenue de La Brea, où un monument marque le début de la promenade. Non loin de là, l’étoile des Beatles. Sur la droite, vous arrivez bientôt devant l’hôtel Roosevelt. Bâti en 1927, il a accueilli la première cérémonie des Oscars. La décoration du hall d’entrée rappelle le temps où les nababs des studios faisaient construire à grands frais des palais thématiques. Ici, c’est l’architecture coloniale espagnole qui est à l’honneur. Au premier étage, une intéressante exposition sur l’histoire du quartier du cinéma, introduction idéale à la suite de votre visite. Dans le hall, près de l’entrée, se trouve le bar-salon de l’hôtel, le Cinegrill. Capra, Errol Flynn et Ronald Reagan comptaient à l’époque parmi les habitués. Le midi, agents et jeunes premières tremblotantes venaient y discuter contrats. Les soirs de première, les plus grandes stars étaient accueillies au Chinese Theater, de l’autre côté du boulevard.
Mann’s Chinese Theater. Construit la même année que le Roosevelt Hotel, en 1927. Ce spectaculaire cinéma, inspiré d’un temple chinois, fait partie des légendaires movie palaces édifiés à l’époque bénie d’Hollywood. L’architecture remarquable de l’ensemble intègre des éléments authentiques importés de Chine. Ombres au tableau : les affiches géantes des films d’action projetés dans la salle (reprise par la chaîne Mann), et les animateurs déguisés en Spiderman ou en Pokémon. Mais la raison pour laquelle le Chinese Theater est un des incontournables de Los Angeles, c’est sa cour, dont les dalles portent les plus célèbres empreintes de la terre. Plusieurs versions circulent quant à l’origine de cette tradition. La plus vraisemblable est que Sid Grauman, grand personnage d’Hollywood et fondateur du Chinese Theater, aurait par inadvertance marché sur une dalle de ciment frais, lors des travaux. Amusé, il aurait appelé ses amis Douglas Fairbanks et Mary Pickford pour qu’ils laissent leurs empreintes. Le temps qu’ils arrivent, le ciment avait séché. Grauman leur fera cependant déposer leurs empreintes (pieds et mains) lors d’une cérémonie officielle, en avril 1927. Depuis, plus de 170 stars se sont prêtées au jeu. Une occasion d’étudier la taille des mains de Schwarzenegger, ou la pointure des chaussures de Marilyn Monroe.
Cinéma El Capitan. Un peu plus loin, à côté du Roosevelt Hotel. Le Movie Palace dans toute sa splendeur, restauré à grands frais en 1989-91. D’abord construit pour héberger un théâtre. Mais après avoir accueilli la scandaleuse première de Citizen Kane en 1942, le palais devint un cinéma. Le porche d’entrée et la salle de projection ne font pas dans la demi-mesure. Pas étonnant que Cecil B. DeMille y ait présenté plusieurs de ses superproductions. Le soir, El Capitan projette dans le ciel ses faisceaux lumineux, pour inviter, comme au bon vieux temps, les badauds à la grand-messe du cinéma. Une série de grands films sont projetés tout au long de 2001, pour fêter 70 ans de premières. Un must pour les cinéphiles.
A l’angle de Highland, une tête de dinosaure jaillit du toit d’un bâtiment étrange. Attention, de temps à autre, il rugit. Cette enseigne made in Hollywood est celle d’un musée de l’étrange, le Ripley’s Believe it or not. Il rassemble une collection très dispensable d’objets farfelus. Une porte plus loin, dans la série des attrape-touristes kitschissimes, le Guiness Book of record Museum. Il fait face au Hollywood Wax Museum, qui présente des reproductions en cire de scènes et d’acteurs vedettes du cinéma hollywoodien. Absolument sans intérêt, sauf s’il pleut dehors (ce qui est rare), et que vous êtes un inconditionnel de ce genre d’endroit. Plus intéressant, le magasin Frederick’s of Hollywood. Une succursale de la compagnie fondée à New York par Frederick Mellinger, en 1946. Dédié au sex-appeal, et soucieux de répondre à toutes les envies des femmes, le magasin est l’un des premiers à proposer au grand public une ligne de lingerie en noir, qui crée scandale à l’époque, mais aussi des talons extra-hauts et des faux-cils de toutes les tailles. A l’intérieur du magasin, une exposition des dessous portés par les plus grandes stars du glamour hollywoodien. Avis aux fétichistes.
De l’autre côté de Hollywood Boulevard, derrière une façade blanche anonyme, le Musso and Frank Grill, institution du tout Hollywood. Créé en 1919, il a vu passer tout ce que l’âge d’or hollywoodien comptait comme grands scénaristes : Dashiel Hammett, Aldous Huxley, Faulkner, mais aussi Fante et Hemingway. C'est le plus vieux restaurant du quartier, une entreprise familiale où l’on vient déguster de savoureux plats à l’ancienne, dans une atmosphère accueillante. En remontant la Walk of Fame, vous apercevrez sur votre droite l’Egyptian Theatre. Construit en 1922 par Charles Toberman, créateur du Chinese Theater. Construit l’année de la découverte de la tombe de Toutankhamon, l’édifice s’inspire des temples égyptiens de Ramsès et Karnak. Il accueille bientôt la première de Robin des bois, avec Douglas Fairbanks, qui marque la naissance des superproductions à gros budget. En 1923, Cecil B. DeMille y donne la première de ses Dix commandements. Récemment restauré, il projette des films indépendants de la Cinémathèque américaine, ainsi que Forever Hollywood, un petit documentaire d’une heure sur l’histoire d’Hollywood. Ce dernier, disponible en plusieurs langues, est proposé plusieurs fois par jour.
En continuant votre promenade au milieu des étoiles, vous passez devant des magasins de perruques et d’accessoires excentriques, dont le fameux Pantages. Arrivé au coin de Vine Street, vous apercevez sur votre gauche le drôle de bâtiment de la maison de disques Capitol Records. Il est censé représenter une pile de 33 tours surmontée d’une aiguille de tourne-disque. Plus loin sur le boulevard, le Pantages, dernier et plus grand des quatre Movie palaces d’Hollywood, avec ses 2800 sièges et sa gigantesque scène. Site des Oscars entre 1949 et 1959, il accueille désormais les grandes productions théâtrales de la ville.
Melrose Avenue
Les boutiques qui ont envahi cette avenue, à l’ouest de son intersection avec La Brea avenue, sont parmi les plus populaires de Los Angeles. Stylistes branchés, boutiques proposant les derniers gadgets à la mode, magasins de disques, et petites terrasses bien agréables. L’endroit idéal pour observer la faune bigarrée des motards tatoués, apprentis-comédiens lookés et grandes dames désireuses de s’encanailler qui se croisent en voiture, à pied ou à moto sur cette artère trépidante du sud d’Hollywood.
Beverly Hills
Ville résidentielle opulente, dont la fréquentation est réservée à une élite richissime, Beverly Hills répond à tous les clichés véhiculés par les films et les séries télévisées. Une seule surprise : les demeures princières du quartier ne font que rarement preuve de mauvais goût. Les grandes avenues de Beverly Hills, bordées d’arbres anciens et de maisons élégantes et originales, valent le détour, et forment un cadre idyllique pour une promenade en voiture.
Rodeo Drive
La plus connue des riches avenues du quartier. Partant du Wilshire Boulevard et remontant vers le nord, elle traverse d’abord le Triangle d’or, concentration de grands couturiers, de joailliers et de restaurants prestigieux. Prada, Versace, Armani, etc. Un luxe qui se paie à des prix encore plus exorbitants qu’ailleurs. Plus haut, la rue, bordée d’arbres merveilleux, longe des résidences chics. Mais vous n’avez encore rien vu. A l’intersection de Santa Monica Boulevard, vous apercevrez sur votre droite les murs rose pastel du Beverly Hills Hotel, dans un luxuriant décor de fleurs et de palmiers géants. Inauguré en 1912, il a hébergé les plus grands, de Chaplin à Marylin. Le bar-salon de l’hôtel, le Polo Lounge, accueillera dans un cadre enchanteur ceux qui peuvent se le permettre.
Les hauteurs de Beverly Hills
En traversant le boulevard, Rodéo Drive donne sur Benedict Canyon Drive. Une route panoramique qui vous emmènera sur les hauteurs de Beverly Hills, parmi les demeures de stars, dissimulées derrière de grands portails. Si vous désirez vous livrez au jeu de piste des célébrités, munissez-vous d’une Star map, en vente à tous les carrefours du quartier. Sur la droite, Summit Drive, un chemin étroit serpentant vers le sommet de la colline. Tout en haut, au 1143, Pickfair, la première villa de luxe du quartier. Construite en 1920 par Douglas Fairbanks et Mary Pickford, séduits par les environs après l’ouverture du Beverly Hills Hotel, elle allait lancer la mode.
West Hollywood
Sunset Strip
Entre Doheny Drive à l’ouest et Crescent Height Boulevard à l’est. La partie la plus populaire du fameux Sunset Boulevard, immortalisé par le film homonyme de Billy Wilder et les chansons de Tom Waits. Elle reliait autrefois Los Angeles à Beverly Hills, sans relever de la juridiction d’aucune de ces municipalités. Un flou juridique qui explique la prolifération des bars le long de ces quelques blocs d’immeubles. Certains clubs légendaires, comme le Viper Room et le Whisky à gogo, auxquels se sont joints des adresses plus récentes, continuent d’attirer les foules branchées.
Getty Center
Nouveau venu sur la scène des grands musées mondiaux, le Centre Getty n’a pas tardé à se faire une place de choix. En bientôt quatre ans d’existence, il a déjà attiré des millions de visiteurs. Outre le musée J. Paul Getty, ouvert au public, le vaste complexe comporte une bibliothèque spécialisée, des unités de recherche, des ateliers de restauration de renommée mondiale, et un auditorium où sont organisés des colloques et la représentation d’œuvres commandées par le centre. Un projet fidèle aux dernières volontés de Jean-Paul Getty, magnat du pétrole qui était, en 1976, l’année de sa mort, l’homme le plus riche du monde. Possédant déjà un musée d’art antique, la Getty Villa de Malibu, et une importante collection de peinture et de sculpture, il voulait léguer à la postérité un outil d’étude et de vulgarisation des beaux-arts.
Une architecture visionnaire. L’architecture du centre vaut à elle seule le déplacement. Soumise à un concours, elle fut confiée à Richard Meier, architecte américain qui avait déjà à son actif le Musée d’Art Contemporain de Barcelone (MACBA). L’occasion pour lui d’opérer de nouvelles variations sur son motif de prédilection : le carré blanc de 30 pouces sur 30. Le choix du site, au sommet d’un des monts Santa Monica, s’est avéré magistral. Par temps clair, la vue sur les montagnes, Downtown L.A. et l’océan est extraordinaire. Les bâtiments intègrent d’ailleurs des structures géométriques vides, qui servent de cadres mettant en valeur tel ou tel point de vue. Ainsi placé en hauteur, l’art semble échapper au quotidien. Une idée chère à Meier, qui décida la mise en place d’un petit train entre le parking, dans la vallée, et le musée, au sommet, afin de faire ressentir aux visiteurs l’elévation spirituelle procurée par l’art. Autre principe de l’architecte : montrer le caractère atemporel de la création artistique en fondant ensemble l’ancien et le moderne. Dans les matériaux utilisés, d’abord. D’une part, la Travertine, pierre de taille italienne qui vous rappellera certainement quelque chose : elle a servi à l’édification des grands édifices de la Rome antique. La pierre a été utilisée dans la construction des enceintes et des murs extérieurs, ainsi que dans le pavement des allées. En faisant attention, vous verrez peut-être quelques-uns des fossiles incrustés dans les dalles. Meier a conçu un outil spécialement destiné à une découpe respectant la fameuse mesure du 30 x 30. Les reflets de la Travertine, dorés le matin et rosés au crépuscule, émerveillent le spectateur. D’autre part, des carreaux d’aluminium enduits d’epoxy, dans une couleur blanche si vive que le moindre rayon de soleil devient aveuglant. Les formes mêlent également les piliers antiques à des structures géométriques minimalistes caractéristiques du Modernisme, dont se réclame Meier. Outre un souci fonctionnel et esthétique, le schéma imposé par l’architecte suit une volonté de jouer avec les ombres, particulièrement évidente en fin d’après-midi. Le centre est construit sur deux arêtes rocheuses, qui se rejoignent au centre exact de la rotonde de l'entrée, montrant encore le goût de Meier pour la géométrie et la logique. La cour intérieure intègre de plaisante fontaines, décorées du marbre à veines bleues typique du pays de l’or, replaçant ainsi le musée dans son contexte californien.
Une sculpture végétale. Un des plus grandes réussites du centre, c’est le jardin dessiné par Robert Irwin, artiste californien. Ou plutôt sa sculpture, puisqu’il l’entend ainsi. Une œuvre d’art à part entière, qui joue avec tous les sens du visiteur. L’ouïe, d’abord, avec le bruit du petit torrent dévalant la pente, et le chant des oiseaux. La vue, avec un assemblage harmonieux et surprenant de formes rondes et anguleuses, de couleurs riches et variées. L’odorat, aussi, surtout au printemps, lorsque les milliers de fleurs répandent dans l’air leurs parfums. Bougainvillées, azalées, roses composent une mosaïque fascinante. La visite du jardin, à droite du centre, est d’autant plus indispensable qu’elle permet de découvrir un autre aspect de l’architecture des bâtiments, plus fluide.
Le musée. La collection exposée est spécialisée dans l’art européen du Moyen-Age jusqu’au début du XXe siècle. Si elle n’a pas encore la carrure des meilleurs musées internationaux, elle n’en reste pas moins d’un grand intérêt, grâce à une politique de sélection très fine, et un réel effort de présentation des œuvres. A chaque étage, un atelier interactif “Art et Information” permet d’en savoir plus sur l’histoire et les techniques artistiques. En outre, l’East Pavilion abrite la Family Room, un atelier ludique où les enfants découvrent l’art en s’amusant, grâce à des activités originales et bien menées. Les expositions permanentes sont réparties dans quatre bâtiments. Le North Pavilion, à gauche juste après l’entrée, accueille les œuvres antérieures à 1600. Au rez-de-chaussée, une salle abrite des trésors d’enluminures médiévales, permettant d’apprécier la dévotion, l’infinie patience et le talent de ces artistes utilisant or et couleurs pour illustrer les manuscrits de livres saints. A voir également, des chefs-d’œuvre de la sculpture et de l’orfèvrerie de la même époque. A l’étage, l’art religieux, essentiellement les XIVe et XVe siècle italiens. Des peintres peu connus, mais aussi des œuvres de Veronese, une Sainte Famille du Greco, et une émouvante Madeleine du Titien, portant dans ses yeux toute la détresse du monde. Une passerelle permet d’accéder au premier étage de l’East Pavilion, consacré aux XVII et XVIIIe siècles. Une collection de peintures françaises et flamandes très riche, avec des tableaux de Poussin, Van Dyck, et plusieurs Rubens, dont des esquisses d’une grande finesse. A ne pas manquer, L’entrée des animaux dans l’Arche de Noé, de Brueghel, qui illustre un naturalisme et un sens du détail exacerbés. Le peintre étudia les pensionnaires de la ménagerie royale flamande pour préparer ce tableau. Une salle est consacrée à l’école de Rembrandt. Ses disciples font preuve d’une étonnante maîtrise de la lumière. Mais L’enlèvement d’Europe, réalisé par le maître, sort du lot, avec ses couleurs diaphanes et le raffinement de ses lignes. Un passage mène à la Terrasse Sud, d’où l’on a un large panorama sur les collines et, au loin, Downtown L.A. Au rez-de-chaussée, des sculptures, et surtout une extraordinaire collection de dessins et d’aquarelles. Un nu de Courbet porte une annotation ironique à l’égard du très conservateur critique Sainte-Beuve. Géricault et Delacroix démontrent leur génie du mouvement, Cézanne son art de la couleur. Dernière acquisition du musée, une esquisse de Van Gogh, dont les lignes nues permettent de mieux comprendre le processus de création du peintre.
Le South Pavilion expose à l’étage la suite de la collection de peinture entre 1600 et 1800, et, en bas, un fond d’arts décoratifs d’une grande qualité. Le West Pavilion, enfin, comprend au premier de grandes toiles du XIXe et du début du XXe siècle. Corot, Courbet, le troublant Après le bain de Degas, Renoir et sa belle Promenade, Pissaro, une nature morte tardive de Cézanne et la Jeune Italienne, un de ses portraits les plus aboutis. Dans un coin, un tableau bleu sombre attire le regard : c’est la Nuit étoilée de Munch. Chouchou des visiteurs, les Iris de Van Gogh. L’étage abrite aussi des expositions temporaires. Jusqu’au 15 juillet 2001, par exemple, l’exposition To Create a Living Art, consacrée à des dessins du XIXe siècle. En bas, c’est le photographe allemand du début du siècle August Sander qui est à l’honneur jusqu’à la fin juin 2001. Au sous-sol, enfin, une partie de la collection antique de la Villa Getty. Ces œuvres ont été déplacées pendant les travaux de rénovation, dont l’achèvement était initialement prévu en 2002.
Griffith Park
L’un des plus grands parcs du continent. Il s’étend sur près de 1700 hectares, sur les hauteurs situées au nord-est de Hollywood. Un don du colonel Griffith, immigrant gallois ayant fait fortune dans le commerce du granit. Outre le don des terres en 1896, il finança également l’Observatoire et le théâtre grec. Un zoo, un complexe sportif ainsi que deux terrains de golf seront ajoutés à ce qui allait devenir un des lieux de promenade les plus populaires de l’agglomération, avec ses 85 km de chemins.
Griffith Observatory
Un édifice d’inspiration Art Déco, érigé sur le point culminant du parc, le Mont Hollywood. Les trois dômes forment l’une des silhouettes les plus familières de L.A. Dans une scène mythique de la Fureur de vivre, James Dean erre la nuit autour du bâtiment. Dans la rotonde principale, un pendule de Foucault de 90 kg démontrera aux plus sceptiques que la terre tourne bien. La visite de l’observatoire est instructive, de même que les projections thématiques du Planetarium situé sous la coupole principale. Mais l'attraction majeure du Griffith Observatory, c’est le vaste panorama que l’on découvre depuis son toit, accessible par les escaliers latéraux. On aperçoit, quand le fog se lève, la côte Pacifique, les tours de Downtown L.A., et le fameux signe Hollywood vers le nord-ouest. La nuit, par temps clair, le toit offre une vue imprenable sur les lumières de la ville et les étoiles.
Autry Museum of Western Heritage
Consacrée à l’histoire du grand Ouest américain, sa vaste collection est d’un grand intérêt pour qui veut comprendre la civilisation ouest-américaine. Une présentation thématique dont les grands volets sont Spirit of Discovery (les découvreurs), Spirit of Community (la naissance de la société américaine), Spirit of Romance (l’image romantique colportée par les arts et médias) et enfin Spirit of imagination (l’interprétation du cinéma et de la télévision). Parmi les raretés exposées, des effets personnels ayant appartenu à Billy-the-kid, et la carabine de Buffalo Bill. Grande massacreuse de bisons.
Zoo de Los Angeles
Ouvert à la fin du XIXe siècle, le plus vieux parc zoologique de Los Angeles est créé à quelques kilomètres à l’est du centre-ville. Son propriétaire, le grand réalisateur du cinéma muet William Selig, louait les animaux aux studios, en fonction des tournages en cours. Le zoo était alors l’un des plus grands du monde, avec près de 700 espèces représentées. Des problèmes financiers obligent Selig à en faire don à Los Angeles, dans les annèes 1920. C’est en 1966 que le zoo s’installe sur son site actuel. Il abrite aujourd’hui plus de 400 espèces, dont 70 en voie de disparition. La visite, sur de petits sentiers accidentés, comporte un ensemble d’activités destinées aux enfants, sur l’île de l’aventure. Si le grand zoo californien reste celui de San Diego, le zoo de Los Angeles ravira cependant les amateurs.
Les Plages
Santa Monica
A l’ouest de la ville, tout au bout de la route 10, la Santa Monica Freeway. Même si Santa Monica est désormais un centre commercial et urbain à part entière, la ville a gardé de son passé de station balnéaire une atmosphère décontractée.
Santa Monica Pier. Une des sorties familiales les plus appréciées des Angelenos, depuis le début du XXe siècle. Le ponton municipal, long de 300 mètres et d’une largeur impressionnante, a été construit entre 1908 et 1916, Il a été partiellement reconstruit après avoir été endommagé lors d’une tempête en 1983. Le week-end, il prend des allures festives. Les stands et les cafés s’animent, tandis que les montagnes russes et les manèges de sa fête foraine fonctionnent sans discontinuer. Des attroupements se forment autour d’un individu jonglant avec des massues, un vélo posé en équilibre sur son front, d’un équilibriste chinois bredouillant quelques mots d’anglais, d’un as du play-back imitant Sinatra, ou encore d’une peintre sur grains de riz. Tout au bout, derrière le Mariasol, un restaurant mexicain avec vue sur l’océan, c’est le domaine des pêcheurs du dimanche. Au pied du ponton, vers le sud, vous ne pouvez pas manquer la légendaire Muscle Beach, temple fondateur du body-building moderne. Des colosses en slips font leurs exercices, soucieux du regard des passants. Juste en face, Chess Park, un petit espace ombragé destiné aux joueurs d’échecs. Provocation ou coïncidence ? La promenade du bord de mer mène à la plage de Venice, à 15 mn à pied. De l’autre côté du ponton, sur les hauteurs dominant le Pacifique, Palisade Park. A l’heure du coucher de soleil, ses bancs disposés au pied des palmiers sont pris d’assaut.
Echapper à la foule. Pour une journée à la plage plus calme, remontez la route côtière vers le nord, et cherchez l’endroit de vos rêves sur cette plage qui n’en finit plus. A un ou deux kilomètres de Santa Monica, une plage californienne typique, avec ses dizaines de terrains de beach volley où s’agitent filles et garçons bronzés et musculeux. Un peu plus loin, Gladstone, restaurant de poisson dont la vaste terrasse en planches, construite sur pilotis et orientée plein ouest, donne sur l’océan. Si vous êtes en quête d’échappée romantique, Malibu n’est plus qu’à une quinzaine de kilomètres au nord.
L’intérieur de Santa Monica. A deux pas de la mer, de l’autre côté d’Ocean Avenue, le quartier commerçant de Main Street est l’un des plus agréables et des plus courus de Los Angeles. Au 2435, la Edgemar Plaza. Un complexe commercial et culturel organisé autour d’une place à ciel ouvert, dont l’architecture originale est signée Frank Gehry, le père du musée Guggenheim de Bilbao. Le Farmer’s Market des mercredis et dimanches soirs, sur 2nd Street, permet de découvrir les richesses des campagnes de la région. Pour les amateurs de mode, la 3rd Street Promenade, zone piétonnière animée et bordée de boutiques branchées, s’avère incontournable. Shopping, restaurants chics (comme Chinois on Main sur Main Street), bars et boîtes dans l’air du temps, Santa Monica est l’un des quartiers phares de L.A.
Venice Beach
Venise de l’Ouest. Créée au début du siècle par le magnat visionnaire Abbott Kinney, la luxueuse station balnéaire de Venice se voulait la “Venise de l’Ouest”. Joignant les actes à la parole, le promoteur fait creuser des canaux, donnant sur le Lagon Bleu, où se dérouleront pendant des années des compétitions de sports nautiques. Comblé depuis, pour d’évidentes raisons de rationnalisme urbain et de coût d’entretien, le lagon occupait le site actuel du rond-point de Winward, au nord-est de Pacific Avenue. Les canaux sont devenus des rues donnant sur le rond-point. Difficile d’imaginer qu’il y a quelques décennies, des gondoles promenaient ici de riches vacanciers charmés. Les actuels canaux de Venice, que vous découvrirez au sud de Venice Boulevard, ne sont donc pas les originaux. Creusés par la suite pour profiter du succès de la station, ils sont privés et ont donc échappé à la politique municipale. A l’angle de Winward et Pacific Avenue, vous tomberez sur les trois seuls bâtiments subsistant de l’époque glorieuse de la ville, lorsque des chameliers proposaient des balades sous les arcades des palais inspirés de l’architecture vénitienne. Quartier animé, devenu dans les années 80 le repaire des artistes et de la culture alternative, Venice est aussi le rendez-vous des vagabonds et des paumés de la région. Revers de la médaille, les quartiers défavorisés de Venice. Situés à quelques centaines de mètres au nord-est de la plage, ils sont le lieu d’un important trafic de drogue.
Venice Beach. Grouillante de monde le week-end, la plage de Venice et sa promenade du front de mer (Ocean Front Walk) sont l’un des endroits les plus animés et déroutants de Los Angeles. Un flot ininterrompu de badauds amusés déambulent entre les stands et artistes de rue. Joueuses débutantes de didgeridoo, diseuses de bonne aventure, tatoueurs au henné, rollerbladeurs en saris jouant du hard-rock, danseuses du ventre enturbannées, tout y passe dans une atmosphère quelque peu chaotique. De nombreuses terrasses de cafés, envahies à l’heure du déjeuner, permettent de s’asseoir pour profiter de cette succession de scènes invraisemblables. Si vous aimez regarder les gens, vous trouverez difficilement mieux que Venice Beach. Un endroit où il est possible d’acheter des modèles réduits - en bois vernis ! - de Harley-Davidson, et des lunettes de soleil comme on n’en fait qu’ici.
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