Californie
Arts
Cinéma
En bref
Un art devenu industrie • Le domaine où les Américains s’expriment avec le plus de vitalité • Du film noir à la comédie musicale, la diversité des genres.
Le muet
Les débuts du cinéma américain coïncident avec l’installation sur la côte Ouest d’une poignée de réalisateurs au début du siècle. La Californie du Sud (Hollywood), grâce à son ensoleillement, leurs offre une lumière naturelle constante, à une époque où l’éclairage artificiel en studio n’est pas encore au point. Les films muets permettent à quelques grands réalisateurs de signer des œuvres inoubliables (Cecil B. de Mille, Les dix commandements en 1925). Le cinéma séduit surtout grâce à ses grands maîtres du comique. Charlie Chaplin réalise Le kid (son premier long-métrage) en 1921, imposant définitivement le personnage de Charlot, vagabond au grand cœur en butte aux injustices sociales. L’art devient une industrie. Face à la domination étouffante des studios, Chaplin crée les Artistes associés.
Le parlant
L’apparition du cinéma parlant marque le début d’une nouvelle ère. En 1927 est projeté The Jazz Singer d’Al Jonson. La grande dépression n’empêche pas les Américains de faire un triomphe aux comédies de Frank Capra ou d’Ernst Lubitsch. Walt Disney fonde son studio de dessin animé en 1927. Dix ans plus tard, il réalise le premier dessin animé long métrage Blanche Neige. En 1939 sort Autant en emporte le vent, la première superproduction, mettant en scène des armées de figurants et des décors somptueux. Le public fait un triomphe au couple formé par Vivien Leigh et Clark Gable. Dans les années 40, les grands studios exercent déjà un pouvoir important sur les scénaristes, les réalisateurs et les metteurs en scène. Le génial Orson Welles réussira le premier à s'en affranchir et à exercer un réel contrôle artistique sur son film Citizen Kane (1941), mais cela ne dure pas.
Les genres
Hollywood s’illustre dans plusieurs genres. La comédie musicale, et ses chorégraphies virevoltantes, connaît son âge d’or. Le film noir, sur lequel plane le charisme ténébreux d’Humphrey Bogart, et le western, dominé par les larges épaules de John Wayne, sont également très prisés. Les grands pontes des studios comprennent vite l’intérêt qu’il y a à développer le star system. Greta Garbo ou Marilyn Monroe incarnent mieux que nulle autre la star hollywoodienne, sublime à l’écran et fragile dans la vie réelle. De nombreux réalisateurs européens cèdent aux sirènes californiennes. Alfred Hitchcock réalise quelques-uns des ses grands classiques, Sueurs froides ou La mort aux trousses, pendant son séjour en Amérique.
Un cinéma politisé, à droite comme à gauche
Le cinéma a toujours su se faire l’écho des idéologies qui traversaient la société. Déjà, dans Naissance d’une nation, D.W. Griffith, père du cinéma moderne, développait sa vision patriotique de l’histoire. La guerre froide donne l’occasion aux scénaristes d’oser quelques métaphores peu subtiles, notamment dans le domaine de la science-fiction (La guerre des mondes), où le martien symbolise la menace soviétique. Les westerns servent également à perpétuer le mythe du courageux pionnier en lutte contre des Indiens sanguinaires. Dans les années 50 et 60, la libération des mœurs qui perce avec le rock 'n’roll et les mouvements hippies entraînent une nouvelle maturité dans l’écriture. Le cinéma spectacle se fait aussi film à thèse. Des westerns comme le Soldat bleu ou Little Big Man dénoncent les exactions commises à l'endroit des tribus amérindiennes.
La génération 70 : violence et imagination
Une nouvelle génération de réalisateurs fait ses premiers pas. Ils sont issus du studio de Roger Corman, pape de la série B fauchée, ou de l’école de cinéma de UCLA. Steven Spielberg triomphe avec Les dents de la mer en 1975. Francis Ford Coppola tourne Le parrain et Le parrain II (1972 et 1974). Martin Scorsese, l’un des rares metteurs en scène de la côte Est, réalise Taxi Driver en 1975. Son héros perturbé révèle le traumatisme exercé par la guerre du Vietnam. Ce conflit, première défaite militaire des Américains, sera souvent porté à l’écran (Apocalypse Now, Platoon, Outrages), et sur un ton bien éloigné des films de propagande militaire. Contrairement à ce qui se passait dans les années 50, la violence dans les films n’est plus allégorique mais montrée crûment. Sam Peckinpah (La horde sauvage en 1969) recourt à l’ultraviolence pour mieux la dénoncer. En 1977, Georges Lucas réalise La guerre des étoiles, aux effets spéciaux extrêmement réalistes. Cette capacité à recréer des mondes imaginaires devient l’une des spécialités d’Hollywood. Elle donnera naissance à quelques chefs-d’œuvre (Blade Runner, Alien) et à beaucoup de succès commerciaux ereintés par la critique (Men in Black, Independence Day, Jurassik Park).
La loi des séries et de l’argent roi
Il faut reconnaître qu’Hollywood brille de moins en moins par son audace et a tendance à reproduire à l’envi les succès d’un genre jusqu’à ce que le filon s’épuise, un peu à la manière des revivals architecturaux ou musicaux. C’est ainsi que nous avons eu droit récemment à la vague des Slasher, films d’épouvante dont le synopsis tient en une ligne : une bande d’adolescents pleurnichards se fait découper en morceaux par un tueur déchaîné (Souviens-toi l’été dernier, The Faculty, Scream I, II et III). Les adolescents de 12-16 ans constituent désormais la cible numéro un des producteurs. La motivation des studios est d’abord financière. Les films coûtent de plus en cher, notamment pour financer les cachets des stars (Jim Carrey ou Julia Roberts se font payer plusieurs millions de dollars par film). Le budget moyen d’un film tourne autour de 50 millions de dollars (400 millions de francs). Mais en cas de succès, les producteurs récupèrent leur mise. Titanic est le film qui a produit les plus grosses recettes de l’histoire du cinéma. Autre record toujours apprécié des banquiers, celui du film le plus rentable. La palme revient au Projet Blair Witch (coût inférieur à 100 000 francs, recettes supérieures à 200 millions de francs).
Le cinéma indépendant
Face à ce cinéma de pure distraction existe un courant indépendant porté par des cinéastes comme Woody Allen, Robert Altman ou les frères Coen. Conscients que parmi ces productions se cachent des succès (Sixième sens), les studios n’ont pas hésité à créer des filiales chargées de financer des films “adultes” (New Line chez Fox par exemple), voire à s’associer avec des structures existantes (rapprochement entre Miramax, le plus gros producteur indépendant et Disney). Le festival de Sundance, créé par Robert Redford, donne une bonne idée de la production indépendante américaine.
9 films emblématiques
Intolérance, David W. Griffith (1917).
La ruée vers l’or, Charlie Chaplin (1928).
Pinocchio, Walt Disney (1939).
Le faucon maltais, John Huston (1940).
La prisonnière du désert, John Ford (1957).
La mort aux trousses, Alfred Hitchcock (1959).
West Side Story, Robert Wise (1960).
La guerre des étoiles, George Lucas (1977).
Manhattan, Woody Allen (1979).
Arts plastiques
En bref
La photographie : deux artistes à retenir • Abstraction expressionniste et Pop Art.
La splendeur naturelle de la Californie n'a cessé d'attirer de nombreuses communautés d'artistes. Ansel Adams, l'un des photographes américains les plus connus, a réalisé de superbes clichés des paysages du Yosemite. Autre photographe célèbre, Dorothea Lange a pris d'innombrables portraits au cours des années 30. Sa photo, Migrant Mother, qui date de 1936, devint le symbole de la misère pendant la grande dépression : elle illustre parfaitement la dignité conservée à tout prix malgré le dénuement.
Au milieu du XXe siècle, des peintres californiens vont exercer une influence durable sur l'art visuel américain. Les toiles déchiquetées de la peinture abstraite expressionniste de Clyfford Still, un proche de Mark Rothko, sont présentes dans de nombreux musées californiens. Richard Diebenkorn est surtout connu pour ses paysages figuratifs de Santa Monica. Issu de la culture “Pop”, Wayne Thiebaud captiva San Francisco avec ses perspectives hyperboliques aux couleurs éclatantes. David Hockney attire l’attention pendant les années 70 et 80 grâce à ses peintures ultraréalistes et très colorées de personnes et de lieux californiens. On retiendra deux tableaux emblématiques : A Bigger Splash et Grand Canyon.
La création de grands musées comme le Paul Getty Museum ou le Museum of Contemporary Art ont fait de la Californie du Sud un centre majeur de l'art moderne.
Architecture
En bref
L’architecture espagnole des missions est remplacée par le style victorien • Gratte-ciel et bungalows• Art déco ou Crazy California, des styles qu’on ne retrouve que dans le Sud.
Le style Mission est directement inspiré des monastères mexicains. Une cour (patio) entourée de divers corps de bâtiments, dont une église. C’est l’adobe qui est essentiellement utilisé pour construire les bâtiments. Il s’agit d’une argile noire séchée, mélangée avec de la paille. Près de Sonoma, la mission San Francisco Solano constitue un bon exemple de ce style.
A partir de 1850, et après l’abandon progressif des bâtiments de style hispanique (haciendas mélangeant adobe et bois de séquoia), l’architecture californienne s’inspire surtout du style victorien en vogue sur la côte Est. Les rangées de maisons aux façades de bois de séquoia font leur apparition à San Francisco et dans d'autres villes de la Californie du Nord. L'un des exemples les plus spectaculaires de maison victorienne (style Queen Anne) est la Carson Mansion, à Eureka, coiffée de nombreuses tours et tourelles et présentant des frontons de formes variées.
Au tournant du XXe siècle, l’acier devient le matériau à la mode. Peu cher, produit en grande quantité, il assure aux bâtiments une structure solide, durable et facile à construire. Les gratte-ciel font leur apparition (Bradbury Building à Los Angeles). Pendant les années 10-20, les recherches (inspirées du mouvement artistique Arts and Crafts) portent sur une fusion entre la maison et la nature. Les architectes Charles et Henry Greene sont à l'origine du style bungalow californien, exporté dans le monde entier. La Gamble House, à Pasadena, construite pour un héritier de la famille Gamble (de la célèbre firme Procter & Gamble) en est l'un des fleurons.
Frank Lloyd Wright, l'un des architectes les plus novateurs du XXe siècle, conçoit plus de 25 bâtiments en Californie, dont la Barnsdale House à Hollywood et le Marin County Civic Center. L’une de ses réalisations les plus célèbres est la Hollyhock House, à Los Angeles.
Au début des années 20, le style Missionary revival, inspiré des édifices des colons mexicains, a beaucoup d’influence : il se caractérise par l’utilisation de l’adobe et de carreaux de faïence colorée. Les bâtiments administratifs de la ville de Santa Barbara ont été construits dans ce style.
L’Art déco trouve des adeptes sur la côte Ouest durant les années 20-30. C’est en Californie du Sud qu’il se développe rapidement car il correspond au mode de vie beaucoup plus urbain de la région de Los Angeles : présence de l’automobile, milieu du cinéma à la recherche de tendances toujours nouvelles et culte de l'apparence.
Plus récemment, les constructions de Frank Gehry, qui vit à Los Angeles, ont fait beaucoup parler d’elles. Il affectionne les surfaces angulaires couvertes de matériaux originaux comme le contre-plaqué brut ou les feuilles de métal. Mais il est aussi un ardent défenseur du California Crazy, le style dingue.
Un style, un monument
Mission : San Francisco Solano (1823), à Sonoma.
Hispanique : Casa Estudillo (1829), à San Diego.
Queen Anne : Carson Mansion (1885), à Eureka.
Bungalow : Gamble House (1908), Charles et Henry Greene, à Pasadena.
Art déco : Eastern Columbia Building (1930), Claude Beelman, à Los Angeles.
California Crazy : TBWA chiat/Day Advertising Agency (1991), Frank Gehry, à Santa Monica.
Nos livres préférés
La ruée vers l’or
L’Or, Blaise Cendrars (1925) : l’auteur imagine la vie et les aventures du fameux John Sutter, un immigrant d’origine suisse (comme Cendrars) qui, alors qu'il rêvait d’établir une nouvelle Helvétie, dut affronter les chercheurs d’or qui déferlèrent sur ses terres. Enrichi par son travail et ses efforts, Sutter est ruiné à cause de cet or dont il ne veut pas.
San Francisco en 1900
Martin Eden, Jack London (1900) : figure prolixe de la littérature californienne, Jack London, natif de la Bay Area, signe là son chef-d'œuvre. Il décrit les amours tragiques d'un jeune homme pauvre désireux de devenir écrivain et d'une aristocrate de San Francisco. Dans ce en partie autobiographique, London nous montre combien le succès soudain est difficile à maîtriser. A lire aussi La vallée de la lune qui décrit le quotidien des ouvriers à San Francisco et dans les vallées de Sonoma et de San Joaquin.
La vallée de Salinas
A l’est d’Eden, John Steinbeck (1952) : dans ce roman marquant, l’auteur recrée symboliquement l’histoire de Caïn et Abel au sein de la vallée de Salinas, là où il est né. Il brosse le portrait de la Californie entre la guerre de Sécession et la Première Guerre mondiale, Steinbeck dépeint des luttes fraternelles sur deux générations et distille sa propre définition du péché originel. Steinbeck eut le prix Nobel en 1962.
L. A. Ellroy
Le dahlia noir, James Ellroy (1987) : premier volet du Quatuor de Los Angeles, ce livre coup de poing décrit l’enquête de deux inspecteurs du LAPD (la police de Los Angeles) autour d’un cadavre de femme, retrouvé mutilé et coupé en deux. A travers une description sans concession du L.A. des années d’après-guerre et du milieu hollywoodien, Ellroy se réapproprie un fait divers qui avait défrayé la chronique en 1947. Il en fait l’exutoire de ses pensées les plus sombres : le roman, lui, sert à exorciser le meurtre de sa propre mère, retrouvée morte dans des conditions similaires.
Les années hippies
Acid test, Tom Wolfe (1967) : très documenté, ce roman typique du nouveau journalisme offre une plongée fascinante dans l'univers déjanté des Merry Pranksters. C’était une bande de joyeux lurons (pranksters) menée par Ken Kesey, auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou et fils de famille. Au début des années 60, cette communauté a fait le tour des Etats-Unis pour répandre la bonne parole du LSD, sous couvert d'un discours mystique. Ils ont fini par se poser dans la région de San Francisco.
Beat Generation
Dans les années 50, à San Francisco, dans le quartier de North Beach, Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William Burroughs deviennent rapidement les maîtres à penser de la Beat Generation. Ce terme désigne une communauté d’écrivains bohèmes, qui rejetèrent le conformisme bourgeois et la société de consommation alors naissante. Ils lisaient leurs poèmes ou leurs romans à la librairie City Light Bookstore tenue par le poète Lawrence Ferlinghetti. Sur la route de Kerouac demeure le livre clé pour saisir l’esprit beat. Il y décrit dans une prose très libre les errances de deux “clochards mystiques”, le narrateur et Neal Cassady, ami intime de l’auteur. Les poèmes Howl et Kaddish d’Allen Ginsberg sont empreints d’un mysticisme auquel la marijuana n’est pas étrangère. Quant aux romans fous de Burroughs, notamment Le festin nu, ils mettent en scène ses hallucinations visuelles et ses délires verbaux retranscrits sous l’emprise des drogues les plus diverses. Historiquement, les beatniks sont les ancêtres directs des hippies.
Films favoris
La Californie durant la dépression
Les raisins de la colère, John Ford (1940) : adaptation du roman éponyme de John Steinbeck, Ford signe un brûlot social et politique qui dénonce les abus de la société américaine durant la grande dépression. Le film décrit l’histoire de la famille Joad, paysans partis d’Oklahoma à cause de la sécheresse qui les a ruinés. Arrivés en Californie, ils se heurtent au mépris des habitants. Malgré toutes les avanies qu’ils subissent, ils conservent leur dignité. Henry Fonda campe un Tom Joad inoubliable.
Polar classique
Chinatown, Roman Polanski (1974) : Jack Gittes, détective privé à Los Angeles, est mis sur la piste d’un fonctionnaire des services municipaux des eaux, soi-disant indélicat avec sa femme. Il va s’apercevoir que l’eau censée irriguer des terrains fertiles, est en fait détournée. Cette reconstitution impeccable du L.A. de 1937 est un hommage non dissimulé aux films noirs des années 40, notamment Le faucon maltais : une intrigue compliquée, une femme fatale et un meurtre. Ce film se fonde sur des faits réels.
Le San Francisco des missions
Sueurs froides, Alfred Hitchcock (1958) : Sujet au vertige, John "Scottie" Ferguson a été limogé de son poste d'inspecteur de police à la suite d'une faute professionnelle grave. Il est chargé de surveiller la femme d’un ami qui la soupçonne de vouloir se suicider. Scottie suit donc la blonde Madeleine à travers la ville et la sauve de la noyade, près du Golden Gate Bridge. Il ne pourra toutefois l'empêcher de se jeter du haut du clocher d'une église. Rien n’y fait. Tombé amoureux de la morte, Scottie ne peut se défaire de son souvenir. Un jour, il rencontre Judy, une brune qui ressemble étonnamment à Madeleine. Fasciné, il va vouloir la transformer en sosie de celle qui n'est plus. Ce film atypique dans l’œuvre d’Hitchcock marque un des sommets de son art. Très jolies scènes d’extérieur, notamment celles de la mission espagnole.
Alcatraz sous toutes les coutures
The Rock, Michael Bay (1996) : des terroristes, dissidents du corps des marines, détiennent des otages sur l'île d'Alcatraz et menacent d’empoisonner la région de San Francisco avec un puissant gaz. Nicolas Cage est chargé de les en empêcher, aidé en cela par Sean Connery qui campe un Ecossais remercié par les services secrets britanniques 30 ans auparavant. Film d’action efficace, The Rock permet d’étudier Alcatraz en long, en large et en travers.
Cauchemar futuriste
Blade runner, Ridley Scott (1982) : 2019, Los Angeles, pollué, est plongé de façon permanente dans l’obscurité et sous la pluie. Deckard, un blade runner (détective-tueur) est chargé de retrouver et d’abattre 6 robots (les "répliquants") qui se sont rebellés. En effet, dotés de sentiments, ils se sont aperçus qu’ils étaient mortels. Adaptation définitive d’un roman-culte de Philip K. Dick, l’un des papes de la science-fiction américaine. Le dernier tiers du film a été tourné dans le Bradbury Building.
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