Guide Voyage Californie - KARAVEL
 

Californie

Repères

Histoire

En bref

D’abord peuplée par les Indiens, la Californie est conquise par les Espagnols • En 1850, elle devient un Etat américain • Un mythe qui se craquelle.

Premiers peuplements

Les premières tribus nomades viennent d’Asie via le détroit de Béring. La date précise de leur arrivée reste obscure. Elle se situe entre 50 000 et 10 000 ans av. JC. Le climat de la région offre à ces immigrants de quoi prospérer. Gibiers, plantes et poissons sont là en abondance. Au fil des millénaires, près de 500 tribus distinctes occupent le territoire, développant leur propre dialecte, leur propre organisation politique et des cultes religieux élaborés. Les plus importantes sont les Miwok dans la sierra Nevada, les Salinan installés sur la côte centrale et les Cahuilla dans la région de San Diego.

La conquête espagnole

Au XVIe siècle, la zone qui correspond à l’actuelle Californie abrite une population indienne estimée à 300 000 habitants. La découverte des Caraïbes par Christophe Colomb en 1492 amorce l’ère des conquistadors du Nouveau Monde. En deux ans à peine (1519-1521), une poignée de mercenaires menés par Hernán Cortès réussit à terrasser la civilisation des Aztèques. Les Espagnols baptisent alors la côte Pacifique California (actuelles Californie américaine et Basse-Californie mexicaine) en référence à un roman, Les aventures d’Esplandian (1510). Dans cet ouvrage, on découvre une île mythique où abonderaient or, pierres précieuses et amazones. En 1542, l’explorateur portugais Juan Rodriguez Cabrillo est chargé par la cour d’Espagne d’explorer le littoral californien. Son voyage dure sept mois : il découvre notamment la baie de San Diego. En 1578, le corsaire anglais Sir Francis Drake accoste juste au nord de la baie de San Francisco et baptisa la région Nova Albion (Nouvelle-Angleterre). Mais la couronne anglaise montre peu d'intérêt pour ces terres. Au cours du XVIIe siècle, l’Espagne s’efforce de structurer et de faire fructifier sa vaste colonie de la Nouvelle-Espagne, qui inclut l’ensemble de l’Amérique centrale, depuis la Basse-Californie jusqu’au Panama.

L’Espagne renforce sa présence

A partir de 1769, soucieux de s'opposer aux ambitions colonialistes de l’Angleterre en Amérique du Nord, le roi Charles III décide d’accélérer la présence espagnole en Californie. Jusqu’alors, une poignée de missions ont été bâties par les jésuites dans le but de convertir les Indiens et de créer des exploitations agricoles. Les missions ont servi de base à la construction de villages, les pueblos. A la tête de quelques centaines de moines, de soldats et de colons, le père franciscain Junípero Serra est chargé de mener à bien cette colonisation à peine masquée. Le voyage est extrêmement pénible. Près de la moitié des hommes périssent par manque de vivres, suite au naufrage de l'un des navires de ravitaillement. Ils finissent par atteindre les parages de San Diego en juillet 1769 et édifient la première des 21 missions franciscaines de Californie. Ces missions sont reliées entre elles par un “chemin royal” (el Camino Real) qui longe la côte de San Diego jusqu'au nord de la baie de San Francisco. Les nouveaux arrivants cohabitent sans heurt avec les populations locales, même si quelques conflits entre Indiens convertis et non convertis ne manquent pas d'éclater. Dans le système colonial mis en place par les Espagnols, les Indiens constituent la caste la plus basse. En haut de l'échelle se trouvent les Espagnols de souche, les créoles (Espagnols de la deuxième génération) et les métis. Malheureusement, les virus importés par les hommes blancs sont dévastateurs. Tuberculose, diphtérie, pneumonie, rougeole et syphilis déciment près de la moitié de la population d’origine. Au début du XIXe siècle, les Espagnols dominent la Californie. Seul un comptoir russe à Fort Ross en 1812, au nord de San Francisco, vient contester cette hégémonie. La présence russe, motivée par le trafic de fourrures, disparait toutefois quelques décennies plus tard.

Une immigration américaine massive

En 1821, le Mexique obtient son indépendance et hérite alors de la Californie. Les Mexicains développent une politique de colonisation active. Les missions sont dissoutes en 1833 et les terres agricoles sont cédées à de riches familles qui créent les rancheros, des fermes d’élevage courant sur des milliers d’hectares. Le commerce de peaux et de suif entraîne des échanges commerciaux soutenus avec les villes de l'Est comme New York et Boston. Parallèlement se développe une immigration de colons américains. Ceux-ci sont attirés par les récits enflammés de journalistes et de commerçants qui décrivent l’Ouest comme un eldorado où se conjuguent soleil éclatant et fêtes incessantes. A cette époque, la traversée du territoire américain est une aventure à risque. La première traversée de la sierra Nevada par un colon blanc, Jedediah Smith, est accomplie en 1827. Cependant, l’Oregon Trail, la principale piste de la conquête de l’Ouest, ne sera balisée qu’à partir de 1834. Dans les années 40, le flux de chariots qui transportent des colons américains s’intensifie. Alerté, le gouvernement mexicain décide d’interdire l’immigration américaine en 1845. Mais il est déjà trop tard.

Guerre du Mexique et ruée vers l’or

La même année, le congrès américain ratifie l'annexion du Texas, dont les habitants ont autoproclamé leur indépendance vis-à-vis du Mexique, et l'élargissement de ses frontières jusqu’à la côte Pacifique. Cette décision précipite la guerre du Mexique qui se déclenche en 1846. Pendant que l’armée américaine affronte les troupes mexicaines au Texas, des colons s’emparent d’une petite garnison mexicaine à Sonoma (nord-est de la baie de San Francisco) et plantent un drapeau représentant l’ours et l’étoile solitaire, emblèmes du drapeau californien. Cet épisode est désormais connu sous le nom de The Bear Flag Revolt. Les Mexicains finissent par capituler en 1847. En février 1848, suite au traité de Guadalupe Hidalgo, toutes les possessions mexicaines au nord du Rio Grande sont intégrées dans l’Union américaine. La même année, un contremaître nommé Marshall découvre des pépites d’or dans un cours d’eau rattaché à la scierie de John Sutter. C'est le point de départ de la ruée vers l’or. Une foule hétéroclite d’Américains, de Mexicains, d’Asiatiques, d’Anglais et de Français déferle dans la région dès 1849. On les appelle les Forty-Niners. En deux ans, la population d’immigrants est multipliée par six, soit 100 000 en 1850.

Le 31e Etat américain

Les besoins croissants en vivres et en matériel entraînent un boom économique sans précédent. De grandes familles bâtissent leur fortune sur le commerce, l'exploitation de mines ou la banque. San Francisco devient un port international. Les Californiens édictent une constitution et désignent John C. Fremont comme gouverneur. Le 9 septembre 1850, la Californie devient officiellement le 31e Etat américain. En 1869 s’achève la construction du chemin de fer transcontinental grâce à l'exploitation sans vergogne d'une main d'œuvre chinoise bon marché. La Central Pacific Railroad Company, partie de l’Ouest, et l’Union Pacific Railroad Company, partie de l’Est, posent leur dernier rail, fixé par un clou d'or, dans l’Utah. Le “cheval de fer” accélère encore plus l’immigration. En 1872, des Indiens Modoc qui refusent d'être chassés de leurs terres  - dans ce qui est aujourd’hui le Lava Beds National Monument - se soulèvent. Le mouvement est sévèrement réprimé. En 1900, il ne reste que 40 000 Amérindiens en Californie.

Un développement économique constant

Grâce au dynamisme de son économie, la Californie continue d’attirer des centaines de milliers d'immigrants. Les deux guerres mondiales entraînent un regain d'activité dans les villes proches des bases militaires. En 1950, la population franchit la barre des 10 millions d'habitants. Les vallées autour de Los Angeles se développent grâce à l’essor de l’agriculture et des industries de l'automobile et de l'aéronautique. Après l'or et l'argent, une nouvelle manne est extraite du sol : le pétrole. La transformation d’un art en industrie, et l’avènement du cinéma parlant en 1929, font de la cité des Anges la mecque des studios de cinéma. L’abrogation de la prohibition en 1933 entraîne un boom des cultures vinicoles. Dans les années 30, elle attire les familles paysannes des grandes plaines ruinées par la sécheresse. En 1939, la Californie est le premier état agricole du pays, notamment grâce à la production d'oranges. Au tournant de la Seconde Guerre mondiale, des grands travaux comme le creusement de canaux d’irrigation, pour acheminer l'eau des montagnes du nord vers les terres agricoles du sud (projet de la Vallée centrale, Hoover Dam), ou la construction d’autoroutes, financée par une taxe sur l'essence, permettent de maintenir la croissance à un seuil élevé.

L’âge d’or contesté

Disneyland est inauguré en 1955, au milieu des orangeraies du comté d'Annaheim. La Californie des années 60 marque l’apogée de l’American way of life. C'est l'époque des Beach Boys. Toutefois, ces années sont marquées par des mouvements contestataires sur les campus, notamment à Berkeley en 1964, et par des émeutes raciales (soulèvement de Watts à L.A. en 1965). Cette année-là, la Californie devient un contrepoids au pouvoir politique de la côte Est en devenant l'état le plus peuplé des Etats-Unis (20 millions d’habitants). Le vote californien demeure aujourd'hui encore décisif lors de chaque élection présidentielle, puisque l’Etat fournit 54 grands électeurs sur les 270 nécessaires pour être élu. Trois ans plus tard (1967) se déroule le Summer of Love à Haight Ashbury (quartier branché de San Francisco), qui lance la mode du psychédélisme et des Acid tests. De nombreux jeunes expriment leur rejet des institutions, guidés par Timothy Leary, professeur de Harvard qui fonde la Ligue pour la découverte spirituelle, et par les écrivains beatniks Jack Kerouac et Allen Ginsberg. Pourtant, cette vague de contestation n’empêche pas la Californie d'élire un gouverneur républicain comme Ronald Reagan en 1966.

Problèmes en tout genre

Dans les années 1970, des pénuries d’eau et de fuel, l’intolérable smog de Los Angeles, des pluies acides dans la Central Valley et des marées noires destructrices obligent les Californiens à modifier leur mode de vie. L'état doré découvre les effets pervers d'une croissance à tout va. Mais les problèmes les plus pressants sont désormais ethniques. Les Hispaniques représentent près du quart de la population. L’immigration clandestine soulève d'épineuses questions sur la liberté individuelle et les droits de l’Homme, et se trouve souvent au cœur des enjeux électoraux. De graves émeutes éclatent à Los Angeles en 1992, suite à l’acquittement des policiers blancs qui avaient passé à tabac l'automobiliste noir Rodney King. Les Californiens, dans leur ensemble, continuent de faire preuve d'insouciance et d'optimisme. La psychose du grand tremblement de terre, The Big One, ne se fait pas trop sentir malgré des avertissements récurrents. Les récentes secousses sismiques dans la région de San Francisco ont tout de même fait plusieurs victimes.

Au tournant du XXIe siècle, la Californie connait un réveil brutal : depuis janvier 2001, elle doit faire face à de nombreuses coupures de courant dues à la déréglementation de sa production d’électricité. Ce qui pourrait être la 6e nation économique du monde (grâce aux nouvelles technologies) en est réduit à vivre dans les conditions d’un pays du tiers-monde avec 2 à 3 heures de coupure par jour. Une réponse à son orgueilleuse et inexorable croissance ?

6 dates clés

1542  : Cabrillo découvre la baie de San Diego et la Haute-Californie.

1769  : édification de la première des 21 missions espagnoles.

1849  : ruée vers l’or.

1850  : le 9 septembre, la Californie devient le 31e Etat américain.

1967  : Summer of love hippie à San Francisco.

2001  : depuis janvier, des pannes d’électricité se produisent quotidiennement.

Politique

En bref

Les trois niveaux du système fédéral • Deux présidents récents sont californiens • Un état traditionnellement démocrate et qui pèse lourd au sein de l’Union.

Le système politique américain est organisé sur trois niveaux

Au niveau fédéral, le gouvernement décide de la politique de défense, des affaires étrangères, de la justice et des affaires sociales. Au niveau de l’Etat, le pouvoir exécutif appartient au gouverneur et le pouvoir législatif revient aux deux chambres réunies à la State House. Chaque Etat possède sa propre constitution et vote ses lois. Au niveau local, le maire dispose de pouvoirs très étendus. Il dirige la police, définit la politique d’urbanisme et la politique sociale.

Un tremplin politique

La Californie est depuis longtemps considérée comme une excellente plate-forme politique. L’ancien président Ronald Reagan a été gouverneur républicain de Californie entre 1966 et 1975, bien après avoir fait une brillante carrière d’acteur de cinéma. Richard Nixon, natif de Yorba Linda (Orange County) a été sénateur de la Californie (de 1950 à 1952) avant d’être le vice-président de Dwight Eisenhower, puis de devenir le candidat malheureux contre J.F.K. en 1960 et le double vainqueur des présidentielles de 1968 et 1972. Depuis 1998, c’est un gouverneur démocrate, Gray Davis, qui dirige l’état. Il est le premier gouverneur démocrate de Californie depuis la fin des années 70.

Représentation nationale

La Californie est représentée à l’échelon fédéral par 2 sénateurs (comme tous les autres états) élus pour six ans et par 52 membres de la Chambre des représentants, élus pour quatre ans. Elle a été le premier état à envoyer deux femmes (démocrates) au Sénat en 1993. Etat le plus peuplé de l’Union (32 millions d’habitants), la Californie possède ainsi le plus grand nombre de représentants à la Chambre mais surtout elle joue un rôle déterminant lors des présidentielles. Elle a droit à 54 grands électeurs. Donc remporter la Californie permet au candidat de gagner une confortable avance. Cela n’a cependant pas suffi à Gore pour battre Bush.

La Californie du Nord, ainsi que les grandes villes comme Los Angeles, sont traditionnellement démocrates. Les régions rurales et certaines régions riches du sud, comme San Diego ou le comté d’Orange, sont plutôt républicaines.

Médias

En bref

Trois grands titres de la presse californienne • Des stations de radio à foison • Une télévision inepte, mieux vaut aller au cinéma

Presse écrite

Le grand journal de la côte ouest est le Los Angeles Times. Le San Francisco Chronicle et le San Diego Union Tribune sont les deux autres journaux majeurs de Californie. Ils sont tous trois reconnus pour leurs qualités éditoriales et leur sérieux en matière d’information. Tous ces journaux proposent dans leur édition du dimanche un supplément spectacle qui vous sera très utile pour connaître le programme culturel de la ville où vous vous trouvez.

Chaque semaine, lisez Variety pour vous tenir au courant de l’industrie cinématographique américaine : les succès s’affichent en double page et en chiffres, les rumeurs vont bon train.

Radio

Vous aurez sûrement la radio dans votre voiture de location. Essayez les programmes de la National Public Radio (un peu l’équivalent de France Inter) dont la fréquence se situe au début de la bande FM. Sinon, en triturant le poste vous arriverez certainement à trouver une station musicale qui corresponde à vos goûts. Au sud de l’état, vous pourrez confondre les chaînes hispaniques et les chaînes mexicaines.

Télévision

N’attendez pas grand chose de la télévision américaine. Elle est souvent consternante. La chaîne PBS, Public Broadcasting System, est publique et propose quelques programmes intéressants. Dans les bons hôtels, vous pourrez avoir accès à la télévision par câble qui propose des chaînes thématiques. Notre choix se porte sur HBO et bravo.

Economie

En bref

La Californie est l’état le plus riche de l’Union • Son P.I.B la classerait au septième rang mondial si elle était un état-nation, juste devant la Chine ou le Brésil • Les origines de sa richesse sont multiples

Agriculture et high-tech

L’agriculture californienne est très prospère. C’est une agriculture intensive et intégrée connue sous le nom d’agribusiness. La vallée centrale est une des terres les plus fertiles au monde, fruit d'une politique d'irrigation très sophistiquée. Les agriculteurs utilisent ici les techniques les plus modernes et apportent un démenti aux premiers colons espagnols qui pensaient que rien ne pousserait jamais sur cette terre sablonneuse. Les productions agricoles sont variées : coton, pêches, amandes, oranges, olives, tomates, abricots, vignes. Au nord de San Francisco, deux petites vallées sont célèbres dans le monde entier pour la qualité des vins produits : la Napa et la Sonoma Valley.

L’industrie informatique se concentre dans la Silicon Valley, une bande de 45 km au nord de San Jose qui regroupe toutes les entreprises reines du secteur comme Sun Microsystems, Oracle, Netscape ou Cisco Systems. La vallée concentre 40 % des emplois high-tech du pays. C’est là aussi que se joue la révolution Internet. Considérée comme un laboratoire social et scientifique en avance sur son temps, la Silicon Valley offre aussi un miroir grossissant à tous les travers de l’époque. Avec les biotechnologies et l’industrie multimédia, l’informatique fait partie des secteurs de pointe en plein essor. Les meilleures universités de l’Etat, Berkeley University et Stanford University, sont très impliquées dans son développement.

Deux industries historiques

L’industrie aérospatiale s’est implantée en Californie au début du siècle. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, la construction de fusées et d’engins spatiaux s’ajouta à celle des avions. Le ministère de la Défense accorda jusqu’à 20 % de ses crédits militaires à la Californie. Cependant, la fin de la guerre froide et la crise économique sévère du début des années 90 ont obligé les entreprises à se reconvertir dans l’aéronautique civile.

L’industrie du spectacle est concentrée à Hollywood, dans la banlieue de Los Angeles. Là, de gigantesques conglomérats comme Warner Brothers ou Walt Disney fabriquent des films, des disques, des jeux vidéo ainsi qu’une kyrielle de produits dérivés de plus en plus sophistiqués. Aujourd’hui, plus de la moitié des films américains sont tournés en Californie, coûtant des dizaines de millions d’euros mais en rapportant des centaines.

Des pannes d’électricité en 2001

Toutefois, des contradictions existent dans cette Californie dont beaucoup rêvent encore. En janvier 2001, l’entreprise Pacific Gas Electric faisait faillite, victime de la privatisation du marché de l’électricité. Résultat : des milliers de foyers se retrouvèrent sans électricité, les faillites s'enchaînèrent en cascade et des usines durent interrompre leur production. Un paradoxe au sein de l’état qui se veut le plus moderne de l’Union. Autres problèmes qui ressurgissent régulièrement à la une des journaux, la pollution automobile et les embouteillages dans les grandes conurbations urbaines, principalement Los Angeles.

Economiquement, la Californie se tourne de plus en plus vers l’Asie. Les capitaux japonais affluent dans l’immobilier et le triangle financier Los Angeles, New York, Tokyo devient de plus en plus puissant.

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