Prague
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
Maître Théodoric • Maniérisme de la période de Rodolphe II • Art nouveau de Alfons Mucha.
Le XIVe siècle
La préférence de Charles IV va à la peinture murale. Ce style est appliqué à la décoration du château de Karlstejn. C’est là que se trouvent également les œuvres de Maître Théodoric, grand représentant de la peinture sur bois.
Le XVIe siècle, la période de Rodolphe II
L’empereur a une grande passion pour les arts et les sciences. Prague accueille les peintres Hans von Aachen, Giuseppe Arcimboldo, Bertholomäus Spranger et les sculpteurs Adrian de Vries et Alessandra Abondio.
Le XVIIe siècle
Le baroque, dont les signes annonciateurs se trouvent déjà dans le maniérisme de l'époque de Rodolphe II, s’affirme dans l’œuvre des peintres Petr Brandl, Jan Kupecky, Vaclav Reiner, Pavel Stransky et Karel Skreta.
L’émotion est perceptible dans les œuvres des sculpteurs Ferdinand Brokoff (qui prend part à l’aménagement statuaire du Pont Charles) et Matyas Braun, auteur d'allégories sculptées pour la demeure seigneuriale de F. Spork.
La fin du XIXe siècle, l’Art nouveau
Le nouveau style s’applique aux objets d’usage quotidien. Là aussi, les artistes tchèques s’imposent. Alfons Mucha, par exemple, qui influence l’Art nouveau à l’échelle européenne. Mondialement connu pour ses affiches, réalisées durant son séjour à Paris et qui illustrent les pièces de Sarah Bernhardt, Mucha est un homme aux multiples talents : peintre, sculpteur et dessinateur.
Le XXe siècle
En 1915 est inauguré, sur la place de la Vieille Ville de Prague, un monument en l’honneur de Jan Hus. Cette sculpture de L. Saloun constitue un véritable hommage à toute la tradition protestante tchèque.
Durant cette même période, il faut retenir également la fondation de l’association des arts graphiques Hollar et, en 1918, l’exposition du groupe des Obstinés qui réunit des peintres tels J. Capek, V. Hofman, J. Zrzavy.
La naissance de la Tchécoslovaquie indépendante marque un tournant fondamental dans le développement de la culture tchèque. Les arts se trouvent alors sous l’influence de courants modernistes venus de France principalement. Les arts plastiques sont surtout marqués par le cubisme (O. Guttfreund), le surréalisme (J. Styrsky Toyen) et l’art abstrait (F. Kupka).
6 tableaux emblématiques
Princesse Hyacinthe, Alfons Mucha, 1911 (musée Mucha).
Maître Jan Hus devant le concile de Constance, Vaclav Brozik, 1883 (Galerie Nationale d'Art Moderne de Prague, Veletrzni palac).
Josefina, Josef Manes, 1855 (Galerie Nationale, Veletrzni palac).
Amorpha, Frantisek Kupka, 1909 (Galerie Nationale, Veletrzni palac).
L'allégorie du printemps, Jan Zrzavy, 1927 (Galerie Nationale, Veletrzni palac).
Oldrich a Bozena, Frantisek Zenisek, 1884 (Galerie Nationale, Veletrzni palac).
Musique
En bref
Musique sacrée • Expansion de la musique tchèque aux XVIIIe et XXe siècles • De la musique classique à la musique pop.
Les origines
Les traces les plus anciennes de la vie musicale tchèque remontent au XIe siècle. La Réforme hussite à la fin du XIVe siècle et au début du XVe siècle accorde une place majeure au chant spirituel.
Le XVIIe et le XVIIIe siècles sont les périodes phares de la musique tchèque. Son évolution est étroitement liée à la musique sacrée (oeuvre de P. Vejvanovsky en particulier). Un des sommets de la musique baroque est l’œuvre de J. Zelenka, auteur d'un mélodrame exécuté lors de la cérémonie du couronnement de Charles VI.
En 1730, le premier opéra original en langue tchèque est composé par F. Mica : Sur les origines de la ville de Jaromerice.
Mozart
Prague devient l’endroit préféré de W.A. Mozart. En 1787, au théâtre Nostitz, est donnée la première représentation de l’opéra Don Giovanni. On se souvient aussi des paroles devenues légendaires de Mozart : “Mes Praguois me comprennent”.
Le XIXe et le XXe siècle
La musique est pour les Tchèques un moyen traditionnel de communication avec les autres cultures. A. Dvorak (1841-1904) gagne une grande estime dans les pays anglo-saxons. Dans la dernière décennie du XIXe siècle, il est nommé directeur du Conservatoire National de New York. En cette même ville, à l’opéra Métropolitain, la cantatrice tchèque E. Destinova (1878-1930) se produit souvent aux côtés d’Enrico Caruso. Durant de longues années elle chante aussi au Covent Garden de Londres.
B. Smetana (1824-1884) est l’exemple caractéristique de l’artiste qui consacre toute son œuvre à la nation. Le cycle Ma patrie est une célébration exceptionnelle de la Bohême. Ses opéras, parmi lesquels Libuse, sont joués lors des grandes fêtes nationales tchèques.
La liste des grands compositeurs tchèques reconnus sur le plan mondial serait incomplète sans L. Janacek (1854-1928), établi à Brno, dont l’œuvre culmine après la première guerre mondiale.
Jazz
Prague est sans doute la ville européenne qui propose le plus grand choix de clubs de jazz, tous styles confondus. Dans les années 30, les musiciens tchèques sont à la pointe du jazz européen. Cet essor s'achève avec l'arrivée au pouvoir des communistes. La radio de Prague dispose dans les années 50 d'un orchestre de jazz permanent dirigé par Karel Krautgartner. Le premier club de jazz professionnel, le Reduta, est ouvert à Prague dès les années 60. C'est là que Bill Clinton a pu jouer du saxophone.
Rock/Pop
La scène rock tchèque s'épanouit après la période de l'underground des années communistes. Les groupes les plus populaires sont Buty, Lucie, Alice, Zluty pes. La Pop tchèque des années 90 est représentée par la chanteuse Lucie Bila, qui se tourne ensuite vers l'opéra musical rock.
Architecture
En bref
Prague, réserve architecturale urbaine • Le gothique de Charles IV • Re-catholisation dans le style baroque • Art nouveau décoratif.
La capitale de la République tchèque est la plus riche réserve architecturale urbaine. Depuis 1992, le noyau historique de la ville, qui s’étend sur une surface de 866 hectares, est inscrit sur la Liste du patrimoine mondial par l’UNESCO. Prague est une des neuf cités auxquelles l’Union européenne a accordé le titre de Ville européenne de la Culture pour l’an 2000.
Le Who's who des architectes tchèques
Petr Parler (fin XIVe-début XVe), architecte d'origine allemande, représentant du style gothique. Il érige la partie orientale de la cathédrale Saint-Guy (dans le château de Prague) après la mort de l'architecte français Mathieu d'Arras. Parmi les autres édifices remarquables lui revenant, on peut citer l'église Notre Dame de Tyn, le couvent Sainte-Agnès-la-Bienheureuse, et les tours du pont Charles.
Kilian Ignaz Dientzenhofer (1689-1751), architecte d'origine bavaroise, il achève la construction de l'église Saint-Nicolas à Mala Strana. Il porte le style baroque à son sommet et imprime son style à l'église Saint-Nicolas de la vieille ville, à l'Eglise Saint Jean Népomucène, à la façade de Notre-Dame de Lorette, etc.
Josef Gocar (1880-1945), architecte représentatif du cubisme tchèque, il a construit la Maison à la Vierge noire et l'église Saint-Venceslas, dans le quartier Vrsovice, dont un portail massif domine l'entrée. Son œuvre est présentée dans le Musée du cubisme tchèque.
Le style architectural roman (du IXe au milieu du XIIIe siècle)
A la fin du Xe siècle, en raison des incendies fréquents et des crues régulières de la rivière Vltava, l’emploi de la pierre s’est vite généralisé. Le style roman est introduit en Bohême au XIe siècle, sous la dynastie des Premyslides. La rotonde Sainte-Croix et la basilique Saint-Georges en sont des illustrations.
Le style gothique (du XIIIe siècle au XVe siècle)
Le roi de Bohême et empereur Charles IV élève son royaume au rang de centre culturel et politique de l’Europe. Il fonde l’archevêché et l’université. Il apporte également son fervent soutien à d’extraordinaires activités de construction durant la période du gothique flamboyant. Il étend la superficie de Prague, l’entoure de murailles et, aux endroits choisis par les astrologues, ordonne la construction de bâtiments imposants. Il fait relier les deux berges de la Vltava par un pont en pierre d’un demi-kilomètre de long : le pont Charles.
Le style renaissance (XVIe-XVIIe siècles)
Ferdinand Ier de Habsbourg fait construire Le Belvédère pour la reine Anne. Celui-ci reste le modèle inégalé du style renaissance, jusqu’à l’époque de Rodolphe II. Ce dernier entreprend de transformer la résidence impériale dans le même style. Aux constructions conçues par l’empereur s’ajoutent celles de la noblesse (Palais Rozmberk, Palais Lobkowitz) et de la bourgeoisie (maisons bourgeoises).
Le style baroque (du XVIIe au XIXe siècle)
Le style gothique, dominant à Prague, est parsemé d’ensembles baroques édifiés au XVIIe siècle. Ceux-ci ont été construits sous l’influence politique des Habsbourg, soutenus à la fois par les familles nobles devenues riches grâce à la Guerre de Trente Ans, et par le clergé catholique (les jésuites en particulier). Les projets de somptueuses résidences, de palais, de jardins et de bâtiments religieux et couvents sont réalisés par des architectes et sculpteurs de grande renommée (Santini, la famille des Dientzenhofer, Brokoff, Braun, etc.). Au XVIIIe siècle, le baroque tente d'imiter les fantaisies de la nature : c’est le style rococo, ou rocaille.
Le style classique
Le classicisme opère un retour après les extravagances du baroque.Les activités réformistes de l’empereur Joseph II mènent à la destruction d'un grand nombre de monuments anciens, surtout religieux, mais ouvrent aussi l’espace pour la reconstruction ou l’édification de bâtiments d’intérêt général (écoles, hôpitaux, casernes, théâtres, etc.).
Le style néo-renaissance
Le sentiment national trouve son expression, à la fin du XIXe siècle, dans la construction de grands édifices publics. L'architecture néo-renaissance de ces monuments synthétise divers styles. L'ensemble forme un genre éclectique vraiment original, que l'on retrouve par exemple dans les bâtiments de la rue Pariska. Les deux principaux symboles de cette période sont le Musée national et le Théâtre national. Les plus grands artistes tchèques participent à la décoration de ces édifices. En faisant constamment référence à des personnages ou événements marquants de l'histoire tchèque, ils participent à renforcer le sentiment d’identité nationale.
L’Art nouveau (1894-1910)
Ce style cherche à exprimer un nouvel art de vivre son époque, en renouvelant le langage décoratif. Rejetant tout héritage historique et académique, il adopte des lignes organiques, inspirées de la nature. Style ornemental et décoratif, on le trouve à l'intérieur et sur les façades des nouveaux édifices prestigieux de Prague (les façades de la Maison Municipale, de l’hôtel Europa, etc.).
Le Cubisme (XXe siècle)
Cas rare en Europe, le Cubisme est très présent dans la capitale tchèque. Ce style se caractérise par un éclatement de la forme, par une décomposition de la façade en multiples facettes inclinées.
Un style, un monument
Roman : la basilique Saint-Georges (Basilika Sv Jiri) du Château de Prague, érigée vers 920 par le prince Vratislav Ier.
Gothique : le pont Charles (Karluv most), commande de Charles IV, et dont la construction débute en 1357 sous la direction de Maître Otto. Il sera terminé en 1402 par Petr Parler.
Baroque : l'église Saint-Nicolas (Kostel Sv Mikulase), sur la place Malostranské du quartier Mala Strana, dont la construction est confiée à Kristof Dientzenhofer, et poursuivie par son fils Kilian. Elle sera finalement achevée par Anselmo Lurago en 1755.
Art nouveau : la Maison Municipale (Obecni dum), sur la place de la République. Le bâtiment est construit dans les années 1905-1911 par les architectes A. Balsanek et O. Polivka. La riche décoration intérieure et extérieure dans le style Art Nouveau est l'œuvre de A. Mucha, M. Svabinsky et J.V. Myslbek.
Cubisme : la Maison à la Vierge Noire (Dum u cerne madony), dans la rue Celetna de la Vieille Ville. Le bâtiment est conçu en 1912 par l'architecte J. Goncar (1880-1945).
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