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Prague

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L'ge d'or du XIVe siècle ?¢ Naissance de la Tchécoslovaquie, ballottée par le XXe siècle ?¢ Une République de nouveau libre

Au Ve siècle av. JC, l'historien grec Hérodote mentionne le pays des Celtes. La tribu celte (les Boïens) donne son nom à  la Bohême : en latin Boiohaemum. Au IVe siècle se constitue le royaume de Grande-Moravie qui est christianisé par les missionnaires Cyril et Méthode (inventeurs de l'alphabet cyrillique). Des tribus slaves, les Tchèques, s'installent dans la région de Prague. Le Chteau de Prague est bti autour de 870. Les rois tchèques en font leur résidence. En 929, Venceslas, grand propagateur du catholicisme, devient saint patron de la Bohême après avoir été assassiné par son frère Boleslav.

L'ge d'or sous le règne de Charles IV

Après deux siècles de domination allemande, le royaume de Bohême réussit à  devenir un état indépendant du Saint-Empire romain germanique. Au XIIIe siècle, Charles IV succède sur le trône de Bohême à  son père Jean de Luxembourg, tué lors de la bataille de Crécy. Il va compter parmi les grands souverains de Bohême. C'est à  cette époque qu'il est élu empereur du Saint-Empire romain germanique. La Bohême devient de facto le centre du Saint-Empire. Cela se répercute sur Prague qui se transforme en lieu de résidence impériale. Le quartier de la Nouvelle Ville de Prague est fondé. Dans le quartier rénové du Chteau, la cathédrale Saint-Guy est mise en chantier. Sur la rivière Vltava un pont de pierre est construit (le pont Charles). Plusieurs maîtres d'oeuvre affinent le visage gothique de Prague. En premier lieu Petr Parlér de Gmünd, lui-même disciple d'un autre grand constructeur, Matthieu d'Arras. A proximité de Prague est érigé un autre symbole du règne de Charles IV, le chteau fort de Karlstejn. Lieu de recueillement de l'empereur, c'est aussi la place forte destinée à  la garde des joyaux de la couronne. En 1348, Charles IV fonde la première université de l'Empire, l'Université Charles. Prague devient la troisième ville d'Occident et le royaume de Bohême est au faîte de sa puissance.

Le mouvement hussite

Le prédicateur tchèque Jan Hus s'élève contre les abus de l'Eglise et la domination allemande. Bien avant Luther et Calvin un mouvement se dessine en Bohême contre la richesse et la corruption de l'Eglise. Le mouvement hussite n'est pas seulement religieux mais aussi politique et social. Jan Hus est invité à  exposer ses théories au Concile de Constance. Parce qu'il refuse de se rétracter, il est emprisonné puis condamné pour schisme : il finit brûlé vif en 1415. Son exécution provoque une grande révolution nationale, symbole depuis lors de l'indépendance des Tchèques vis-à -vis de tous les pouvoirs.

La révolution hussite

Les partisans de Hus se radicalisent, aiguillonnés parfois par les actes de violence commis par les catholiques à  leur encontre. En été 1419, suite à  une provocation, la foule investit l'hôtel de ville de Prague et jette les échevins catholiques de la Nouvelle Ville par les fenêtres. C'est la première défenestration de Prague et le début de la révolution hussite.

Le programme commun de tous les hussites est formulé : il s'agit des Quatre articles de Prague, texte exigeant en particulier la liberté de sermon et la communion sous les deux espèces (non seulement du corps, mais aussi du sang du Christ). C'est ainsi que le calice devient le symbole des hussites-utraquistes. Une hystérie anti-hussite s'empare alors de l'Europe. L'Eglise Catholique organise cinq croisades contre les Tchèques (entre 1420 et 1431), sans succès. La révolution s'achève par un compromis de paix avec les catholiques. La religion hussite est reconnue en 1436 par le Concile de Ble, et par le roi, comme une partie autonome de l'Eglise Catholique. A partir de ce moment, la population tchèque se divise en deux grands groupes, les catholiques et les protestants. Dans le reste de l'Europe, cette division confessionnelle ne se produira qu'un siècle plus tard.

La bataille de la Montagne Blanche

En 1526, les Habsbourg s'emparent du trône de Bohême. Ils le conserveront pendant trois siècles. En 1618, le conflit entre les Tchèques et les Habsbourg éclate à  l'issue de la deuxième défenestration de Prague (des représentants de l'empereur sont jetés par une fenêtre du Chteau de Prague et la Bohême protestante se soulève). C'est le début de la Guerre de Trente Ans, qui s'étend à  toute l'Europe.

Le 8 novembre 1620, à  la Montagne Blanche, près de Prague, se déroule la bataille décisive entre l'armée impériale des Habsbourg et celle de l'Etat de Bohême. Cette dernière, mal disciplinée et peu motivée, est écrasée. Tous les chefs tchèques sont exécutés sur la place de la Vieille Ville de Prague, le 21 juin 1621. Avec cette défaite, les Tchèques perdent non seulement leur élite mais leur autonomie. Ils devront désormais attendre trois siècles pour retrouver leur indépendance.

Le règne des Habsbourg

Les Habsbourg imposent par la force le catholicisme. L'enseignement universitaire subit une transformation radicale. A partir de 1622, l'Université Charles est dominée par les jésuites. Cela marque la fin de la compétition entre l'Université utraquiste et le Collège jésuite de Clementinum. Par décret du roi Ferdinand III (1654), les deux établissements sont réunis au sein de l'Université Charles, divisée en quatre facultés.

Les Habsbourg renforcent la germanisation du pays. Pourtant Joseph II (1718-1790), monarque éclairé, introduit quelques réformes. Il promulgue la tolérance religieuse, abolit la corvée et la censure, instaure le code civil, perfectionne le code pénal et initie bon nombre d'autres réformes.

Les guerres napoléoniennes affaiblissent l'Autriche-Hongrie et redonnent de la vigueur aux aspirations tchèques. C'est d'abord, dans la première moitié du XIXe siècle, la bataille pour la langue tchèque. Puis le soulèvement de 1848 qui accélère la prise de conscience du peuple tchèque. Le sentiment nationaliste ne sera qu'amplifié par l'attitude conservatrice de l'empereur François-Joseph qui accorde à  la Hongrie ce qu'il refuse aux Tchèques : le contrôle de leurs affaires intérieures. La première guerre mondiale favorise la revendication d'une indépendance pure et simple.

La proclamation de la Tchécoslovaquie

La République tchécoslovaque indépendante est proclamée le 28 octobre 1918. T. G. Masaryk devient son premier président. Edvard Benes lui succèdera en 1935. A partir de 1918, la Tchécoslovaquie connaît vingt ans de démocratie authentique. Les trois-quarts du potentiel industriel de l'ex-Autriche-Hongrie appartiennent à  la Tchécoslovaquie. Le pays connaît ainsi une certaine prospérité. Malheureusement, les accords de Munich signés en septembre 1938 par la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et l'Allemagne mettent fin à  l'unité et à  la stabilité du pays.

Les Sudètes

Après les accords de Munich, l'armée allemande occupe rapidement la région frontalière de la Tchécoslovaquie, les Sudètes, peuplée majoritairement par une population d'origine allemande. Avant la mi-octobre, la Tchécoslovaquie perd 30 000 km2 de son territoire et plus de 3 millions d'habitants. Elle se voit en outre privée de ses fortifications frontalières et de ses plus importantes entreprises.

La Tchécoslovaquie se décompose aussi de l'intérieur. Le statut d'autonomie est accordé à  la Slovaquie et à  la Ruthénie subcarpatique. Le président Benes, après sa démission, est remplacé par Emil Hacha. A la mi-mars 1939, les Slovaques déclarent l'indépendance de leur Etat et le président Hacha se soumet à  la pression nazie.

La seconde guerre mondiale et la libération

Le 15 mars 1939, l'Allemagne occupe le territoire tchèque transformé par Hitler en Protectorat de Bohême-Moravie. L'occupation allemande dure six ans.

Beaucoup de Tchèques et de Slovaques entrent dans la résistance. En avril 1945, toutes les forces de la Résistance établissent le programme de Kosice, qui prépare la reconstruction politique et le futur gouvernement de la République. Le 9 mai 1945, Prague est libérée par les Soviétiques. Quant à  l'armée américaine, elle libère l'ouest du pays jusqu'à  Plzen.

A la différence des autres pays de l'Europe centrale et orientale, la Tchécoslovaquie reste attachée à  la pluralité des partis politiques, jusqu'à  ce que les communistes, profitant d'une crise au sein de la coalition gouvernementale, s'emparent du pouvoir en février 1948, grce au soutien de leurs milices armées.

Le régime communiste

Conséquence du Coup d'Etat de février 1948, la Tchécoslovaquie se retrouve du côté est du "rideau de fer" et se convertit en fidèle satellite de l'URSS.

Le président Benes, qui avait repris ses fonctions, démissionne en juin 1948 et K. Gottwald devient président à  son tour. Un régime stalinien se met rapidement en place. Son successeur, A. Novotny, incompétent, règne plus de dix ans.

L'écrasement du Printemps de Prague

Le 5 janvier 1968 il est remplacé par le slovaque Alexander Dubcek. C'est le commencement du Printemps de Prague.

La majorité de la population est vite acquise à  la réforme de la société qu'il entreprend. Les principes de la démocratie pluraliste commencent à  se rétablir en Tchécoslovaquie.

Dans la nuit du 20 au 21 août 1968, environ 600 000 soldats de cinq pays du Pacte de Varsovie occupent la Tchécoslovaquie, pour "étouffer la contre-révolution de droite".

A. Dubcek et d'autres représentants de l'Etat et du parti communiste sont arrêtés et envoyés en URSS. Après un entretien avec Brejnev, le 26 août 1968, ils ratifient le Protocole de Moscou sur le "stationnement temporaire" des troupes de l'URSS sur le territoire de la Tchécoslovaquie. Le protocole engage les signataires tchécoslovaques à  suspendre le "Printemps de Prague". Un contrôle sévère de tous les médias est mis en place.

En avril 1968, A. Dubcek est remplacé par G. Husak à  la tête des communistes tchèques. La gestion centrale planifiée de l'économie est remise en place. Les atteintes à  la liberté de la population recommencent. Après la grève des étudiants des écoles supérieures survient l'action désespérée de Jan Palach qui s'immole par le feu en janvier 1969.

Les années passent. Au milieu des années 1980, le début de la Perestroïka apporte des changements fondamentaux en Union Soviétique.

La Révolution de velours

La répression s'intensifie, la crise du régime s'approfondit. L'intervention brutale de la police contre la manifestation des étudiants du 17 novembre 1989 provoque une opposition massive et manifeste de la population, la Révolution de velours. Le parti communiste est contraint d'entamer des pourparlers avec le Forum Civique, dont Vaclav Havel est le dirigeant. Ce-dernier prend le pouvoir peu après.

Vaclav Havel est élu président de la République le 30 décembre 1989. Les élections législatives du 8 juin 1990 consacrent le triomphe du Forum Civique. En juillet de la même année, Havel est reconduit dans ses fonctions pour deux ans.

La partition de la Fédération tchécoslovaque

En mars 1991, le leader nationaliste slovaque Vladimir Meciar propose un référendum sur l'indépendance de la Slovaquie. Les deux républiques autonomes de la Fédération tchécoslovaque (depuis 1968) s'entendent pour régler le sort de la Fédération.

Le 1er janvier 1993 marque la naissance officielle des deux républiques. Vaclav Havel est élu premier président de la République Tchèque indépendante.

6 dates clés 

870  : construction du Chteau de Prague, siège des rois de Bohême.

1346-1378  : règne de Charles IV, l'âge d'or.

1618-1620  : deuxième défenestration de Prague et bataille de la Montagne Blanche, signal de la Guerre de Trente Ans.

1918  : proclamation d'indépendance de la Tchécoslovaquie. Prague devient la capitale de la République.

1989  : la "révolution de velours", Vaclav Havel élu président de la République.

1993  : partition de la Fédération tchécoslovaque, Vaclav Havel élu premier président de la République Tchèque indépendante.

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