Thaïlande
Environnement
D'une superficie proche de celle de la France – 513 115 km2 – la Thaïlande est un pays tout en longueur : 1770 km du nord au sud. Ceci en fait un carrefour indochinois, entre Cambodge, Laos, Birmanie et Malaisie. Sa péninsule sud lui offre en outre deux façades maritimes : à l’ouest sur la mer d’Andaman, à l’est sur le golfe de Siam. Depuis longtemps, cette position fait de la Thaïlande une plaque tournante des échanges en Asie du Sud-Est. Au commerce s’ajoute une vocation agricole, la faible altitude des reliefs étant propice à la riziculture.
La plaine du Centre
En unissant trois rivières, le fleuve Chao Phraya dessine un vaste bassin alluvionnaire sur le golfe de Siam. Fertile, c’est un véritable grenier à riz pour l’Asie du Sud-Est. Souvent monotones, les paysages sont donc dominés par les rizières. Sauf vers la mer, où le Chao Phraya forme un large delta. Le dédale des canaux, naturels ou artificiels, y verdoie de vergers.
Cette fertilité a fait naître de grandes civilisations, dont Sukhothai et Ayuthaya. Aujourd’hui, le Centre reste la région la plus peuplée. Avec une agglomération de 8,2 millions d’habitants, Bangkok concentre à elle seule 10 % d’une population nationale de 60,1 millions d’âmes. Monstre urbain au cœur d’un delta industrialisé, la capitale a toujours avalé les populations rurales et les ressources du pays. Prolongement de la plaine, la côte Est, est ponctuée de belles îles boisées telles que Ko Samet et Ko Chang.
Le plateau du Nord-Est
Appelé en thaï Issaan, il couvre 1/3 du royaume. Il est délimité au nord et à l'est par le Mékong (frontière du Laos), au sud et à l’ouest par deux chaînes de collines : les Dang Rêk, où se nichent l’épaisse jungle du parc national de Khao Yai, et les Dong Phraya, qui font de la province de Loei l’une des plus belles du pays.
Sur le plateau, strié d’affluents du Mékong, les rizières sont omniprésentes. Peu fertiles, elles ne permettent guère aux paysans de sortir de la pauvreté. Beaucoup ont migré vers Bangkok. D’autres ont dû étendre leurs exploitations sur des réserves naturelles au préalable défrichées par les compagnies forestières. Un scénario classique en Thaïlande, qui a transformé en peau de chagrin les forêts l’Issaan.
Les montagnes du Nord
Centrée sur la ville de Chiang Mai, cette magnifique région est soulevée par deux chaînes de montagnes. La plus haute, celle de Daen Lao, borde la frontière birmane jusque dans le Centre (reliefs sauvages de Kanchanaburi). Elle culmine au Doi Inthanon (2595 m), sommet du pays.
Traditionnellement, les Thaïs pratiquent une agriculture diversifiée dans les vallées. Mais, par manque de terres, ils tendent à empiéter sur les forêts d’altitude, concurrençant les nombreuses minorités montagnardes qui y vivent de culture sur brûlis. La jungle a également souffert de l’abattage de bois précieux comme le tek. Bien qu’interdite en 1989, l’exploitation forestière perdure surtout dans cette région.
Les rivages du Sud
Extrémité nord de la péninsule malaise, cette région est coupée en longueur par de spectaculaires reliefs calcaires. Le climat quasi équatorial y fait proliférer une jungle protégée par quelques beaux parcs nationaux.
A l’ouest de cette chaîne, sur une fine bande côtière, les majestueuses plantations d’hévéas et de palmiers à huile repoussent la forêt. Le rivage, à Phang-Nga ou Krabi, est semé de magnifiques pitons karstiques.
A l’est, côté golfe de Siam, la large plaine littorale permet des cultures plus variées. Sur sa côte sablonneuse, les mangroves reculent devant les fermes de crevettes.
Enfin, des deux côtés de la péninsule, une multitude d’îles (Ko Phi Phi, archipel de Samui…) offrent des plages ourlées de cocoteraies. Et des fonds sous-marins riches en poissons et coraux.
Les Thaïs… et les autres
Les "Thaïs", ethnie fondatrice de la Thaïlande, ne forment que les 3/4 de sa population. Il y a donc d’autres "Thaïlandais". En premier lieu 8 millions de Sino-thaïs, Chinois assez intégrés qui composent 13 % de la population. Vivant essentiellement en ville (75 % des urbains !), particulièrement à Bangkok, ils sont omniprésents dans les affaires et l’intelligentsia.
Musulmans, les Malais (3 % de la population) sont concentrés dans les provinces de l’extrême Sud. On compte en outre 700 000 Khmers près des frontières du Cambodge ainsi que des Môns de vieille souche birmane dans le delta du Chao Phraya.
Enfin, de nombreuses minorités (600 000 personnes) peuplent les montagnes du nord et de l’ouest. Les plus nombreux, les Karen vivent en moyenne altitude, à cheval sur la frontière birmane. Plus haut, on rencontre des petits groupes venus du Tibet ou de Chine depuis la fin du XIXe siècle. Reconnaissables à leurs costumes chamarrés, ces Hmong, Yao, Lahu, Lisu, Akha y avaient pris l’habitude de cultiver le pavot. La plupart se sont depuis tournés vers des cultures de substitution.
