Thaïlande
Thaïlande. Infailliblement, ce mot évoque de belles images d’Extrême-Orient : bouddhas d’or et moines safran ; plages éclatantes et rizières d’émeraude ; marchés multicolores et ruelles clignotantes… Des clichés exotiques qui, sans être faux, passent à côté de l’essentiel.
L’essentiel, c’est déjà que le Siam, rebaptisé Thaïlande en 1939, est une civilisation à part entière, brillant creuset d’influences chinoises, indiennes et khmères. En témoignent ses innombrables temples anciens, notamment dans les capitales royales de Sukhothai et d’Ayuthaya. En témoigne la monarchie bouddhiste actuelle, héritière de cette histoire. En témoignent enfin les Thaïlandais eux-mêmes, qui, dans le secret de leurs croyances, continuent à vivre cette culture. A l’exception certes des minorités montagnardes, exclues du creuset thaï. Mais dont la découverte est aussi un des attraits du voyage…
L’essentiel, c’est encore que la Thaïlande ne fut jamais colonisée. Les Thaïs n’ont donc aucune prévention contre le farang, l’Occidental : ils l’accueillent avec ce sourire éternel qui est aussi leur meilleure arme. Aucune prévention, non plus, contre la modernité venue de l’Ouest, dont du coup on adopte tous les excès : folie immobilière qui a fait de Bangkok une fascinante mégapole en 3D, consumérisme féroce et jubilatoire qui voit les rues s’engorger de grosses voitures allemandes et les bars s’emplir de jeunes branchés. La crise économique de 1997, conséquence de cette fièvre, n’y a mis qu’un frein temporaire.
L’essentiel c’est en définitive le contraste. Entre les harmonieuses valeurs du Siam et un modernisme sans garde-fou. Entre les jungles encore inextricables des parcs nationaux et la jungle “no-futuriste” de Bangkok. Entre les plages bétonnées de Phuket et les sublimes rives sauvages de Phang-Nga. Ce grand écart, les Thaïs apprennent à le faire. Avec leur sens tellement enviable de la tolérance, du sabaï (bien-être) et du sanouk (amusement). A votre tour, il faudra vous y essayer : là est toute la magie du Siam.
