Mexique
On croit déjà tout connaître, on en découvre à chaque pas. Au Sud du pays, les sacs de voyages et les mémoires se gorgent de souvenirs. Vision dantesque des temples aztèques écroulés ou à peine déterrés, villes coloniales au charme désuet. Mexico, mégalopole moderne, offre ses contrastes en mouvement perpétuel. Le Nord, plus aride, est le terrain idéal pour découvrir le Mexique moderne et industriel. Pour les rats de musées, chaque capitale régionale possède un musée d’art moderne et un musée archéologique.
Mexico
Un lieu est imprégné de l’atmosphère mexicaine, le Zocalo. C’est la place centrale de Mexico. Y cohabitent les ruines du temple aztèque de Tenochtitlan, les voûtes baroques de la Catedral Metropolitana et le palais présidentiel décoré de fresques murales sur l’histoire du Mexique. A 18h, la Place de la Constitution (son vrai nom) s’anime. L’armée descend solennellement le drapeau qui flotte en son centre.
Sur la plaza Republica, le musée de la Révolution retrace l’histoire de 1810 et des années qui précèdent. Non loin se trouve la plus grande arène de Mexico. Pour connaître les jours de corridas, lire The News ou Mexico City Times.
Vue panoramique : de 9h30 à 23h, au 43e et 44e étages de la Torre Latinoameraica, gratte-ciel des années 1950, on peut découvrir Mexico du ciel. En fonction de la pollution. Billet en vente au pied de la tour.
Le Bosque de Chapultepec (colline des sauterelles en nahualt) est depuis 500 ans le plus grand parc de la capitale. Il est ouvert de 5h à 17h. Outre le zoo de Mexico, on y trouve l’ancien palais de Maximilien, reconverti en musée de l’Histoire moderne et le fabuleux museo nacional de Antropologia. Caverne d’Ali Baba, il recèle de trésors de l’archéologie précolombienne.
Déambulez dans les marchés des vieux faubourgs coloniaux de Coyoacan et de San Angel. Là rodent les fantômes de Diego Rivera et Frida Kahlo. L’atelier où le couple vécut de 1934 à 1940 se visite tous les jours (sauf lundi) de 10h à 18h. A Coyoacan se trouve le musée national de culture populaire. Il vaut surtout pour ses expositions temporaires sur des chefs-d’œuvre de la vie quotidienne comme les crèches, les cirques ou la lutte libre.
A l’orée nord de Mexico, Tepotzotlan est un joyau de l’architecture chirrugueresque. Lassé de la ville ? Jouez les plaisanciers, la D 95 conduit jusqu’aux plages d’Acapulco et aux vagues du pacifique.
Les environs de la capitale
Au nord
Incontournable. Tehotihuacan. 200 000 habitants à son apogée, perchée sur les montagnes. Impressionnant par sa taille et ses deux pyramides. La Pyramida del Sol surplombe l’ancienne ville du haut de ses 248 marches. La pyramide de la Luna comporte 13 autels. Le site est traversé du nord au sud par la Voie des Morts longue de 2 km. Le temple de Quetzcoalt frappe par ses gigantesques “marches”. Les sculpteurs l’ont orné de têtes aux crocs acérés du serpent à plume et du Dieu de la pluie. On y retrouve le motif récurrent du coquillage.
A 65 km au nord de Mexico, on peut aussi admirer les rares vestiges de l’ancienne ville toltèque de Tula. Il reste des traces des couleurs vives qui l’ornaient sur le mur des serpents près du temple de Quetzalcoatl. La visite de 9h à 16h30 est gratuite le dimanche.
A l’est
“Dorment” côte à côte d’un sommeil léger le Popocatepelt (montagne fumante en nahualt) qui est interdit aux randonneurs pour risque d’éruption et sa compagne, l’Iztaccihuatl (femme blanche) qui est balisée par des sentiers de randonnées. On peut atteindre le cratère dans les neiges éternelles.
Sur leurs pentes, on s’arrêtera à Puebla. Les maisons de ce bastion de l’époque coloniale sont décorées de faïences peintes. 400 000 Indiens Nahuas, descendants directs des Aztèques, vivent dans cette région.
A 10 km de Puebla, s’élève la Pyramide Tepanapa. La seconde en taille après celle de Kheops. Elle se dissimule sous un monticule de mousse et de terre. Les visites se font dans le souterrain dégagé par les archéologues. Les lieux furent moins victimes du pillage espagnol. Les pièces intactes donnent une vision de leur fonction.
L’Etat d’Oaxaca
La ville d’Oaxaca est un exemple de cité coloniale. L’une des églises les plus belles de la ville est l’Iglesia de Santo Domingo. Elle porte le nom du moine fondateur de l’ordre dominicain, défenseur des Indiens contre les colons. Ses murs de pierres sont conçus pour résister aux séismes. Des architectes de tout le pays ont participé à sa construction entre 1570 et 1608. Réquisitionnée au XIXe siècle, elle a servi d’étable. Sa façade est ornée de statues dont celle de Santo Domingo de Guzman. Dans cette région on peut ne s’adonner qu’aux joies de la marche en montagne.
Les habitants d’Oaxaca fuient le bruit de la ville sur le Cerro del Fortin. On y trouve, le grand auditorium Guelaguetza, l’observatoire et le planétarium. Le sommet de cette colline est marqué par une croix.
Pour les adeptes de la santé par les plantes : le bain temazcal est l’étape obligée à Oaxaca. Les Indiens confèrent à ce bain des vertus médicales.
Il faut franchir 400 km pour atteindre l’ancienne capitale zapotèque de Monte Alban. Le site surplombe la vallée. Il est ouvert tous les jours de 8h à 17h. En cas de visite courte deux objets à ne pas manquer. Les Danzantes (danseurs) – bas-relief qui représente des prisonniers – sur l’édifice L. Et les tombes, Tumba 104 et Tumba 105 décorées et gravées.
Moins éloignées, les ruines de Mitla livre un peu de leur mystère à 46 km au sud d’Oaxaca.
La Côte du Golfe
Escale obligée : le petit village d’El Tajin, perché dans la luxuriante végétation des montagnes de la côte est. Entre 12h et 16h, des Indiens totonaques pratiquent le rite des voladores. Quatre hommes en costumes chamarés se jettent dans le vide. Ils sont reliés à la plate-forme d’un mat de 30 m de haut par une corde attachée à leurs chevilles. La descente se fait en tournant autour du mat. Ce rituel symbolise la fertilité en même temps que la rotation de la terre autour du soleil.
Le Tabasco et le Chiapas
A Villahermosa, le parc-musée de La Venta, expose les vestiges de la grande ville olmèque. Le joyau de ce musée en plein air : 3 imposantes têtes sculptées dans le basalte. Cette région tient sa prospérité récente des extractions de pétrole. Le complexe de boutiques de luxe Tabasco 2000 témoigne de cette richesse.
Les férus d’archéologie peuvent s’attaquer à l’escalade de Palenque. Ce site de 500 édifices au cœur de la jungle reste à découvrir. Il est ouvert de 8h à 16h45. Les hauteurs et la végétation sont parfois oppressantes. Pour qui ose les braver : les pierres dans la brume du petit matin sont la plus belle des récompenses. Le temple des Inscriptions, le plus élevé, est orné d’hiéroglyphes mayas. Le bâtiment est construit sur huit niveaux.
Les ruines ne sont pas le premier attrait du Chiapas. Dans cette région, chaque village indien, tzotzil ou tzeltal, possède son costume, ses danses, ses cérémonies.
Péninsule du Yucatan
Le Yucatan invite à découvrir sa flore et sa faune autant que soin histoire. Cet Etat a ouvert 4 réserves de la biosphère et autant de réserves naturelles.
Au cœur des terres se trouve la réserve de biosphère de Calakmul. (à quelques kilomètres du hameau de Xpujil). Sur les bords des mers de la Caraïbe, se situe la réserve de Sian Ka’an. Dans le silence des mangroves et des marais se dissimulent aussi des ruines mayas. Papillons, crabes terrestres géants, singes hurleurs, caïmans et pour les plus chanceux jaguars : ce n’est qu’une liste succincte des animaux qu’on peut y apercevoir.
Sur la côte qui longe le Golfe du Mexique, Campeche est un port fortifié habité par des pêcheurs de crevette. Les remparts furent construits pour sauver la ville des pillages pirates. Il n’en reste que sept, témoins de l’hexagone de 2,5 km qui enserrait la ville. Le Baluarte de San Carlos expose des maquettes des fortifications. La seconde, la Porte de la mer, n’est pas d’origine. Elle fut reconstruite en 1957.
Uxmal et Chichen Itza sont les deux sites mayas incontournables. L’architecture d’Uxmal est dite puuc. Du nom des montagnes environnantes. “Construite trois fois”, elle le fut, en fait, cinq fois. La population a prospéré grâce à des citernes malgré l’aridité du lieu. Deux bâtiments à l’architecture structurée frappent l’imagination : le quadrilatère des nonnes et la maison des tortues. Les façades de la première sont intégralement sculptées. Les reliefs géométriques alternent avec les représentations du dieu Chac. La seconde fut ainsi baptisée par les Espagnols. Les tortues de la corniche représentent le Dieu Chac. Le même dont près de 300 masques ornent un palais à Kabah (18 km au sud).
Erigé par les Mayas, le centre de cérémonie de Chichen Itza porte les traces de l’influence toltèque. Sa célébrité vient du temple du temps ou El Castillo. Les courageux peuvent compter. La pyramide possède neuf niveaux. Chacun est divisé par un escalier. Les quatre escaliers possèdent 91 marches. Additionnées au plateau du sommet, cela fait 365 qui correspondent au nombre de jours dans une année. Le 21 mars et le 21 septembre s’y déroule un spectacle impressionnant : l’ombre et la lumière forment des zigzags sur les marches. Un serpent illusoire s’anime ainsi sous les yeux des visiteurs durant plus de 3 heures.
Depuis Cancun, on peut se rendre par bateau sur l’Isla Mujeres. Histoire de fouler la fameuse plage de la Tortue. La baignade est autorisée, mais strictement surveillée du fait des tornades.
Baja California
Une langue de terre entre deux mers. Tous les clichés du Mexique western pour le bonheur des aficionados. Tijuana est la capitale des maquiladoras. Entre désert et forêt de cactus “cierges”, les grottes du grand canyon sont décorées de peintures rupestres uniques. Ces fresques datent de la préhistoire mexicaine, 3000 av. JC. A Bahia, il est possible de louer un bateau pour aller observer les baleines.
