Mexique
Coutumes et traditions
Un christianisme polythéiste
Il n’y a pas de religion officielle au Mexique. Héritage de la colonisation espagnole, 90 % de la population se considèrent aujourd’hui comme catholiques. L’Eglise romaine a été pendant des siècles le seul vrai ciment de la civilisation mexicaine. Aux plus pauvres, c’est-à-dire aux Indiens et aux métis, les jésuites apportaient des soins et l’alphabétisation. Au XIXe siècle, le Mexique tenta de s’affranchir de son emprise. L’Eglise n’avait plus le droit de construire des écoles. Interdiction levée en 1994.
L’Eglise mexicaine est l’une des plus conservatrice d’Amérique latine. Les cérémonies religieuses mélangent rites catholiques et antiques. Les Indiens Huicoles vénèrent deux christs, mais leur divinité majeure est la déesse de la Fertilité, Nakawe. Les saints s’apparentent aux anciens dieux mayas ou aztèques. La plupart des fêtes ont conservé les couleurs, la liesse et l’exubérance des cérémonies précolombiennes. En période de fête, l’ivresse est magnifiée comme une voie incontournable pour atteindre la sagesse.
La Nuestra Senora de Guadalupe
En 1531, un Indien a une vision. La Vierge Marie lui apparaît sur une colline des environs de Mexico. La Vierge de Guadalupe permet de lier le catholicisme et la culture indienne, encore réticente à l’évangélisation forcée. Cette apparition va jouer un rôle important dans la société mexicaine. Elle valorise la place des mestizos (métis espagnols indiens) qui formaient la majorité de la population. La Nuestra Senora de Guadalupe est aujourd’hui un symbole puissant de l’identité mexicaine. Les sermons, mais aussi les discours politiques et la littérature y font référence.
Famille et machisme
Le machisme est une institution sociale. Le Mexicain se doit d’impressionner les autres hommes. Agressivité au volant, alcool, armes et nombreuses maîtresses font partie de l’attirail. Hommes couvés par leurs mères, qu’ils idolâtrent. Les rares mouvements féministes n’ont pas réussi à bousculer les traditions familiales. Délaissée, la mère reporte son affection sur le fils. Celui-ci, une fois marié reporte son besoin d’affection sur sa maîtresse. Les femmes étrangères sont souvent peu estimées car leur vertu n’est pas insoupçonnable. Les règles d’hospitalité n’en sont pas moins incomparables. On ne laisse pas repartir un invité non repu.
Gringo et indios
Les Mexicains adorent les étrangers qui parlent leur langue. Cela ne les empêchera pas de les appeler gringo, sans arrière pensée injurieuse. En revanche, être traité “d’indios” (indien) est la pire des injures. La population issue du métissage méprise souvent les peuples indigènes, jugés inférieurs à des animaux.
