Mexique
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
Les fresques murales : un art contemporain maîtrisé 2000 ans av. JC • L’histoire indienne en toile de fond des tableaux de commande · Le surréalisme engagé de Frida Kahlo
L’art précolombien
Poteries, statues, bijoux, Des Olmèques aux Aztèques, l’héritage précolombien frappe par la taille des sculptures qui représentent des dieux, des hommes ou la nature. Les Olmèques ont laissé des têtes démesurées, mi-humaines, mi-animales, terrifiantes de véracité. Les créations mayas s’affirment par leur délicatesse et la complexité des dessins. Les sculptures de crânes (qui frappèrent les Espagnols à leur arrivée) soulignent l’image plus cruelle que les Aztèques avaient de leur monde.
On peut découvrir à Teotihuacan l’une des plus anciennes fresques murales : Le paradis de Tlaloc (nom du dieu de la pluie). Elle décrit les délices qui attendent les guerriers à leur mort.
La période coloniale
Les peintres mexicains reflètent le mélange de deux civilisations. Les thèmes restent classiques : allégorie religieuse ou portraits de riches propriétaires. Les décors arriment un pays dans son histoire indienne. Artisanat indien, plafonds et murs sculptés, Miguel Cabrera (1695-1768) est le peintre le plus célèbre de cette époque. Les années qui précèdent la révolution, les peintres se démarquent de la tradition européenne. Les réalités d’une société cloisonnée apparaissent dans les dessins satiriques de Jose Guadalupe Posada. Son motif symbole : un crâne.
Les muralistes
L’après révolution engage une bataille idéologique. Les muralistes (Diego Rivera, Jose Clemente Orozco et David Alfaro Siquieros) exaltent sur les murs des bâtiments publics l’histoire et la culture de leur peuple. Les fresques réalistes de Rivera abondent de détails. Elles puisent dans le quotidien ou les symboles mexicains et indiens. Siquieros illustre son militantisme marxiste. Orozco dépeint le caractère universel de l’oppression, la violence ou l’injustice. Ces 50 plus belles fresques sont à L’Instituto Cultural Cabanas de Guadaljara. Depuis la seconde guerre mondiale, d’autres peintres poursuivent le mouvement muraliste. Les autres courants artistiques leur reprochent le côté didactique et leur exaltation de la “Mexicanitude”.
Frida Kahlo, égérie du XXe siècle
Une artiste a dominé l’art plastique contemporain : Frida Kahlo. Ses peintures inclassables, proches du surréalisme, mêlent les tons et les thèmes violents de son pays. Grands aplats de couleurs, autoportraits défigurés : ses douleurs intimes et ses convictions marxistes s’entrecroisent. Frida Kahlo, restée infirme après un accident de tramway, a vécu son mariage avec le muraliste Diego Rivera comme un étouffement. Son œuvre n’a connu de popularité que dans les années 1980, trente ans après sa mort. Aujourd’hui ses œuvres sont exposées au Musée d’Art moderne de Mexico et dans l’atelier musée de San Angel.
6 œuvres emblématiques
Tlaloc, fragment de peinture murale toltèque, datée d’entre 250 et 600 av. JC, Museo de Antropologia à Mexico.
La Toile de Zacatepec, 1550/1600, Museo de Antropologia, Mexico.
La Toile de Cuauchquechollan, chef-d’œuvre maya du XIIe siècle. Museo del Estado, “Casa del Alfenique”, Puebla.
Cavalera Caterina, aussi connue sous le nom de Tête de mort au chapeau fleuri, Jose Guadalupe Posada. Non datée. Musée Jose Guadalupe Posada, Asguacalientes.
Histoire du Mexique, de la conquête au futur, immense fresque réalisée par Diego Rivera entre 1929 et 1930. Escalier du Palais National, Mexico.
Les deux Frida, huile sur toile de Frida Kahlo. Double autoportrait en blessée et en mariée peint en 1939. Musée d’Art moderne de Mexico.
Musique et danse
En bref
Des sons omniprésents • Terre des mariachis et des marimbas • Un chaudron de musiques pop aux accents latinos • Des centaines de danses traditionnelles
Radios à fond ou chanteurs des rues : pour trouver le silence, il faut quitter les villes. Les places, les bus sont envahis par la musique. Aussi célèbres qu’authentiques, les mariachis disputent la vedette aux groupes de marimba (xylophones). Les traditionalistes n’utilisent que des instruments à cordes. Les modernes sont tels qu’immortalisés dans les westerns spaghetti : des violonistes, des trompettistes, des guitaristes et un chanteur. En ponchos colorés, sombreros vissés sur la tête.
La musique populaire ne s’exporte pas en Europe. Eclectique, elle puise dans les rythmes indiens, cow-boy, latinos et occidentaux. On trouve des groupes de pop, de hard rock, de jazz…
La musica rachera, la nortena et la groupera sont des variantes mexicaines de la country. Les groupes phares : Los Tigres des Norte ou Limite.
Il existe des centaines de danses traditionnelles. Moments privilégiés des fêtes, certaines sont dansées dans tous le pays. D’autres sont spécifiques à un village ou à un peuple. Elles perpétuent les coutumes et racontent l’histoire du Mexique. Sous les costumes chamarrés, les Indiens invoquent toujours la déesse de la fertilité, content la colonisation. Les plus belles danses-cérémonies sont celles des Zapotèques, à Oaxaca, et des Nahua Puebla. Certaines sont montrées, hors contexte au Ballet Folklorico de Mexico.
Les Mexicains affectionnent les bals. Trois danses très structurées dominent. Veracruz est associé au danzon, danse de bal un peu passé de mode. Les hommes y portent le panama. Les femmes doivent arborer talons hauts et robes fluides. La cumbia plus animée autorise des mouvements du buste. Le merengue est plus sautillant. Cette dernière danse est originaire du Venezuela. A Mexico, les amoureux des pas sensuels trouveront toujours une piste pour danser la salsa.
Architecture
En bref
Des temples précolombiens inégalés en taille • Les façades de l’Europe et les intérieurs des Mexicains • Une capitale qui s’étouffe sous la pollution
Les empires olmèques, mayas et aztèques ont érigé des villes gigantesques à des altitudes extrêmes. chez les Aztèques, les façades sont dépouillées et effrayantes. Les plus beaux vestiges sont à Teotihuacan et à Monte-Alban, dans l’Etat d’Oaxaca. Les ruines mayas de Chichén Itza ou à Uxman dans le Yucatan comptent parmi les chefs-d’œuvre nationaux mexicains. Leurs ornementations, les crêtes au sommet des toits et les formes sinueuses des sculptures témoignent d’une recherche onirique. Plus impressionnant encore, les lieux de cultes. Les pyramides aux escaliers infinis, les palais et les terrains de jeux de balles devaient impressionner. Elles y parviennent encore aujourd’hui. Les plus gigantesques sont la Piramide del Sol, la Piramide de la Luna à Teotihuacan. Les Espagnols s’empressèrent de remplacer ces lieux de cultes. La Grande pyramide de Cholula, près de Puebla, est encore coiffée d’une petite église.
L’architecture coloniale est à la fois foisonnante et fourre-tout. Les colons se font construire des maisons inspirées des modes européennes. Gothique renaissance et baroque se côtoient parfois sur un même bâtiment. Ce sont les arcades pointues, les colonnes rondes et les voûtes du Moyen Age. Formes et motifs classiques de la Renaissance coexistent dans deux styles. Le plus répandu est le plateresque. Des décorations d’orfèvre – “platero” – ornent les entrées des églises et les façades des édifices. Plus dépouillé, le style herreresque, tire son nom de l’architecte Juan de Herrera. La cathédrale de Mérida et la Casa de Montejo illustrent toute cette époque. On retrouve l’influence musulmane dans les arches encadrées d’un rectangle du style mudejar.
L’architecture baroque intègre la peinture et la sculpture. Les autels ouvragés des églises témoignent de l’attrait pour les formes courbes, les jeux de lumière et les couleurs. On rattache à ce courant les œuvres de José Benito Churriguera. Son architecture exubérante se repère à l’estipite : un pilier vertical en forme de pyramide retournée.
Le XXe siècle a vécu un retour au classicisme. Les bâtiments sont massifs et “pesants”. Les murs sont décorés de fresques démesurées. Hommage pompeux à la culture indienne.
Un style, un monument
Maya (600 ap. JC) : la ville de Uxmal dans le Yucatan.
Aztèque (900/1150 ap. JC) : les ruines de la ville de Tula.
Renaissance plateresque (1561-1598) : cathédrale de Merida (Yucatan).
Renaissance herreresque : Casa de Montejo.
Mudejar (1540) : les 49 dômes de la Capilla Real de Cholula.
Baroque (1609) : cathédrale Santiago Tlatelolco à Mexico.
Churrigueresque (1765/1788) : église de La Valenciana, à Guanajuato.
Moderne (1950/1953) : le campus universitaire de Mexico.
