Mexique
Politique et économie
La vie politique
En bref
Soixante et onze ans de parti Etat révolutionnaire • L’élection non truquée d’un candidat de droite en 2000 • Le soulèvement des Indiens du Chiapas
La Fédération du Mexique
La constitution mexicaine reprend les grands principes et les lignes directrices de celle des Etats-Unis. A l’échelon national le pouvoir législatif se partage entre deux chambres : la Camara de Senadores (un Sénat de 128 membres) et les 500 élus de la Camara de Diputados, le parlement. 31 Etats composent la république du Mexique. A leur tête un gouverneur élu localement et un parlement d’Etat. Le pays règle encore les litiges dans l’esprit du Code Napoléon.
Une présidence autocrate
L’hégémonie politique du Parti révolutionnaire institutionnel a duré 75 ans. Il a dominé la vie politique mexicaine. Les présidents successifs ont imprimé une direction autoritaire et centralisatrice. L’absence d’opposition de poids, jusqu’en 1994, a permis la pratique du dedazo. Pour contourner la constitution, qui interdit au président d’exercer deux mandats d'affilée, le président en exercice désigne son “dauphin”. Abus, corruption, meurtres politiques et répressions, les élections présidentielles sont validées par les fraudes.
La démocratisation selon Ernesto Zedillo
En 1994, le dernier président PRI, Ernesto Zedillo déverrouille le système électoral. L’organisme de surveillance des élections, l’Instituto federale electorale gagne en indépendance. C’est la fin d’un règne sans partage. Aux élections législatives et municipales suivantes, le PAN (Parti de l’action nationale) et le PRD (parti de la révolution démocratique) décroche chacun un quart des sièges. Juillet 2000, un nouveau président est élu : Vicente Fox du PAN.
Le soulèvement indien
Le jour où l’Alena (Accord sur le libre-échange nord-américain) prend effet (1994), quelque 2000 paysans de l’Armée zapatiste de libération nationale s’emparent de grandes villes mexicaines. Ils manifestent contre la spoliation des terres et l’appauvrissement des paysans. Repoussé par l’armée dans le Chiapas, le mouvement s’étend aux Indiens. Sous la direction du sous-commandant Marcos, ils prennent possessions de centaines de fermes, de ranchs et de propriétés. Combats sporadiques, mobilité et médiatisation rendent leur mouvement populaire dans le reste du monde. En 1996, un accord sur les droits des Indiens échoue. Le 10 mars 2001, une vingtaine de dirigeants zapatistes ont marché sur Mexico. Le Zapatour a relancé les négociations. Un cessez-le-feu a été signé.
Sous la cagoule du sous-commandant Marcos
Médecin de formation, le sous-commandant Marcos n’a jamais dévoilé son visage aux médias. Les rares photographes qui l’ont approché, l’ont immortalisé avec son passe-montagne rivé sur la tête. La pipe en bouche dans les instants de repos. En 1995, le sous-commandant Marcos découvre le pouvoir d’Internet. Il diffuse des communiqués, convoque sur la toile des conférences de presses internationales, sélectionne ses interlocuteurs. Il publie La 4e guerre mondiale a commencé : un pamphlet anti-mondialisation. Le guérillero y stigmatise une société de plus en plus inégale à l’échelle planétaire. Il devient un héros, figure de proue des sans-terre du monde entier. Dernier héros révolutionnaire ou usurpateur ? Ses détracteurs lui reprochent d’avoir entraîné les Indiens du Chiapas dans une guérilla sans fin. L’accord de 1996 prévoyait une plus grande autonomie pour les populations indiennes, la reconnaissance de leurs langues et leur introduction à l’école. Le sous-commandant Marcos a néanmoins attiré l’attention internationale sur le sort réservé aux populations indiennes.
Les médias
En bref
Une presse abondante mais muselée • Un mastodonte mondial de la télévision hispanophone : Televisa • Au programme : football, telenovellas et publicité
La presse écrite
Au Mexique, la presse est florissante. Elle subit encore les influences d’un système politique encore fragile et soumis aux corruptions. La plupart des journaux sont sous la coupe d’hommes politiques, voire des barons de la drogue. La Jordanada est le seul quotidien national réputé pour sa neutralité.
Pour les amoureux des ruines, le mensuel Mexico Desconocido publie des reportages aux superbes illustrations en couleur sur les sites mexicains.
A Mexico, on trouve les journaux français dans certaines libraires. Sinon, il existe deux journaux en anglais : le Mexico City Times et The News.
La radio
L’embarras du choix en quantité mais par en qualité. Un millier de stations de radio, mais des programmes très similaires. Les informations sont le reflet du parti au pouvoir.
La télévision
Elle constitue un bon professeur d’espagnol et le meilleur moyen d’acquérir les idiomes régionaux. A condition de ne pas être exigeant sur les programmes. En temps d’antenne, la publicité occupe le plus d’espace. Suivent : le football, les telenovellas, les talk-shows, les émissions de variété et les comédies. Les ondes hertziennes sont monopolisées par la Televisa, qui diffuse six chaînes nationales. Sa seule concurrente, TV Azteca, est un peu plus indépendante du pouvoir. Les Mexicains s’abonnent facilement à la télévision par câble ou satellite pour pouvoir regarder deux fleurons mexicains : ESPN, la chaîne sportive et Ritmo Son, spécialisée dans la musique latino-américaine.
Economie
En bref
Une industrialisation concentrée autour de Mexico • L’entrée dans l’Alena et la chute du peso • Le boom des maquiladoras (zones franches mexicaines)
Agricole pendant l’ère coloniale, le Mexique à vécu une industrialisation à marche forcée après la Révolution de 1910. Aujourd’hui encore, le Mexique exporte ses matières premières abondantes. Il vend du sucre, du café, du zinc, du cuivre, de l’argent et du plomb. Et les produits dérivés extraits de ses richesses naturelles, le bois (papier) et les métaux (produits chimiques).
En 1994, l’accord sur le libre échange américain (Alena) a provoqué un effondrement du peso. Le Mexique se remet avec lenteur de cette crise économique. Moins systématiques, les tentatives d’entrer illégalement aux Etats-Unis restent fréquentes.
La moitié de la production mexicaine se concentre dans un rayon autour de 150 km autour de Mexico. Le Nord vit encore grâce aux mines et aux maquiladoras : zones franches qui longent la frontière avec les USA. Les entreprises y trouvent exonérations fiscales à l’importation et avantages sur les salaires.
Le Mexique doit importer des céréales. Les paysans (25 % de la population) produisent de quoi subvenir à leurs besoins. Les exploitations sont petites et sans technologies. Les meilleures terres appartiennent aux exploitations commerciales de la côte du golfe et du Nord qui exportent du café, de la canne à sucre, du blé, du coton, et des agrumes.
