Guide Voyage Mexique - KARAVEL
 

Mexique

Repères

Histoire

En bref

3 siècles de splendeur précolombienne • La colonisation, l’esclavage et l’évangélisation • Cent ans d’instabilité politique et économique • D’une révolution à l’autre : le sacre des héros

Les précurseurs Olmèques

La vallée de Mexico a vu naître et se développer de nombreuses civilisations de bâtisseurs. En 2000 av. JC, un peuple s’installe dans le Golfe du Mexique. Les Olmèques – Olli, signifie caoutchouc en Maya – y fondent leur capitale : La Venta. Une civilisation encore très paysanne se développe sous l’impulsion des marchands et des prêtres du Dieu-tigre. En 300 av. JC, les Olmèques éradiquent toute trace de leur culture. Ils saccagent villes, temples et statues. Ils disparaissent, mais lèguent aux Mayas une technique inégalée du travail du jade et de la pierre, une architecture, l’écriture, le comptage par points et barres, l’astronomie et un calendrier qui utilise le zéro.

Les Mayas

L’âge d’or Maya se situe au Mexique de 300 av. JC à 900 ap. JC. Au Chiapas, les Mayas érigent des villes fortifiées à l’architecture baroque, dominées par des temples pyramidaux. C’est l’avènement de l’astrologie et des mathématiques. De leurs observations astronomiques naît un calendrier de 365 jours. De 1200 av. JC à 1400 ap. JC, la civilisation Maya colonise les territoires sud-américains. Incapables de maintenir l’unité de leur empire, les Mayas s’effacent au XIIe siècle devant l’expansion aztèque.

Des Zapotèques aux Mixtèques

Les Zapotèques furent les premiers à s'établir dans la vallée d'Oaxaca vers 900 av. JC. Architectes et artisans hors pair, ils ont créé des villes et des temples, des chambres d'enterrement, de la poterie et différentes œuvres d'art faites de métal. A leur apogée, les Zapotèques bâtissent plus de deux cents centres urbains. Dont Monte-Alban, devenu, de nos jours, un lieu de culte pour des milliers d’Indiens de langue zapotèque.

Au XIIIe siècle ap. JC, les Zapotèques sont repoussés vers l’est par un envahisseur venu d’une région montagneuse : la Mixteca. Les Mixtèques utilisent les sites zapotèques et se mélangent peu à peu à leur population. Mitla, à l’organisation théocratique, est le meilleur exemple du conservatisme zapotèque. Dans cette ville résidait le grand prêtre de la nation Zapotèque, auquel le roi lui-même devait obéissance. Quelque deux millions de descendants zapotèques et mixtèques perpétuent encore aujourd’hui ces cultures dans l'état d'Oaxaca.

Les Toltèques

Ces puissants guerriers ont occupé les extensions nordiques de la vallée du Mexique entre 950 et 1300 ap. JC. Vers 856 de notre ère, ils érigent leur capitale : Tula est restée l'une des villes les plus impressionnantes du Mexique. Selon la tradition, dix rois-prêtres s’y seraient succédé jusqu’en 1168. Le plus célèbre fut Acatl Topiltzin. En 977, il est élu roi sous le nom de Quetzalcoatl, le Serpent à plumes. Il impose une nouvelle religion opposée aux sacrifices humains. La guerre civile qu’il déclenche le contraint à s’enfuir. En 1165, Tula est ravagée par un incendie. La civilisation Toltèque s’éteint.

L’expansion Aztèque

A l’issu d’une errance de plusieurs décennies, les Mexicas trouvent leur “terre promise”. La future capitale mexicaine naît sur un îlot du lac Texcoco : Tenochtitlan-Mexico. La ville trop petite s’embellit de jardins flottants. Elle sera le point de départ de l’expansion Aztèque (1345-1521). En 1440, la cité aztèque est au faîte de sa richesse. Les livraisons de pierres précieuses, de plumes de toutes les couleurs, de cacao, de plantes et d’animaux affluent dans la capitale. La société s’organise autour d’un système d’impôts et de patronage. Les Aztèques l’utilisent pour consolider leur emprise sur leurs vassaux. Les codex des peuples vaincus sont brûlés. Les livres d'histoire deviennent des instruments de domination. La nation “élue du Soleil” développe une mystique guerrière.

La conquête d’Hernan Cortès

Le 8 novembre 1519, une poignée de soldats espagnols arrive sans entrave à Tenochtitlan. Ils découvrent une région en plein chaos culturel, économique et politique. Comme tous les rois aztèques, Moctezuma attend le retour de Quetzalcoatl “pour prendre possession de ses terres”. Il accepte la venue de ces cavaliers à peau blanche comme une réalisation de la prophétie. Malgré l’allégeance faite au capitaine Hernan Cortès, une résistance s’organise. Assiégée, Tenochtitlan tombe le 13 août 1521. L’empire Aztèque s’est écroulé.

Les années coloniales

Dans la “Nouvelle Espagne”, les Espagnols créent le principe d’économie “extractive”. La société coloniale se calque sur le système féodal européen. La couleur de la peau et le lieu de naissance déterminent le statut de chacun. Tout Espagnol y est noble. Cette société aux castes rigides est dominée par les conquistadores. Ces soldats devenus propriétaires exploitent les énormes domaines agricoles et les concessions minières. Les populations locales, réduites en esclavage, servent de main-d’œuvre périssable. Les mauvais traitements et les maladies ont raison des autochtones. En 1605, le Mexique compte un million d’habitants contre 25 millions lors de la conquête.

L’Eglise prend fait et cause contre l’esclavage des Indiens. En 1650, les missionnaires sont à la tête de cent églises et de millions de convertis. Ils dirigent aussi les écoles et les dispensaires. Leur rôle sur le plan administratif est primordial. En 1550, lors de la controverse de Valladolid, le Pape reconnaît une âme aux Indiens. En échange, pour satisfaire aux raisons économiques, il autorise la déportation massive de Noirs vers le Mexique.

Une indépendance éphémère

Les premières révoltes éclatent aux XVIIe siècle. Les révolutions qui secouent les Etats-Unis et la France inspirent les Espagnols nés aux Mexique. Ils revendiquent la liberté de commercer pour leur compte. Le conflit éclate en 1810. Menés par le prêtre Miguel Hidalgo y Costilla, ces criollos s’en prennent aux peninsulares (résidants au Mexique nés en Espagne). L’Espagne sous domination napoléonienne depuis deux ans résiste faiblement. Au prix de onze années de guerre et de 600 000 vies, les criollos déclarent leur indépendance. Le Mexique s’effondre économiquement. Les leaders criollos se disputent les gains économiques de la victoire et laissent le pays sombrer dans le chaos politique. Les indigènes et la population mestizo restent laissés pour compte dans la redistribution.

Les Etats-Unis profitent de ce marasme pour envahir le Mexique (Texas et Haute-Californie) en 1846. Battus, les Mexicains doivent accepter la signature du traité de Guadalupe-Hidalgo (1848). Ils cèdent plus de la moitié de leur territoire (aujourd’hui Texas, Nouveau-Mexique, Arizona, Californie, Utah et Colorado) pour 17$ le mile carré. Les frontières modernes du Mexique sont tracées.

La réforme et la domination napoléonienne

Des intellectuels urbains rêvent d’une fédération à l’image des Etats-Unis. Ces libéraux votent une loi de réforme. L’Eglise a interdiction d’enseigner. Issus de l’aristocratie, les conservateurs prônent une dictature soutenue par une église toute-puissante. Sur leur demande, les troupes françaises interviennent et imposent en 1861 un roi : l’archiduc autrichien Maximilien de Habsbourg. Ce parent de Napoléon Bonaparte, bienveillant mais inefficace, est destitué et exécuté en 1867.

Le père de la loi de réforme, Bénito Juarez reprend le pouvoir. A sa mort, en 1876, Porfirio Diaz lui succède. Sa présidence ouvre 34 ans de stabilité et de prospérité économique. C’est un Mexique industriel et moderne qui entre dans le XXe siècle.

Le XXe siècle

Le Mexique débute le siècle par une seconde révolution (1911). Elle donne naissance à deux icônes légendaires : Emiliano Zapata et Francisco “PanchoVilla. Avec les paysans, ils se rebellent contre l’injustice sociale. Leur mouvement réclame une réforme de la terre, le suffrage universel, l’attribution du contrôle économique aux Mexicains, une séparation complète de l’Eglise et de l’Etat.

En 1917, le Mexique se dote d’une constitution libérale presque identique à celle des Etats-Unis. Pour mettre fin aux dictatures, les réélections présidentielles sont interdites. Le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) s’installe aux commandes du pays. Réforme agraire et nationalisation de l’industrie pétrolière closent la révolution.

Dans la seconde moitié du XXe siècle, le Mexique développe ses infrastructures et son économie industrielle. Le boom pétrolier providentiel des années 1970 est suivi d’une crise profonde. Exode rural grandissant, dette extérieure énorme et inflation à deux chiffres ont modifié le paysage économique. En 1994, les Indiens du Chiapas se soulèvent menés par le sous-commandant Marcos. Leur mouvement a placé le Mexique au cœur du combat des anti-mondialisation.

6 dates clés

1200 av. JC : les Olmèques s’installent dans le golfe du Mexique

XIVe siècle ap. JC : les Mayas construisent leur capitale Tenochtitlan-Mexico.

1521 : Hernan Cortès colonise la “Nouvelle Espagne” et réduit la population locale en esclavage.

1847 : le traité de Guadalupe-Hidalgo trace les frontières modernes du Mexique.

1985 : l’un des tremblements de terre les plus meurtriers du Mexique détruit un tiers de la capitale et fait 10 000 morts.

2001 : Les Indiens du Chiapas et le sous-commandant Marcos marchent sur Mexico à la rencontre du nouveau président Fox.

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