Guide Voyage Républicaine Dominicaine - KARAVEL
 

République Dominicaine

Repères

Politique et économie

La vie politique

En bref

Un système législatif à l’image du système américain • Une Constitution qui a moins de quarante ans • Une justice modernisée

La République dominicaine est gouvernée suivant sa Constitution établie le 28 novembre 1966. Elle se définit comme Etat libre et indépendant avec un gouvernement civil, républicain, démocratique et représentatif. Le pouvoir exécutif est exercé par le président, élu au suffrage universel pour une période de quatre ans. Le président est le chef de l’administration publique, chef suprême des forces armées et du corps de police. Le pouvoir législatif lui, suivant le modèle américain, appartient au Congrès. Il est formé de deux chambres : le Sénat qui compte 30 membres (un pour chaque province) et la Chambre des députés (149 membres). Les élections, puis la proclamation des résultats, sont administrées par la Junte centrale électorale.

La justice

La cour suprême est composée de neuf juges (dont le président qui change chaque année), nommés par le Sénat. Un droit qui s’inspire directement du code Napoléon. La structure judiciaire dominicaine est formée par une cour suprême, une cour d’appel et un tribunal de première instance par district judiciaire. C’est en 1996 que débuta le processus de réforme et de modernisation du pouvoir judiciaire, en collaboration avec le Conseil National de la Magistrature, créé deux ans auparavant. Parmi les changements majeurs, une juridiction a été établie en faveur du droit des enfants et des adolescents. Une meilleure transparence et un accès facilité à la justice sont les points forts de cette évolution.

Les partis politiques

Le parti dominicain a été l’unique parti légal entre 1930 et 1961, date à laquelle celui-ci disparut au profit d’autres formations politiques. Si en théorie les partis sont nombreux, trois seulement existent réellement sur la scène politique : le parti réformiste social chrétien (PRSC), le parti de la libération dominicaine (PLD) et le parti révolutionnaire dominicain (PRD) actuellement au pouvoir. Ce dernier a été fondé par Juan Bosch à la Havane en compagnie de José Francisco Peña Gomez, seul homme politique noir à avoir eu un certain pouvoir. En 1962, alors que Bosch remporte les élections, il est vite évincé par un coup d’Etat. Puis, à deux reprises le parti reprendra le pouvoir (78 et 82) mais finira toujours par être évincé par un Joaquin Balaguer (PRSC) tout puissant. Quant à l’ancien parti au pouvoir, le PLD que créa et dirigea Leonel Fernandez, il est issu d’un milieu d’intellectuel de la haute société dominicaine, dont la principale critique fut justement de n’avoir pas été assez proche du peuple.

Les médias

En bref

De nombreux journaux dans un pays à forte proportion d’analphabètes • Des radios qui diffusent du merengue • Une télévision qui captive par ses télénovelas

Presse écrite

La République dominicaine compte un grand nombre de journaux, ce qui surprend lorsque l’on sait que le pays comprend 40 % d’analphabètes. Leur faible tirage et leur prix élevé les réservent plutôt à une élite. Parmi les principaux quotidiens du matin, citons le Listin Diario, El Siglo, Hoy, El Caraibe. Ceux de l’après-midi sont plus axés sur le sensationnel : Nacional ou Ultima Hora. Une presse soit disant libre (bien que les journalistes pratiquent d’eux-mêmes l’autocensure) mais une orientation générale à l’image du parti politique au pouvoir. Si la qualité des reportages peut être pointue (Listin Diario), les fautes d’orthographe sont les parasites de la presse locale ! Petite particularité, beaucoup d’entre eux paraissent 7 jours sur 7. Les magazines hebdomadaires Rumbo et Ahora tentent une approche plus critique de la société dominicaine.

La presse française peut s’acheter à l’Alliance Française.

Radio et Télévision

Il semblerait que la principale vocation des radios locales est de diffuser merengue ou bachata. Une radio d’état cependant, la Número 99, se veut éducative. Le matin est souvent consacré aux débats politiques, (hauts en couleur !) , l’après-midi on peut y écouter de la musique traditionnelle.

La télévision omniprésente, même dans les quartiers les plus pauvres, fait surtout recette avec la diffusion des télénovelas. Ce sont toutes les couches sociales de la population dominicaine qui se délectent en fin d’après-midi à regarder ces séries vénézuéliennes, brésiliennes, mexicaines ou colombiennes, entrecoupées toutes les dix minutes de publicité. Pour ceux qui rateraient un épisode, qu’à cela ne tienne : ils pourront lire un résumé détaillé dans leur quotidien du lendemain. Pour la première fois, une télénovela dominicaine, intitulée Amor de conuco (amour au village) va être produite, financée par une banque dominicaine et la coopération allemande. Avec comme message à l’appui : promouvoir une éducation écologique.

Les chaînes de télévision dominicaines sont très nombreuses (privées et d’état). On capte aussi à travers le câble, la RAI et TV5.

Economie

En bref

Une économie fondée sur l’agriculture • Un tourisme qui rapporte plus de devises • Une croissance fulgurante qui ne profite pas aux plus démunis

En terme de croissance économique, celle de la République dominicaine dépasserait celle de la Corée du sud. Paradoxe des pays en développement, malgré cette croissance, les disparités sociales s’intensifient elles aussi. Le prix des produits de base ne cesse d’augmenter et les revenus du pays sont mal redistribués, engorgés par une corruption généralisée.

Premier revenu, le tourisme et les zones franches où se sont installées bon nombre d’industries internationales du textile. Profitant d’une main d’œuvre abondante et peu chère, c’est le marché asiatique et américain qui s’y est implanté, hautement soutenus par le gouvernement favorable aux investissements étrangers. L’autre grand pilier de l‘économie dominicaine est régi par l’agriculture. Café, cacao, tabac, ananas, oranges, bananes sont les principaux produits d’exportation. Malgré la chute du prix du sucre sur les marchés internationaux, l’industrie sucrière fait aussi recette dans l’est du pays. Privatisée en 1999, elle continue d’être un sujet de polémique internationale vis-à-vis des droits des coupeurs de canne haïtiens qui travaillent et vivent dans des conditions d’extrême précarité.

La production minière, exploitée dans la région du Cibao, est surtout concentrée sur l’argent, le fer, l’or et le nickel, premier produit d’exportation. Pierre ancestrale, l’ambre est extrait des mines situées dans le nord du pays (Santiago, Puerto Plata). Si les Taïnos l’utilisaient comme talisman, elle disparaîtra avec leur civilisation. Il faudra attendre les années 1930 pour voir l’exploitation reprendre dans le pays. Deuxième gros producteur d’ambre au monde (après la région baltique et avant le Japon), la République Dominicaine compte bien, avec l’effervescence du tourisme, rouvrir d’anciennes mines inexploitées.

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