Jordanie
Politique et économie
Politique
En bref
Une démocratisation indéniable mais perfectible • Une montée en puissance des courants islamistes • Les débuts prometteurs d’Abdallah
Monarchie constitutionnelle, la Jordanie évolue sous un régime de type parlementaire. Constitué du Sénat (40 membres nommés par le roi) et de la Chambre des députés (80 élus au suffrage universel direct), le Parlement ne se contente pas d’un rôle décoratif. De ce fait, les élections constituent un enjeu bien réel. Amorcé dans les années 1990, le processus de démocratisation a notamment autorisé la création d’une vingtaine de partis politiques. Dans la pratique, le tableau est plus nuancé. Pour contrer les succès des islamistes, Hussein n’hésite pas à modifier la loi électorale, à brider le multipartisme ou à malmener quelque peu la liberté de la presse. Le jeune Etat Jordanien a encore bien des progrès à effectuer. Les espoirs reposent aujourd’hui sur les épaules du nouveau roi Abdallah II, intronisé en février 1999. Fils aîné d’Hussein, il est préféré au dernier moment à Hassan, bras droit et frère du défunt roi. La pression américaine, dit-on, ne serait pas étrangère à l’éviction d’Hassan moins favorable aux intérêts occidentaux.
Médias
En bref
Une censure assez laxiste • 3 titres à lire en anglais • Des infos quotidiennes en français
La presse écrite
La presse jordanienne compte parmi les plus libres du Proche Orient. D’ailleurs, les journalistes occidentaux sont nombreux à Amman où ils peuvent travailler dans d’assez bonnes conditions.
The Jordan Times
Le principal quotidien en anglais. Actualités locales et internationales. Nombreuses rubriques pratiques. Plaisant et utile. Une version en ligne est disponible sur www.jordantimes.com
Jordan Today
En anglais. Mensuel sur la vie culturelle. Gratuit dans les grands hôtels.
The Star
En anglais. Hebdomadaire généraliste qui paraît chaque jeudi. Il contient aussi un dossier en français. Une version en ligne est disponible sur http://star.arabia.com
Dans les grands hôtels internationaux (Mariott, Fort Grand, Intercontinental.) vous pouvez vous procurer Le Monde, Le Figaro, L’Express ou Le Point.
La radio
Radio Jordan sur 99 KHZ/MF émet en arabe et en anglais. A Amman, sur 90 KHZ/MF sont diffusés des émissions en français de 18h à 22h.
Radio France Internationale. Les fréquences changent souvent. Se renseigner au service des relations avec les auditeurs. courrier.auditeurs@rfi.fr
Radio Monte Carlo Internationale diffuse deux bulletins d’informations par jour en français.
La télévision
Deux chaînes dont la première, Jordan TV1 est réservée aux arabophones. Chanel 2 ou JTV 2 propose des programmes et documentaires en anglais, en hébreu et français. Tous les soirs à 19h, un bulletin d’informations en français. Dans les grands hôtels, CNN, MTV, BBC et TV5.
Economie
En bref
Une économie fragile et dépendante • L’eau, préoccupation majeure • L’essor du tourisme et son apport de devises
L’économie de la Jordanie dépend étroitement de la situation au Proche-Orient. Le conflit de 1948, la perte de la Cisjordanie en 1967, les tragiques désordres civils de 1970/71 l’ont sérieusement affectée. Cependant Amman profite de la guerre du Liban pour éclipser Beyrouth et se transformer en un pôle économique très actif. Pour quelques années la Jordanie devient la nouvelle Suisse du Proche Orient.
La guerre du Golfe la touche durement et menace d’asphyxie le pays : 1/4 de la production jordanienne était exporté vers l’Irak qui était son principal fournisseur de pétrole. En 1997, l’ONU accepte que le pétrole irakien alimente à nouveau les usines de Jordanie. Ainsi, l’Irak rembourse sa dette à la Jordanie sans encaisser de devises, embargo oblige.
Pas de pétrole en Jordanie, ou si peu. Mais un sous-sol assez riche : cuivre, phosphate et surtout potasse.
L’agriculture s’accommode peu à peu du manque d’eau grâce à un programme d’irrigation. Les serres fleurissent le long de la vallée du Jourdain. La Jordanie s’appuie aussi sur ses expatriés, qui depuis les Etats du Golfe expédient des devises. Afin de réduire sa dette, le pays suit une cure d’assainissement sous l’égide du FMI. Mais près de 30 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Pour l’avenir, le gouvernement mise beaucoup sur les revenus du tourisme, secteur en pleine expansion.
