Saint-Petersbourg
Au fil des siècles, l’urbanisation de Saint-Pétersbourg a toujours suivi un plan précis et homogène. Née de la volonté de Pierre le Grand, la nouvelle capitale s’est édifiée très rapidement : 50 ans après sa fondation, elle peut rivaliser avec des métropoles comme Vienne, Paris, ou Rome. Les tsars font appel aux plus grands artistes européens pour réaliser leurs projets. Italiens, Français, Hollandais et allemands laissent tour à tour leur marque. Ce mélange d’influences baroques et classiques multiplie les visages de celle que l’on appelle la Venise du Nord.
La forteresse Pierre-et-Paul
Le premier édifice important construit à Saint-Pétersbourg. Le 16 mai 1703, la première pierre est posée sur l’îlot Zaïatchi (l’île aux lièvres). La ville est élevée pour défendre la fenêtre sur la mer Baltique récemment arrachée aux Suédois et la construction de la forteresse se fait en pleine guerre : elle coûte la vie à plus de 100 000 hommes.
En 1717, la paix revenue, la forteresse devient une prison politique, surnommée la “Bastille”, Le propre fils de Pierre le Grand, le tsarévitch Alexis, y est incarcéré, et y meurt. Suivent des milliers de prisonniers, dont plusieurs personnalités comme Dostoievski, Alexandre Oulianov (frère aîné de Lénine), Bakounine, Gorki et bien d’autres.
Au centre de l’île, dans la cathédrale Saint-Pierre et Paul, la crypte impériale des Romanov accueille la dépouille de tous les tsars, de Pierre le Grand à Alexandre III. Le clocher, le plus haut de la ville (122,5 m), est surmonté d’une flèche d’or.
La perspective Nevski
Elle constitue le cœur de Saint-Pétersbourg. Partant de la place du Palais, la perspective Nevski relie la Neva au monastère Alexandre Nevski. “La perspective Nevski est comme un genre de résumé de tout Saint-Pétersbourg” a écrit Théophile Gautier, et cette définition reste encore vraie aujourd’hui.
Longue de 4,5 km, elle est à Saint-Pétersbourg ce que les Champs Elysées sont à Paris : de nombreux palais, églises, musées, bibliothèques, hôtels de luxe et autres édifices prestigieux bordent l’avenue la plus animée de la ville. Touristes et Pétersbourgeois s’y pressent toute la journée.
A l’approche du pont Anitchkov, qui enjambe la Fontanka, les cafés et restaurants se font plus nombreux et l’on découvre trois galeries marchandes historiques : Gostiny Dvor, les Arcades d’Argent et le Passage.
C’est une artère à la fois historique et moderne, un kaléidoscope de la Russie actuelle.
Le musée de l’Ermitage et le palais d’Hiver
C’est l’un des plus beaux et des plus riches musées du monde. Il s’agit d’un exceptionnel ensemble architectural des XVIIIe et XIXe siècles qui justifient à lui seul un voyage à Saint-Pétersbourg. Il réunit une collection de plus de trois millions d’objets d’art et d’antiquité, dont seulement 60 000 peuvent être exposées dans les 400 salles en raison d’un cruel manque de crédit. Les maîtres des plus grandes écoles sont représentés.
Son histoire commence avec Pierre le Grand, qui achète lui-même plusieurs œuvres d’art, dont David et Jonathan de Rembrandt et la Vénus de Tauride. Sous le règne de Catherine II, les collections occupent les salles de L’Ermitage du palais d’Hiver, avant d’envahir les galeries du Petit Ermitage, qui donnera son nom au musée. On considère que le musée est né en 1764, lorsque le marchand berlinois Gotzkowski, afin de rembourser ses dettes à l’impératrice de Russie, lui expédie 225 tableaux destinés au roi de Prusse Frédéric II. Puis sur les conseils, entre autres, de Diderot, Catherine II achète de nombreuses œuvres d’art et surtout des collections complètes à Paris, Dresde et Londres.
A la fin du XIXe et au début du XXe siècle de riches et clairvoyants collectionneurs, comme Serge Chtchoukine ou Ivan Morozov, permettent à l’Ermitage de se doter d’une collection des peintres d’avant-garde de l’époque.
C’est à l’Ermitage que l’on peut voir la plus magnifique collection de Rembrandt et de Rubens, un ensemble important de Matisse, plus de 50 œuvres de Picasso, des Van Dyck éblouissants, sans compter quelques toiles isolées, de tout premier plan, de Vinci, de Rogier van der Weydn. Dans le domaine des antiquités, la collection d’art scythe est unique au monde, et le département des arts décoratifs présente l’une des plus beaux ensembles de pierres taillées et de joyaux au monde.
Les palais et Jardin d’Eté
“Je veux voir les roses dans ce jardin unique
Où s’élève une grille sans pareil ici-bas
Dans l’odorant silence des tilleuls royaux…”
Anna Akhmatova
C’est le centre estival de la vie publique et aristocratique de la Pétersbourg des tsars.
Le jardin
Dès 1704, Pierre le Grand ébauche le dessin d’un jardin qu’il veut à la mode occidentale, avec des essences rares ramenées de Sibérie, de l’Oural, de Hollande ou de Kiev. Le modèle français s’impose à l’Empereur dès son retour de Versailles, en 1717. C’est donc un jardin régulier qui s’étend entre la Neva au nord et le canal des Cygnes à l’ouest, la Fontanka à l’est et la Moïka au sud.
Il a été pourvu de fontaines au savant mécanisme et de nombreuses sculptures, pour la plupart achetées en Italie. Ses canons répondent au courant intellectuel de ce début du XVIIIe siècle, alors que la mythologie grecque est à l’honneur.
Pierre le Grand y fait élever des kiosques et des pavillons, une grotte, une volière, une ménagerie et une orangerie.
A la suite des terribles inondations de 1777 et 1824, le jardin d’Eté est endommagé. Il ne retrouvera jamais sa splendeur d’antan.
Le palais
Non loin de l’entrée du jardin d’Eté, du côté de la Neva, se dresse le Palais d’Eté de Pierre le Grand, illustration parfaitement conservée de l’architecture du Saint-Pétersbourg originel : simplicité et sobriété des formes et des ornements, netteté du plan.
Les quais de Saint-Pétersbourg
Un point de vue à ne pas manquer sur de nombreux monuments de la ville.
Ils ont été construits entre 1763 et 1788 d’après un projet de l’architecte Y. Felten (fils du cuisinier de Pierre le Grand).
L’Institut et le couvent Smolny
Soviet de Petrograd depuis 1917, ces bâtiments constituent un ensemble architectural grandiose.
Edifié en 1748 sur un projet de Rastrelli, grand maître du Baroque, à qui l’on doit plusieurs autres édifices de Saint-Pétersbourg. L’appellation Smolny provient du mot russe smola (poix), en raison de l’entrepôt de poix élevé à cet endroit dans les premières années de la construction de Saint-Pétersbourg. Il a été conçu dans l’esprit des couvents russes primitifs.
L’Eglise Saint-Nicolas des Marins
Bleue, blanche et or, elle offre bien des points communs avec l’église Smolny, réalisée par Rastrelli dont Tchevakinsky, l’auteur du projet, était l’élève. Remarquable illustration du baroque religieux à Saint-Pétersbourg, cette église est toujours restée ouverte au culte pendant la période soviétique.
Palais de Tauride
L’un des premiers édifices de style classique de la vieille Russie. On y trouve le siège des Parlements locaux de Russie.
Le palais de Tauride, sur le côté gauche de la rue Chpalernaïa, étire sa façade jaune longue de 260 m. Fronton dorique dénudé surmonté d’un dôme vert qui se veut la réplique du Panthéon de Rome, ce palais est l’un des premiers édifices classiques de Russie. Il est érigé entre 1783 et 1789 par Starov pour le grand favori de Catherine II, Grigori Potemkine, prince de Tauride.
A la mort de Potemkine, le palais est transformé en caserne. Il est restauré au début du XXe siècle. Entre 1906 et 1917, il devient le siège du premier Parlement russe, la Douma. En 1917, le palais accueille le Siège du soviet des Députés, des Ouvriers et des Soldats de Petrograd, puis l’Ecole supérieure du parti communiste avant de devenir le Siège des parlements locaux.
A l’arrière du palais, un immense jardin de 24 ha est un agréable lieu de promenade. L’hiver, les citadins en transforment les allées en pistes de ski de fond.
Place du Palais
Les innombrables édifices qui la bordent ont été érigés à diverses époques et dans des styles différents.
Cette place, qui a joué un rôle fondamental dans l’histoire du pays, est, dans un premier temps, couverte de pavés de pierre ainsi que de pavés de bois étouffant le bruit des carrosses. Elle est ensuite asphaltée. Aujourd’hui, elle possède un nouveau revêtement : une mosaïque de pierre, qui reprend exactement les motifs que l’on trouve sur les vieilles eaux-fortes et les lithographies qui la représentent.
Tout est harmonieux sur cette place : la symphonie des couleurs des bâtiments, l’Arc de Triomphe en demi-lune, la Neva en toile de fond… Et la colonne Alexandre qui s’élance vers le ciel, impressionnant monolithe de granit rose de 47,5 m de haut. Ce monument commémore la victoire des Russes sur Napoléon Ier en 1812.
