Guide Voyage Saint-Petersbourg - KARAVEL
 

Saint-Petersbourg

Repères

Nos livres favoris

Le manteau, Nicolas Gogol (1809-1852) : le réalisme de Gogol, qui met en scène  des personnages de petite condition, est une grande première dans la littérature russe. Le manteau raconte ainsi la triste vie d’Akaki Akakiévitch, petit homme gris que personne ne remarque. Il décide d’économiser des mois durant pour acheter un magnifique manteau, grâce auquel, c’est sûr, on fera attention à lui.

Le Cavalier de bronze, Alexandre Pouchkine (1799-1837) : ses nouvelles et poèmes sont souvent marqués par la ville. Dans la nouvelle Le Cavalier de Bronze (1833), il donne vie à la statue de Pierre le Grand qui s’élève sur la place des Décembristes. Elle poursuit le héros à travers la ville inondée par un déluge extraordinaire.

Crime et châtiment, Fédor Dostoïevski (1821-1881) : dans ce romanque, la précision topographique est extrême : l’action se déroule dans le triangle délimité par la place au Foin, Saint-Nicolas-des-Marins et le coude que forme le canal Griboïedov, dans un quartier où la ville cesse d’être orthogonale et resserre en filet des rues qui se recoupent en angle aigu. On peut ainsi, roman en main, remonter le temps et refaire les parcours fiévreux de Raskolnikov, qui tue sa concierge pour des raisons métaphysiques… ou est-ce uniquement pour son argent ?

Requiem, Anna Akhmatova (1889-1966) : survivante du tsarisme, son destin prend  un tour tragique : son mari, le poète Goumilev, est tué par le pouvoir stalinien en 1935, puis son fils est arrêté. Elle-même est placée sous surveillance et ne sera réhabilitée qu’après la mort de Staline, en 1953. Requiem, écrit par fragments entre 1935 et 1961, est un magnifique poème en hommage à son fils arrêté ainsi qu’à toutes les victimes de la terreur stalinienne.

Guide d’une ville re-nommée, Joseph Brodsky (1940) : lauréat du prix Nobel de Littérature 1987 et représentant le plus éclatant de la génération poétique du “dégel post-stalinien”, Brodsky ose la forme et le ton qui révolutionnent la littérature russe. Il consacre à Pétersbourg un essai à l’acuité ironique dans lequel il résume l’histoire et définit le génie de sa ville natale.

Alexandre Pouchkine, le grand créateur de la littérature russe

Dès ses premières années d’écrivain, Alexandre Pouchkine est considéré comme un génie. Issu d’une famille de la haute aristocratie, il est admis à suivre des études aux côtés du futur tsar Nicolas 1er, à Tsarskoïé Sélo. Là, ses premiers vers sont immédiatement célébrés. Jeune homme, il est favorable aux mouvements réformateurs ennemis du tsar. Envoyé en exil en Sibérie, il subit cependant un sort tout à fait privilégié car tous, réformateurs et conservateurs, s’accordent pour protéger “le génie Pouchkine”. Et Pouchkine se permet ainsi d’écrire des textes audacieux tout en restant ami avec son ancien compagnon de jeu devenu tsar. D’un caractère farceur, léger et frondeur, il partage sa vie entre les soirées pétersbourgeoises, les coteries, les duels et de longs mois à la campagne, durant lesquels il écrit son œuvre sans répit. Il meurt stupidement à la suite d’un duel destiné à laver l’honneur de sa femme. Il a 38 ans. Pouchkine est le premier à considérer la langue russe comme une langue littéraire en soi. Il joue sur les sonorités, invente des mots, mêle les discours. La beauté de ses textes est malheureusement moins accessible en français mais reste exceptionnelle.

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