Saint-Petersbourg
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
Plate-forme de l’art pictural russe • Ville des musées • L‘Ermitage, l‘un des plus grands musées du monde
Catherine II, mécène
Carrefour de la modernité et de l’effervescence artistique, Saint-Pétersbourg s’affirme bien au-delà des frontières de l’Empire. Catherine II, proche des philosophes des Lumières participe activement à l’enrichissement et au rayonnement culturels de l’art russe. Les étudiants sont formés par des maîtres français comme Le Lorrain (peintre de perspective), Cuvilier (peintre de l’histoire) et Gillet (sculpteur). Sa passion des grands maîtres européens enrichit considérablement les collections.
Richesse de la peinture russe
Des tsars empereurs aux fortunés mécènes du plein essor industriel, les galeries des musées se remplissent. La fondation de l’Académie impériale des Beaux-Arts joue un rôle essentiel dans le développement de la peinture russe de par l’exigence de son enseignement et l’enrichissement de ses collections. En 1834, le peintre romantique Brioullov reçoit le grand prix de Paris pour Le dernier jour de Pompéi, œuvre fondatrice de l’art russe. Le portraitiste Levitski, Venetsianov et Repine finissent d’imposer l’école russe (art du paysage, la vie des gens simples, des paysans). En 1906, Paris accueille la première exposition d’art russe (icônes…). Mais c’est au début du XXe que la peinture russe fait définitivement sa réputation avec Chagall, Kandinsky et Malevitch en se situant à l’avant-garde de l’art.
La ville aux 50 musées
Visiter le centre de Saint-Pétersbourg revient à plonger au cœur de l’art russe. Le Musée russe, construit par Rossi, est le plus grand musée d’art du pays. Il comprend aussi bien des icônes que des créations d’avant-garde. Art classique ou moderne, artisanat et folklore, Saint-Pétersbourg offre une palette riche et variée d’expositions. Le palais de Marbre (32 variétés différentes) est le musée des Portraits d’apparat du XVIIIe siècle et il comporte exposition d’art contemporain. Proche, le musée-maison du poète Pouchkine où l’on peut découvrir son cabinet de travail conservé à l’identique depuis sa mort en janvier 1837. Le musée Brodski expose outre les toiles du peintre, de nombreux tableaux de peintres russes du XIXe. Le musée russe d‘Ethnographie présente divers objets d’art et d’artisanat reflétant les us et coutumes des peuples de l’ex-URSS (tapis turkmènes, bijoux d‘ambre, jouets, os travaillé par les Lapons…)
La “ville-musée” de l’Ermitage rassemble aujourd’hui 3 millions d’œuvres des plus grands maîtres. Vous y trouverez les trésors de l’art scythe et Altaï (art des steppes) ; vous y verrez aussi un panorama de l’histoire des icônes aux peintres italiens (Léonard de Vinci, Le Titien, Véronèse), espagnols (Le Greco, Veslaquez), hollandais (Rubens, Rembrandt), français (Watteau, Poussin, Renoir, Cézanne, Van Gogh). Entre 1890 et 1906, Chtechoukine, riche mécène parmi d‘autres, lègue ainsi plus de 200 tableaux (54 Picasso, 37 Matisse, 19 Manet, 13 Renoir, 26 Cézanne, 29 Gauguin).
Le palais-musée Menchikov, théâtre du raffinement artistique et intellectuel de Saint-Pétersbourg sous Pierre le Grand, abrite une extraordinaire collection de meubles et d’objets d’art du XVIIIe siècle. La richesse patrimoniale de Saint-Pétersbourg n’empêche pas l’ancienne capitale de Russie de figurer au premier plan de l’avant-garde de la création artistique.
6 tableaux emblématiques
Retour de l’enfant prodigue, Rembrandt, 1668-69 (L’Ermitage).
Les derniers jours de Pompéi, Brioullov, 1833 (Musée russe).
Fleurs sur la table, Larionov, 1907 (Musée russe).
La femme à l’éventail, Picasso, 1908 (L’Ermitage).
Suprématisme, Malevitch, 1912 (Musée russe).
Sud de la France, Kontchalovski, 1913 (Musée russe).
Musique
En bref
Capitale intellectuelle et artistique • Les célèbres ballets russes • Musique, danse et théâtre
Au tournant du XXe siècle, l’esthétique profuse des décors colorés du théâtre russe et l’école des ballets de danse de Saint-Pétersbourg s’imposent à l’art du spectacle européen. La création russe se révèle alors hors de ses frontières pour devenir la référence sur la scène européenne. Les Ballets russes créés en 1909 prennent leur essor avec l’apparition de Nijinski au Pavillon Parmide. Le long de la Neva et des canaux, Mariinski, ex-Kirov, grand opéra de Saint-Pétersbourg fondé en 1730 et reconstruit en 1860, est le théâtre de l’émergence des Ballets russes. Nijinski et Anna Pavlova s’y sont produits pour la plus grande renommée de l’institution. Rue Rossi, se trouve la célèbre école de danse Vaganova fondée par le Français Jean-Baptiste Landé en 1738. Le théâtre Aleksandrinski (1830) révèle le talent de grands acteurs russes se produisant dans les pièces de Tourgueniev, Tolstoï, Gogol ou Ostrovski. Saint-Pétersbourg compte aujourd’hui encore 25 théâtres. Ville ouverte aux influences de l’Europe occidentale, Piter constitue tant pour elle-même que pour l’histoire patrimoniale et moderne de l’art russe un foyer d‘effervescence et de création international.
Architecture
En bref
Ville de transition architecturale • Elle offre une succession de styles très divers • Chaque dirigeant a voulu y apposer sa marque
Une architecture majestueuse
Avec Pierre le Grand et la fondation de Saint-Pétersbourg en 1703, la Russie amorce la transition de l’architecture russe nouvelle en rupture avec la tradition médiévale (art religieux de l’église orthodoxe russe).
Découvreur épris et curieux de l’Occident, Pierre Ier choisit notamment d‘importer le savoir-faire des créateurs italiens et français pour la réalisation de Saint-Pétersbourg. C’est ainsi l’architecte français Leblond qui dessine en 1717 le plan originel de la cité nouvelle. Avant lui Trezzini, auteur d’un chef-d’œuvre de style rococo, le palais des Douze-Collèges, s’y était essayé. Selon les vœux de Pierre Le Grand, le jardin et son palais d’Eté sont à l’image de Versailles, plantés d’essences rares, d’allées ornées de fontaines et de sculptures importées d’Italie. A la mort de l’empereur en 1725, l’architecture russe est en passe de s’institutionnaliser et se forme déjà au savoir-faire européen pour gagner progressivement son identité propre.
Le style baroque rococo
En cette première moitié du XVIIIe siècle, le style baroque européen qui prévalait voit s’ajouter la stylistique russe. Les façades sont enrichies de ressauts de moulures, de corniches de et frontons, de colonnes d’angles souvent jumelées. Les édifices se parent de couleurs. Au rouge dominant s’attachent le turquoise, l’ocre, l’azur, le vert émeraude et le blanc des encadrements. L’architecte italien Bartolomeo Rastrelli (1700-1771) est le maître à penser de ce baroque rococo russe, notamment auteur du couvent Smolny, du palais d’Hiver, du palais de Marbre, des palais Stroganov, Vorontsov, Anitckkov comme de châteaux tel Tsarkoïe Selo. Sous le règne d’Elisabeth, plus propice aux arts, les dimensions monumentales, la recherche du décor et de l’effet, qui ponctuent les vastes perspectives du tracé le long de la Neva, traduisent la volonté de grandeur de l‘Empire.
Le style classique
Dans la seconde partie du XVIIIe siècle, le classique, équilibre progressivement le baroque. Le décorum coloré et pleins de formes fait place à la stricte harmonie des lignes de l‘Académie des Beaux-arts par le Français Vallin de la Mothe en 1788. Le Petit Ermitage, l’Eglise Sainte-Catherine et les galeries marchandes du Gostiny Dvor s’élèvent avec plus de sobriété. Sur la fin du siècle, la dominante classique trouve même sa pleine rigueur avec les architectes Quarenghi (Académie des Sciences, l’Institut Smolny), Cameron (palais de Pavlovsk) et Starov (palais de Tauride). Début XIXe, l’influence antique du style grec et l’ordre dorique s’imposent à la façade de l’Amirauté. C’est tout un plan homogène qui se dessine dont Carlo Rossi (1775-1849) est l’un des maîtres d’œuvre avec la place du Palais et l’ancien Sénat ou encore la place des Arts (place des Décembristes), dominée par le Cavalier de Bronze, statue réalisée par Falconet à la gloire de Pierre le Grand. La rue Rossi, dix fois plus longue que large et haute, illustre les savantes proportions empruntées par le tracé de Saint-Pétersbourg. Le Français Ricard de Montferrand (1786-1858) contribuera aussi à cette inspiration antique avec la cathédrale Saint-Isaac. La place du Palais est à ce titre l’un des plus merveilleux sites de Saint-Pétersbourg avec en son centre la colossale colonne Alexandre. Saint-Pétersbourg offre alors le plus bel ensemble néo-classique d’Europe
Le XXe siècle, mélange des styles
A la fin du XIXe siècle, c’est l’historicisme et son éclectisme roman, gothique, renaissance et maure à la mode en Europe, qui l’enrichit à nouveau au travers de la réalisation du théâtre Mariinski et du palais Belossielski-Belozierski notamment. Le siècle finissant, l’Art nouveau accouche de formes sinueuses et proportions asymétriques qui perdurent jusqu’à la révolution de 1917 avec le théâtre de la Comédie, sur la perspective Nevski. A l’avènement de l’autorité communiste, l’esthétique constructiviste (réalisme socialiste) à l’architecture fonctionnelle domine et s‘étend aux pourtours du cœur historique, tels le palais de la Culture (1927) et le quartier ouvrier de Vyborg. Les œuvres contemporaines d’importance sont rares à l’exception des théâtres comme le Buff, l’Experiment ou la Maison du Peuple.
Le who’s who des architectes
Leblond (1679-1719) : il élabore en 1717 le plan de Saint-Pétersbourg calqué sur Versailles.
Bartolomeo Rastrelli (1700-1771) : il emprunte à l’école baroque européenne et au style rococo pour y intégrer la stylistique russe (polychromie des façades, les 5 coupoles rituelles et les bulbes des édifices religieux).
Carlo Rossi (1775-1849) : c’est le maître d’œuvre de la période classique de Saint-Pétersbourg.
Un style, un monument
Baroque (1754-1785) : Le Palais d’Hiver, imposant bâtiment (1050 salles, 1787 fenêtres, 117 escaliers).
Classique (1764-1788) : académie des Beaux-Arts.
Historiciste (1860) : théâtre Marriinski.
Art nouveau : théâtre de la Comédie.
