Saint-Petersbourg
Politique et Economie
Politique
En bref
Un statut administratif spécial • Un nouveau maire réformateur et ambitieux • Vladimir Poutine est pétersbourgeois
Une politique libérale
En 1991, Leningrad décide, sous l’égide de son maire, Anatoli Sobtchak, de rebaptiser la ville Saint-Pétersbourg. Comme Moscou, elle représente une unité administrative spéciale avec un statut particulier qui lui confère les droits et les prérogatives d'une région ou d'une république. Saint-Pétersbourg est dirigé par un soviet de 374 députés qui constitue l'organe législatif et un maire qui représente l'exécutif. Ce dernier, ouvertement démocrate, entame une politique libérale, tentant d’attirer les capitaux étrangers dans la ville des tsars, pour dynamiser l’économie.
En 1996, Vladimir Iakovlev est élu à la mairie. Plus proche d’une certaine élite moscovite, ce nouveau maire est considéré comme une espèce de Pierre le Grand, mégalomane, désireux de mettre en place un ensemble de projets ambitieux : la rénovation des transports en commun, une autoroute, un développement sauvage du tourisme.
Un Pétersbourgeois à la tête de la Russie
Vladimir Vladimirovitch Poutine est né le 7 octobre 1952 à Leningrad. Il demeure très attaché à cette ville : il a d’ailleurs perdu ses deux frères lors du Blocus de Leningrad durant la deuxième guerre mondiale. En 1975, il obtient le diplôme de la Faculté de droit de l'Université de Pétersbourg et entre au KGB, spécialisé dans les pays germaniques. Il travaille en ex-RDA où il est décoré de l'Armée nationale. De 1991 à 1996, il est directeur du Comité des Relations Internationales de la Mairie de Saint-Pétersbourg et le bras droit du maire de la ville, M. Sobtchak qu'il a connu à l'Université lorsque celui-ci en était le recteur. En 1996, il dirige sa campagne électorale. Sa carrière prend un tournant important lorsqu'il est nommé directeur du FSB (ex-KGB) en juillet 98. Le 16 août 1999, il est nommé Premier ministre de la Russie. Le 31 décembre 1999, il est choisi par Boris Eltsine pour devenir Président par intérim de la Russie. Il est ensuite élu démocratiquement Président de la Fédération de Russie.
Média
En bref
Des journaux en anglais • Une télévision qui s’internationalise • Radio Peter, une station locale
Journaux
On peut trouver un peu partout dans la ville (hôtel, restaurants, bars) des journaux régionaux en anglais. Le St Petersbourg Times sort le mardi et le vendredi, avec des nouvelles internationales et régionales. La parution du vendredi donne un tableau des spectacles avec critiques ! Le mensuel Pulse est spécialisé dans les loisirs, et le Neva News s’attache davantage à l’histoire de la région.
On trouve dans tous les grands hôtels les principaux titres internationaux, mais à des prix assez élevés.
Télévision
La télévision russe, bien que très jeune, a su rapidement rattraper son retard après la chute du communisme. Et les programmes sont dignes des chaînes américaines les plus commerciales, les sitcoms, séries B et jeux divers importés de l'étranger envahissent les écrans.
Les journaux d’informations sont souvent une succession de catastrophes ou de faits divers extraordinaires, les seules chaînes conservant une certaine crédibilité sont NTV ou la chaîne 5.
Mais il apparaît, depuis l’arrivée de Vladimir Poutine au pouvoir, que la télé est avant tout là pour divertir, l’information étant secondaire ou tout au moins subjective !
La chaîne 6 diffuse le matin à 8h30 en anglais les informations de NBC News.
Radio
Elle diffuse beaucoup de musique anglo-saxonne, très appréciée des jeunes, notamment sur Radio Maximum (102,8 FM) ou Radio Modern (104 FM). Il existe cependant une petite radio locale Radio Peter sur laquelle il est possible d’écouter une musique plus traditionnelle !
Economie
En bref
Un carrefour majeur entre l'Europe du Nord-Ouest et la Russie • Un des principaux pôles industriels du pays • Des disparités sociales flagrantes
La ville compte aujourd'hui plus de 5 millions d'habitants. L'industrialisation de la ville est très étroitement liée à la construction navale et militaire, et, à une autre échelle, à l'exploitation du bois et du phosphate. L'industrie représente 40 % des emplois (en particulier constructions mécaniques).
Saint-Pétersbourg est la 2e ville du pays par sa population, son activité économique et son poids universitaire et scientifique (second secteur d'emploi après l'industrie). Toutefois, elle n'a pas réussi à devenir une zone économique libre à l’image d’un Hong Kong. Après quelques années d'euphorie, les rapports de subordination à Moscou semblent devoir se confirmer : la plupart des grands investisseurs étrangers s'installent d'abord à Moscou, ville où continuent de se prendre les grandes décisions.
L’ancien maire a voulu faire de sa ville un modèle des réformes démocratiques et économiques et un grand centre financier. Pour cela, il compte sur la fascination qu'exerce Saint-Pétersbourg sur les Occidentaux et sur la situation de la ville, qu’il désire voir redevenir la principale fenêtre commerciale russe vers l'Europe de l'Ouest. Un programme de privatisation, presque achevé en 1994 (commerce, services, restauration et habitat), se met en place pour attirer les investisseurs étrangers dont les financements permettent de reconstruire la ville, très délabrée.
De grandes firmes, surtout scandinaves et allemandes, investissent dans l'hôtellerie et les services. Du côté français, le Crédit Lyonnais est rouvert et son bâtiment sur la Nevski est restauré, la Générale des Eaux et GDF ont en charge le réseau d'eau potable et de gaz de la ville. Des commerces de luxe s’implantent également à Petersbourg, comme Guerlain, et à une autre échelle, Yves Rocher.
Les devantures à l'occidentale ne concernent cependant que la Perspective Nevski. La majorité des magasins offrent encore un aspect soviétique austère, sans devanture, avec une marchandise conservée derrière des comptoirs et servie par une nuée d'employés. Ces bouleversements rapides et anarchiques entraînent des inégalités flagrantes. Depuis 1992, la structure sociale et économique change. Le bien-être opulent et provocateur côtoie la misère et le dénuement.
