Budapest
Budapest ne possède pas une seule cathédrale qui pourrait être l'un des chefs-d'œuvre de l'art gothique ni aucun monument justifiant à lui seul que l'on visite la ville. Même son magnifique Parlement relève d'un style éclectique souvent déprécié, témoignage d'une époque qui plébiscitait le pastiche. Non, la beauté de la ville est ailleurs, elle est… partout. D'impressionnants monuments construits entre le milieu du XIXe siècle et la première guerre mondiale s'y trouvent dispersés, de sorte que le centre-ville semble plus grand qu'il ne l'est réellement. La démesure de ces édifices, parfois de simples hôtels, reflète assez bien l'enthousiasme de ceux qui les ont bâtis. Des joyaux de l'Art nouveau se révèlent à vous au détour d'une balade dans un quartier tranquille. Les bâtiments baroques ou plus anciens, blottis au cœur d'une cité souvent malmenée par l'Histoire, apparaissent d'une touchante fragilité. Ce paysage urbain poignant et grandiose est dominé, côté Buda, par la colline du château et les flancs boisés du mont Gellért. Enfin, de passionnants musées sont là pour vous fournir les clés de cet univers unique que vous aurez commencé à découvrir en vous promenant, tout simplement. Pas de doute, Budapest est bel et bien la perle du Danube.
Visites à ne pas manquer
BUDA
Le quartier du château
On accède à l'enceinte du château par un funiculaire qui est lui-même un monument historique (1870). Le château actuel date en partie du règne de l'impératrice Marie-Thérèse. Comme lui, les nombreuses maisons baroques ont été rebâties après 1945.
La restructuration de l'église Mathias, fondée avant 1255, est l'œuvre de Frigyes Schulek. Ce dernier est aussi l'architecte du bastion des Pêcheurs (1905). Du chemin de ronde de ce rempart de contes de fées, aux tourelles néo-romanes, vous bénéficiez d'une vue imprenable sur Pest et le Parlement.
Un exemple plus récent de dialogue entre présent et passé est fourni par l'hôtel Hilton (1976). Son architecture intègre en effet les ruines d'un couvent dominicain du XIIIe siècle.
Il est conseillé de redescendre à pied, pour aller vers l'Institut français ou pour rejoindre Szent Anna Templom, une magnifique église baroque.
Le mont Gellért
Culminant à 130 m, il tient son nom d'un évêque qui, en 1046, aurait été enfermé dans un tonneau puis jeté dans le vide par des païens. La citadelle fut érigée par les Autrichiens dans les années 1850 pour surveiller la ville.
Le monument de la Libération (1947) commémore la fin de l'occupation allemande à Budapest. Non loin de là s'élèvent l'hôtel et les bains Gellért (1918), de style Art déco.
Le pont des Chaînes
Il s'agit d'un pont suspendu qui relie Pest au point de départ du funiculaire menant au château. La pose de la première pierre, en 1842, prit l'allure d'une fête de la nation hongroise. Le Lándchíd ne porta pourtant pas chance à ses constructeurs. Le comte Széchenyi, qui avait voulu en faire le symbole de la modernisation de son pays, sombra dans la dépression durant la vaine guerre d'Indépendance de 1848-49. Interné, il se suicida en 1860. L'ingénieur britannique Adam Clark devait lui aussi mettre fin à ses jours.
PEST
Le Parlement
Ce gigantesque édifice, long de 268 m et large de 123 m, mêle tous les styles, avec une nette dominante néo-gothique. C'est là que ce sont déroulés certains des épisodes les plus marquants de la révolution de 1956. A l'époque de sa construction (entre 1880 et 1902), Budapest était supposé administrer la moitié de l'empire des Habsbourg. Aujourd'hui que les 386 députés de l'Assemblée hongroise s'y sentent un peu au large, il abrite aussi le siège du gouvernement et la présidence de la République.
La basilique Saint-Etienne (Szent István)
Il aura fallu pas moins de trois architectes successifs, Jószef Hild, le grand Miklós Ybl puis József Kauser, pour venir à bout de la construction de cette église monumentale. Les travaux, commencés en 1851, se sont poursuivis jusqu'en 1906. L'une des causes en est l'effondrement de la coupole en 1868.
Conçu dans un style néo-Renaissance, l'édifice présente cependant une décoration intérieure 1900 d'inspiration presque byzantine : mosaïques dorées, figures hiératiques. Au fond, une chapelle abrite une précieuse relique, la main du roi Etienne.
La Caisse d'épargne de la Poste
Construite autour de 1900, elle constitue la réalisation la plus connue d'Ödön Lechner. Celui-ci voulait créer une variante spécifiquement hongroise de l'Art nouveau, comme le montre l'utilisation de tuiles vernissées et de motifs traditionnels. Le bâtiment reste en gros fidèle à sa fonction première puisqu'il appartient désormais à la Banque Nationale.
La Grande Synagogue
Au XIXe siècle, Budapest comptait une très importante population juive qui a largement participé au développement de la ville. Theodor Herzl, le fondateur du sionisme, est né ici en 1860. L'année précédente avait justement vu l'inauguration de cette synagogue, d'aspect mauresque, capable d'accueillir 3000 personnes.
Le monument du Millénaire
Le millénaire de l'Etat hongrois, en 1896, fut l'occasion d'édifier dans le Bois-de-Ville des répliques d'édifices parmi les plus prestigieux de la "Grande Hongrie", du château des Hunyadi (la famille de Mathias Corvin) en Valachie au palais baroque des Eszterházy. Un Disneyland patriotique, en quelque sorte.
Le monument à proprement parler ne fut achevé que plus tard. Il se trouve à l'entrée du même parc, au bout de l'avenue Andrássy sur la place des Héros. Árpád et les autres chefs magyars caracolent au centre de la place. Derrière eux, une colonne au sommet de laquelle l'ange Gabriel brandit la couronne de Saint-Etienne. Une colonnade en demi-cercle est ornée de statues des rois et héros nationaux de la Hongrie. La tombe du soldat inconnu date de 1920.
ÓBUDA
Aquincum
Il existe en fait plusieurs sites liés à l'ancienne cité romaine d'Aquincum, qui se développa à partir du IIe siècle. Le principal est un champ de fouille (trop bien) aménagé vers la fin du XIXe siècle. Entre les rues pavées qui portent parfois les marques du passage d'antiques véhicules, on peut identifier, entre autres, les trois bassins caractéristiques des thermes. Un petit musée (1895) abrite des objets tels qu'un orgue portatif reconstitué.
En venant de Buda, vous aurez déjà pu voir sur la gauche de la route un amphithéâtre. Le lieu le plus spectaculaire est la villa d'Hercule, à mi-chemin entre les deux sites.
Les bains Király
A Buda, mais sur la route du site d'Aquincum, ces bains turcs valent bien un petit détour. Bâtis au XVIe siècle sur ordre du gouverneur ottoman Mustafa Sokollu Pacha, ils se sont vus adjoindre 200 ans plus tard deux ailes en style néo-classique. Les coupoles noires et fumantes, qui couronnent des murs étrangement trapus, conservent un aspect typiquement turc. Les hammams sont tout ce qui reste de l'époque ottomane en dehors du mausolée de Gül Baba, situé à deux pas des bains Király. Même le croissant ne manque pas à l'appel.
LES MUSÉES
Peinture et sculpture
La Galerie nationale hongroise, au château, regroupe les chefs-d'œuvre de l'art hongrois.
Les plus grands maîtres européens, de Dürer à Picasso, sont représentés dans la riche collection du musée des Beaux Arts, à côté de la place des Héros.
Histoire et traditions
La grande fierté du Musée national (Magyar Nemzeti Múzeum, à Pest) est sa chambre du Trésor, qui abrite la fameuse couronne de Saint-Etienne.
Visiter le musée d'Histoire de Budapest, couplé au musée du Château, est l'occasion de découvrir ce qu'il reste du palais gothique de Sigismond de Luxembourg. On peut aussi y admirer des statues datant de l'époque des Angevins.
Pour une vision plus “populaire” de l'histoire hongroise, faites un tour au musée d'Ethnographie.
Arts décoratifs
Le musée des Arts décoratifs (Iparmüvészeti Múzeum) reste injustement boudé par les touristes… Profitez-en ! Ce temple du style Sécession, auquel l'Art nouveau hongrois était intimement lié, est l'œuvre de l'architecte Ödön Lechner en personne.
