Budapest
Coutumes et traditions
Parmi les coutumes hongroises, une au moins concerne tout particulièrement la capitale : les bains. Buda est truffée de sources d'eau chaude ou tiède, fortement minéralisée. Réputées pour leurs vertus curatives, elles sont à l'origine d'une longue tradition thermale qui remonte au moins à l'époque de la cité romaine d'Aquincum : les Romains, grands constructeurs de thermes, ne pouvaient qu'être sensibles aux avantages d'un site dont le nom celte, Ak-Ink, signifiait “eaux abondantes”.
Ce furent les Turcs qui, à une époque où l'Europe chrétienne se souciait assez peu d'hygiène publique, remirent les bains au goût du jour. En 1686, les hammams échappèrent pour l'essentiel à la fureur vengeresse des chrétiens. Les Hongrois furent ainsi en avance sur la vogue des villes d'eau qui s'imposa en Europe au cours du XIXe siècle.
Les bains sont appelés fürdö en hongrois. Ils offrent toute une gamme de prestations : massages, pédicure, etc. Le billet d'entrée indique si vous désirez en bénéficier ou juste vous baigner dans les bassins à 36 ou 38 ° C. Il est parfois possible de découvrir une autre grande tradition hongroise, celle des bains de boue.
Donnez un pourboire d'environ 50 forints au garçon de salle, ainsi qu'à toute personne qui vous administre un soin. Vous n'avez plus qu'à vous habituer à porter ce magnifique pagne de coton écru…
Trois établissements de bains importants remontent à l'époque turque : Király, Rác et Rudas. Ils se caractérisent par un plan octogonal. Des morceaux de verre incrusté dans les coupoles laissent passer la lumière du jour, tout en l'adoucissant.
L'essor du thermalisme à la Belle Epoque a vu naître de nouveaux édifices, de style Art nouveau ou Arts déco. La décoration des bains de l'hôtel Gellért déploie ainsi une incroyable palette de bleus rehaussée de dorures. Les bains Széchenyi, dans le Bois-de-Ville, sont néo-baroques. Ils sont célèbres pour leur piscine en plein air, ou “plage” dans le jargon budapestois.
Les bains sont à Budapest de véritables lieux de sociabilité. C'est ainsi que les bains Lukács se sont affirmés dans les années 1980 comme un lieu de rencontre pour les intellectuels. Par ailleurs, l'image des joueurs d'échecs des bains Széchenyi a fait le tour du monde.
La mixité est rarement de mise. Hommes et femmes bénéficient parfois de secteurs séparés. Ailleurs, chaque sexe a ses jours dans la semaine (pour certaines sections au Lukács).
Les jours “hommes”, les bains Rács et Király deviennent des lieux de rencontres homosexuelles, phénomène qui concerne aussi le Rudas (exclusivement masculin). Cela se passe généralement sur un mode assez soft pour que les hétérosexuels puissent s'y rendre aussi.
