Guide Voyage Espagne - KARAVEL
 

Espagne

Repères

Politique et économie

Politique

En bref

Une démocratie récente dont le roi est devenu le garant • Une monarchie parlementaire • Une autonomie étendue des régions

Le roi et la démocratie espagnole

L’origine des institutions espagnoles actuelles remonte seulement à la mort de Francisco Franco en novembre 1975. Franco avait lui-même nommé le roi Juan Carlos Ier comme son successeur. Une incertaine transition mène la fragile monarchie aux premières élections démocratiques de 1977 gagnées par un parti de centre droite, l’UCD. En 1978 est promulguée une nouvelle Constitution. En 1981, un coup d’état est tenté par des militaires nostalgiques du franquisme. Il se déroule aux Cortes, le parlement espagnol. C’est Juan-Carlos qui intervient personnellement pour dénouer la crise : la démocratie est définitivement et légitimement instaurée. L’image du roi en sort renforcée. De 1982 à 1996, c’est le PSOE (Parti Socialiste Ouvrier Espagnol) qui dirige l’Espagne par l’intermédiaire du Premier ministre, Felipe González. Le parti joue un rôle essentiel dans l’impressionnante modernisation du pays. L’alternance nécessaire se fait au profit de la droite et du Parti Populaire de José María Aznar. Il dispose toutefois d’une majorité fragile au parlement et est obligé de composer avec différents partis nationalistes, en premier chef desquels figure le parti du leader catalan Jordi Pujol. En 2000, Aznar remporte les élections, cette fois à la majorité absolue.

Le système parlementaire espagnol

En Espagne, monarchie parlementaire, la souveraineté nationale réside dans le peuple espagnol. Le roi, chef de l’Etat, désigne le Premier ministre, convoque le parlement et peut le dissoudre.

Le chef de l’exécutif espagnol est le Premier ministre, qui est le leader du parti sorti premier des élections législatives. Il est responsable devant les Cortes Generales, le parlement espagnol, tenant du pouvoir législatif. Les Cortes sont composées du Congrès des députés (300 à 400 élus au suffrage universel direct pour quatre ans) et du Sénat (élu pour partie au suffrage universel direct pour quatre ans et désigné pour partie par les communautés autonomes). Le pouvoir judiciaire est assuré par le Tribunal suprême.

Le statut territorial de l’Espagne

Il existe trois degrés administratifs territoriaux. Le plus petit mais le plus ancien se compose des municipalités qui possèdent la légitimité historique : on en recense à l'heure actuelle 8014. Le deuxième degré est marqué par les provinces. Au nombre de 43, elles ont été créées sous Isabelle II. Enfin, les communautés forment le dernier degré de cette division territoriale. On en compte 17 (englobant les provinces plus les Baléares et les Canaries) qui jouissent d’un degré élevé d’autonomie, notamment en matière d’éducation, de santé, d’environnement, de travaux publics, de culture et de tourisme. Chacune possède son parlement et son gouvernement. Le degré d’autonomie qu’elles ont atteint pousse certaines à vouloir faire sécession. Si la Catalogne modère ses ardeurs (la plupart de ses “demandes” ont été réalisées), le pays Basque fait parler de lui à cause des mouvements terroristes qui constituent une réelle menace pour la démocratie. Malgré de multiples trêves, l’ETA continue de perpétrer des attentats terroristes qui choquent profondément le pays.

Les médias

En bref

La presse écrite quotidienne est d’excellente qualité • La presse du cœur hebdomadaire et télévisée a un impact considérable dans le public

La presse écrite

Les Espagnols lisent peu malgré un prix de vente qui ne dépasse pas 5 à 6 FF. Pourtant le niveau de la presse quotidienne, tant nationale que locale, est excellent. La presse nationale compte un titre prestigieux, El País (équivalent du Monde) et de bons quotidiens généraux comme Diario 16, ABC ou El Mundo. Les titres de la presse régionale sont encore nombreux dans chaque capitale de province (La Vanguardia en Catalogne, La voz de Galicia en Galice) et on continue à lancer de nouvelles publications comme l’excellent Diario de Sevilla.

Les hebdomadaires n’ont pas la force de leurs homologues français. Le phénomène le plus marquant de la presse écrite espagnole est, depuis les années franquistes, l’existence d’une presse du cœur (Hola, Lecturas, Diez Minutos) aux énormes tirages.

La télévision

Le phénomène des famosos, enfants ou conjoints de chanteur ou de torero célèbre, qui touchent des fortunes pour raconter leurs histoires sentimentales réelles ou supposées, est sans doute l’une des caractéristiques les plus marquantes de la télévision espagnole, qu’elle soit publique ou privée (TVE1 et La 2 pour le public, Tele 5 et Antena 3 pour le privé). Les records d’audience qui en résultent sont à peine croyables. Ce n’est malheureusement que l’un des nombreux signes du très bas niveau de la télévision mais cela va finir par devenir la norme européenne. Les films constamment entrecoupés de longues périodes de publicité, l’abondance des soap operas (les culebrones) d’Amérique latine en sont d’autres. La 2e chaîne nationale et la chaîne codée Canal Plus, calquée sur son homonyme français, sont sans doute les seules à relever un peu le niveau.

Chaque communauté possède son réseau régional avec des émissions diffusées dans la langue qui a cours dans la région.

La radio

Plus intéressante que la télévision, la radio publique (Radio Nacional de España) compte cinq chaînes de tous types et il existe d’excellentes chaînes privées d’informations ou de musique (Cadena Ser, 40 Principales).

Economie

En bref

Une croissance retrouvée • Des secteurs phares • Des disparités régionales persistantes

Le miracle espagnol

Depuis deux ans, l’économie espagnole a retrouvé le sourire. La politique de vastes réformes menée par Aznar a porté ses fruits. Les privatisations modérées mais bien menées (télécoms notamment), une intégration rapide à la zone Euro grâce à la réduction des déficits publics ont permis à la croissance d’atteindre les 4 % en 2000. Signe des temps, le chômage baisse énormément. Il est passé de 20 % de la population active à 15 % et il continue de baisser au rythme de 500 000 emplois créés par an. C’est un phénomène sans précédent pour un pays qui a longtemps été à la traîne. Aujourd’hui l’optimisme est revenu grâce aux perspectives de débouchés qu’offrent les marchés hispanophones d’Amérique (Nord, centrale et Sud) qui représentent environ 400 millions de personnes.

Le boom économique

Les secteurs qui sont en fort développement sont le bâtiment, l’hôtellerie, la banque (Caixa Bank), l’industrie textile (succès foudroyants de Mango et Zara), les nouvelles technologies (notamment la téléphonie avec Telefonica), la communication (groupe financier Prisa).

Les secteurs traditionnels comme l’agriculture, la pêche et le tourisme continuent à assurer des rentrées financières régulières.

Des différences persistantes

Le problème demeure les disparités régionales. On observe que les régions traditionnellement à la traîne d’un point de vue économique le restent. Ainsi la Galice, l‘Estrémadure et l’Andalousie connaissent des taux de chômage plus importants que la moyenne nationale. Alors que la Catalogne, Madrid, la Navarre et le pays Basque (surtout) Bilbao profitent au mieux de la croissance.

Guide pays