Irlande
L’Irlande, Irlande du nord comprise, n’est pas si grande, environ 80 000 km2. Alors prenez le temps de vous installer quelques jours dans une région. Si vous n’avez pas le temps de tout faire, vous reviendrez. La deuxième soirée dans le même Pub fait de vous presque un local, profitez-en.
Les Burren
Dans le comté de Clare, non loin de Limerick, ils sont encastrés entre le Connemara et le Kerry. Ils sont souvent sacrifiés par le voyageur. Pourtant ces plateaux pierreux qui se recouvrent de fleurs au moment du printemps méritent le détour. On y trouvera en raccourci l’histoire de l’Irlande, au fil des dolmens, des églises du Moyen Age, et des forteresses anglo-normandes. Depuis le plateau, lorsqu’il fait beau, la vue est imprenable, on voit se dessiner le Connemara dans toute sa splendeur, et la majesté de ses montagnes. Arrêtez-vous aux falaises de Moher, qui forment un impressionnant promontoire rocheux au-dessus des mers en furie. Bien plus qu’un lieu de transition.
Galway
C’est une petite ville charmante au bord de l’eau point de départ de nombreux circuits, dans le Connemara ou bien dans les Burren. Pour les plus aventureux, on peut rejoindre les îles d’Aran, mal de mer assuré. Galway est cependant plus qu’un point de départ. On peut aussi s’y reposer pendant deux jours, en profitant des embruns et de la chaleur de ses Pubs boisés. Ville très étudiante, les Pubs sont plus qu’animés du jeudi au samedi : musique, chants pendant l’année universitaire. On appréciera la librairie du centre ville, au catalogue irlandais unique. Un bon livre en main, vous pourrez filer vers le Pier, à l’embouchure de la River Corrib. Le soir, mangez donc un Fish and chips. Galway, always…
Le Donegal
Au-dessus du Connemara, c’est l’Irlande rêvée, sauvage à souhait, battue par les vents, montagneuse et vertigineuse. Aire d’entraînement de l’IRA pendant un temps, du fait de sa proximité avec l’Ulster et de son isolement, le Donegal est une région authentique pour ceux que pluie et froid ne découragent pas, pas plus que les reliefs qui prolongent le voyage. En terre de Donegal le plaisir des yeux ralentit la course du temps. Il faut alterner les routes côtières et celles qui déchirent l’intérieur, les unes comme les autres sont de toute façon sinueuses et tortueuses. Sur la côte, une pause à Killybegs s’impose. C’est un petit port de pêche charmant, où vous pourrez déguster une soupe de poisson au Pub local.
Les îles d’Aran
Elles sont célèbres pour leurs pulls aux motifs si caractéristiques (chaque famille avait son motif pour pouvoir identifier le corps des marins en cas de naufrage). Elles forment un mini archipel de trois îles, Inishmore, la plus grande, Inishmaan et Inisheer. Pour s’y rendre les départs de Galway en bateau sont quotidiens. Un univers singulier, qui mélange les Curraghs (c’est le nom des embarcations de pêche) échouées sur le bord des plages et les murets de pierres qui, ici, forment un maillage plus serré qui évoque les pulls des marins. Il faut rester au moins deux jours pour avoir le temps de faire un saut sur les deux îles plus petites. Au détour d’une balade on découvre des ruines de monuments séculaires.
Au cœur de l’Irlande, Kilkenny
Une ville à ne pas manquer puisqu’elle est l’illustration la plus marquante de cette Irlande intérieure, éloignée des côtes et de l’espace maritime. La campagne environnante et verdoyante, qui regorge d’eau, symbolise la verte Irlande. La ville est un vrai petit décor moyenâgeux. Les ruelles y sont étroites, petites serpentes urbaines traversées par la Nore, rivière autour de laquelle s’organise la cité. En haut de Parliament Street, on ira voir Saint Canice’s Cathedral, construite entre 1251 et 1280, et régulièrement restaurée. Dans Parliament Street, toujours, on visitera la demeure d’un riche bourgeois du XVIe siècle, Rothe, qui donne son nom à la maison la Rothe House. Le château de Kilkenny vaut aussi le détour. Kilkenny est à 2 heures de route de Dublin.
Une journée à Dublin à partir d’O’connel Bridge (centre ville)
8h00. Il fait encore frais, le soleil se lève, partant d’O’connel Bridge (vue sur la Custom House, réalisation de l’architecte James Gandon, 1781-1791) on longera la Liffey, sur la rive nord, pour se rendre jusqu’au café bookshop, sur Ormond Quay, face au petit pont charmant Ha’penny Bridge. A cette heure on peut y prendre un café, le soleil illumine la pièce toute la matinée. Mais on ne traînera pas trop pour circuler un peu dans les quartiers Nord, ils sont plus populaires que ceux du sud, très tôt animés. On remonte Capel Street, quelques boutiques d’instruments de musique irlandais, puis on tourne à droite dans Mary Street qui se prolonge dans Henry Street. Vendeurs de cigarettes et de parfums de contrebande. On arrive alors dans Moore Street.
9h00. Moore Street, marché typique et sympathique, constitue un spectacle vivant. On peut y acheter les éléments d’un pique-nique prévu à Phoenix Park un peu plus tard. En attendant on profite de la proximité pour se rendre à la Municipal Gallery of Modern Art (Parnell Sq.).
10h00. La Municipal Gallery of Modern Art (ouverte de 10h à 18h) réunit les pièces du collectionneur Hugh Lane, une collection très riche : nombreux tableaux de peintres irlandais mais pas seulement (toiles impressionnistes notamment).
11h30. On redescend vers la Liffey et O’Connel Bridge en empruntant O’Connel Street. Marquer un petit arrêt au General Post Office, haut lieu de mémoire : c’est ici qu’eût lieu l’insurrection de Pâques de 1916. On prendra alors Abbey Street Middle sur la gauche et on se dirigera vers l’ouest. Après quelques minutes de marche (tout droit), on se trouve au dos de Fourt Courts. Le Palais de justice est l’un de ces bâtiments georgiens impressionnants, construit entre 1786 et 1802 par l’incontournable architecte anglais James Gandon. Une rotonde ornée d’un dôme, entourée par quatre bâtiments où officient les quatre cours de Justice. Malheureusement l’ensemble a été presque entièrement détruit lors des combats qui s’y produisirent, point de départ de la guerre civile de 1922. Sa reconstruction a tenté de restituer le bâtiment original.
12h30. Après Fourt Courts, on longe la Liffey toujours vers l’est. A cinq minutes de là se trouve la Brasserie Guinness. On peut la visiter, une dégustation de Guinness est comprise dans la visite. Encore quelques efforts, et c’est l’heure du pique-nique à Phoenix Park, le plus grand parc de toutes les capitales européennes (700 ha). Pour y arriver on suit Victoria Quay à la sortie de la Brasserie.
14h00. L’après-midi on peut revenir vers le centre en passant par la rive Sud. On longe la Liffey par Usher’s Quay, puis Merchant’s Quay jusqu’à Winetavern Street que l’on remonte : on peut alors visiter Christ Church (pour sa crypte magnifique) et se rendre directement à Dublin Castle. De la construction d’origine (début du XIIIe siècle) on ne verra pas grand-chose, l’ensemble ayant été réaménagé au cours du temps (XVIIIe et XIXe siècles essentiellement). Dame Street conduit directement au cœur de la ville, on peut donc faire un crochet sur la gauche et flâner un moment dans Temple Bar. On prendra ensuite un café à l’Irish Film Center, endroit sympathique conçu comme un jardin d’hiver, avec une cour pavée recouverte d’une verrière (à l’occasion c’est aussi un cinéma). Temple Bar est un endroit du soir mais il est agréable de s’y balader en journée. On déambule à travers des rues piétonnes, on observe des immeubles typiquement dublinois : composés de deux étages, il n’y pas de volets aux (très grandes) fenêtres.
16h00. A la sortie de Temple Bar on tombe dans College Green : à main gauche la Bank of Ireland, le bâtiment a été conçu par Edward Lovett Pearce, construit entre 1729 et 1739. A main droite, Trinity College, un endroit très agréable, avec beaucoup de verdure (squares de gazon ras très oxbridge), mêlant des bâtiments XVIIIe siècle à des constructions plus récentes, le tout harmonieusement enchâssé. Il est recommandé de faire un saut par l’Old Library, le Book of Kells et d’autres merveilles s’y trouvent.
17h30. On peut terminer cette journée de visites en empruntant la sortie sur Nassau Street. Tout du long de Grafton Street, on peut faire un peu de shopping, puis flâner à St Stephen’s Green, un square très raffiné et très reposant. Autour l’on trouve les plus beaux restes du Dublin georgien : les terraces bien alignées, les portes multicolores qui débouchent sur Merrion Square, fleuron du style. On terminera cette longue promenade en empruntant Kildare Street. On y verra les bâtiments du National Museum, la Leinster House, construite par l’architecte Richard Castle en 1745 et qui imprima le premier mouvement de migration des gens aisés vers le Sud de Dublin. S’il vous reste un moment le lendemain matin, faîtes un saut à la National Gallery, dans Leinster Lawn, juste derrière Kildare Street.
Il est tard, la journée fut longue, une bière dans un Pub serait la bienvenue. Ca tombe plutôt bien, en trois minutes on peut se rendre au Kehoe’s, off Grafton Street, De là, la soirée roulera en pente douce et mousseuse de pub en pub ou de pub en clubs (voir Rubrique Où boire ? Où sortir le soir ?).
Environs de Dublin
Dun Laoghaire
A quelques encablures de Dublin, 20mn par le DART, équivalent du RER, vous vous trouvez plongés dans une ambiance de port breton. Un vieux village aux ruelles escarpées vous ouvrira les portes de ses Pubs marins aux fortes odeurs de tourbes qui brûlent dans la cheminée. En été vous préférerez les balades sur le port où ont lieu des concerts en plein air.
Howth
Toujours par le DART mais à l’autre bout de la ligne, une petite ville côtière, charmante, moins imposante que la précédente et plus confinée. Une longue promenade est possible qui longe la plage puis les falaises.
En Ulster…
Belfast
Bien sûr, Belfast est marqué par son histoire violente des rivalités entre Protestants et Catholiques. La ville, pour ces raisons mêmes, mérite qu’on s’y arrête ne serait-ce qu’une journée. Par sécurité, le centre ville est interdit aux voitures. Cela lui confère le charme d’un espace piétonnier qui n’est pas désagréable. Dans le quartier universitaire, on ira voir l’Ulster Museum and Art Gallery.
Au nord encore
On pourra faire un saut de puce à la chaussée des Géants, au nord de l’île, en Ulster. Au bord de la mer, un ensemble naturel de colonnes prismatiques de basalte qui paraît être tout droit sorti de l’imagination d’un sculpteur.
