Guide Voyage Berlin - KARAVEL
 

Berlin

Visites

Les grands classiques

Potsdamer Platz

C’était la place mythique du Berlin de l’entre-deux-guerres. Les habitants s’y rencontraient jour et nuit dans les nombreux bars. Trente-quatre lignes de tramways se croisaient sur ce carrefour très animé. Le premier feu réglementant la circulation d’Europe y fut d’ailleurs implanté en 1926.

Pendant la deuxième guerre mondiale, la place fut entièrement anéantie . A la jonction des secteurs américain, britannique, et soviétique, elle devint le lieu privilégié du marché noir. En 1961, lorsque le Mur fut construit, la Potsdamer Platz prit des allures fantomatiques. Imaginez un gigantesque no man’s land au milieu de la ville, entrecoupé d’un grand mur gris. On surnommait ce lieu la “bande de la mort”, car les soldats n’hésitaient pas à tirer sur les fugitifs de l’Est. Aujourd’hui, des efforts ont été réalisés pour faire de la Potsdamer Platz le symbole de la nouvelle Berlin unie. Sony a établi ici son siège européen. Les multinationales utilisent la place pour développer les échanges entre l’Est et l’Ouest. Les nouveaux bâtiments reflètent un esprit d’avant-garde. Le paysage semble futuriste. Un seul édifice historique subsiste, la Weinhaus Huth, qui date de 1911.Nouvelle synagogue

Lorsque la synagogue ouvrit, en 1866, c’était l’une des plus belles d’Europe. Son architecte, Kboblauch, prit pour modèle l’Alhambra de Grenade. Le dôme doré qui la couronne est encore un des symboles de Berlin.

Peu après l’avènement d’Hitler, un musée fut créé dans la synagogue. Son but : mieux faire connaître la culture de la communauté juive de Berlin. Dans l’atmosphère d’antisémitisme régnant, c’était prendre un risque. Durant la nuit de cristal (9/10 novembre 1938), la synagogue fut incendiée et profanée. En 1943, les bombardements endommagèrent considérablement l’édifice. La décision de reconstruire véritablement la synagogue ne fut prise qu’en 1988. Elle rouvrit  ses portes en 1995, après 7 ans de travaux. A cette occasion, une cérémonie fut organisée en présence du Chancelier Helmut Kohl et du Président Roman Herzog.

Les visites vous permettent aujourd’hui de découvrir l’intérieur de la synagogue. Admirez les motifs floraux sculptés sur les portes en bois. L’influence mauresque est évidente.

Une exposition permanente, organisée par la fondation du centre judaïque, présente la vie de la communauté juive de Berlin et de Brandebourg. Vous pouvez voir des objets de culte retrouvés dans les ruines de l’ancienne synagogue. Certains vestiges du bâtiment originel sont également visibles. A côté des souvenirs historiques, la fondation accorde une place importante aux travaux actuels d’enfants d’écoles juives de Berlin. Des masques en papier mâché réalisés pour des fêtes religieuses, et des tableaux inspirés de Chagall viennent notamment égayer la collection.

Des expositions temporaires ont lieu au premier étage, dans une pièce où se rassemblait le conseil de la communauté juive. En sortant, vous trouverez une galerie d’art juif, au numéro 31 d’Orienburgerstrasse.

Fernsehturm

Cette tour, haute de 365 m, est surnommée l’asperge (Telespargel). Lorsqu’elle fut construite, entre 1965 et 1969, elle se trouvait à l’est de la ville. Visible de très loin, elle devait symboliser la grandeur du régime socialiste allemand. Les habitants de l’Ouest la regardaient d’un air moqueur.

Maintenant, c’est l’une des plus grandes attractions touristiques de la ville.

En haut, vous apercevez une énorme boule d’acier. Différentes installations techniques sont logées ici. Montez sur la plate-forme d’observation. D’ici, vous obtiendrez une des plus belles vues sur Berlin. On est frappé par l’ampleur des espaces verts. Situé sur un anneau mobile, le café panoramique accomplit une rotation complète en une heure. Ne manquez pas de participer à un brunch thématique. Le brunch aux asperges, par exemple, vous permet de manger des asperges à volonté, et de découvrir l’eau de vie d’asperge !

A l’étage du hall d’entrée, une galerie abrite des expositions temporaires. Des concerts et des représentations théâtrales peuvent aussi avoir lieu.

Si vous souhaitez acheter un souvenir, vous trouverez des miniatures de la tour. Elles existent dans toutes les couleurs.

Musée de Pergame

C’est l’un des plus beaux musées archéologiques du monde. L’Antiquité y est représentée en grandeur nature. Des portes de temples, et des façades de châteaux ont été transportées ici. Vous aurez l’impression d’être projeté dans le temps, à l’époque où ces décors somptueux étaient habités. En entrant dans le musée, on est  frappé par la hauteur des plafonds. Le bâtiment fut construit après que les vestiges archéologiques aient été disposés.

Le musée se divise en trois collections : la collection des antiquités, le musée du Proche-Orient et le musée d’Art islamique.

Admirez dans la collection d’antiquités l’autel de Pergame. Il provient d’Asie mineure. C’est lui qui a donné son nom au musée. Il fut donné par la ville de Pergame, en offrande à Athéna autour de 160 av. JC. Les sculptures sur son bas-relief de marbre illustrent le combat des dieux contre les géants.

Dans une autre salle, vous découvrirez la porte du marché de Milet construite en 120 ap. JC. Le reste de la collection de l'Antiquité est essentiellement constitué de sculptures grecques.

Le musée du Proche-Orient couvre 14 salles. En longeant la voie sacrée qui conduisait à Babylone, vous vivrez une expérience impressionnante. Traversez le long couloir bleu, puis franchissez la porte d’Ishtar, datant de l’époque de Nabuchodonosor II (VIIe siècle ap. JC). Ce voyage vous conduit aux antiquités du Proche-Orient.

Le musée d'Art islamique se trouve au premier étage. Il retrace toute l’histoire de l’art islamique et préislamique. Vous y trouverez des tapis, des céramiques, des enluminures et de la calligraphie. On remarque surtout la façade du château omeyyade de Mchatta. Découverte près d’Amman, elle date du VIIIe siècle. Admirez aussi les boiseries peintes. Elles proviennent de la chambre d’Alep, la salle de réception d’un marchand de Syrie.

Musée égyptien

Le musée d’Art égyptien de Charlottenburg reçoit chaque année des centaines de milliers de visiteurs. Son succès est en grande partie dû à la présence d’une seule œuvre : le buste de Néfertiti.

Il se trouve au rez-de-chaussée, dans le Pavillon Stüler. Le buste fut retrouvé à Tell-el-Armana, dans l’atelier du sculpteur officiel de la cour. Ce n’était pas une œuvre en soi, mais un modèle pour réaliser les différentes effigies de la reine. C’est peut-être ce qui explique qu’il reste inachevé (il lui manque un œil).

Dans une autre partie du musée, les anciennes écuries, vous pouvez voir toute une série d’effigies royales : des portraits et reliefs d’Akhenaton, de Toutankhamon, et de différentes princesses. Après avoir vu le buste-modèle, vous reconnaîtrez facilement les portraits de Néfertiti.

Pour remercier la RFA de l’avoir aidé à transporter le temple de Kalabsha en dehors d’une zone inondée par les travaux du barrage d’Assouan, l’Egypte lui fit cadeau d’une porte. La porte du temple de Kalabsha constitue l’une des plus belles pièces du musée. Elle date de l’Egypte romaine (20 av. JC).

Plusieurs objets, trouvés dans des maisons particulières, enrichissent également la collection du musée égyptien. Vous pourrez voir des flacons de parfum, des bijoux, des vases... Certains animaux en faïence, comme par exemple un petit hérisson bleu, ne manqueront pas de vous séduire.

Lors de la division de Berlin, le patrimoine culturel de la ville fut arbitrairement séparé.

Une grande partie de la collection berlinoise consacrée à l’Egypte se trouve encore au musée Bode, à l’Est de la ville. La réunification des musées prend du temps. Il faudra attendre quelques années pour rassembler les deux collections. Toutes deux se rejoindront sur l’île des musées, là où elles étaient exposées avant la seconde guerre mondiale.

Colonne de la Victoire

Tous ceux qui ont vu Les ailes du désir, de Wim Wenders, reconnaîtront cet ange doré qui surplombe Berlin. La colonne de la Victoire fut élevée en 1864, sur la volonté de Guillaume Ier, pour commémorer la victoire de la Prusse sur la France, le Danemark et l’Autriche. Contournez son socle de marbre rose, vous pourrez voir différentes scènes en bronze. L’une d’entre elles, réalisée par Carl Keil, montre la capitulation de la France face à l’Allemagne, le 2 septembre 1870 : le général français Reille brandit un document de capitulation devant une troupe de soldats à cheval. La statue de la Victoire se situe au croisement des cinq grandes avenues qui traversent le Tiergarten. D’en haut, vous pourrez avoir une vue panoramique sur toute la ville. Le monument est entouré par la forêt. La colonne fait 69 m de hauteur. Il faut compter 265 marches pour atteindre son sommet, mais l’effort est bien récompensé. Une première halte à mi-chemin vous permet de découvrir de belles mosaïques recouvrant la colonne. A la fin de votre ascension, vous vous retrouvez sous les ailes de la déesse de la Victoire. L’ange mesure 8,3 m et pèse 35 t. Regardez l’aigle posé au sommet de sa tête. C’est le symbole de la Prusse. Sa présence transforme l’ange en une personnification de la Prusse.

Au rez-de-chaussée, une exposition fournit des détails sur les origines du monument.

Karl-Marx-Allee

Cette ancienne avenue de prestige de la RDA constitue une illustration impressionnante de l’architecture stalinienne. Avec ses 80 m de large, elle mesure 20 m de plus qu’Unter den Linden. Tout y est démesuré. Les immeubles qui la bordent comptent une dizaine d’étages. Leur couleur blanc cassé fait penser à du sucre. Les trottoirs sont également très larges.

La Karl-Marx-Allee fut construite, après la seconde guerre mondiale, sur les ruines de la Frankfurter Allee. Elle prit tout d’abord le nom de Stalin Allee. A l’époque, elle était destinée à recevoir les parades militaires, et toutes les autres manifestations organisées par le régime communiste.

La première révolte survenant dans le bloc communiste démarra ici. En juin 1953, 70 maçons du "bloc 40" du chantier de la Stalin Allee s’insurgèrent contre une augmentation de 10 % des normes de productivité. Les slogans s’en prirent rapidement au pouvoir politique en place. Un appel fut lancé à tous les travailleurs. La manifestation se termina dans le sang.

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