Ecosse
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
En retrait par rapport à la littérature • De grands portraitistes au XVIIIe et XIXe siècle • Les Highlands et la mer : deux thèmes inépuisables.
Jusqu'au début du XVIIe siècle, les tableaux religieux ou les portraits de cour consacrés à l'Ecosse sont l'œuvre de peintres flamands. Ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que se manifestent les prémices d'une école de peinture écossaise, sous l'impulsion du portraitiste George Jameson puis de quelques-uns de ses élèves comme Scougall ou Wright.
Portraits et paysages
Mais l'intérêt profond pour la peinture écossaise date surtout de la fin du XVIIIe siècle, avec deux genres consacrés, le portrait et le paysage. Henry Raeburn est sans doute l'artiste le plus brillant et le plus célèbre de l'époque. La plupart de ses illustres contemporains posent pour lui, et il est le premier peintre écossais à véritablement faire carrière dans son pays. A la même époque, John Thomson révèle le genre du paysage, suivi par James Tassie, dont les miniatures sont de véritables chefs-d'œuvre.
Naissance d'écoles écossaises
1826 est une date essentielle car elle marque l'ouverture de la Scottish Academy, qui consacre la spécificité de la peinture écossaise. Si ses premiers représentants sont tombés aux oubliettes, les spécialistes s'attardent volontiers sur l'œuvre de William Mac Taggart. Comme les impressionnistes, Mac Taggart s'attache à travailler la lumière. A l'époque, les Highlands sont un "terrain de jeu" privilégié pour nombre d'artistes, fascinés par la dureté des paysages et les conditions de vie difficiles. Ecrivains et peintres étrangers y séjournent, à l'instar du célèbre peintre anglais J.M.W. Turner.
A la fin du XIXe siècle, Glasgow connaît un petit renouveau artistique, en pleine période d'industrialisation. Certains grands capitaines d'industrie de l'époque ne rechignent pas, en effet, au mécénat. C'est la naissance du mouvement des Glasgow Boys qui, peu à peu, délaisse le réalisme et se dirige vers une peinture plus libre. Parmi eux, citons George Henry. Loin d'être oubliés, ses tableaux sont encore exposés dans les galeries du monde entier. Au début du XXe siècle, les Scottish Colourists, dont Francis C. B. Cadell reprennent l'influence des fauvistes et cubistes. Industrialisation oblige, les peintres de cette période donnent plus de place à l'évocation de la vie urbaine.
Le XXe siècle
Aujourd'hui, la peinture écossaise participe au dynamisme artistique international. Certains thèmes inépuisables (la mer ou les Highlands) sont exploités par de nombreux peintres, comme Will Mac Lean ou John Bellany. Les Glasgow Painters, issus des années 80, sont reconnus dans le monde entier. Dans certains musées, les œuvres les plus contemporaines ont aussi leur place, comme au City Art Centre d'Edimbourg, qui consacre ses vastes salles à des expositions assez étonnantes.
6 tableaux emblématiques
The Blind Fiddler, David Wilkie (début XIXe siècle)
Monarch of the Glen, Edwin Landseer (1851)
The Sailing of the Emigrant Ship, William Mac Taggart (1895)
The Druids : Bringing in the Mistletoe, George Henry et Edward A. Hornel (1890)
Three Fishers, John Bellany (années 1960)
La musique
En bref
Un emblème : la cornemuse • Une musique traditionnelle celtique encore bien vivante • Une scène rock et électro très dynamique.
Immortels "pipe bands" et cornemuse
Qui dit musique écossaise dit cornemuse ! Aujourd'hui, les pipe bands, composés de cornemuses et de percussions, font le tour des festivals celtiques et sont reconnus dans le monde entier. Mais à l'origine, la cornemuse écossaise se jouait en solo, pour ce qu'on appelle en gaélique le piobaireachd, la grande musique écossaise. Cette musique était jouée lors de grandes occasions, moments importants de la vie des clans (naissance, décès, batailles…). A cette grande musique, la tradition ajoute la musique légère, les danses et les marches, jouées en groupes. Au-delà du domaine musical, la cornemuse, introduite au XVe siècle, est un véritable emblème du pays et son souffle ne s'est jamais altéré. Dans les villes, il est fréquent de croiser quelques joueurs, installé à un coin de rue, le kilt réglementaire bien ajusté, inondant les rues alentour d'airs traditionnels.
Tous les touristes en balade en Ecosse sont frappés par l'omniprésence de la musique. Tous les pubs, ceux des grandes villes comme ceux des ports ou des villages de campagne, proposent une programmation de groupes musicaux, partagée entre musique celtique, folk et rock pop.
Du rock à l'électro
A chaque nouvelle mode musicale, l’Ecosse fournit un fort contingent d'artistes talentueux et souvent célèbres. Les années 80 voient l'avènement des post-punks de Simple Minds, emmenés par leur leader charismatique, Jim Kerr, qui, pour les derniers albums du groupe, s'en alla "pêcher" et reprendre de vieux airs de la tradition celtique. Sur quelques tournées, les Simple Minds invitent un autre groupe rock écossais en première partie, The Silencers, qui volera de ses propres ailes le temps de deux albums à succès. C'est aussi l'époque faste de The Jesus and Mary Chain (précurseurs de la noisy pop). On remarque les débuts de la variété sucrée de Wet Wet Wet et la naissance de Texas, mené par la belle Sharleen Spiteri, qui a depuis mis un gros soupçon de variété dans son blues-rock des débuts. The Waterboys traversent aussi les années 80 en mêlant rock et profondes influences celtiques. Côté dance et disco, Jimmy Sommerville (Glasgow) est omniprésent dans les charts internationaux, avec Bronski Beat puis The Communards. Le début des années 90 consacre Primal Scream, dans un mélange de rock psychédélique et de dance. Groupe phare actuel, Belle and Sebastian distille un folk nuancé et moderne. Mogwai, dans un tout autre style, assène ses expérimentations musicales "bruitistes". Aujourd'hui, la scène dance et électro écossaise est l'une des plus dynamiques d'Europe. De nombreux labels lancent leurs artistes dans les clubs, boîtes et salles de concert d'Edimbourg et de Glasgow.
L'architecture
En bref
Architecture religieuse et Réforme • Demeures et châteaux sous toutes leurs formes • Glasgow, centre du foisonnement architectural actuel.
Des églises désacralisées
L'architecture religieuse en Ecosse est tributaire d'une histoire mouvementée. A partir du XIe siècle, lorsque l'Eglise catholique romaine remplace l'Eglise celtique, des églises et des cathédrales sortent de terre selon des plans romans puis gothiques. A l'époque, l'Angleterre influence grandement l'architecture écossaise. Au XVe siècle, du fait des guerres et des relations difficiles entre les deux pays, se développe alors un style local qui engendre la construction d'églises fortifiées. A partir de 1560, la Réforme et le triomphe des presbytériens provoquent la désacralisation des églises catholiques, alors que naît un style beaucoup plus dépouillé et austère. Le XIXe siècle, lui, voit l'émergence du néo-gothique.
Châteaux et manoirs
L'image d'Epinal écossaise, un robuste château dressé en haut d'une falaise ou au bord d'un loch, apparaît dès le XIIe siècle, en même temps que le nouveau modèle féodal emprunté à l'Angleterre. Au XIVe siècle, apparaît la tower house (ou maison forte), inspirée du donjon, en général habitée par des nobles peu riches. Au XVIe siècle, ces maisons sont agrandies d'ailes et de tourelles. De cette inspiration et de la Renaissance naît, au XVIIe siècle, le style baronial. Nombre de détails extérieurs et intérieurs embellissent les châteaux, sous les influences continentales et italiennes. Pourtant construit au XIXe siècle, le château de Balmoral, cher à la reine Victoria, répond à ce style baronial.
Au XVIIIe siècle, la mode des tower houses passe et les architectes bâtissent de grands manoirs néo-classiques au plan symétrique. La dynastie Adam, architectes de père en fils, marque alors son époque, non seulement en Ecosse mais dans l'Europe entière. Le style seigneurial, caractérisé par une asymétrie des façades des châteaux, marque le XIXe siècle.
Le nouveau visage d'Edimbourg et de Glasgow
Aux XVIIIe et XIXe siècles, sont également érigés de magnifiques bâtiments néo-gothiques et palladiens. C'est aussi à cette époque que la New Town d'Edimbourg est construite avec, au long de ses rues disposées en plan orthogonal, des superbes demeures georgiennes. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, la révolution industrielle donne à Glasgow un élan économique sans précédent, et se traduit par de nombreuses constructions nouvelles au cœur même de la ville. L'heure est à l'éclectisme architectural. Alexander "Greek" Thomson marque la ville de son empreinte et de ses inspirations antiques, comme sur Saint Vincent Street Church. L'activité industrielle "appelle" la construction d'ateliers et de manufactures. Les architectes utilisent les nouveaux produits liés à la métallurgie et donnent naissance à des cast-iron buildings (immeubles en fonte) et des wrought buildings (immeubles en fer forgé).
En 1891, à l'école des Beaux-Arts de Glasgow, se forme le "les Quatre de Glasgow" autour de Charles Rennie Mackintosh. Les Glasgow Four lancent le Glasgow Style, qui interprète l'Art nouveau et mêle tradition celtique et références diverses, touchant aussi bien l'architecture que les arts décoratifs. Si Mackintosh est aujourd'hui considéré comme le plus fameux architecte écossais, si les salles de The Lighthouse à Glasgow sont en partie consacrées à son œuvre, il fut incompris à son époque.
Au XXe siècle, Glasgow ne se départit cependant pas de son image de ville triste et industrieuse. Elle est pourtant la vraie métropole écossaise, recouvrant depuis une quinzaine d'années son rayonnement culturel et un foisonnement architectural digne d'intérêt. Certains quais, le long de la Clyde, sont aménagés en promenade, et de nombreux quartiers sont l'objet d'heureuses rénovations ou de constructions résolument modernes. En 1999, la ville fut même déclarée capitale de l'architecture et du design du Royaume-Uni. Edimbourg, elle, n'a guère changé depuis le XIXe siècle, le centre de la ville se partageant toujours entre Old Town la médiévale et New Town la georgienne. Entre les deux, des bâtiments façon temples grecs, bâtis au XIXe siècle, qui ont valu à la ville le surnom d'Athènes du Nord.
Le Who's who des architectes écossais
William Bruce (fin du XVIIe siècle) : un architecte adepte du style classique, caractérisé notamment par la stricte symétrie des façades. On peut toujours visiter Kinross House, dans la péninsule de Fife, manoir qu'il se fit construire et agrémenta de très beaux jardins.
Robert Adam (XVIIIe siècle) : le plus illustre de la dynastie Adam, tous architectes. Il construit de grands manoirs néo-classiques et s'inspire du registre antique. Son influence s'étend à l'Europe et à l'Amérique. Parmi ses chefs-d'œuvre, le Culzean Castle, dans l'Ayrshire.
Alexander Thomson (XIXe siècle) : architecte phare du siècle. A Glasgow, il bâtit immeubles, villas, églises et entrepôts puisant incessamment dans le répertoire de la Grèce antique. Les habitants de Glasgow lui doivent Saint Vincent Church.
William Leiper (XIXe siècle) : en 1889, il construit la Templeton's Carpet Factory, fabrique de tapis, extravagant bâtiment de style vénitien inspiré du palais des Doges à Venise, alliant grès, brique polychrome et céramique.
Charles Rennie Mackintosh (fin XIXe-début XXe siècle) : le plus célèbre. Crée le groupe des "Glasgow Four" et le "Glasgow Style". Architecte et décorateur d'avant-garde, il incarne l'Art nouveau en Ecosse. Son chef-d'œuvre : la Glasgow School of Art.
Un style, un monument
Architecture pré-romane : la tour ronde de Bréchin (XIe siècle), dans la région de Dundee.
Gothique (XIIIe siècle) : la cathédrale de Glasgow.
Baroque-palladien (XVIIe siècle) : Duff House, dans le nord-est, entre Macduff et Banff.
Monumental (1792) : Charlotte Square à Edimbourg.
Seigneurial (XIXe siècle) : Torosay Castle, sur l'île de Mull.
Géorgien (XIXe siècle) : New Town à Edimbourg.
Art Nouveau : The Glasgow School of Art.
Architecture contemporaine : The Scottish Exhibition ad Conference Center (SECC) à Glasgow.
