Ecosse
Histoire
En bref
Un royaume celte uni au XIe siècle • Guerres d'indépendance et guerres de religion • Une souveraineté retrouvée.
Création du royaume d’Alba
Au Néolithique, on remarque deux mouvements de colonisation du territoire de l'Ecosse actuelle, l'un venu de Méditerranée et l'autre d'Europe continentale. Durant les siècles précédant le début de notre ère, des peuples celtiques débarquent à leur tour et fondent des colonies. Parmi eux, les Pictes. Après le renoncement des Romains à conquérir l'Ecosse, et juste avant leur retrait de Grande-Bretagne, ce sont les Scots (ou Gaëls), peuple celte venu d'Irlande, qui posent pied en terre écossaise, (500 ap. JC). En 843, Kenneth Mac Alpin, roi des Scots, devient roi des Pictes et unifie les deux royaumes en un seul sous le nom de royaume d'Alba. Au début du XIe siècle, Strathclyde et Lothian sont intégrés au royaume d'Alba (l'unité d'un royaume d'Ecosse sera totale avec la "récupération" des Hébrides au XIIIe puis des Orcades et des Shetlands au XVe siècle). Un roi scot, Malcolm III Canmore, se fait couronner à Scone, sur une mystérieuse pierre importée d'Irlande. C'est le premier couronnement connu dans l'histoire de l'Ecosse.
Disparition de l’église celtique
En 1070, le roi épouse une princesse anglaise, Marguerite (sainte Marguerite, dont on peut voir la chapelle qui lui est dédiée, perchée près du château d'Edimbourg). Celle-ci décide de mettre l'Eglise écossaise en plus étroite conformité avec l'Eglise catholique romaine. L'anglais devient la langue du clergé. L'Eglise celtique disparaît. David, fils de Malcolm et de Marguerite, s'inspire du système anglais pour transformer la nouvelle Eglise et la société. Il donne aussi des postes importants, dans l'Etat et l'Eglise, à des nobles anglo-normands, les barons. Ceux-ci s'installent sur les terres du roi et les protègent. Ils se heurtent à la résistance des Gaëls dans les Highlands.
Début des guerres d’indépendance
L'Angleterre veut "mettre la main" sur l'Ecosse. Pour cela, Edouard Ier, roi d'Angleterre nomme lui-même un “roi” fantoche (John Balliol). Bientôt l'Ecosse suffoque sous la mainmise anglaise. Un nouvel élan de patriotisme naît en Ecosse, derrière William Wallace d'abord puis derrière Robert Bruce. Ce dernier restaure la royauté écossaise et, sur le terrain, obtient un succès militaire décisif contre les Anglais à Bannockburn, en 1314. Cette victoire débouche sur le traité de Northampton (1328) qui entérine l'indépendance de l'Ecosse et aboutit à la création du premier parlement écossais.
1re union des couronnes anglaises et écossaises
David II, fils de Robert Bruce, doit faire face à l'ambition du nouveau roi d'Angleterre, Edouard III. Celui-ci soutient Edouard Balliol, fils de John Balliol. Les guerres d'indépendance reprennent. En 1332, Balliol écrase les armées de David II. Proclamé roi d'Ecosse à Scone, il reconnaît Edouard III comme son suzerain, puis lui cède des comtés du sud de l'Ecosse. Les nationalistes écossais battent Balliol puis tentent d'envahir l'Angleterre, en tant qu'alliés de la France. Celel-ci est liée à l'Ecosse depuis 1326 par l'Auld Alliance. C'est l'échec, David II est emprisonné.
Le chardon, emblème de l'Ecosse
Chaque hiver, lors du tournoi des six nations de rugby, les joueurs écossais s'avancent sur le pré arborant fièrement le chardon sur leur puissant poitrail. Si son emblème est plus piquant que la rose anglaise ou le trèfle irlandais, l'équipe d'Ecosse subit depuis quelques années de cuisantes défaites contre ses voisins britanniques. C'est pourtant une victoire qui décida les Ecossais à adopter le chardon comme emblème du pays. Au début du XIVe siècle, à l'époque des guerres d'indépendance, les troupes anglaises décidèrent une nuit d'attaquer l'ennemi écossais par surprise. Afin de ne point faire de bruit pour que l'effet soit total, ils y allèrent pieds nus… Les chardons n'avaient pas “rentré” leurs épines et les infortunés soldats anglais ne purent retenir des hurlements de douleur à chacun de leur pas. Les Ecossais, ainsi prévenus, chassèrent leur ennemi et lui infligèrent une mémorable déroute. Depuis ce jour, le chardon est l'emblème de l'Ecosse.
Les Stuart et les Tudor
Robert II, premier de la dynastie des Stuart, et ses descendants, se heurtent aux barons qui prennent de plus en plus d'indépendance. Durant tout le XVe siècle et la première moitié du XVIe siècle, l'Ecosse évolue (création de la première université, à Saint-Andrews, en 1412). Les luttes sont incessantes entre la couronne et les barons. Jacques IV (roi de 1488 à 1513) met fin à la résistance de ces derniers. Il signe un traité de paix perpétuelle avec l'Angleterre (1502). L’année suivante, il épouse Marguerite Tudor, fille du roi d'Angleterre Henri VII. Ce mariage présage d'une union des couronnes écossaise et anglaise, qui n'interviendra finalement qu'un siècle plus tard. Car Jacques IV, fidèle à l'Auld Alliance avec la France, tente une invasion de l'Angleterre qui tourne à la déroute et le conduit à la mort, à Flodden en 1513. L'Ecosse est vaincue et perd son indépendance totale vis-à-vis de l'Angleterre.
2e union des couronnes anglaises et écossaises
A l'époque, la Réforme est au cœur des relations entre les deux pays. Jacques V (roi de 1513 à 1542) refuse de suivre Henri VIII dans son opposition au pape et fait alliance avec la France. Sa tentative d'invasion de l'Angleterre tourne au désastre (1542). Il meurt et son épouse Marie de Guise régente le pays avant que leur fille Marie Stuart ne devienne reine d'Ecosse. Catholique élevée en France, elle se heurte aux problèmes religieux et au protestantisme naissant de certains nobles et de la bourgeoisie. C'est le début du mouvement de la Réforme en Ecosse, sous l'égide de John Knox. En 1560, la réunion d'un parlement décide la mise en place d'une Eglise réformée dite presbytérienne. Le règne de Marie Stuart (1542-1567) est un véritable bras de fer avec John Knox et ses partisans, décidés à mettre à mal la monarchie catholique. Marie contrainte d'abdiquer, son fils Jacques VI lui succède, après plusieurs régences instables. Arrière-arrière-petit-fils d'Henri VII, il est aussi le successeur légitime d'Élisabeth, reine d'Angleterre, qui n'a pas de descendance. Jacques VI a cette ambition de devenir roi d'Angleterre et suit une ligne de gouvernement anglophile et protestante. A la mort d'Élisabeth, en 1603, Jacques VI d'Ecosse devient aussi Jacques Ier d'Angleterre, réunissant ainsi les couronnes des deux pays.
Querelles religieuses et fin des Stuart
Le XVIIe siècle est marqué par un climat de guerre civile et religieuse. Charles Ier, fils de Jacques VI, décide d'imposer la liturgie anglicane à l'Ecosse, ce qui provoque des émeutes dans tout le pays. Les adversaires de Charles, toutes classes sociales confondues, signent un National Covenant en 1638. S'il garantit leur loyauté envers le roi, ce document vise aussi à rétablir l'ordre presbytérien. En 1643, ces décisions sont ratifiées par le parlement anglais. Quand la guerre civile éclate en Angleterre, les presbytériens écossais prennent parti contre le roi Charles. L'armée royale est battue par les troupes de Cromwell (pro-parlementaires). En Ecosse, Charles Ier trouve le soutien des Highlanders, catholiques mais déjà influencés par l'Eglise anglicane et qui rejettent les presbytériens. Pourtant les “Covenantaires” viennent à bout des Highlanders et Charles Ier est exécuté. A la mort de Cromwell, Charles II puis son frère Jacques VII d'Ecosse (Jacques II d'Angleterre – 1685-1688) tentent d'imposer le catholicisme comme religion d'état. En vain, les Stuart perdent la couronne d’Angleterre.
Union avec l’Angleterre et abolition du parlement écossais
La crise religieuse prend fin sous Guillaume d'Orange, époux de Marie et fille de Jacques VII, qui reconnaît l'église presbytérienne écossaise. Au début du XVIIIe siècle, l'Ecosse se voit contrainte de choisir entre son entente avec la France, et l'Angleterre. Les perspectives de commerce avec les colonies anglaises et l'idée que leur église presbytérienne serait mieux défendue par une Angleterre protestante, même épiscopalienne, que par une France catholique romaine, pousse l'Ecosse à signer l'Acte d'union de 1707 avec l'Angleterre. Le parlement écossais est aboli, et le pays est assujetti aux décisions politiques de Westminster.
Soulèvements jacobites
Le XVIIIe siècle est marqué en Ecosse par deux soulèvements des Jacobites, opposants au régime et favorables au retour d'un Stuart sur le trône. Le premier, en 1715, est vite réprimé. Le second, autour du Prince Charles-Edouard (Bonnie Prince Charlie), aboutit à l'installation de ce dernier au château de Holyrood à Edimbourg. Il proclame son père seul souverain légitime sous le nom de Jacques VIII d'Ecosse (hypothétique Jacques III d'Angleterre). Mais la tentative d'invasion de l'Angleterre par les Jacobites est écrasée à Culloden, en 1746, par le duc de Cumberland, fils de George III (alors roi d’Angleterre). Les Highlanders, acquis à la cause des Jacobites, sont durement réprimés et leur culture étouffée. Les Highlands se vident et les propriétaires expulsent des familles entières de fermiers, réorganisant leurs propriétés pour le très lucratif élevage du mouton. C'est le temps des Clearances, heures très dures pour les Highlanders. Un décret de 1880, interdisant ces expulsions, y mettra fin.
Souveraineté retrouvée
Dans les Lowlands, le XIXe siècle est marqué par l'industrialisation de Glasgow. La ville s'étend ; les quartiers ouvriers et pauvres aussi. Dans le même temps, Edimbourg s'affirme comme la capitale intellectuelle et artistique du pays. En 1822, George IV est le premier roi, depuis la fin des Stuarts, à se rendre en visite officielle en Ecosse. La reine Victoria, à son tour, porte de l'intérêt à l'Ecosse et notamment au château de Balmoral dont elle fait l'un de ses lieux de résidence privilégiés. Le XXe siècle voit renaître le sentiment national écossais, avec la création du Parti national écossais (SNP), en 1928. En 1970, il obtient son premier représentant à la Chambre des communes anglaise. En 1979, un premier référendum de Devolution a pour résultat de transférer certains pouvoirs de Westminster à une assemblée siégeant à Edimbourg. En mai 1999, un parlement autonome est élu, dont la première séance est ouverte par la reine Elisabeth II. L'Ecosse retrouve ainsi sa souveraineté (perdue en 1707) et les pleins pouvoirs dans de nombreux domaines.
6 dates clés
843 : Kenneth MacAlpin, 1er roi des Scots et des Pictes.
1314 : Victoire de Robert Bruce sur les Anglais à Bannockburn.
1688 : reconnaissance de l'Eglise presbytérienne.
1707 : acte d'union des royaumes anglais et écossais.
1928 : création du Parti national écossais (SNP).
1999 : élection du parlement écossais.
