Guide Voyage Vienne - KARAVEL
 

Vienne

Repères

Histoire

En bref

Quatre empires sinon rien • Une monarchie fragile • Le XXe siècle ou la valse des extrêmes

L’Empire Romain

Au carrefour de routes commerciales et stratégiques en Europe, “Vindobona” est le bastion des légions romaines qui défendent l’Est de l’Empire. A la fin du IIe siècle ap. JC, la ville est pourtant détruite à deux reprises par les barbares. Mais elle se relève et acquiert bientôt le statut avantageux de Municipium. Ce qui signifie une autonomie par rapport à Rome et un accès à la citoyenneté romaine avec tous ses privilèges. Au IVe siècle, les grandes invasions barbares marquent le déclin de l’empire. Vienne passe alors sous la tutelle des Lombards, des Avars et des Slaves.

L’Empire Carolingien

Sous le règne de Charlemagne, Vienne et l’Autriche, alors appelée Ostmark (Marche de l’Est), retrouvent une certaine stabilité. Au IXe siècle, l’Empire Carolingien s’effondre et Vienne est à la merci de l’envahisseur hongrois.

Le Saint-Empire romain germanique

Otton Ier victorieux des Hongrois, fonde le Saint-Empire romain germanique qui rassemble les royaumes de Germanie, d’Italie et de Bourgogne. Cet événement marque le début d’une destinée commune et glorieuse avec l’Autriche.

Son successeur octroie la seigneurie de l’Ostmark à Léopold de Babenberg, le premier d’une dynastie qui assumera cette charge avec succès pendant 162 ans. Vienne devient d’ailleurs la seconde ville de l’empire. Bientôt, elle se voit doublement consacrée. D’abord élevée au rang de duché, elle reçoit ensuite le statut de ville impériale.

De 1250 à 1273, le trône de l’empire est vacant. Ottokar II de Bohême, qui revendique celui-ci, s’empare de Vienne. Il croit alors pouvoir devancer le vote des princes allemands et du pape à son élection, voire s’en affranchir. Il entreprend donc sans tarder quelques travaux d’aménagement dans son château, la future Hofburg. Contre toute attente, le nouvel empereur ne se nomme pas Ottokar mais Rodolphe Ier de Habsbourg.

Vienne et les Habsbourg

Rodolphe revendique légitimement l’Autriche toujours occupée par Ottokar. Ce n’est qu’après avoir tué son ennemi que Rodolphe récupère ce qui lui revient de droit et fait de Vienne sa capitale. Il en confie l’administration à un maire. Ses héritiers contribuent, en qualité de ducs, archiducs ou d’empereurs à l’agrandissement et à l’enrichissement de la ville. En 1365, celle-ci se voit fièrement dotée d’une université.

Au XVe siècle, Vienne se distingue en tant qu’évêché. En 1485 le roi de Hongrie, Mathias Corvin, assiège la ville pendant quatre mois. Par chance, l’envahisseur décède et l’empereur Maximilien de Habsbourg peut reprendre le contrôle de la ville. En épousant Marie de Valois-Bourgogne, il hérite de l’Ordre chevalier de la Toison d’or. A la guerre, Maximilien préfère les mariages pour mener à bien sa politique d’extension. Il unit son fils, le futur Charles Quint, à la fille des rois catholiques fondant ainsi la branche espagnole de la famille des Habsbourg. Il marie ensuite ses petits-enfants aux enfants du roi de Hongrie et de Bohême, certain d’éliminer toute menace venant de l’Est.

Les Turcs assiègent la ville

Ferdinand, frère de Charles Quint, élit résidence à Vienne. La ville résiste tant bien que mal aux assauts de l’armée du sultan Soliman le Magnifique. Face à la persévérance des Viennois et peu habitués aux pluies diluviennes qui rendent le siège impraticable, les Turcs lèvent le camp. La construction d’un mur d’enceinte aussitôt décidée, engloutit les finances de la ville. La Renaissance, qui s’exprime admirablement à cette époque en Italie, en France et aux Pays-Bas, doit malheureusement faire place à une architecture défensive. Ces dispositions n’empêcheront pas d’ailleurs les Turcs de récidiver un siècle et demi plus tard. Mais Vienne saura éviter une fois de plus le joug musulman, secourue par les armées du roi de Pologne et du duc de Lorraine.

Le Pape contre Luther

Si le XVIe siècle est protestant, le XVIIe siècle est catholique. Ces deux religions s‘affrontent et dominent respectivement l’Europe sous le nom de Réforme et de Contre-Réforme. Il faudra trente ans d’une guerre particulièrement meurtrière pour arriver enfin à la paix. Vienne est acquise à la Contre-Réforme. Elle accueille entre ses murs divers ordres religieux, notamment les Jésuites. Ces derniers contribuent au développement d’une architecture baroque emblématique.

Vienne, cœur de l’empire

Capitale politique, elle s’affiche également comme capitale culturelle. La musique et le théâtre divertissent la Cour et l’aristocratie. De superbes hôtels particuliers fleurissent dans la Herrengasse tout près de la Hofburg.

Léopold Ier entreprend les travaux du palais d’été de Schönbrunn. Son fidèle stratège, le prince Eugène de Savoie, se fait construire le Belvédère où il donne des fêtes somptueuses.

En 1745, faute de descendance mâle, Marie-Thérèse devient la première impératrice à gouverner Vienne et l’empire. Sous son règne, la capitale prospère et s’embellit. La population atteint 175 000 habitants. Son mariage avec François-Etienne de Lorraine signe une réconciliation avec la France, préambule d’une alliance officialisée à son tour par les noces de Louis XVI et de Marie-Antoinette.

Le combat des Aigles

1797. Après s’être emparé des territoires impériaux d’Italie et des Pays-Bas, Napoléon Bonaparte est aux portes de Vienne. Peu téméraire, François II préfère négocier avec l’ennemi et renoncer à son titre d’empereur du Saint-Empire romain germanique. Il devient François Ier à la tête de l’Empire d’Autriche. Pendant ses campagnes militaires, Napoléon érige son quartier général à Schönbrunn à deux reprises (1805 et 1809). Un an plus tard, il épouse par procuration Marie-Louise de Habsbourg. Mais la chance tourne, il rencontre plus fort que lui : la Russie, bientôt rejointe par la Prusse et l’Allemagne. Le chancelier autrichien Metternich, d’abord médiateur au milieu de ce conflit mais abusé par Napoléon, lui déclare la guerre le 12 août 1813. Napoléon est finalement vaincu par les alliés à la bataille de Leipzig. En 1814, le Congrès de Vienne réorganise la partition de l’Europe. Il restitue à l’Autriche ses possessions italiennes et lui donne la Lombardie et la Vénétie. Vienne connaît son âge d’or. La bourgeoisie montante, issue de l’industrialisation et de la finance, se distingue par un confort et un mode de vie propre, appelé Biedermeier.

La monarchie austro-hongroise

La Révolution de 1848 embrase l’Europe. Vienne n’y échappe pas mais le soulèvement est maté au bout de sept mois. François-Joseph devient empereur après l’abdication de son oncle. Encouragé par Sissi, le jeune empereur est l’heureux signataire du compromis qui reconnaît à la Hongrie son autonomie. Il est aussi l’architecte du Ring. En démolissant les remparts, il fait créer une promenade publique qui entoure la vieille ville. De part et d’autre s’élèvent des bâtiments majestueux qui forment un ensemble éclectique. Sa visite officielle à Paris, capitale transformée par Haussmann, a sans nul doute inspiré sa politique de grands travaux. Après la crue du Danube de 1862, s’impose la construction de canaux de dérivation. Enfin, pour optimiser la circulation d’une population de plus en plus importante, un métro est construit. En 1873, le Prater accueille les visiteurs de l’Exposition Universelle en dépit du krach boursier et du choléra. Heureusement, la musique de Johann Strauss mène toujours la danse.

Vienne au crépuscule

La fin du XIXe siècle annonce le déclin. Conservateur et âgé, François-Joseph n’entend pas les revendications politiques et sociales de son empire. L’opposition se mobilise. Trois partis se créent : les sociaux-démocrates, les chrétiens-sociaux et les nationaux allemands. En 1914, François-Ferdinand, héritier pressenti de François-Joseph, est assassiné à Sarajevo par un terroriste serbe. La riposte est de taille : l’Autriche déclare la guerre à la Serbie et entraîne l’Europe dans un conflit mondial. En 1919, le Traité de Saint Germain la condamne à sa taille du temps de Charlemagne et proscrit toute alliance à l’avenir avec l’Allemagne. L’Autriche dépossédée de son empire territorial, devient une simple République. Le dernier empereur Charles Ier est exilé à Madère.

De la démocratie aux extrêmes

En 1920, le parti chrétien-social s’installe au pouvoir. La tâche est rude. Le démembrement de l’empire a engendré un déséquilibre économique fatal. Vienne est alors une municipalité ancrée à gauche et un laboratoire de la politique appliquée à la gestion d’une grande ville. La contestation est grandissante. Durant les années 1930, la menace se concrétise par l’apparition de milices orchestrées indépendamment par les sociaux-démocrates et les conservateurs. La dissolution du parlement est inévitable. Les rênes du pouvoir passent aux mains du chancelier Dollfuss, qui ne peut éviter la guerre civile. Dans le chaos général, les nationaux-socialistes soutenus par l’Allemagne nazie, l’assassinent. Le 11 mars 1938, les troupes allemandes entrent en Autriche et le Fürher proclame la réunification des deux pays : c’est l’Anschluss. Le pays devient un des Gaue du Reich.

L’époque contemporaine

Après la guerre, Vienne est sous occupation alliée. En mai 1955, le Traité du Belvédère lui rend sa liberté. L’Autriche est devenue un pays neutre et adhère à l’ONU. Le chancelier, représentant du Parti du Peuple, gouverne jusqu’en 1971, année où le Parti Socialiste (Bruno Kreisky) prend la relève. En 1986, Kurt Waldheim est élu président de la République. Le scandale éclate. Ce diplomate de l’ONU au passé nazi notoire est vivement stipendié par la communauté internationale. En 1992, l’élection d’un président conservateur rassure. Mais l’avènement au gouvernement en 1999 du FPÖ (parti libéral, en fait parti d’extrême droite) de Jörg Haider ravive la polémique au sein d’un pays qui n’a pas su, semble-t-il, se débarrasser de ses démons politiques.

6 dates clés

9 avril 180  : l’empereur Marc-Aurèle meurt à Vienne

881  : Vindobona est baptisée Wiena

1648  : Traité de Westphalie pour la paix religieuse de l’Europe

10 septembre 1898  : Elisabeth d’Autriche est assassinée par un anarchiste italien

28 juin 1914  : assassinat de François-Ferdinand de Habsbourg

24 mars 2001  : baptême de l’archiduchesse Sophia, arrière-petite-fille de Charles Ier, dernier empereur d’Autriche.

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