Hong Kong
Coutumes et traditions
Le bouddhisme triomphant
Durant l’administration britannique, les Chinois ne sont guère incités à manifester publiquement leurs croyances. Les sectes sont nombreuses et les cultes sont célébrés en dehors de Hong Kong. L’île de Lantau est depuis longtemps un havre pour le bouddhisme. Plusieurs monastères sont nichés dans les collines centrales de l'île. Parmi eux, celui de Po Lin est le plus célèbre. Fondé en 1905, il ne cesse de s’agrandir. La dernière addition à ce vaste complexe de temples est un immense bouddha de 34 mètres qui dominent le monastère depuis un plateau voisin. Forgé en Chine et financé par les riches bouddhistes de Hong Kong, il est accessible au public depuis 1993.
Ni le communisme ni l’argent ne sont venus à bout des croyances locales
Si la religion n’est pas la caractéristique majeure de l’atmosphère de la ville, les croyances locales sont par contre fortement marquées. Le culte des ancêtres est célébré dans la sphère privée par des prières quotidiennes devant les petits autels domestiques. L’aspect le plus significatif de ces croyances est le recours systématique au devin. Le feng shui, science de l’art de vivre, intervient ainsi dans tous les aménagements de nouveaux locaux, de l’habillement du personnel au choix des boissons dans les distributeurs. Les architectes et industriels sont obligés de tenir compte de ses recommandations. A Aberdeen, la centrale électrique possède 5 cheminées alors que 4 seulement étaient nécessaires. Le chiffre 4 étant un nombre néfaste, les responsables du projet ont ajouté une cinquième cheminée pour ne pas attirer le malheur sur les plus grands consommateurs d’électricité du monde.
5 heures : le dragon s’éveille
Si les nuits de la mégapole asiatique sont plutôt animées voire follement trépidantes, les Chinois d’Hong Kong ont le réveil étonnement poétique. À l’aube, tandis que les Occidentaux courent à flanc de colline en tenue de jogging, les fils de l’Empire du milieu se lancent dans une élégante chorégraphie faite d’une succession de mouvements fluides : le tai chi chuan, sport national à la base de tous les arts martiaux modernes. Corps et esprit en paix, il est de coutume après la gymnastique matinale de se ragaillardir chez le marchand de serpents qui propose nombre de préparations à base de reptiles plus efficaces qu’une intraveineuse de vitamines. Le début de la matinée est ensuite l’occasion de faire prendre l’air aux canaris, rossignols et autres roitelets qui sont partie intégrante de la vie de la famille. Rêveurs, une cage dans chaque main, les promeneurs déambulent regardant les dernières lueurs électriques de la cité s’éteindre dans l’air rosé. C’est maintenant l’heure du petit-déjeuner dans les maisons de thé. La plupart des établissements, comme celui de Wan Loy à Kowloon sont équipés de perchoirs permettant aux consommateurs de suspendre leurs cages à oiseaux. Accompagnées des pépiements des volatiles, de vieilles femmes circulent parmi les clients exclusivement masculins. Elles proposent un assortiment de dim sum, sortes de petits raviolis à la viande ou aux crevettes. Même si le formica a aujourd’hui remplacé le bois et le marbre, cette qualité de vie se retrouve jusque dans les villes-champignons, au-delà des collines qui bordent la pointe de Kowloon.
