Guide Voyage Hong Kong - KARAVEL
 

Hong Kong

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Arts

Peinture et arts plastiques

En bref

Les arts plastiques hongkongais sont partie intégrante de l’art chinois • Ils s’en détachent au XXe siècle sous l’influence des artistes cantonais • Le troisième millénaire : entre peinture officielle et peinture contestataire

Origines de l’art chinois

On ne peut parler d’art chinois sans rappeler la manière dont la Chine appréhende le monde selon la triade immémoriale du ciel, de la terre et de l’homme. L’importance de l’écrit est également à signaler, la peinture chinoise faisant sans cesse référence à la calligraphie.

Naissance de la peinture chinoise

Au VIIe siècle av. JC, l’avènement de la pensée taoïste, fondée sur la communion avec la nature, influence fortement le travail des artistes et donne naissance à la peinture de paysages. L’introduction du bouddhisme en Chine à partir du IIIe siècle ap. JC est toute aussi essentielle. C’est en effet dans les peintures rupestres bouddhiques des oasis de Dunhuang et de Maijishan que les artistes chinois introduisent les premières notations d’unité spatiale au cœur des paysages de scènes religieuses. A la célèbre dynastie Tang (618-907), correspond l’époque classique de l’art chinois qui révèle de nombreux grands peintres comme Horyuji de Nara.

Affinement des techniques

La civilisation raffinée de l’époque Song contribue à perfectionner les techniques de peinture. Du Xe au XIIIe siècle, les œuvres, généralement de petit format, sont réalisées à l’encre sur soie ou sur papier. Les évidentes tendances calligraphiques de la peinture chinoise s’en trouvent ainsi encore accentuées. Avec l’arrivée de Gengis Khan à la fin du XIIIe siècle, la dynastie Yuan favorise la diffusion du style tibétain et le retour à la peinture de paysages. Les siècles suivants se caractérisent par un académisme glacial qui tend à restaurer les anciens modèles issus de la civilisation Tang.

Influence cantonaise et réalisme socialiste

La peinture cantonaise des XIXe et XXe siècles a fortement influencé les peintres contemporains de Hong Kong. Nombre d’entre eux se réclament aujourd’hui encore des œuvres dépouillées de Huang Po-Yeh ou du trait taoïste mais néanmoins rebelle de Su Jen-Shan. Le XXe siècle a également été marqué par une politique chinoise autoritaire de renouvellement idéologique de l’art. En Chine comme à Hong Kong, les évolutions esthétiques naturelles et logiques ont quelque peu été freinées par l’imposition de modes figuratifs pauvres utilisés par Pékin comme instrument de propagande.

Entre l’autocensure et la contestation

La révolution culturelle et le retour de Hong Kong dans le giron chinois n’ont pas eu raison du dynamisme de la peinture hongkongaise contemporaine. Parmi les artistes vivants et reconnus internationalement, Hon Chin Fun peint à l’acrylique tandis que Liu Shou-Kawn et Liu Kuo-Sung mettent l’encre chinoise au service de l’abstraction. Si certains d’entre eux pratiquent l’autocensure ou n’hésitent pas, à l’image du peintre officiel Liu Yuyi, à faire l’apogée du gouvernement prochinois, d’autres illustrent de leurs pinceaux leurs revendications et leurs protestations.

4 peintres emblématiques

Horyuji de Nara, peinture chinoise classique (IXe siècle)

Zhao Mengfu, peinture d’influence tibétaine (XIVe siècle)

Su Jen-Shan, calligraphie cantonaise moderne (XIXe et XXe siècles)

Liu Kuo-Sung, peinture et calligraphie hongkongaises contemporaines (XXe et XXIe siècles)

Musique

En bref

Une tradition musicale marquée par l’opéra chinois • Des ensembles de musique classique de notoriété internationale • La chanson populaire, pêché de jeunesse

Classique, traditionnelle ou lyrique, la musique est très présente à Hong Kong. Musiques traditionnelles et lyriques se confondent au sein de l’art le plus populaire : l’opéra chinois. Si le genre tend quelque peu à tomber en désuétude au profit de l’opéra de style cantonais, il résiste bien aux nouvelles tendances musicales importées d’occident. Le “canto-pop”, chanson populaire chantée en cantonais, reste toutefois la musique préférée de la jeunesse hongkongaise. Ce sont ces mêmes chants que l’on reprend en chœur le soir dans les nombreux karaoke-bars de la ville. Enfin, Hong Kong possède son orchestre philharmonique, son ensemble symphonique et son conservatoire. Les concerts de solistes sont à peu près permanents et l’orchestre philharmonique, une société privée au budget de 14 millions de dollars, offre une centaine de manifestations par saison.

Architecture

En bref

Les plus grandes tours de verre du monde remplacent les bâtiments victoriens • Quelques vestiges de l’ère coloniale • 200 nouveaux gratte-ciel par an

Naissance d’une cité marchande

Contrairement au principe cardinal de toute colonisation qui veut que les soldats précèdent les commerçants en terre étrangère, les marchands britanniques s’installent à Hong Kong avant les troupes de sa Majesté dès le début du XIXe siècle. Précurseurs en affaires, ils sont également prépondérants dans le choix des premières lignes architecturales de la colonie. Avec ses bâtiments à arcades et balcons bordant le front de mer, le territoire prend rapidement des allures de Venise d’Extrême-Orient. Quelques années plus tard, les maisons coloniales de type victorien se multiplient et donnent à Hong Kong l’élégance des ports occidentaux de l’époque.

Architecture victorienne en mer de Chine

Les colons britanniques s’enrichissent et édifient de somptueux bâtiments commerciaux à l’image de ceux de la Penisular & Oriental Steam Navigation Company qui assurent la liaison maritime avec l’Angleterre. Le très victorien siège de la Hong Kong & Shanghai Bank est inauguré en 1865. Des demeures privées, tel le Douglas Castle de l’armateur Douglas Lapraik, aujourd’hui University Hall, témoignent encore de la réussite fulgurante de certains. Londres marque officiellement les lieux de son empreinte dès 1846. Le champ de course de Happy Valley est ainsi l’une des premières réalisations de la couronne britannique. A la même époque, Aston Webb, l’architecte de Buckingham Palace et du Victoria & Albert Museum de Londres, dessine les plans de la future Cour suprême. Elle est aujourd’hui l’un des rares monuments de l’ancienne colonie à avoir été préservé et abritait encore récemment l’assemblée législative. A la fin du XIXe siècle, Royal Square, conquis sur la mer comme un certain nombre de quartiers de Hong Kong, devient le centre des cérémonies impériales et le lieu privilégié pour ériger des monuments à la gloire des souverains britanniques.

Manhattan et China Town

Au milieu du XXe siècle, les promoteurs commencent à livrer aux boulets de démolition les bâtiments de 15 ans d’âge et plus, sans même une exception pour les constructions héritées de l’ère coloniale. Par miracle, subsistent ici et là quelques témoignages. A Victoria, la tour carrée de Saint John et la maison du gouverneur se serrent autour de la Cour suprême, comme pour mieux se protéger de la folle course à l’urbanisme qui ébranle la ville. Autre quartier et autre époque à Central, où le quartier des affaires prend des allures de Manhattan oriental. Rivalisant d’audace et d’esthétisme, près de 200 gratte-ciel sortent de terre chaque année. Parmi ces constructions vertigineuses, deux silhouettes hautaines : la tour Meccano de l’architecte Sir Norman Foster abritant la Hong Kong & Shanghai Bank et le prisme dissymétrique bleuté de la Bank of China, symbole de la puissance chinoise conçue par Ieoh Ming Pei, l’artisan de la pyramide du Louvre. A leurs pieds s’étalent les quartiers chinois tentaculaires. Ressemblant à s’y méprendre aux vieux quartiers de Canton, le sempiternel boulier y tient toujours lieu de calculette.

Le vertige urbain des années 1990

La transformation la plus spectaculaire se produit vers 1990. Les nouveaux magnats du territoire s’engagent dans une lutte à coup de milliards de dollars afin d’élever les tours les plus prestigieuses et les plus novatrices de par leur conception. A peine le gratte-ciel de la Bank of China est-il achevé que le Central Plaza et ses 78 étages surgissent dans le nouveau quartier des affaires de Wanchai. Les tours comme la Jardine House près du Star Ferry, le Centre Hopewell au sud de Wanchai et toutes celles symbolisant la première poussée de croissance des années 1970 cèdent rapidement la place à d’immenses constructions de granit néo-classiques d’inspiration américaine. Aujourd’hui l’imposant complexe de Pacific Place, avec ses deux atriums géants, et le centre de Times Square constituent les nouvelles vitrines de l’architecture hongkongaise. La réalisation la plus ambitieuse de ces dernières années demeure toutefois le nouvel aéroport de Chek Lap Kok. Dessiné par Norman Foster, devenu célèbre depuis le projet de la Hong Kong Bank, il a été conçu pour accueillir plus de 35 millions de passagers par an.

Un style, un monument

Style colonial (début du XIXe siècle) : University Hall, anciennement Douglas Castle.

Gothique victorien (1840) : la cathédrale Saint John construite en briques de Canton.

Victorien (1848) : la Cour suprême.

Moderne (1928) : le Peninsula Hotel avec ses surprenantes colonnades.

Industriel (1979-85) : la tour Meccano de la Hong Kong & Shanghai Bank.

Post-moderne (1989) : le building de la Bank of China.

Néo-classique (1994) : la tour du Central Plaza, inspirée du Manhattan d’autrefois.

Contemporain (1995) : le complexe de Pacific Place avec ses deux atriums géants.

Le Who’s who des architectes

Aston Webb (début du XIXe siècle) : concepteur inspiré de Buckingham Palace et du Victoria & Albert Museum de Londres, il réalise en 1846 les plans de la Cour Suprême du gouvernement colonial.

Sir Norman Foster (XXe siècle) : architecte britannique spécialisé dans l’architecture métallique depuis les années 1960, Hong Kong lui doit le siège de la Hong Kong & Shanghai Bank (1979) et le nouvel aéroport de Chek Lap Kok inauguré en juillet 1998.

Ieoh Ming Pei (XXe s.) : auteur des aménagements souterrains du Louvre et de sa pyramide de verre, le célèbre urbaniste et architecte sino-américain réalise à la fin des années 1980 la tour de la Bank of China, symbole de la puissance chinoise à Hong Kong.

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