Hong Kong
Politique et économie
La vie politique
En bref
L’héritage coloniale disparaît • Les démocrates échouent • Les dirigeants économiques partagent avec la Chine
Un héritage colonial…
Au sortir de la guerre, les institutions coloniales assurent au gouverneur une prééminence politique absolue. Outre la direction de l’exécutif, il assume la présidence du conseil exécutif (Exco) doté d’un simple pouvoir consultatif, ainsi que celle du conseil législatif (Legco) chargé d’élaborer et d’adopter les textes soumis à son approbation.
…qui tend à disparaître
Le maintien du système politique britannique, garanti par la Chine lors de la signature de la Déclaration conjointe, est compromis dès 1990 avec l’adoption de la Loi fondamentale qui bride la perspective d’élection au suffrage universel du Legco. Malgré le réveil civique des Hongkongais, le parti des Démocrates unis ne parvient pas à consolider l’état de droit avant la dissolution du régime colonial. Leur tentative de mobilisation se heurte à une impressionnante contre-offensive chinoise destinée à séduire la population et au renversement d’alliance des tycoons, grandes fortunes locales, nouvellement acquis à la cause de Pékin.
Le patronat hongkongais au service de la Chine
Dès 1984-1985, la Chine s’emploie à coopter les élites économiques dans les diverses instances politiques du territoire. La stratégie chinoise devient officielle en 1995 avec la nomination au Comité préparatoire des dirigeants des principaux groupes économiques. Leur première réunion plénière l’année suivante met en place un véritable Legco-bis, désigné par les Chinois sous l’appellation de “seconde cuisine”, qui permet à Pékin de concentrer l’essentiel des pouvoirs entre ses mains. En 1997, le Comité préparatoire, via un Comité de sélection, nomme, Tung Chee Hwa premier Président de la Région administrative spéciale. Cette nomination a reçu l’aval de Jiang Zeming, le chef de l’Etat et secrétaire général du Parti Communiste Chinois.
Les médias
En bref
Les médias s’efforcent de garder leur indépendance• Une presse forte de 650 titres • Chaînes de télévision et stations radio se multiplient •
La presse écrite
Avec 38 quotidiens en chinois et 6 en anglais, Hong Kong possède l’une des presses les plus riches d’Asie. Puissante et prospère, elle constitue l’un des obstacles majeurs à une prise de contrôle politique totale de Pékin. Depuis 1997, de nombreux quotidiens comme le South China Morning Post ou le Hong Kong Commercial Daily sont en partie sous la tutelle du Ta Kung Po, organe du Parti Communiste Chinois sur le territoire. De son côté, la presse indépendante, avec des titres comme Apple créé en 1995 par l’entrepreneur Jimmy Lai, gagne chaque jour en crédibilité.
La radio et la télévision
Radio Television Hong Kong (RTHK), organisme de radiodiffusion du gouvernement, contrôle 9 stations de radio en cantonais et en anglais ainsi que la chaîne nationale de télévision du même nom. A cela s’ajoutent plusieurs stations commerciales et musicales ainsi que les programmes en anglais de la BBC. Enfin, la télévision par satellite est en plein essor et propose une dizaine de chaînes occidentales auxquelles il faut ajouter une vingtaine de chaînes câblées dont la BBC, CNN1 et CNBC Asia.
L’économie
En bref
Première place financière d’Asie • Une économie qui produit 20 % du PIB de la Chine • Un essor sans précédent depuis la rétrocession
Pendant un siècle, jusqu’à la seconde guerre mondiale, Hong Kong a exercé essentiellement la fonction d’entrepôt commercial pour la Chine. Grâce à la stabilité politique et financière de la colonie, le territoire est devenu une place financière de première importance pour l’Extrême-Orient et le Sud-Est asiatique. Une main-d’œuvre qualifiée et peu revendicative a contribué à assurer un rendement élevé aux entreprises tandis que les autorités se sont gardées jusqu’à présent de taxer les importations et les exportations. Au final, l’esprit d’entreprise, la créativité et le sens de l’organisation se manifestent dans tous les secteurs de la vie économique, y compris les plus traditionnels comme l’agriculture.
Le textile et la confection, l’électronique, le plastique, l’horlogerie et l’imprimerie occupent plus des deux tiers des travailleurs de l’industrie manufacturière. Parmi les autres secteurs de l’industrie, la joaillerie, les machines industrielles, les appareils électriques ou encore la photographie constituent également des domaines d’activité particulièrement compétitifs. Enfin, la construction navale et l’industrie aéronautique sont en plein essor depuis une vingtaine d’années. Les sociétés chinoises continuent à investir lourdement à Hong Kong, notamment dans le domaine de l’immobilier, tandis que les compagnies étrangères affluent vers le territoire malgré les loyers exorbitants des bureaux. Le delta de la rivière des Perles, qui regroupe Hong Kong, Macao et le sud de Guangdong, est ainsi considéré par tous les analystes financiers comme l’avant-poste d’une nouvelle vague de “tigres” économiques en Asie. De son côté, la Chine, à l'image du gratte-ciel de la Bank of China dominant en plein cœur de la ville l’ancienne Hong Kong & Shanghai Bank, semble avoir remporté son pari. Héritier de la légitimité britannique, elle garantit aujourd’hui à l’ancienne colonie un essor économique sans précédent.
