Guide Voyage Hong Kong - KARAVEL
 

Hong Kong

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Histoire

En bref

La guerre de l’opium • Hong Kong passe aux Britanniques en 1848 • Depuis 1999, région administrative spéciale de la Chine

Naissance d’un village de pêcheurs

Riche de baies naturelles, la région de Hong Kong se dote très tôt de ports principalement fréquentés par des bateaux venant d’Asie du Sud-Est. Sous la dynastie des Hans (220-589 ap. JC), l’installation de salines dans la baie de Kowloon crée un premier pôle économique tandis que les côtes méridionales connaissent déjà un actif commerce de perles auquel se substitue, au XIIe siècle, celui de l’encens. Rassemblant quelques cultivateurs et surtout des pêcheurs, les premiers villages apparaissent et contribuent à pérenniser un trafic commercial important.

L’arrivée des Européens

Etablissant des relais sur la route des Indes, les Portugais fondent en 1557 à Macao, le premier comptoir européen. Un siècle plus tard, les Anglais commencent à utiliser la base de Macao pour leurs opérations avec la Chine du Sud. Après l’installation d’entrepôts à Canton, la Grande-Bretagne devient le premier partenaire commercial de la Chine. Confinés dans le seul port de Canton dans des conditions de séjour réglementées à l’extrême, les commerçants anglais achètent au prix fort soieries, laques, porcelaines et thé. Sous prétexte de rétablir l’équilibre de la balance commerciale britannique, la Compagnie des Indes décide en 1830 d’importer massivement en Chine une denrée médicinale pourtant interdite par un décret impérial de 1799 : l’opium.

La guerre de l’opium

Ne pouvant fermer les yeux sur un trafic qui ne tarde pas à représenter plusieurs milliers de tonnes par an, le gouvernement chinois instaure le blocus de la concession étrangère en 1839. Après avoir livré plus de 20 000 caisses d’opium immédiatement jetées au feu, les Anglais sont contraints de se réfugier à Macao. Lord Palmerston, secrétaire aux Affaires étrangères, obtient de la reine Victoria l’envoi de 6 frégates et 4000 soldats. Au terme de longs mois d’hostilités entrecoupées de négociations, l’Union Jack est plantée sur un îlot à l’embouchure de la rivière des Perles. Les nouveaux arrivants le baptisent Hong Kong, “le port des parfums”. En 1841, les deux parties signent la Convention de Chuenpi par laquelle le gouvernement chinois cède l’île de Hong Kong à la Grande-Bretagne.

Hong Kong, colonie britannique

La convention ne donne pas entière satisfaction à Lord Palmerston qui souhaite obtenir de la Chine un traité commercial conséquent. L’Angleterre reprend aussitôt les hostilités avec détermination. Frappant au cœur de la Chine, les troupes britanniques remontent le Yang Tze Kiang et mettent le siège devant Nankin. En 1842, un nouveau traité est signé. Il décrète l’ouverture au commerce international de 5 ports stratégiques dont Canton. Les Occidentaux y jouissent désormais de l’extra-territorialité et de droits de douane privilégiés. Outrepassant ses instructions, le secrétaire britannique aux Affaires étrangères fait inscrire dans le traité la confirmation de la cession à perpétuité de l’île de Hong Kong. Profitant de la brèche ouverte par les sujets de Sa Majesté, la France et les Etats-Unis suivis bientôt de la Suède et de la Belgique, s’installent au sud de Canton. Non contents des abandons de souveraineté consentis par la Chine, les occidentaux souhaitent étendre leur zone d’influence économique vers le Nord.

La deuxième guerre de l’opium

Un incident naval fournit en 1856 à la France et à la Grande-Bretagne le prétexte à une opération combinée. La deuxième guerre de l’opium est marquée par la prise de Pékin et le “sac du Palais d’été” par le corps expéditionnaire franco-anglais. La Chine impériale est réduite à accepter le diktat des marchands occidentaux. En 1860, la Convention de Pékin est signée. 11 ports supplémentaires sont ouverts aux étrangers, le commerce de l’opium est légalisé tandis que Kowloon, “la péninsule des neufs dragons” séparée de Hong Kong par un étroit bras de mer, est cédée à vie à la couronne britannique.

La cession des “Nouveaux Territoires”

Soucieux de mieux assurer la défense du port de Hong Kong, les Britanniques tirent avantage de la faiblesse de la Chine, après sa défaite par le Japon en 1895, pour exiger de nouvelles concessions. Les revendications anglaises portent cette fois sur une large bande de 1014 km2 située au nord de Kowloon et ancrant Hong Kong au “grand frère chinois”. A la différence des territoires précédents (l’îlot de Hong Kong et Kowloon), cette troisième pièce du puzzle est consentie à bail pour une période 99 ans. L’appropriation de cette excroissance en 1898 apparaît toutefois sans aucune mesure avec l’annexion de l’île de Formose (Taïwan) par les Japonais trois ans plus tôt ou le partage entre Occidentaux de nombreux autres territoires tels que Shanghai. Les dernières défenses impériales tombées avec la fuite de l’Impératrice Ci Xi, la révolte des boxers écrasée, la Chine est exsangue. Les puissances occidentales peuvent alors achever le dépeçage de l’Empire du milieu. Défaite par une coalition de 8 nations, le pays s’ouvre à son corps défendant et vit cet épisode comme une humiliation qui ne tarde pas à nourrir la fibre nationaliste d’une partie de la population.

Le Dragon à l’épreuve des nationalistes chinois et japonais

Le régime impérial tombé, la République est proclamée en 1912 à Pékin par le Kouo-min-tang, le parti nationaliste chinois. L’événement dont l’initiative revient au républicain Sun Yat-Sen, originaire de la région de Kowloon, inspire la population chinoise d’Hong Kong et lui donne une nouvelle conscience politique. Les Hongkongais n’hésitent pas ainsi à s’associer aux Cantonnais lors des grandes grèves anti-impérialistes lancées par le Kouo-min-tang en 1925 et 1926. L’invasion et l’occupation des armées japonaises à partir de 1941 achèvent de forger une identité hongkongaise d’autant plus forte que l’épisode s’avère traumatisant pour la population locale. Allié des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne contre le Japon, le gouvernement nationaliste chinois s’emploie en vain à négocier la récupération de Hong Kong en 1942. La force de persuasion de Winston Churchill l’emporte et les Anglais reçoivent la capitulation nippone en 1945. Dès lors le pouvoir colonial s’emploie à accentuer la vocation économique de la région.

Le règne du statu quo

En dépit de la proclamation de la république populaire de Chine et la prise de Canton par l’armée du général Lin Biao, les communistes chinois ne tentent pas de coup de force à Hong Kong en 1949. Conscient des avantages économiques qu’il peut tirer de la proximité immédiate de l’enclave capitaliste, le nouveau gouvernement se garde bien de toute forme d’interventionnisme envers le territoire. Hong Kong continue donc à exister et à servir les intérêts de Pékin tout en restant sous administration britannique. Dans les faits, cet équilibre politique se traduit par une stricte répartition des pouvoirs : la gestion des affaires internes de la colonie revient aux Britanniques tandis que les décisions d’importances stratégiques se prennent avec l’assentiment de Pékin. Le dialogue passe par l’agence “Chine Nouvelle” qui fait office de représentation diplomatique dans le territoire et les relations bilatérales ne souffrent d’aucun incident jusqu’en 1967, date à laquelle la révolution culturelle s’étend à Hong Kong. Des émules locaux des gardes rouges levés l’année auparavant par Mao exigent la réunification du territoire avec la Chine et le départ des Anglais. Les grèves et les émeutes se multiplient, donnant le coup d’envoi à un déchaînement de violence qui restera unique dans les annales de la colonie. Le Premier ministre chinois Chou En-Laï reprend très vite la situation en main et désavoue les gardes rouges. Les troupes de choc du mouvement communiste de Hong Kong sont stoppées net dans leur élan. Le “moment opportun” n’est d’évidence pas encore arrivé pour le grand frère chinois. En 1973, Pékin se contente de ménager l’avenir en exigeant de l’ONU d’omettre Hong Kong et Macao dans la liste des pays susceptibles d’accéder un jour à l’autonomie.

La déclaration conjointe sino-britannique

Après la mort de Mao Tse Tong en 1978, la politique étrangère offensive de Deng Xiaoping suscite les premiers affolements dans la communauté britannique de Hong Kong. Les dés sont jetés en 1984, lorsque Margaret Thatcher et son homologue Zhiao Zyiang paraphent la Déclaration conjointe sino-britannique par laquelle ils s’engagent à préserver pendant 50 ans “la prospérité et la stabilité du territoire”. Le sérieux des garanties chinoises ,notamment en ce qui concerne le maintien du système économique en place, et celui des libertés individuelles, ne manque toutefois pas d’interroger la communauté internationale. Ces craintes sont confirmées le 2 juin 1989 avec la répression sanglante du mouvement démocratique étudiant sur la place Tiananmen. L’administration britannique décide alors de réformer les institutions de la colonie afin de renforcer la position politique du territoire avant son retour dans le giron chinois. Chris Patten, nommé au poste de gouverneur en 1992, adopte toute une série de mesures destinées à renforcer le régime démocratique de Hong Kong. La mise en place du suffrage universel au Conseil Législatif provoque un tollé en Chine où le gouvernement déclare “nulles” les élections de 1995. Il réagit aussitôt l’année suivante en nommant un Comité de Sélection de 400 membres prochinois qui élit Tung Chee Haw, ancien armateur hongkongais, au poste de chef de l’exécutif.

La rétrocession : une aube nouvelle ?

Le 1er juillet 1997, la passation de pouvoir entre Chris Patten et Tung Chee Haw marque la fin de 156 années de domination coloniale. Le nouveau drapeau de la Région de Hong Kong, orné d’une fleur de bauhinia, et les couleurs de la Chine, remplacent désormais l’Union Jack. L’accord sino-britannique tant redouté n’a absolument pas perturbé le territoire, pas plus qu’il n’a freiné sa croissance économique. Avec 330 milliards de $HK dans ses coffres, Hong Kong continue à prospérer et tire parfaitement partie de l’expansion économique que promettait sa fusion avec l’économie chinoise.

6 dates clés

1842  : la Chine cède l’île de Hong Kong au Royaume-Uni.

1966  : des émeutes ont lieu à Hong Kong suite à la révolution culturelle chinoise.

1984  : la Déclaration conjointe sino-britannique est signée.

1995  : les premières législatives au suffrage universel sont organisées.

1996  : Tung Chee Hwa est nommé premier chef exécutif de la Région Administrative Spéciale.

1997  : Hong Kong est rétrocédé à la Chine.

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