Italie
Arts
Peinture et arts plastiques
En bref
Des influences byzantines aux Primitifs • La Renaissance : l'âge d'or de la peinture italienne • Le Baroque ou les séductions de la Contre Réforme
Deux tendances artistiques caractérisent le Moyen Age italien. La première hérite des influences byzantines. Il s'agit principalement des vastes compositions de mosaïques qui ornent l'intérieur des basiliques de Ravenne ou de Monreale. La seconde naît au milieu du XIIIe siècle, lorsque le Florentin Cimabue délaisse le formalisme des figures byzantines au profit d'un réalisme délicat. Il expérimente également la technique de la fresque. Celle-ci autorise des nuances de couleurs, un traitement délicat de la lumière dont Giotto devient le principal illustrateur. Autant de caractéristiques qui, ajoutées aux soucis des proportions, annoncent la Renaissance.
Ce mouvement européen, qui voit le jour en Italie au XVe siècle, est l'expression des valeurs humanistes. Ce mouvement intellectuel s'appuie sur la redécouverte de la culture classique. Il célèbre la vision d'un homme libre, citoyen, en harmonie avec la nature. Le berceau de cette civilisation, Florence, accueille les trois artistes emblématiques de l'époque : Léonard de Vinci, Michel-Ange et Raphaël. La thématique mythologique, la lumière qui émane des visages, la majesté des corps sont caractéristiques de leurs œuvres.
L'intérêt pour l'homme et pour le patrimoine classique suscite un semblable engouement pour la sculpture. Les statues de Michel-Ange et de Cellini louent la beauté et la noblesse du corps chères aux classiques.
Dans un premier temps, le Baroque est assimilé à l'art de propagande de la Contre-Réforme. A la fin du XVIe siècle, soucieuse de réaffirmer sa puissance et son autorité, l'Église commandite des œuvres dont l'emphase, le réalisme et la mise en scène dramatique doivent impressionner les fidèles. Le Dominiquin, Guido Reni, Luca Giordano en sont de fidèles représentants. Plus généralement, la peinture baroque est l'expression d'une époque inquiète confrontée à une crise religieuse et scientifique. Le sentiment de la vulnérabilité et de la finitude de l'homme nourrit l'œuvre du Caravage dont le clair-obscur révolutionne la peinture.
Le domaine de la sculpture est dominé par le Bernin. Ses sculptures résultent d'interminables études sur le mouvement, la fugacité de l'instant, l'espace et la matière.
Le Caravage, à l'école des ténèbres
De son vrai nom Michel-Ange Merisi, Caravage naît en Lombardie en 1571. On ne sait pas beaucoup de choses sur lui, même si le caractère tumultueux de son existence n'échappe pas aux chroniques de l'époque. Décrié jusqu'à la fin du XIXe siècle, son talent est désormais loué et on reconnaît à son style une influence majeure dans l'histoire de la peinture. Arrivé très jeune à Rome, il commence par peindre une série de portraits inspirés de thèmes mythologiques et de scènes de la vie quotidienne : Le petit Bacchus malade, La diseuse de bonne aventure. On observe déjà ce sens du réalisme qui fera scandale auprès de ses contemporains. La consécration survient autour de l'année 1600, lorsqu'il réalise les trois toiles du Cycle de Saint Mathieu à l'église Saint-Louis-des-Français. L'intensité dramatique de la lumière, la présence d'ombres, qui tantôt révèlent, tantôt avalent les formes et les couleurs, illustrent ce clair-obscur qui devient la "marque de fabrique" du Caravage. L'artiste n'atteint pas pour autant la respectabilité. Ses mauvaises fréquentations dans les bas-fonds de Rome, ses beuveries et les rixes où il s'implique lui font une réputation scandaleuse. En 1606, accusé de meurtre, il est banni de la cité papale. Il trouve refuge à Naples, où il peint quelques-unes de ses œuvres les plus touchantes et les plus réalistes : La flagellation du Christ et les Sept œuvres de miséricorde. Son exil le conduit à Malte et en Sicile. Épuisé, rongé par les fièvres, il attend en vain d'être gracié et meurt sur une plage de Porto Ercole en 1610.
Si Venise ne subit pas réellement l'influence baroque, son Ecole de peinture connaît son âge d'or avec Titien, Tintoret et Véronèse. Le XVIIIe siècle voit le sacre de Tiepolo, tandis que les sculptures de Canova marquent les débuts du néoclassicisme.
Plus méconnu, l'art contemporain italien compte quelques grands noms : Modigliani, Morandi, Giacometti, etc.
Cinq tableaux emblématiques
Les fresques du couvent San Marco, Fra Angelico (Florence)
La naissance de Vénus, Sandro Botticelli (Musée des Offices, Florence)
La Cène, Léonard de Vinci (Église Santa Maria delle Grazie, Milan)
L'amour sacré et l'amour profane, Titien (Galerie Borghese, Rome)
Le plafond de la chapelle Sixtine, Michel-Ange (Musée du Vatican, Rome)
Musique
En bref
La patrie du Bel Canto : plus de la moitié des opéras sont de langue italienne ! • De Venise à Naples : la musique, un phénomène national • L'actuel succès de la variété : une tradition populaire qui perdure.
L'opéra naît en Italie à la fin du XVIe siècle. Il s'inscrit dans la tradition des madrigaux qui associent musique et dialogues. Daphné de Jacopo Peri, composé en 1597, est considéré comme le véritable premier opéra. Mais il faut attendre Monteverdi et son Orphée pour assister au développement de l'opéra comme art du drame et de la mise en scène.
Pendant près de trois siècles, l'opéra italien domine la scène internationale lyrique. Alors que Scarlatti et Pergolesi participent au succès de l'opéra comique, le Sicilien Bellini en exploite la dimension tragique, dans la Norma par exemple.
L'opéra au XVIIIe siècle est particulièrement marqué par la tradition napolitaine qui privilégie la dimension divertissante de la musique et les artifices. Les rôles de femmes sont ainsi confiés aux castrats : de jeunes garçons qui ont été castrés, afin de préserver la pureté de leur voix.
Mais Venise demeure le premier foyer de création musicale en Italie, dominée par la figure de Vivaldi. Violoniste de formation, il compose une somme considérable de concertos, d'œuvres chorales, de sérénades et d'opéras, dont les plus célèbres sont le Stabat Mater et les Quatre saisons.
Enfin, la popularité de l'opéra en Italie ne tient pas tant à sa longévité et à sa richesse qu'à sa dimension patriotique. Au début du XXe siècle, le souffle romantique qui conduit le pays à son unification est le même qui anime les compositions de Verdi et de son plus digne successeur, Puccini.
De nos jours, la notoriété de théâtres historiques comme la Scala à Milan et la Fenice à Venise, ainsi que le succès populaire de nombreux festivals d'art lyrique, continuent à témoigner de l'attachement des Italiens au Bel Canto.
Cette longue tradition d'une musique populaire se retrouve aussi dans la vivacité de la variété italienne. Celle-ci fait l'objet du festival annuel de San Remo, qui est l'un des événements les plus médiatisés du pays.
Architecture
En bref
Un prestigieux héritage antique • Le Moyen Age : poursuite et essor du patrimoine urbain • Renaissance et Baroque : entre raffinement aristocratique et triomphe de l'église
"Tous les chemins mènent à Rome". Ce fameux adage est significatif de la formidable urbanisation que connaît l'Italie à l'époque romaine. L'administration d'un empire immense, la vitalité du commerce et les conquêtes militaires engendrent la naissance d'importantes cités mais aussi des voies de communications, telle que la Via Appia. Rome, bien sûr, illustre le mieux la richesse et la diversité de cet héritage. Les forums, le Colisée, les villas de Néron et d'Hadrien témoignent de sa dimension tant politique que religieuse. On trouve d'autres magnifiques sites antiques dans le sud, Pompéi en particulier, ainsi qu'en Sicile à Segeste, Agrigente, etc.
Une partie de ce patrimoine disparaît au Moyen Age. L'essor des villes se poursuit, en particulier dans le Nord. Les monuments antiques fournissent le matériau nécessaire aux nouvelles constructions. Beaucoup d'églises sont édifiées sur les bases des premières basiliques chrétiennes. Le développement des villes médiévales résulte en effet autant de la prospérité du commerce que des croisades et des pèlerinages. On bâtit les sanctuaires de Ravenne et d'Assise, ou encore les étonnantes églises rupestres de Matera. C'est l'apogée d'un art roman fortement influencé par la tradition byzantine.
L'héritage arabe participe à l'âge d'or de l'architecture en Sicile. Frédéric II fait construire l'étonnante forteresse du Castel del Monte et les Normands la chapelle Palatine à Palerme, la cathédrale de Cefalù, etc.
Le patrimoine médiéval des villes du Nord et du centre s'efface au début du XVe siècle au profit des grands chantiers de la Renaissance et de l'époque baroque. En quête de raffinement et d'art de vivre, les cours des princes s'embellissent de palais et les campagnes de villas. A Rome, le palais Farnese, dont les proportions s'inspirent de l'Antique, et la Farnesina dans le Trastevere, illustrent le goût de l'architecture renaissante pour le faste et l'agrément.
Pour rivaliser, les édifices religieux usent des extravagances et des excès du baroque. Détails architectoniques abondants, courbes, volumes, coupoles, jeux de lumière et peinture en trompe-l'œil caractérisent les églises du Bernin et de Borromini. Tous deux travaillent à la naissance de la Rome moderne, à l'initiative des papes qui privilégient le tracé de grandes voies d'accès pour Saint Pierre. Le complexe du Champs de Mars et du pont Saint Ange est remanié. La Via Giulia est percée. La basilique Saint-Pierre fait l'objet de longues restaurations.
Le Who's who des architectes italiens
Bramante (fin du XVe siècle) : nourri d'idéal classique, il conçoit les plans de la cathédrale de Pavie et le plan en croix grecque, surmonté d'une coupole, de la basilique Saint-Pierre à Rome.
Palladio (XVIe siècle) : il travaille essentiellement en Vénétie, où d'élégantes villas témoignent de son goût pour la Rome antique. L'utilisation originale et harmonieuse qu'il fait des colonnes et des portiques influera l'architecture anglaise du siècle suivant.
Bernin (XVIIe siècle) : il signe la majeure partie des monuments baroques de Rome. La colonnade de la place Saint-Pierre, l'église Saint-André-du-Quirinal ou encore le palais Montecitorio illustrent son goût pour la mise en scène, pour l'animation des formes et de l'espace.
Borromini (XVIIe siècle) : principal rival du Bernin, Borromini développe une architecture complexe, sinon extravagante, dont l'église de la Sapienza offre un exemple étonnant.
Renzo Piano (XXe siècle) : concepteur du Centre Georges-Pompidou à Paris, cet architecte génois participe à la vitalité de la création contemporaine italienne.
Un style, un monument
Gothico-byzantin (IXe-XVe siècles) : la Basilique Saint-Marc, à Venise, alterne arcades et flèches gothiques avec des coupoles et des mosaïques orientales.
Renaissance (XVIe siècle) : le palais Farnese à Rome. L'édifice s'organise autour d'une cour bordée d'une loggia. Ses lignes strictes et harmonieuses s'inspirent des ordres de l'architecture antique.
Baroque (XVIIe siècle) : l'église Sant'Ivo della Sapienza à Rome. Un plan en forme d'étoile et une coupole dont les différents degrés, concaves et convexes, alternent : telles sont les caractéristiques de l'extravagante architecture de Borromini.
