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Italie

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Histoire

En bref

3000 ans d'histoire • Souvent envahie, elle devient autonome • Entre cultures régionales et construction européenne, l'Italie se cherche

De l'Antiquité au Moyen Age

L'histoire de l'Italie commence avec celle de Rome. Fondée selon la légende au VIIIe siècle av. JC, elle devient le cœur politique de la République romaine. Son territoire ne cesse de s'étendre en Méditerranée jusqu'à devenir un Empire dont l'unification et l'ordre sont consolidés sous le règne d'Auguste. Au IIe siècle ap. JC, grâce aux empereurs Hadrien et Marc-Aurèle, l'Empire est à son apogée. Mais son immensité le rend difficile à gouverner ! A la fin du IVe siècle, alors que le christianisme devient religion d'État, l'Empire est partagé entre Orient et Occident. Au Ve siècle, soumis à une série d'invasions barbares, l'Empire romain d'Occident disparaît. Rome est mise successivement à sac par les Wisigoths et les Vandales.

Cependant, le pouvoir de l'Église grandit. Soucieux de se libérer de l'autorité de l'Empire d'Orient et de la menace des Lombards, le pape sollicite l'intervention des Francs. Pépin le Bref puis Charlemagne, sacré empereur en l'an 800, permettent la création d'États pontificaux souverains.

Le conflit entre le pape et l'Empire et l'amorce de la Renaissance

Après la mort de Charlemagne, les luttes de pouvoir qui opposent ses descendants engendrent le morcellement de l'Empire. Le sud de l'Italie est envahi par les Arabes puis par les Normands. Au début du XIIe siècle, Roger II fonde le royaume des Deux-Siciles

Cette division géographique de même que les conflits entre les partisans du pape appelés guelfes et ceux de l'Empereur, les gibelins, profitent aux seigneurs locaux qui règnent dans les cités du Nord. Ils gagnent en puissance et en autonomie, telles les familles d'Este, Visconti ou Sforza qui naissent à cette époque et s'assurent un pouvoir héréditaire.

Les siècles suivants sont marqués per l'intensification de la lutte entre la papauté et l'empire. Après avoir excommunié Frédéric II, le pape ouvre l'Italie à de nouvelles occupations étrangères en sollicitant l'appui des Angevins. Ces derniers occupent le sud de la péninsule et la Sicile avant d'être chassés par les Aragonais.

Dans le nord, la rivalité entre les villes contribue à leur prospérité. Les Républiques maritimes de Gênes et de Venise se partagent le commerce avec l'Orient. D'importantes cités marchandes et banquières comme Milan et Florence favorisent le développement des arts et annoncent la Renaissance.

Au centre, les États du pape sont en crise : Avignon devient le nouveau siège de la papauté.

Les guerres d'Italie et l'hégémonie espagnole

A la fin du XVe siècle, l'Italie est au cœur des luttes d'influences qui opposent la France et l'Espagne. Si les troupes de François Ier sortent victorieuses de la bataille de Marignan en 1515, la France doit renoncer à l'Italie par le traité de Cambrai en 1529. L'hégémonie de l'Espagne de Charles Quint est assurée en Italie pour plus d'un siècle.

La présence autrichienne et les campagnes napoléoniennes

Mis à mal par les guerres de succession au trône, les Bourbons renoncent à leur tour à l'Italie au début du XVIIIe siècle. Ils sont aussitôt remplacés par les Autrichiens. Seuls le Duché de Savoie et les États pontificaux demeurent indépendants. En 1796, Napoléon Bonaparte participe aux Campagnes d'Italie. Grâce à son sens de la stratégie, les armées françaises repoussent les Autrichiens qui ne conservent que Venise. Quoique brève, l'hégémonie française est déterminante : elle nourrit la bourgeoisie libérale locale d'idéaux nationalistes et patriotiques qui annoncent la future unification de la péninsule.

Le Risorgimento : les prémisses d'une Italie unifiée

Au début du XIXe siècle, au lendemain du Congrès de Vienne, les Autrichiens revenus occuper l'Italie se heurtent à une série de révoltes conduites par les Carbonari. A partir de 1848, ces partisans de l'unité italienne obtiennent l'appui militaire du roi du Piémont mais pas celui du pape. Ce dernier soumet Rome à la protection des Français et garantit le maintient des Autrichiens dans le nord.

Cependant, au Piémont, le roi Victor Emanuel II et Cavour font se rallier la France à la cause de l'unité italienne. En 1850, les troupes de Napoléon III libèrent la Lombardie de la présence autrichienne et la rattachent au Piémont. C'est le début d'une série d'annexions de provinces du Nord et du centre, mais aussi de la Sicile où Garibaldi et ses Chemises Rouges débarquent.

Le Royaume d’Italie et l'entrée dans le XXe siècle

En mars 1861 naît le Royaume d'Italie. Venise, demeurée sous domination autrichienne, et Rome, soumise au contrôle des Français, en sont exclues. Il faut encore attendre quelques années pour que l'Italie, alliée à la Prusse, récupère Venise et que les Français quittent Rome. En 1870, la cité romaine est enfin annexée au Royaume dont elle devient la capitale.

La première guerre mondiale et la naissance du fascisme

Lorsque la première guerre mondiale éclate, l'Italie fait l'objet de vastes réformes sociales et économiques. Son engagement dans le conflit aux côtés des Alliés se solde dans l'amertume. En effet, suivant le traité de Rapallo (1920), l'Italie ne récupère pas la Dalmatie et Fiume. La déception ambiante, les crises sociale et économique qui rongent alors la société créent un terrain favorable à la dérive fasciste. Le 31 octobre 1922, Mussolini marche sur Rome avec ses Chemises Noires et forme, à la demande du roi Victor Emanuel III, le nouveau gouvernement.

Le rapprochement avec l'Allemagne et la seconde guerre mondiale

En même temps qu'il conclut avec le pape les accords de Latran (1929) qui reconnaissent l'indépendance territoriale du Vatican, Mussolini se rapproche de l'Allemagne nazie. La création de l'axe Rome-Berlin et la signature d'un pacte d'assistance militaire entre l'Allemagne et l'Italie conduisent Mussolini à déclarer la guerre à la France et à la Grande Bretagne en juin 1940.

L'appui militaire allemand dont l'armée italienne bénéficie lors de ses conquêtes en Afrique du Nord renforce la dépendance de Mussolini à l'égard d'Hitler.

Dès 1942, confrontée à l'entrée en guerre des USA et à la progression britannique en Méditerranée, l'opinion publique italienne est ruinée tandis que les principaux centres industriels du pays sont massivement bombardés.

Le 10 juillet 1943, les Alliés débarquent en Sicile. Rome est libérée en juin 1944 au lendemain de la bataille de Monte Cassino. Les troupes allemandes de la péninsule sont définitivement défaites en avril 1945 tandis que Mussolini est abattu à Milan.

L'après-guerre : entre reconstruction et crises politiques

La promulgation de la République en 1946 s'accompagne de l'émergence de deux partis majeurs : la Démocratie Chrétienne de De Gasperi et le Parti Communiste de Togliatti. Cependant, affaiblie par le traité de Paris, minée par l'inflation et les pénuries, l'Italie est au bord du chaos lorsque la guerre froide s'intensifie. Elle adhère à l'OTAN puis devient membre de la CEE par la signature du traité de Rome en 1957. C'est la période du miracle économique.

Les crises de 1968 et l'échec du compromis historique entre le PC et la DC débouchent sur une vague d'attentats meurtriers perpétrés par des groupuscules extrémistes. En 1978, le démocrate Aldo Moro est assassiné par les Brigades Rouges.

Le renouveau des années 1980

Pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale, les socialistes conquièrent le pouvoir. Mais la politique européenne de Bettino Craxi, les accords qu'il signe avec le Vatican pour la séparation de l'État et de l'Église ne suffisent pas à rétablir une certaine stabilité. De nombreux politiciens sont impliqués dans des affaires de corruption. Les gouvernements se succèdent. Le juge Falcone engagé dans la lutte contre la mafia est assassiné par celle-ci.

Ce climat de tension favorise la victoire de la coalition de droite, le Pôle de la Liberté aux élections de 1994. Mais le règne du magnat des médias, Silvio Berlusconi, est bref. La gauche triomphe à nouveau avec le parti de l'Olivier. Fervent partisan de l'Europe, Romano Prodi pousse l'Italie à s'interroger sur son avenir et sur sa diversité. Une diversité qui fragilise l'équilibre de la nation italienne mais qui en constitue aussi l'étonnante et séduisante richesse.

6 dates clés

753 av. JC  : fondation de Rome

800 ap. JC  : couronnement de Charlemagne empereur des Romains

1796  : début des campagnes napoléoniennes en Italie

1871  : achèvement de l'unité italienne

1929  : signature des accords de Latran

1946  : naissance de la République parlementaire italienne par référendum

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