Guide Voyage Florence - la Toscane - KARAVEL
 

Florence et la Toscane

Visites

L'Oltrarno

Le Ponte Vecchio

C’est le plus pittoresque et le plus ancien pont de Florence. Il fut le seul à être épargné par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale. Détruit pour la première fois en 1333, il fut reconstruit en 1345 par Taddeo Gaddi. Il faillit disparaître de nouveau lors de la crue de 1966.

Situé à l’endroit où le fleuve est le plus étroit, il est réservé aux piétons et bordé d’échoppes. A l'origine, bouchers, poissoniers et tanneurs occupaient les lieux. Ceux-ci jettaient les déchets de leur commerce dans l’eau du fleuve. Indisposé par le vacarme et l'odeur pestilentielle, le duc Ferdinand Ier les chassa en 1593. Bijoutiers et orfèvres, considérés comme des commerçants aux activités plus nobles, s’y installèrent. Ils payèrent le double du loyer précédent et agrandirent les échoppes en multipliant les encorbellements.

En fin d’après-midi, le ton ocre des pierres se reflète dans l'Arno. Sur le pont règne alors une atmosphère douce et paisible. Au centre se dresse le buste en bronze du célèbre orfèvre Benvenuto Cellini. On a une jolie vue sur la ville, l’Arno et les ponts en enfilade.

A l'étage supérieur, la galerie couverte, dite « de Vasari » (du nom de l’architecte) servait à relier la galerie des Offices au palais Pitti sur l'autre rive de l'Arno. Elle permettait à Cosme Ier de passer d'un bâtiment à l'autre sans être vu. Construit en 1565, ce corridor aérien serpente à travers la ville sur plus d’un kilomètre. Les cinéphiles se rappelleront la séquence du film Paisa, de Roberto Rosselini. Partisans et Allemands se sont affrontés sur la passerelle. Celle-ci renferme aujourd'hui une véritable galerie de tableaux et complète la visite des Offices. 700 oeuvres sont exposées, dont une série de portraits. Sur les murs sont alignés des autoportraits du Titien et de Véronèse. Au bout du pont, on accède aux jardins de Bóboli. L'été, les rives sont occupées par les Florentins en quête de soleil.

La chapelle Brancacci

La chapelle vaut la visite pour ses fresques miraculeusement épargnées par l'incendie de 1771. L'église romane du Carmine fut détruite dans ces circonstances. C'est l'occasion de découvrir les techniques de la fresque. La technique a fresco est délicate : l'artiste dessine le motif au charbon de bois puis au pigment rouge. Une autre couche est destinée à l'application des couleurs. L'artiste ne peut plus retoucher les couleurs, qui s'éclaircissent en séchant. Cette technique sera abandonnée au profit de la technique sur mur sec - a secco - plus rapide mais moins résistante, que n'ont pas eu le temps d'expérimenter Masolino et Masaccio.

Les peintures murales ont successivement été réalisées par Masolino et son élève Masaccio, et achevées par Filippino Lippi, élève de Botticcelli, au milieu du XVe siècle. Restaurées au début des années 80, elles retracent les Scènes de la vie de saint Pierre et Le Péché originel. Attardez-vous sur Adam et Eve chassés du paradis. Masaccio se distingue de Masolino par le traitement de ses sujets. Il attribue à Eve une expression intensément dramatique. Le caractère psychologique de la scène est une nouveauté en peinture. L'oeuvre de Masolino est, quant à elle, très classique.

Le palais Pitti

Les premières pierres de ce palais monumental, de style Renaissance, furent posées en 1458. Commandé par une famille de riches marchands, les Pitti, l'édifice fut plusieurs fois remanié. L'architecte Brunelleschi avait déjà proposé ces mêmes plans à Cosme l'Ancien, qui les avait refusés. Petite anecdote : édifié par de fervents adversaires des Médicis, le palais devint par la suite leur lieu de résidence ! Il fut en effet racheté par Eléonore de Tolède, épouse de Cosme Ier, en 1549. Ammannati l'agrandit et rajouta la cour d'honneur. Pendant trois siècles, le palais fut habité par les grands-ducs de Lorraine (de 1560 à 1859). On doit la façade actuelle, longue de 200 m, à Alfonsi Parigi. Les deux ailes furent rajoutées au XVIIIe siècle. Aujourd'hui, le palais abrite plusieurs musées.

Situé au rez-de-chaussée, le musée de l'Argenterie expose des pièces créées pour la plupart dans les ateliers florentins. Les salles sont décorées de fresques en trompe-l'oeil réalisées par des artistes du XVIIe siècle. Ne manquez pas la collection d'ivoires du XVIIe siècle, notamment l'oeuvre de François Duquesnoy, un relief en ivoire avec putti dansant. La salle des cristaux renferme des pièces étonnantes comme le vase en lapis-lazuli monté sur or par l'orfèvre de la cour, Jacques Bilivelt.

Le 1e étage abrite la Galerie Palatine. C'est l'occasion d'admirer des toiles typiques de la peinture florentine, peu représentée dans la galerie des Offices. Deux incontournables : Raphaël et Titien.

Attardez-vous sur le tableau La Dona velata (Femme au voile) de Raphaël. Le modèle serait la maîtresse du peintre. La gamme de blancs, de bruns et de dorés utilisée confère à l'oeuvre une grande harmonie. Dans La Vierge du grand-duc, l'influence de Vinci est indéniable. Raphaël adopta la technique des contours imprécis de l'artiste. La Vierge à la chaise, exécutée pendant la période romaine de l'artiste, est considérée son oeuvre la plus harmonieuse. Notez le mouvement circulaire, favorisé par la composition en rond, les visages doux et sereins.

Les oeuvres maîtresses de Titien sont principalement présentées dans les salles de Vénus et d'Apollon. Les yeux ouverts du personnage du Concert, la première toile, sont déconcertants. Plus loin, la chair dorée de La Belle contraste avec la couleur des vêtements. Titien a exécuté le portrait d'Arétin, poète vénitien. Notez le regard perçant du personnage. Une forte personnalité s'en dégage.

Les appartements royaux occupent l'aile droite du palais. Vous découvrez les lieux de vie des trois familles qui régnèrent sur la Toscane : les Médicis, les Habsbourg-Lorraine et les Savoie. C'est l'occasion de revoir l'histoire de cette région italienne. 

Dans la salle blanche avaient lieu les bals. Les lustres et les stucs du XVIIIe siècle méritent le coup d'oeil. Toutes les salles sont décorées de tapisseries. Vous remarquerez aussi les portraits de Justus Sustermans, peintre officiel de l'époque médicéenne. Dans la chapelle, notez la Vierge à l'Enfant de Carlo Dolci et son cadre richement décoré. Arrêtez-vous dans la salle des perroquets. Celle-ci doit son nom aux motifs qui ornent les tentures de soie. Les portraits de Marie de Médicis et d'Henri IV sont accrochés au-dessus des portes.

Au 2e étage, la galerie d'Art moderne est consacrée à la peinture toscane du XVIIIe au XXe siècle. Le néoclassicisme est représenté à travers des toiles d'Andrea Appiani, Pompeo Batoni ou des oeuvres de Casanova, sculpteur officiel du premier Empire. Les toiles de Guiseppe Bezzuoli illustrent la période romantique. L'Entrée de Charles VIII à Florence est mondialement connue. Ce peintre s'intéressa à des sujets historiques et chevaleresques. Le réalisme des deux statues en bronze Abel et Caïn, de Giovanni Dupré, retient l'attention. Le mouvement des "Macchiaioli", est représenté à travers les oeuvres de plusieurs "tachistes". Ces artistes manifestèrent un refus du dessin et de la forme au profit de l'effet. La macchia (tache) devint un nouveau mode de composition pour reproduire "l'impression du vrai ". Attardez-vous sur la toile intitulée Rotonda dei Palmieri, de Giovanni Fattori. Cette oeuvre nous frappe par son format et par son caractère suggestif : les personnages sont représentés de manière sommaire et le paysage est dépouillé. Autre peintre "tachiste" : Silvestro Lega. Observez la toile La visite de l'atelier : les couleurs vives annulent les contours et confèrent à l'oeuvre une étonnante suggestivité.

Avant de redescendre, ne manquez pas la vue sur la ville, les jardins Bóboli et les collines alentour. Le palais abrite aussi le musée des Carrosses, le musée de la porcelaine et la galerie du Costume, qui retrace l'histoire de la mode, des corsets austères du XVIII siècle aux jupes des années 1920.

Les jardins de Bóboli

Idéal pour se ressourcer après la visite du palais Pitti. L'un des plus beaux jardins "à l'italienne". Il a été aménagé en 1549 par l'architecte paysagiste Niccoló Pericoli, dit "le Tribolo", à la demande de Cosme Ier de Médicis. Ammannati et Buontalenti ont repris les plans de Tribolo après sa mort.

Dans ce jardin féerique se succèdent fontaines, grottes, statues en marbre, angelots, terrasses et allées de cyprès. A l'entrée, la fontaine de Bacchus donne le ton. Le personnage à califourchon sur la tortue n'est pas Bacchus, mais le nain de cour favori de Cosme Ier. A côté, la grotte de Buontalenti mérite le détour. Même si l'entrée est interdite pour cause de vandalisme, admirez la façade de Vasari.

Si les fontaines vous intriguent, arrêtez-vous devant celle de l'Artichaut : elle porte le nom du légume qui la couronne. De là, vous accédez à l'amphithéâtre dans lequel étaient célébrées les fêtes médicéennes. L'obélisque du IIe siècle, au centre, a été rapporté de Thèbes. La vasque romaine provient, quant à elle, des thermes de Caracalla à Rome. Dans le fond se dressent les statues de l'empereur romain Septime Sévère et de Cérès. Cette dernière se presse les seins : elle est la divinité primitive de la fertilité et des moissons. Tout près de là, ne manquez pas le salon de thé rococo conçu par Giovanni Rosso. Vous apprécierez de faire une halte dans ce cadre délicieux à dominante rouge. De la terrasse, votre regard embrassera toute la ville.

Dans le prolongement de l'amphithéâtre se tient le vivier de Neptune. La fontaine du même nom est ornée d'une sculpture du Dieu de la Mer. Continuez jusqu'au bout de l'allée pour admirer la vue sur Florence et ses environs. Les amateurs de porcelaine se rendront au musée situé dans le jardin du chevalier.

Rejoignez ensuite le Viottolone. Cette allée majestueuse, bordée de cyprès, mène au jardin aquatique imaginé par Alphonso Parigi. Au centre, un îlot, "l'isolotto", abrite aussi la fontaine de l'Océan. Les eaux du Nil, de l'Euphrate et du Gange se déversent dans la vasque symbolisant l'Océan. Neptune se tient debout au centre. Profitez de cette promenade pour observer différentes espèces d'oiseaux (bergeronnette, huppe, gobe-mouche, geai) et écouter leurs chants au printemps. Citronniers, orangers, chênes verts, cèdres du Liban ou camélias feront le bonheur des botanistes en herbe. Vous surprendrez peut-être des écureuils, des hérissons ou des fouines.

De la piazza della Signoria à la piazza Santa Croce

La galerie des Offices

Ce musée renferme la plus belle et la plus riche collection de tableaux de la Renaissance. Cosme Ier en confia la réalisation à Vasari. L'édifice en forme de U a été construit entre 1560 et 1580.

L'aile est abrite une salle entièrement consacrée au peintre emblématique de la Renaissance en Toscane, Sandro Botticelli. Les oeuvres La Naissance de Vénus et Le Printemps illustrent à merveille le lyrisme poétique du peintre. Vous serez ému par la grâce et la fragilité émanant du premier tableau. Botticelli peint des sujets mythologiques. On reconnaît ses oeuvres à la fluidité de leurs lignes. Dans Le Printemps, Zéphire, Olori, Flore, Vénus et son fils Cupidon se meuvent dans l'orangeraie avec une grâce délicate. De cette salle, vous accèderez à l'espace réservé à Léonard de Vinci. En observant L'Adoration des Mages, vous saisirez la technique du peintre. Celui-ci dessinait tous ses motifs avant de les peindre.

L'oeuvre de Filippo Lippi est représentée à travers plusieurs tableaux. La sensibilité de l'artiste est nettement perceptible à travers sa toile La Vierge à l'Enfant. Le regard malicieux de l'un des deux anges retiendra votre attention. Le voile de la jeune Madone flotte au vent, devant la fenêtre ouverte sur le monde. Dans Le Couronnement de la Vierge, Filippo Lippi cherche à impliquer le spectateur : les figures du moine et de l'ange, à droite, sont tronquées afin de créer un lien entre la scène de l'oeuvre et le monde extérieur.

A côté de cette salle sont exposées quelques oeuvres des frères Pollaiolo. Deux petits tableaux d'Antonio Pollaiolo - Hercule et Antée et Hercule et l'Hydre - frappent par le dynamisme de leur mouvement. L'artiste, attentif à l'anatomie humaine, s'est livré à de véritables études sur le corps. Il reproduit avec justesse les forces de la nature. La puissance musculaire du héros et les grimaces bestiales des visages sont accentuées. Ces peintures sur bois sont les reliques en petit format (17x12 cm) des grandes toiles du peintre réalisées pour le palais Médicis.

Si la famille Médicis vous intrigue, rejoignez la salle regroupant les portraits de plusieurs de ses membres. Cosme l'Ancien, Laurent le Magnifique et Eléonore de Tolède seront à jamais inscrits dans votre mémoire.

Dans l'aile ouest, ne manquez pas les oeuvres de Titien. La Vénus d'Urbino témoigne de l'inspiration érotique du peintre. La sensualité du nu s'inscrit en marge de la peinture florentine de l'époque. Le portrait de Flore est un hymne à la beauté charnelle de la femme. Avec les toiles de Michel-Ange et celles des Florentins, on aborde la seconde Renaissance (XVIe siècle). La torsion de la Vierge, dans le tableau intitulé la Sainte-Famille, arrêtera votre attention. Vous serez frappé par la vivacité des couleurs. On reconnaît ici la marque d'un sculpteur. Les drapés des vêtements et les muscles gonflés de vie des sujets auraient aussi bien pu être reproduits en sculpture.

Les toiles du Caravage méritent le détour. L'artiste a peint Méduse les yeux baissés, de manière à ce qu'il soit impossible de croiser son regard. Celle-ci avait la pouvoir de changer tout être humain en pierre, d'un simple coup d'oeil...

Le palais Vecchio ("palais-vieux")

Le palais de style gothique a été édifié sur les plans d'Adolfo di Cambio entre 1298 et 1314. Vous remarquerez l'absence de fenêtres au niveau inférieur. Le palais fut transformé et agrandi sur la demande de Cosme Ier au XVIe siècle. Les Médicis s'installent ensuite au palais Pitti. L'intérieur Renaissance, raffiné, contraste avec l'austérité de l'extérieur. La petite cour a été refaite par Michelozzo et décorée par Vasari un siècle plus tard. L'artiste a habillé les colonnes de stuc doré et orné les voûtes de fresques. La fontaine est surmontée d'un petit Génie ailé tenant un dauphin en bronze, sculpté par Andrea Verrocchio. Depuis 1872, le bâtiment abrite l'hôtel de ville de Florence. N'hésitez pas à grimper en haut de la tour pour jouir du panorama sur Florence.

On accède au premier étage par un bel escalier conçu par Vasari. La salle des Cinq Cents est décorée par Vasari à la gloire des Médicis et de Florence. Sur les fresques sont représentées les victoires florentines contre Pise et Sienne. Au centre du plafond à caissons, Cosme Ier est représenté couronné et entouré d'anges, à l'image d'une divinité. Attardez-vous devant la statue en marbre de Michel-Ange, le Génie victorieux.

Le même étage abrite le Studiolo de François Ier de Médicis. Il s'agit d'un cabinet de travail secret auquel il avait accès seulement par sa chambre. Vous comprendrez rapidement que l'intéressé était un féru d'alchimie. Au plafond est représenté le mythe de Prométhée : clin d'oeil de la victoire de l'homme sur la nature. D'autres éléments - l'Eau, l'Air, la Terre, ou le Feu - sont évoqués à travers les progrès de l'alchimie, et plus généralement de la science...

Au 2e étage, la terrasse de Saturne offre une belle vue sur l'église Santa Croce. Le plafond représente Saturne dévorant ses enfants. Dans la salle des cartes (Guardaroba), les armoires sont décorées de cartes du monde réalisées par Stefano Buonsignori et Ignazio Danti, astronome-géographe. Les 55 cartes du monde nous donnent de précieuses informations sur les routes maritimes du XVIe siècle. Ces décorations témoignent de l'intérêt de Cosme Ier pour la géographie et l'astronomie. Notez le globe exécuté par Danti : il serait le plus grand de l'époque.

Ne manquez pas la salle des Lys. Il s'agit de lys français, pour souligner les liens qui unissaient les deux pays. L'encadrement de la porte, surmonté d'une statue de saint Jean-Baptiste, et le plafond à caissons or et bleu retiennent l'attention. La salle abrite aussi la sculpture en bronze de Donatello, Judith et Holopherne. Une copie est exposée devant le palais. La salle des Lys donne accès à la Tour Arnolfo, qui offre un beau panorama sur la ville. Vous passerez devant l'Alberghettino, dont le nom ne manque pas de cynisme : il signifie "petit hôtel". Cosme et Savonarole y furent enfermés.

La loggia dei Lanzi, sur la piazza della Signoria, abrite le David de Michel-Ange à côté de la fontaine de Neptune d'Ammannati. Toutes deux représentent un meurtre et incarnent la liberté républicaine. D'autres sculptures antiques ou Renaissance (ou leur copie) sont exposées dans ce petit musée en plein air : Persée brandissant la tête de Méduse de Cellini. Méduse, couverte de serpents, changeait en pierre quiconque croisait son regard... Le raffinement des détails du socle rappelle que l'artiste était aussi un orfèvre réputé. A travers L'Enlèvement des Sabines, Jean Bologne exprime la force de l'homme jeune, la vieillesse et la fragilité de la femme.

Le Bargello

Les amateurs de sculpture apprécieront ce musée, haut lieu de la sculpture italienne de la Renaissance. Ce palais-forteresse austère, édifié en 1254, servit de prison pendant trois siècles. Il renfermait même une salle de torture. Les cellules furent abattues au XIXe siècle. Aujourd'hui, le bâtiment abrite une collection de sculptures toscanes du XIVe au XVIIe siècle.

En 1574, le palais devient la résidence du bargello, le capitaine de la police. C'est à cette période que l'édifice est transformé en prison. La cour bordée d'arcades servait de lieu d'exécution. Sous les Médicis, celui qui entrait au Bargello n'en ressortait pas vivant ! Sinistre histoire. Sur les murs figurent les blasons des podestats (premiers magistrats) et des juges de la Ruota, tour où étaient déposées les dénonciations anonymes.

Au rez-de-chaussée, les salles sont consacrées aux oeuvres de Michel-Ange et à la sculpture florentine du XVIe siècle. Le Bacchus ivre de Michel-Ange mérite votre attention. L'artiste traduit l'ivresse à la perfection : pose vacillante, oeil vitreux, bras lourd. Bacchus est accompagné d'un satyre rieur. Le David traduit le goût du sculpteur pour les corps fermes des adolescents. Les oeuvres de Benvenuto Cellini sont également exposées (le buste de Cosme Ier, Narcisse, Persée délivrant Andromède). 

Au 1e étage, la loggia abrite les animaux de Jean Bologne (aigle, dindon, paon, chouette). Une salle est dédiée à Donatello. Vous y verrez le célèbre David en bronze. C'est l'un des premiers nus de l'époque. La beauté de ce jeune homme au corps lisse surprend. Ne manquez pas les terres cuites émaillées de Luca della Robbia. Au même étage, une salle expose une collection d'ivoires du Ve au XVIIe siècle. Attardez-vous sur l'échiquier de l'école bourguignonne, présenté en vitrine.

L'église Santa Croce

Derrière la façade néogothique, en marbre blanc du XIXe siècle, se cache un intérieur particulièrement élégant. Commencée en 1294 et achevée en 1443, Santa Croce est la plus importante des églises franciscaines de Florence. Elle est aussi la plus riche en oeuvres d'art. On ne peut qu'être frappé par sa taille grandiose et par la sobriété du décor. L'édifice est éclairé par des verrières aux tonalités chaudes.

Les deux chapelles, Bardi et Peruzzi, constituent l'un des attraits de l'édifice. Vous pourrez y admirer les fresques de Giotto. La première est décorée des scènes de la vie de saint François. Elle renferme le Crucifix en bois de Donatello. Sous la voûte sont représentées les trois vertus des Franciscains : Pauvreté, Obéissance et Chasteté. La seconde chapelle abrite des scènes de la vie de Jean-Baptiste et de Jean l'Evangéliste. Au XVIIIe siècle, ces fresques furent recouvertes à la chaux. L'art médiéval était, à l'époque, considéré comme barbare. Même si ces fresques sont en mauvais état, vous distinguerez la Danse de Salomé et la Résurrection de Drusina.

Cette église est surnommée le Panthéon italien. Elle abrite les tombeaux d'hommes illustres : Léonard Bruni, l'un des grands humanistes florentins, le poète Ugo Foscolo ou le célèbre musicien Rossini. Le tombeau de Michel-Ange mérite toute votre attention. Conçu par Vasari, il est orné de statues. Celles-ci symbolisent les arts : peinture, sculpture et architecture. Un monument, situé dans la 4e chapelle à droite, célèbre Nicolas Machiavel, le célèbre auteur du Prince (dédié à Laurent le Magnifique). Homme politique autant que philosophe, Machiavel développe à travers cette oeuvre sa vision de l'art de gouverner.

Le premier cloître donne accès à la chapelle des Pazzi. La famille du même nom, qui commanda la construction, fut décimée par Laurent le Magnifique avant que la chapelle ne soit achevée. L'édifice a été construit selon les plans de Brunelleschi. Notez la régularité des volumes géométriques, les colonnes corinthiennes et l'effet de lumière, qui confère à l'espace une harmonie incontestable. 

La chapelle du choeur renferme des fresques étonnantes d'Agnolo Gaddi. Celles-ci retracent la légende de la Sainte Croix. Seth, le fils d'Adam et Eve, aurait planté un rameau sur la tombe de son père. Ce rameau poussa et fournit le bois de la future croix du Christ.

Le second cloître, construit à partir des plans de Brunelleschi, est l'un des plus beaux de la ville. Vous en appréciez le calme et l'harmonie avant de quitter la chapelle.

Du Duomo à San Lorenzo

L'église San Lorenzo

L'église a été édifiée selon les plans de Brunelleschi, entre 1421 et 1469. La coupole est l'oeuvre de Antonio Manetti qui prit le relais à la mort de Brunelleschi en 1446. C'est l'une des plus vieilles églises de la ville et l'ancienne paroisse des Médicis. Le plafond à caissons porte l'écusson de la famille. La nouvelle sacristie abrite les dessins de Michel-Ange. L'artiste était chargé d'achever la façade de l'édifice après la mort de Brunelleschi. Il ne réalisa finalement que la face intérieure.

En entrant dans l'église, on est frappé par la luminosité constante, par le jeu du gris bleuté des éléments et le blanc du crépi. L'édifice ressemble plus à un temple antique qu'à une église : colonnes corinthiennes, pilastres cannelés. On repère aussi des détails de structures romanes, comme les arcs en plein cintre. L'architecture est sobre et limpide.

Près du choeur, vous observerez les chaires ornées de bas-reliefs en bronze. Ils représentent la Passion et sont les oeuvres de Donatello. L'ancienne sacristie est un bel exemple de l'architecture de la Renaissance. Les proportions des volumes géométriques sont parfaites et rendent l'espace harmonieux. Donatello a décoré l'intérieur. Les battants en bronze des portes des deux petites chapelles méritent le coup d'oeil. L'artiste a aussi réalisé les deux chaires. Les scènes représentées évoquent des épisodes de la vie de Jésus, sans respecter l'ordre chronologique. La nouvelle sacristie est l'oeuvre de Michel-Ange. Remarquez les quatres statues qui ornent les tombeaux.

On accède à la bibliothèque Laurentienne par le cloître. Elle mérite la visite pour son architecture : le bâtiment a été réalisé par Michel-Ange. Le vestibule est surprenant. Il renferme des éléments que l'on retrouve généralement sur les façades. Les fausses fenêtres encastrées dans les murs et les doubles colonnes lui confèrent un caractère insolite. L'escalier, étonnant, est constitué d'une volée de marches s'élargissant vers le bas : elles évoquent le déferlement des eaux d'une cascade. L'escalier a été exécuté par Ammannati, d'après les dessins de Michel-Ange. De la salle de lecture, vous retiendrez l'effet de perspective engendré par les lignes géométriques. Le pavement d'époque, en terre cuite, est l'oeuvre de Tribolo, à qui l'on doit également les jardins de Bóboli. Quelques manuscrits sont exposés, parmi lesquels des autographes de Pétrarque, Machiavel et Michel-Ange.

Santa Maria del Fiore (Duomo)

La cathédrale occupe tout  l'espace de la petite place du même nom. Elle doit sa renommée au dôme qui la coiffe et fut construite à l'emplacement de l'ancienne basilique Santa Reparata, selon les plans d'Arnolfo di Cambio et de Francesco Talenti. Les travaux commencèrent en 1296 et s'achevèrent en 1368. La coupole date de 1466 et la façade actuelle a été réalisée au XIXe siècle (entre 1875 et 1887). Le caractère grandiose de l'édifice laisse le visiteur admiratif.

Intérieur

L'intérieur déconcerte par sa simplicité et sa sobriété. A droite en entrant, le buste de Brunelleschi a été sculpté par l'un de ses élèves. On accède à la crypte de Sainte-Réparate par l'escalier situé dans la nef centrale. Vous découvrirez les restes de l'église du XIIIe-XIVe siècle, autrefois constituée de trois nefs. La tombe de Filippo Brunelleschi y a été découverte en 1972. Dans l'une des travées, arrêtez-vous devant la fresque de Domenico Michelino, peinte en 1465. Dante y est représenté expliquant son oeuvre, la Divine comédie. En arrière-plan se dessine Florence. Les nefs latérales sont éclairées par de splendides vitraux.

Dans le presbytère, de vastes absides abritent cinq chapelles. La coupole vertigineuse est recouverte par une fresque représentant le Jugement dernier.

Le dôme, le campanile et le baptistère

Avec le dôme, Brunelleschi réalisa, en quinze ans, une véritable prouesse architecturale. C'est l'une des réalisations majeures de la Renaissance. L'architecte a résolu le problème que posait la hauteur de la charpente - environ 100 m. La disposition des briques, en chevrons entre les arêtes de marbre, rend la charpente autoportante. La lanterne en marbre, culminant à 106 m, empêche la structure de s'écarter. N'hésitez pas à grimper jusqu'en haut de la coupole, même si l'ascension est délicate et fatigante - 463 marches ! Vous serez récompensé par la vue imprenable sur Florence.

Cette cathédrale, sans tour ni clocher, est flanquée d'un campanile. Il fut construit selon les plans de Giotto. L'artiste, mort avant la fin de la construction, ne supervisa que la réalisation du soubassement et des médaillons hexagonaux, sculptés par Andrea Pisano et Luca della Robbia. Cette construction, d'une hauteur de 84 m, nous frappe par son élégance. La clarté du revêtement en marbre confère une légèreté à la tour, couronnée par un bel encorbellement. Les trois derniers étages ont été réalisés par Talenti. Le gothique florentin s'exprime à travers la décoration géométrique et l'abondance des lignes horizontales. Les plus courageux n'hésiteront pas à gravir les 414 marches pour admirer la vue sur le Duomo, le baptistère, la ville et la campagne alentour.

Le baptistère est situé à côté du dôme. C'est un édifice octogonal revêtu de marbre blanc et sombre. Les portes en bronze, mondialement connues, sont un bel exemple de la sculpture de la Renaissance italienne. Andrea Pisano, artiste pisan, réalisa les battants de la porte sud entre 1328 et 1338. Les motifs dorés confèrent à l'ensemble une somptuosité hors du commun. Ceux de la porte nord sont les oeuvres de Lorenzo Ghiberti. La vie du Christ est retracée d'une manière narrative. L'artiste s'est inspiré de l'Antiquité. Les drapés, les rythmes, les poses des personnages rappellent les bas-reliefs romains. Ghiberti a également réalisé les battants de la porte est, surnommée par Michel-Ange " la porte du Paradis". Elle se situe en face de l'entrée du Duomo. Plusieurs scènes de l'Ancien Testament sont reproduites : création d'Adam et Eve, Arche de Noé, épisodes de la vie de Moïse. La perspective en trompe-l'oeil est saisissante. L'intérieur du baptistère mérite le détour pour ses mosaïques. Elles tapissent la coupole et se présentent en registres concentriques : le Jugement Dernier, la Genèse, la vie de Joseph, la vie de la Vierge et de Jésus et la vie de saint Jean-Baptiste.

Le musée de L'Œuvre

Le musée de l'Œuvre de la cathédrale renferme des pièces qui se trouvaient à l'origine dans la cathédrale, le campanile et le baptistère. Cette visite complète parfaitement celle des monuments. Ne manquez pas la Pietà de Michel-Ange dans l'entresol. L'artiste s'y est représenté sous les traits de Nicodème. Il destinait cette sculpture en marbre à sa propre tombe. Le rez-de-chaussée présente le matériel dont s'est servi Brunelleschi pour la construction de la coupole : de l'équerre au chariot pour transporter les outils. Les bas-reliefs qui décoraient le campanille ou la "porte du paradis" du baptistère sont également exposés.

Autour de Santa Novella

L'église Santa Maria Novella

Située sur la place du même nom, cette église a été édifiée au XIIIe siècle (1279), à la demande des Dominicains. L'édifice se repère à son élégante façade recouverte de motifs géométriques en marbre vert et blanc. C'est un bel exemple d'esthétique florentine.

Sur le bas-côté gauche, l'œuvre de Masaccio, La Trinité (1427) est l'une des premières applications de la perspective en peinture. Elle a marqué une étape importante dans l'art de la Renaissance. La représentation des colonnes et de la voûte permet de créer un effet de profondeur.

Au fond, les fresques de Domenico Ghirlandaio recouvrent le choeur. L'artiste retrace la Vie de la Vierge sur le mur de gauche et la Vie de saint Jean Baptiste sur le mur de droite. Les membres de la famille Tornabuoni auraient été ses modèles. Giovanni Tornabuoni était l'oncle de Laurent le Magnifique.

Le choeur est entouré de la chapelle Gondi et de la chapelle Strozzi. La première abrite un crucifix en bois de Brunelleschi. La seconde mérite le coup d'oeil pour ses fresques moyenâgeuses. Le Jugement Dernier illustre La Divine Comédie de Dante. 

Vous accédez au cloître vert en ressortant de l'église. Construit au milieu du XIVe siècle, il est recouvert de remarquables fresques peintes par Paolo Ucello. Celles-ci relatent des scènes de l'Ancien Testament. Même si elles sont mal conservées, penchez-vous sur le Déluge et  l'Histoire de Noé. Les effets de perspective sont confondants. De là, rendez-vous à la chapelle des Espagnols édifiée au XIVe siècle. Des offices religieux étaient célébrés ici pour la suite d'Eléonore de Tolède, épouse de Cosme Ier de Médicis. Les murs et les voûtes sont recouverts des fresques d'Andrea Bonaiuto. Plus loin, le cloître des morts porte bien son nom, puisqu'il renferme les tombes des plus grandes familles florentines.  

Autour de la place San Marco

Le musée de San Marco

Ce musée jouxte l'église du même nom. Il est situé dans l'ancien couvent dominicain de Saint-Marc. L'édifice, élevé grâce au mécénat de Cosme l'Ancien, exalte l'harmonie et la rationalité propres à l'architecture du Quatrocentto. Il abrite les oeuvres du moine dominicain Fra Angelico, dit "le Bienheureux". L'artiste décora notamment la chapelle du pape Nicolas V au Vatican. Attaché à la tradition gothique, il a adopté la composition en triptyque. Ses fresques sont de véritables actes de foi.

Les fresques du cloître illustrent la vie de saint Antonin. Les cellules du 1e étage sont toutes ornées de fresques signées de la main de l'artiste. En haut de l'escalier, vous observerez l'Annonciation.

La bibliothèque mérite le détour. C'est l'oeuvre de Michelozzo. Réalisée avec finesse et légèreté, elle servit de modèle à de nombreuses autres bibliothèques. A l'intérieur, vous trouverez de beaux manuscrits enluminés.

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