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Lisbonne est une ville au passé très riche. Certes, le tremblement de terre de1755 a détruit de nombreux quartiers, mais la ville a des ressources. Pour vous déplacer nous vous recommandons la marche, notamment dans les quartiers de l’Alfama, du Bairro Alto et de la Baixa.

Pour rejoindre Bélem, à environ 6 km du centre-ville, vous devrez prendre le tramway n°15 ou le taxi, qui n’est pas cher et pratique à Lisbonne. Nous vous recommandons le légendaire tramway n°28 qui court à travers l’Alfama, descend vers la place du Commerce et remonte vers le Bairro Alto avant de finir sa course au cimetière des Plaisirs.

Pour ceux qui se déplacent beaucoup dans la ville, vous pourrez acheter la Lisboa card, qui offre la gratuité sur tous les moyens de transport et sur la plupart des musées et monuments de la ville. La carte est en vente dans tous les kiosques du centre-ville. 

Le quartier de l’Expo 98, est intéressant pour son architecture contemporaine. Il abrite le plus grand aquarium d’Europe. Les docks, étalés le long de l’avenida 24 de Julho, sont plutôt à conseiller aux oiseaux de nuit, avec leur ribambelle de bars et discothèques branchées.

Le château Saint-Georges

Le château est à la fois un condensé d’histoire de la ville et un agréable lieu de promenade d’où vous surplombez toute la ville. Trois quartiers s’étalent au pied du château : l’Alfama, l’ancienne casbah, la Mouraria et Graça au nord.

Il occupe une position stratégique au sommet d'une des collines de Lisbonne.

Construit par les Wisigoths au Ve siècle, il fut modifié par les Maures au IXe siècle et mis à sac par le roi Alphonse Henriques au XIIe siècle. Il fut résidence royale entre le XIVe et le XVIe siècle avant de servir de prison.

Le nom de Saint-Georges, saint patron de l'Angleterre, peut étonner. Il commémore en fait une alliance scellée avec l’Angleterre en 1385 : le mariage du roi Jean Ier avec la reine Philippa de Lancastre, Anglaise. L’alliance politique se maintiendra entre les deux pays tout au long de l’histoire du Portugal.

A l'entrée, le belvédère offre une belle vue sur l'Alfama, la place du Commerce, le Tage et le pont du 25 Avril. Les habitants ont baptisé l'endroit leur "vieille fenêtre". Sur la place, vous verrez la statue du premier roi du pays, Alphonso Henriques, qui assiégea le château et libéra la ville des Maures en 1147, après un siège de dix-sept semaines.

Vous pouvez vous promener sur le chemin de ronde qui relie les dix tours des murailles

L'intérieur du château a été transformé en un  jardin planté de jacarandas et de micocouliers où des paons évoluent en liberté. Un restaurant gastronomique très élégant se situe dans l'enceinte du château.

La cathédrale

Construite en 1147, la cathédrale est une étape passionnante au coeur de l’Alfama. Elle joua un rôle de forteresse, comme en témoignent ses tours et ses créneaux. Elle fut édifiée sur les ruines d’une mosquée maure. De style roman, elle fut plusieurs fois remaniée après le tremblement de terre de 1755. Vous noterez ainsi des éléments gothiques et baroques autour du choeur, effondré en 1755.

Observez la crèche en terre cuite finement sculptée de Machado de Castro, dans une chapelle du collatéral gauche.

Une chapelle rayonnante abrite les gisants du XIVe siècle d'un compagnon d'armes du roi Alphonse IV et de son épouse.

Le cloître est en travaux. Il est de style roman, rehaussé d’arcades gothiques. Des fouilles ont permis de découvrir des ruines phéniciennes (VIIIe siècle av. JC), romaines ainsi que les vestiges d'une mosquée (Xe siècle).  

A l'entrée de la cathédrale, le musée du Trésor permet d'admirer des ornements sacerdotaux et une collection d'orfèvrerie portugaise destinée au culte.

La Baixa

Depuis sa naissance, la Baixa est un quartier commercant animé. Vous trouverez là banques, joailleries, boutiques de vêtements et un nombre incalculable de salons de thé-pâtisseries.

Le premier plan d'urbanisme néoclassique fut dessiné pour ce quartier après le tremblement de terre de 1755. Le marquis de Pombal, aidé de trois ingénieurs, décida de l'irruption de la géométrie dans l'architecture compliquée de Lisbonne.

Le quartier était divisé au Moyen Age en corporations qui laissèrent leurs noms aux rues : rua Aurea (rue de l'or), rua dos Sapateiros (rue des cordonniers) ou rua da Prata (rue de l'argent).

A l'angle de la rua Aurea et de la rua Santa Justa, se tient l'elevador de Santa Justa qui relie le quartier de la Baixa à celui du Bairro Alto. Cet ouvrage, construit en 1898 par l'ingénieur portugais Raoul Mesnier du Ponsard, fonctionnait à ses débuts à la vapeur. Il vous en coutera aujourd'hui le prix d'un ticket de métro pour accéder au sommet et jouir d'une belle vue sur la ville. Pour rejoindre le Bairro Alto avec cette oeuvre mécanique, il vous faudra attendre la fin des travaux du couvent des Carmes.

A l'autre bout de la Baixa, vous arriverez sur la praça Dom Pedro V que tous les Lisboètes appellent le Rossio. Le site est en travaux depuis si longtemps que la date d'inauguration de la nouvelle place est devenue un des sujets de plaisanterie favoris des Lisboètes.

Fermant la place, le théâtre Dona Maria II est une réplique du célèbre San Carlo de Naples.

Quelques institutions de la vie lisboète bordent la place : le bureau de tabac Monaco, le café Nicola ou la pasteleria Suiza.

Derrière le théâtre, vous pourrez faire une halte dans une des ginginhas de la rua das Portas de Santo Antão. A la Ginginha Sem Rival par exemple. La ginginha est une boisson typiquement lisboète, une liqueur de cerise qui se boit d’un trait au comptoir.

La Praça do Comercio

La plus belle place d'Europe selon Valéry Larbaud. Elle fut construite après le tremblement de terre de 1755 sur l'emplacement de l'esplanade de l'ancien palais royal. Le marquis de Pombal, Premier ministre du roi, dirigea les travaux de reconstruction. Il s'inspira de l'architecture des places monumentales alors en vogue en Europe à la fin du XVIIIe siècle.

Longue de 192 m sur 177 m de large, elle compte en son centre la statue du roi Joseph Ier (1750-1777). Un arc de triomphe baroque construit au XIXe siècle ouvre sur la rua Augusta. Il porte les allégories des fleuves portugais, le Tage, le Douro et le Mondego.

La place est bordée par des bâtiments publics : ministères, cour suprême de justice. Sous les arcades, vous trouverez les boutiques des bouquinistes.

Les façades autour de la place changent de couleur à chaque ravalement. Aujourd'hui, la place est jaune après avoir été peinte en rouge brique et vert.

C'est ici que furent assassinés le roi Charles Ier et son fils aîné, le 1er février 1908. Il régnait alors en ville un climat d’effevescence antimonarchiste qui conduisit à l’abdication du roi Manuel II et à la proclamation de la république le 5 octobre 1910.

A l'angle de la place et de la rua da Prata, le café Martinho da Arcada  est une adresse célèbre de Lisbonne. Il date de 1782. Son plus célèbre client fut Fernando Pessoa. Aujourd’hui, sa table n’est jamais attribuée.

La place est surtout active en début et en fin de journée quand les Lisboètes la traversent pour aller prendre leur tramway ou le bateau à l'embarcadère tout proche.

Vous pouvez aussi aller faire une promenade sur le Tage en embarquant sur un cacilheiro. Les bateaux partent environ toutes les quinze minutes et vous laisseront sur l’autre rive, à Cacilhas.

Mosteiro de São Vicente de Fora

Construit entre 1582 et 1627 par l'architecte Terzi, le monastère fut consacré à saint Vincent, le saint patron de Lisbonne.

Le monument impressionne par sa masse austère qui se détache au sommet d'une des collines de l'Alfama.

L'endroit possède trente-huit panneaux d'azulejos du XVIIIe siècle illustrant les fables de La Fontaine.

Vous entrez dans le monastère par d'anciennes citernes voutées du XIIe siècle, qui servaient à stocker l'eau de pluie.

Au rez-de-chaussée, l'ancien réfectoire a été transformé en panthéon de la dynastie des Bragance.

La conciergerie (porteria) offre le premier exemple de plafond en trompe-l'oeil dans l'art portugais. OEuvre de Vicente Bacarelli, il représente le triomphe de saint Augustin sur les hérétiques.

L'objectif était de gommer soigneusement les épisodes liés à l'occupation espagnole (1580-1640).

A voir également, la sacristie, aux murs recouverts de marqueterie de marbre polychrome, et ornée d'un beau portail d'origine maniériste. La figure de la Foi, symbolisée par un calice, et celle de  l'Espoir, tenant une ancre, ornent le portail. Sous le plancher, des fouilles ont mis à jour des tombes de chevaliers teutoniques datant du XIIe siècle. Ils ont aidé le premier roi Alphonso Henriques à conquérir la ville.

Vous pouvez grimper au sommet de la tour pour jouir d'une vue panoramique sur la ville. Bon endroit pour faire une pause au soleil.

Autour du monastère, sur le Campo Santa Clara, se tient tous les mardis et samedis la Feira da Ladra (foire de la voleuse), une brocante où le pire côtoie le meilleur.

Mosteiro dos Jeronimos

S’il ne fallait visiter qu’un monument à Lisbonne ce serait celui-là, pour son histoire et sa beauté. Le monastère des hiéronymites figure d'ailleurs sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.

Ce chef-d'oeuvre de l'architecture manuéline est aussi la nécropole royale. Il fut construit entre 1517 et 1522 par le roi Manuel Ier. Le roi était alors au faîte de sa puissance et se faisait appeler "Seigneur de la conquête, de la navigation et du commerce d’Inde, d’Ethiopie, d’Arabie et de Perse."

Une petite chapelle Santa Maria de Bélem, érigée par Henri le Navigateur(1394-1460), s'élevait  autrefois sur les lieux.

Le monastère commémore le succès des expéditions de Vasco de Gama aux Indes. Il fut en grande partie financé par le commerce des épices. Restelo, le port d'où partaient les caravelles de Vasco de Gama, n’est d’ailleurs pas loin. La légende assure que ce dernier venait y prier avant de partir conquérir les mers.

L'ensemble comprend l'église Santa Maria, le monastère et le cloître.

L'Eglise Santa Maria

L'architecte Boytac débuta les travaux dans un style gothique avant que João da Castilho ne dessine le reste de l'édifice dans un pur style manuélin. Le style manuélin associe le gothique flamboyant, les influences mauresques et quelques motifs Renaissance. Il est le reflet ornemental des grandes expéditions maritimes et de leurs rencontres avec d'autres cultures.

Commencez par la façade sud avec son portail surmonté d'un tympan en pierre sculptée, oeuvre de João de Castilho. Au centre, sous un baldaquin, observez la statue d'Henri le Navigateur et au-dessus, la statue de la Vierge de Bélem, abritée par un dais de pierre. L’archange Gabriel, ange gardien du pays, couronne l'ensemble.

La statuaire du portail ouest, qui ouvre sur l'église, est l'oeuvre de Nicolas de Chanterenne. A gauche, on voit la statue de Dom Manuel protégé par saint Jérôme et, à droite, celle de la reine Dona Maria, protégée par saint Jean-Baptiste.

A l’intérieur, l'église-halle donne toute sa mesure : surplombée par une voûte nervurée monumentale, sans arcs. Elle repose sur des colonnes qui surprennent par leur légèreté.

L'église a survécu au tremblement de terre de 1755.  Les deux transepts baroques sont de Jérôme de Rouen et de son fils. Le choeur et les bras du transept servent de panthéon royal. Les tombeaux des rois Manuel Ier et João III, perchés sur des éléphants, figurent avec ceux de leurs épouses.

Notez, dans la sacristie, le "palmier" ciselé dans une colonne.

A l'entrée de l'église, vous verrez les tombeaux du navigateur Vasco de Gama et celui de l'écrivain Camões. Il est l'auteur des Lusiades, l'épopée retraçant les grandes découvertes des navigateurs portugais.

Le cloître

Le cloître du monastère, autre chef-d'œuvre, est  un carré de 55 m de côté qui présente sur deux étages un étonnant programme sculptural. Prenez le temps d'observer ses gargouilles, monstres, diablotins et autres ornements. Pour une lumière idéale, venez de préférence en fin d'après-midi.

Chacune des galeries ouvre sur le jardin par quatre arcades reposant sur des colonnettes décorées de motifs végétaux et animaliers.

Sur un des côtés, la tombe du poète Fernando Pessoa (1888-1935).

Remarquez les quatre angles du cloître, coupés en oblique, qui contrastent avec les galeries claustrales, généralement à angle droit.

Du cloître, vous pouvez grimper dans le choeur pour admirer la vue plongeante sur l'église ainsi que les stalles sculptées en bois de chêne et de chataigner.

Le cloître est actuellement en travaux pour un nettoyage qui redonnera à la pierre sa couleur dorée.

Le reste du monastère abrite le musée d'archéologie et le musée de la marine.

Musée Calouste Gulbenkian

Calouste Gulbenkian, homme d'affaires d'origine arménienne, tira son immense fortune de la commission de 5 % qu'il prenait sur tous les contrats passés entre l'Empire ottoman et la compagnie British Petroleum.

A sa mort en 1955, il légua ses collections au pays sous réserve de la construction d'une fondation qui abriterait ses objets.

Le musée, achevé en 1969, est entouré d'un beau parc semé de sculptures modernes. Il occupe l'aile gauche du bâtiment; l'aile droite étant occupée par les autres activités de la fondation : salle de concerts, expositions.

Les collections débutent par la section égyptienne, qui présente notamment un masque de momie en argent de la 30e dynastie et une barque solaire en bronze.

Le monde gréco-romain suit avec une collection de monnaies en or et argent et une tête de femme de Phidias.

La vaste section d’art oriental est un des fleurons du musée. Ne manquez pas les céramiques et les tapis persans ou turcs, en soie, laine ou velours des XVIe et XVIIe siècles.

Le vase aux cent oiseaux (XVIIe siècle), une belle sélection de porcelaines, ainsi que des coupes en néphrite verte du XVIIIe siècle,  représentent la Chine.

L'art européen est présent avec des manuscrits enluminés et des ivoires sculptés du Moyen Age.

Suivent des peintures flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles.

Notez par exemple l'Annonciation de Thierry Bouts ou la Figure de vieillard de Rembrandt

Le Portrait d'une jeune femme, de Ghirlandaio  illustre l'école italienne.

La peinture française du XVIIIe siècle  est bien représentée avec un portrait de M. et Mme Thomas Germain de Nicolas de Largillière ou  des Scènes d'Hubert Robert.

Une salle est consacrée à Francisco Guardi et ses vues de Venise au XVIIIe siècle.

Pour clore la visite, ne ratez pas la collection d'objets Art nouveau, qui comprend de nombreux bijoux de Lalique (1860-1945).

Musée d'Art antique

Le musée d'Art antique est installé dans le palais des comtes d'Alvor, construit au XVIIe siècle.

Entièrement refait en 1994, il présente sur trois étages la collection d’art la plus riche du Portugal.

Une bonne partie des oeuvres provient d'anciens couvents qui fermèrent leurs portes après la suppression des ordres religieux en 1833.

Au rez-de-chaussée, vous trouverez les écoles étrangères. Notez le triptyque de la Tentation de saint Antoine l’une des oeuvres majeures de Jérôme Bosch, peuplée d'hybrides et de monstres.

Autre chef-d'oeuvre, une Vierge à l'enfant de Hans Memling.

Au premier étage, se tient la collection d'orfèvrerie religieuse et d'objets décoratifs orientaux venant souvent des anciennes colonies portugaises.

Une salle est dédiée à des paravents japonais illustrant l'arrivée des Portugais sur l'île de Tanegashima en 1543. Les Japonais sont visiblement fascinés par les longs nez, les moustaches et les pantalons bouffants des marins européens.

Autres pièces majeures de la collection, L'ostensoir du monastère de Bélem (1506) en or massif, émaux et pierres précieuses ou la Croix d'Alcobaça. Tous deux furent fabriqués avec l'or rapporté des Indes par Vasco de Gama.

Au deuxième étage, les primitifs portugais sont à l'honneur. L'Adoration de saint Vincent, de Nuno Gonçalves est un polyptique remarquable qui vous donne un bon aperçu de la société portugaise au XV siècle. L'Annonciation de Frei Carlos (1523), témoigne de l'influence flamande due aux échanges commerciaux intenses entre le Portugal et la Hollande.

Un restaurant cafétéria propose des plats de qualité. Belle vue de la terrasse.

Le musée National des Azulejos

Le musée est installé dans l'ancien couvent de Madre de Deus. Il fut fondé 1509 par la reine Dona Leonor, veuve de João II.

Ce couvent abritait des franciscaines. Il fut détruit par le tremblement de terre de 1755 et reconstruit au XVIIIe siècle. L'édifice a été restauré dans les années 80. Seuls la crypte de l'édifice et le portail d'entrée côté rue appartiennent au couvent primitif.

Le musée retrace sur deux étages l'histoire des azulejos depuis les modèles hispano-mauresques du XVe siècle jusqu'aux créations les plus contemporaines.

Les premières salles expliquent la fabrication des azulejos et montrent des exemples des premiers carreaux importés de Séville  et de Valence au XVIe siècle.

A l'étage, notez la célèbre vue panoramique de Lisbonne sur un panneau en azulejos bleu et blanc de 23 m de longueur. C’est la meilleure représentation de la ville avant le tremblement de terre de 1755.

La salle capitulaire (corso alto) donne un bon exemple de l'exubérance du baroque religieux portugais. Les niches placées au-dessus des stalles contiennent des reliques de saint Just. Au plafond, des caissons peints à encadrement représentent le roi Jean III et son épouse, la reine Catherine d'Autriche.

De la salle capitulaire, vous avez une superbe vue plongeante sur la nef de l'église qui date du XVIIIe siècle.

Une église qui ressemble à un palais baroque par la richesse de ses décors. Les murs sont couverts d'azulejos, de boiseries dorées et de tableaux. Levez les yeux vers l’extraordinaire plafond à caissons illustré par des scènes de la vie de la Vierge. Notez la profusion des boiseries sculptées et dorées (talhas douradas)

Un bar et un restaurant sont aujourd'hui installés dans les cuisines de l'ancien couvent.

Le palais des Marquis de Fronteira

Ce palais fut construit par le premier marquis de Fronteira vers 1670 pour  servir de pavillon de chasse avant d'être aménagé en demeure aristocratique  après le tremblement de terre de 1755. Situé au nord du parc de Monsanto, près du quartier de Benfica, le palais est célèbre pour ses décors d'azulejos. A l'intérieur, la salle à manger montre les premiers carreaux de faïence importés de Delft au XVIIe siècle.

Sur la terrasse et dans les jardins à la française, les azulejos ont envahi chaque pan de mur. Notez la façade bleue de la galerie des rois qui abrite les bustes de quinze souverains portugais.

Ne manquez pas la caverne baroque (la Casa de Fresco) décorée de nacre, de céramique et  de fragments de porcelaine.

L'atmosphère mélancolique qui émane de ce lieu, ainsi que la beauté et l'étrangeté des azulejos, en font un endroit étonnant.

La Tour de Bélem

La tour fut construite de 1515 à 1521 par Francisco d'Arruda. Elle s'élevait alors au milieu du Tage, sur un îlot de basalte, et défendait à la fois le monastère des hiéronymites et l'embouchure du fleuve. Depuis le déplacement du cours du fleuve, qui date du tremblement de terre de 1755, la tour est sur la rive du Tage.

Une autre tour, aujourd'hui disparue, lui faisait face de l'autre côté du fleuve.

Le monument se compose d'une tour carrée et d'une terrasse polygonale dotée de canons au ras de l'eau qui rappellent étrangement les écoutilles sur les caravelles.

La tour est un bon exemple d'architecture militaire manuéline. Carrée, haute de cinq étages, ses angles sont protégés par des guérites coiffées de dômes qui rappellent les fortifications marocaines (l'architecte de la tour, Francesco de Arruda avait travaillé au Maroc).

La croix de l'ordre du Christ est le motif principal de la décoration avec la sphère armillaire, le symbole du roi Manuel Ier. Les symboles marins, comme le cordage de pierre, abondent.

Remarquez la fenêtre-loggia du troisième étage, d'où le roi assistait aux départs des bateaux qui partaient conquérir le monde.

Au cinquième étage, belle vue sur le Tage depuis la terrasse.

En sortant, vous verrez une reproduction du fameux rhinocéros que le roi Manuel envoya en cadeau au pape Léon X. Le rhinocéros ne supporta pas le voyage et mourut en mer.

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