Guide Voyage Portugal - KARAVEL
 

Portugal

Repères

Coutumes et traditions

La saudade

La saudade est un sentiment nostalgique, propre aux Portugais et à bien des lusophones, qui associe l’attachement à des racines d’un temps révolu, au trouble d’un déplacement inévitable. Famille restée au village natal, temps dont on ne peut suspendre le vol, écho d’un âge d’or portugais qui n’est plus qu’une ombre… Les thèmes qui nourrissent cette mélancolie au cœur de l’âme portugaise sont nombreux et touchent toutes les générations. La saudade s’exprime à merveille dans le fado, chanté dans les gargotes de Lisbonne par une femme dont la voix est pleine d’une humanité digne, d’un désespoir contenu.

Les touradas

Comme en Espagne, le face à face dans une arène entre le taureau et le torero est un art. Mais à la différence des corridas castillanes, andalouses ou catalanes, les touradas portugaises qui se déroulent de Pâques à septembre sont sans mise à mort. Depuis la mésaventure survenue au comte d’Arcos au XVIIIe siècle qui se fit déchiré par un coup de corne, les touros ont le bout des cornes coupé, mais ils ne sont plus sacrifiés à l’issue de la confrontation. Ce sont d’abord les cavaliers (cavaleiros) qui entrent dans l’arène et esquivent les assauts du taureau qui virevolte autour du cheval. Dans leurs habits de lumière, ils se présentent comme les héritiers de la noblesse. Puis ce sont les forcados, sorte de garçons vachers, qui défient l’animal à main nue. Le but pour chacun d’entre eux est de se faire charger, d’être soulevé par le taureau puis de résister héroïquement jusqu’à ce que ses comparses viennent l’aider.

Fatima

La religion catholique a été l’un des ciments de la réalisation de l’unité nationale il y a près de 900 ans, et demeure toujours une donnée fondamentale du paysage social. Les nombreuses églises et cathédrales du pays restent des lieux de rassemblement fréquentés. La plus célèbre est celle de la ville de Fatima. Dans cette commune, la Vierge serait en effet apparue à plusieurs reprises en 1917 à trois jeunes bergers. Jean Paul II, qui se rendit en pèlerinage dans la ville au mois de mai 2000, l’a consacrée capitale spirituelle de l’Europe. Chaque année, des centaines de milliers de pèlerins affluent le 13 mai vers la basilique de Fatima, dont les colonnades évoquent la place Saint-Pierre de Rome.

Football

Le football est de loin le sport roi au Portugal. La profonde passion qu’il suscite était savamment entretenue par les caciques du régime de Salazar, qui en avait fait une soupape de décompression, afin de mieux maintenir la rigidité du pouvoir. On parle même communément des trois “F” comme trois piliers sur lesquels s’appuyait le régime, à savoir Fatima, le fado et le football. Trois clubs portugais font partie de l’élite européenne : Benfica et le Sporting de Lisbonne, dont chaque rencontre donne lieu à des derbys âprement disputés, ainsi que le FC Porto. L’équipe nationale, à la tête de laquelle se trouve Luis Figo élu meilleur joueur du monde en l’an 2000, est glorifiée. En 2004, les supporters pourront soutenir leur équipe à domicile puisque l’Euro se disputera alors au Portugal.

Morue

La cuisine portugaise est une cuisine rustique qui renvoie à des traditions paysannes bien ancrées. Malgré les grandes disparités régionales, un plat semble faire l’unanimité et peut être considéré comme le plat national : c’est le bacalhau, la morue. On estime qu’il y a 365 façons de le préparer. Une recette par jour. La morue, pêchée en mer du Nord, est le plus souvent séchée et salée. On la prépare ensuite grillée, frite, en brandade ou avec de l’oignon et de l’huile d’olive.

Les vins de porto

C’est à Villa Nova de Gaia, la ville voisine de Porto à l’embouchure du fleuve Douro, que sont entreposés dans des chais les fameux vins de porto. Ces vins sont issus de vignobles cultivés le plus souvent en terrasses sur les flancs des rives du Douro, et bénéficiant de bonnes conditions agro-climatiques. Selon les spécialistes, c’est la rive sud qui offrirait les meilleurs raisins. Les terrains qui bordent le Douro ont commencé à prendre beaucoup de valeur quand de grands négociants anglais se sont installés dans la région au XVIIIe siècle dans le but de faire fructifier le commerce de ce nouveau nectar qui venait d’être découvert. Les nombreux viticulteurs, après la récolte, mettaient le vin en barrique puis calaient celles-ci dans de grandes barques en bois qui descendaient le Douro jusqu’à Villa Nova de Gaia. Mais aujourd’hui, l’image du petit paysan propriétaire qui travaille à l’ancienne fait partie du passé. Les entreprises familiales passent sous la coupe de grands groupes souvent aux mains de Britanniques. Pour autant, les secrets de fabrication et la patience requise par une production à la lente maturation restent intangibles. Qu’il soit ruby, vin d’assemblage de différents crus, tawny, vin réalisé avec des grands crus âgés ou vintage, vin millésimé, le porto est toujours une histoire de passion. Une passion financièrement rentable à en croire la somme de 272 millions d’euros rapportée par les exportations en l’an 2000.

Fêtes et festivals

Fin février : le carnaval, dans de nombreuses villes du Portugal.

En mai : à la Pentecôte, à Braga, pèlerinage au Bom Jesus. Après les cérémonies de la Semaine sainte, le pèlerinage en direction du sanctuaire est un moment fort de l’année.

12 et 13 mai à Fatima : pèlerinage, chaque année une foule immense se dirige vers le village où la Vierge est apparue à 3 enfants.

Mi-mai, à Coimbra : Qeima das Fitas, la grande fête de fin d’année de l’université de Coimbra rassemble les étudiants vêtus pour l’occasion des traditionnelles capes noires. Ensemble, ils chantent les sérénades romantiques du fado propre à la ville.

12-13 juin à Lisbonne : fête des saints populaires, et notamment saint Antoine, né à Lisbonne. Défilé dans les avenues principales.

24 juin à Porto :fête de la Saint-Jean, chaque année, le saint patron de la ville est célébré avec enthousiasme. Des concerts, des parades, des compétitions sportives se déroulent durant quelques jours jusqu’à la grande soirée du 23 juin.

Mi-juillet, tous les 3 ans environ, à Tomar :la fête des Tabuleiros, au cours d’une longue procession, 400 jeunes filles de la ville portent sur la tête les tabuleiros qui sont des plateaux sur lesquels reposent des petits pains empilés, ressemblant à des pièces montées.

Début août, à Zambujeira do mar :festival de rock, dans ce petit village tourné vers l’océan, un grand rassemblement de jeunes s’opère chaque année pour assister à de nombreux concerts de musique rock.

8 septembre, à Lamego : pèlerinage vers le sanctuaire baroque de la ville.

24 octobre : anniversaire de la reconquête de Lisbonne sur les Maures par le roi Alfonso Henriques en 1147.

Ire quinzaine de novembre, à Golega : fête nationale du cheval, durant 5 jours, la Feira nacional do cavalo rassemble des milliers de chevaux qui focalisent l’attention des éleveurs et de nombreux spectateurs.

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